« Notre salut », « Les Rayons et les Ombres », « La Bataille de Gaulle » : comment expliquer le regain d’intérêt du cinéma pour l’Occupation ?
Depuis quelques mois, une vague de films s’empare de la période de l’Occupation et de la collaboration et remporte l’adhésion du public. À l’occasion de la sortie ce mercredi 30 septembre de « Notre salut », d’Emmanuel Marre, des historiens décryptent ce phénomène, en dialogue avec les œuvres du passé.
Imaginons un instant ce que pourrait être la cérémonie des Césars 2027. Quatre films français, portés par quatre acteurs populaires, concourraient pour la statuette du meilleur film ou de la meilleure interprétation masculine. Leur point commun ? Ils portent tous sur la Seconde Guerre mondiale, avec une focale resserrée sur l’Occupation et la collaboration.
En un peu plus de six mois, les productions françaises se sont emparées de cette période historique hautement inflammable et ont rempli les salles : Les Rayons et les Ombres, de Xavier Giannoli, biopic de Jean Luchaire et sa fille Corinne, avec Jean Dujardin en patron de presse collabo ; les deux volets de La Bataille de Gaulle d’Antonin Baudry, inspirés des travaux de l’historien anglais Julian Jackson, avec Simon Abkarian dans le rôle-titre ; Moulin de Laszlo Nemes, en compétition au Festival de Cannes (qui sort en salles le 28 octobre), dans lequel Gilles Lellouche incarne le patron de la Résistance intérieure et enfin Notre salut, d’Emmanuel Marre, prix du scénario à Cannes, sur les écrans cette semaine, où Swann Arlaud interprète Henri Marre, fonctionnaire sous Vichy et arrière-grand-père du cinéaste.