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Résistance : Marceau méritait mieux…

Résistance : Marceau méritait mieux…

Engagé dans la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale, Marcel Mangel, mieux connu comme le mime Marceau, contribue à sauver des centaines d’orphelins dont les parents ont été tués par les nazis, tout en apprenant les rudiments de son art.

Par  Marc-André Lussier
La Presse

Le plus récent film de Jonathan Jakubowicz, qui en signe aussi le scénario, est de ces films nobles dont l’exécution n’est pas à la hauteur du sujet. Celui qui fut révélé en 2005 grâce à Secuestro express, et à qui l’on doit aussi Hands of Stone (un film inspiré de la vie du boxeur panaméen Roberto Durán), propose un autre drame biographique, consacré cette fois à une partie plutôt méconnue de la vie de Marcel Marceau.

Le célèbre mime français a en effet intégré les rangs de la Résistance en 1942 — il avait alors 19 ans — et aurait contribué à sauver la vie de centaines d’enfants orphelins juifs. Là réside le principal écueil du scénario : on ne montre jamais vraiment l’implication de Marcel Marceau dans la Résistance, pas plus que ses actions concrètes pour tenir les orphelins à l’écart des nazis. L’art que développera le mime, dont le talent s’exerce d’abord auprès des enfants, n’est pas illustré à sa pleine mesure non plus.

IMAGE FOURNIE PAR GAME THEORY FILMS

Resistance

Même si l’on souscrit d’emblée au devoir de mémoire auquel nous convie ce cinéaste vénézuélien issu d’une famille juive polonaise, il est difficile de passer par-dessus les carences du scénario et les traits parfois grossiers avec lesquels certains personnages ont été dessinés. Et puis, cette idée de faire parler tous les personnages français dans la langue de Shakespeare passe beaucoup plus mal à notre époque. Malgré l’honorable performance de Jesse Eisenberg, ce film n’est pas à la hauteur de l’histoire de Marcel Marceau. Dommage.

★★½

Resistance. Drame biographique de Jonathan Jakubowicz. Avec Jesse Eisenberg, Ed Harris, Matthias Schweighöfer. 2 h.

Resistance est offert en vidéo sur demande, notamment sur iTunes.

Disparition de Rafael Gómez Nieto, dernier survivant de la Nueve

Disparition de Rafael Gómez Nieto, dernier survivant de la Nueve

Le républicain espagnol et combattant de la France Libre Rafael Gómez Nieto, dernier survivant de la Nueve, est mort hier du Covid-19 à l’âge de 99 ans.
Né en Espagne en 1921 d’un père militaire, il s’engagea dans le camp républicain suite au coup États-Unis du fasciste Francisco Franco (1892-1975). Il participa ainsi à la bataille décisive de l’Èbre (25 juillet – 16 novembre 1938) lors de laquelle les républicains espagnols tentèrent de renverser le cours de la guerre qui tournait alors à l’avantage des franquistes. Mais cette bataille se solda par une défaite qui eut pour conséquence de précipiter la défaite finale des républicains. Il fuit alors le pays quelques mois plus tard lors de la Retirada, une opération de retraite des combattants républicains face aux troupes fascistes à partir de février 1939. Une fois la frontière française passé, il fut interné dans un camp comme près de 260 000 autres réfugiés espagnols.

Quatre mois plus tard, il parvint néanmoins à s’en échapper et rejoignit l’Algérie où il s’engagera dans les Forces Françaises Libres lorsqu’elles furent créer. Il intégra alors la Nueve, appelé officiellement la 9ème compagnie du régiment de marche du Tchad. Cette compagnie faisait partie de la 2ème division blindée (ou Divison Leclerc) et était composée majoritairement d’anciens combattants de la guerre d’Espagne(1936-1939) dont beaucoup d’anarchistes qui s’étaient engagé dans l’armée française pour combattre le fascisme. Au sein de la Nueve, il participa notamment à la libération de l’Afrique du nord et débarqua en métropole en août 1944. Ils furent également la première unité alliée à entrer dans Paris le 24 août 1944 lors de la libération de la capitale. Après la guerre, les survivants de la Nueve reçurent la nationalité française. Dans le même temps, certains choisirent de retourner en Espagne pour continuer le combat et se firent massacrer. La dictature de Franco se termina finalement à sa mort en 1975

Jacques, l’enfant caché

Jacques, l’enfant caché

“Jacques l’enfant caché sort le 20 Fevrier.
C’est mon roman le plus personnel, Serge Klarsfeld m’a fait l’honneur d’en faire la préface.
Je raconte l’histoire de mon père qui fut, durant plusieurs mois, cachés à Verberie dans l’Oise. Le Pasteur Joussellin qui le sauva, avec 84 autres enfants juifs a été fait juste parmi les nations.”
Si je reviens un jour…

Si je reviens un jour…

Les lettres retrouvées de Louise Pikovsky

de Stéphanie Trouillard, Thibaut Lambert

chez Des ronds dans l’O

Collection(s) : Les témoins racontent l’histoire

Paru le 11/03/2020 | Cartonné 112 pages

L’histoire de Louise Pikovsky, retracée à partir de ses archives personnelles retrouvées en 2010 lors du déménagement d’un lycée parisien. Des photographies et des lettres adressées à sa professeure de français ont révélé l’histoire de cette jeune fille juive, internée à Drancy puis déportée avec sa famille en janvier 1944. Ils furent assassinés à Auschwitz. Adaptation d’un webdocumentaire. ©Electre 2020

“Tahar Ibtatène, dit Tintin” de Lyazid Benhami Le fabuleux destin d’un héros de guerre

“Tahar Ibtatène, dit Tintin” de Lyazid Benhami Le fabuleux destin d’un héros de guerre

“Tintin” s’est engagé lors des principales guerres du XXe siècle contre des systèmes oppresseurs. Chaque page, chaque document lève le voile sur une vie d’exception qui laisse imaginer qu’elle fut encore plus exceptionnelle.

Quel destin fabuleux que celui de Tahar Ibtatène ! Né en 1909 dans les montagnes de Kabylie, arrivé en France en 1924, il passe le reste de sa vie à Paris. Le livre que Lyazid Benhami lui consacre nous fait découvrir, avec un mélange d’émerveillement et d’admiration, la personnalité et le parcours de cet homme que rien ne semblait vouer à un destin aussi exceptionnel. Le jeune homme besogneux menait une vie normale à Paris.

Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale va bouleverser son existence tranquille. Étant d’esprit libre et opposé à toutes formes d’oppression, il ne tarda pas à s’engager dans la lutte contre le nazisme en rejoignant la Résistance française, plus précisément les services secrets du général de Gaulle qui dirigeait la Résistance à partir de Londres.

Grâce  à  son  intelligence  et  à sa  discipline,  il  devient  un  agent  secret  au BCRA, l’ancêtre de la DST, où  il  fut surnommé “Tintin” et  où  il  eut  à  son actif des faits héroïques de premier plan. Tahar Ibtatène dit “Tintin” avait infiltré les  services  de  renseignement  allemands,  puis  ceux de Vichy.  Il  fut tellement discret et efficace qu’à la Libération, certains le taxèrent de “collabo” avant que son véritable rôle d’agent secret ne soit dévoilé à tout le monde.

Après la guerre, il reprit une vie normale en travaillant comme restaurateur à Paris. Les évènements de 1945 en Algérie l’ont bouleversé, et c’est tout naturellement qu’il s’engage pour l’indépendance de son pays en 1954.

“Comment lui, le combattant volontaire pour la liberté et contre l’occupation allemande, pourrait-il, en 1954, rester insensible au désir d’émancipation et d’indépendance légitime de ses frères algériens ?”, écrit Nils Anderson dans la préface. Au déclenchement de la guerre d’Algérie, il prit à nouveau ses responsabilités en rejoignant le FLN, sans jamais perdre espoir que de Gaulle, s’il revenait aux affaires, pouvait contribuer à l’ouverture d’une voie pour l’indépendance de l’Algérie.

Il pensait qu’“il était le seul homme politique français à pouvoir contrer le lobby colonial, les militaires factieux et l’OAS coalisés, à imposer l’indépendance de l’Algérie”. Sa conviction se renforça après le putsch d’Alger en 1958. Pour lui, la suite des évènements a conforté ses certitudes puisque “la lucidité politique de Gaulle l’a amené aux négociations et aux accords d’Évian”.

Après 1962, Tahar Ibtatène reste en Algérie, mais pas pour longtemps : affairisme, corruption… La désillusion était grande, “ce n’est pas ce dont la Révolution était porteuse”. Il quitte l’Algérie pour de bon. Il tient un restaurant dans le 18e arrondissement de Paris où se croisent des hommes politiques et des intellectuels, jusqu’à sa fermeture pour rénovation du quartier.

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Centre de la Résistance,de la Déportation et de la Mémoire Blois

Centre de la Résistance,de la Déportation et de la Mémoire Blois

Jeu de société, réseaux Centre de la Résistance,de la Déportation et de la Mémoire, 18 mars 2020-18 mars 2020, Blois.

Jeu de société, réseaux Centre de la Résistance, de la Déportation et de la Mémoire, le mercredi 18 mars à 16:00
Dans réseaux vous incarnez les chefs de réseaux de la résistance. Votre but : destabiliser les troupes d’occupation allemandes en opérant des missions de sabotage, de propagande, d’espionnage et d’attaque.

Jeu collaboratif conçu par les archives départementales des Yvelines.

Tout public à partir de 12 ans (10 ans accompagné) – Réservation conseillée: 02.54.44.67.40 Gratuit
Découvrir le fonctionnement des réseaux clandestins pendant la seconde guerre mondiale
Centre de la Résistance,de la Déportation et de la Mémoire Blois Blois centre Loir-et-Cher

 

Le Chant des Marais

Le Chant des Marais

 

« Dans ce camp morne et sauvage
Entouré de murs de fer
Il nous semble vivre en cage
Au milieu d’un grand désert »

« MAIS UN JOUR DANS NOTRE VIE, LE PRINTEMPS REFLEURIRA »

En hommage à tous nos déportés,
en ce premier jour du printemps,
et pour la méditation et la réflexion de chacune et chacun en cette période difficile de confinement,
d’exigence de civisme, de responsabilité et de solidarité,
nous partageons avec vous le Chant des Marais par la chorale de l’université de Rouen

Tout ce qu’ils ont traversé nous oblige.
Soyons dignes, et agissons avec conscience et fraternité.

Prenez soin de vous
#RestezChezVous

https://m.youtube.com/watch?v=m8cUKO8TZVk

Connaissez-vous l’histoire du “Chant des Marais” (das Börgermoorlied) créé par les déportés Johann Esser et Wolfang Langhoff, dès 1933, au camp de Börgermoor, devenu l’hymne de la déportation ?

À découvrir via le Musée de la Résistance et de la Déportation du Cher > http://www.resistance-deportation18.fr/…/Le_chant_des_marai…

Discours de Lucienne Nayet à l’inauguration du nouveau musée de la Résistance Nationale à Champigny-sur-Marne

Discours de Lucienne Nayet à l’inauguration du nouveau musée de la Résistance Nationale à Champigny-sur-Marne

Discours de Lucienne Nayet à l’inauguration du nouveau musée de la Résistance Nationale à Champigny-sur-Marne

Notre camarade du PCF pays de Morlaix Lucienne Nayet, ancienne élue communiste à la culture à Champigny-sur-Marne, enfant cachée et fille de déporté mort à Auschwitz, est la présidente du Réseau du Musée de la Résistance Nationale. A ce titre, elle inaugurait le nouveau musée de la Résistance Nationale le samedi 29 février dernier et prononçait ce discours très beau et émouvant, chargé de sens surtout.

L’ouverture du nouveau musée de la Résistance Nationale est l’aboutissement d’un magnifique travail collectif dans lequel Lucienne s’est énormément investi que nous saluons aujourd’hui.

Messieurs les Sénateurs,
Monsieur le Député,
Madame la Présidente du Conseil Régional d’Île-de-France,
Monsieur le Président du Conseil départemental du Val-de-Marne,
Monsieur le Maire de Champigny-sur-Marne,
Mesdames et messieurs les élu(e)s régionaux, départementaux et municipaux,
Mesdames et messieurs les représentant(e)s d’associations,

Chers Ami(e)s,
Chers toutes et tous,

En ce jour mémorable, j’ai une émotion intense pour tous ces résistantes et résistants qui sont à l’origine de cette création d’exception : rassembler des archives et ouvrir un musée, le rêve commun de ce collectif de femmes et d’hommes qui oeuvrent depuis 1965, est enfin réalisé. Un grand musée national de la Résistance, ainsi que l’ont dit Georges Marrane, dirigeant de la zone sud, sénateur et maire d’Ivry de 1925 à 1939 et Roland le Moullac, secrétaire de l’Association du Musée de la Résistance dans un extrait de la revue créée en 1965 « Nous voulons faire de notre musée une réalisation valable pour des générations ; nous voulons que, retraçant une page glorieuse de l’histoire de la France, il insère celle-ci dans notre patrimoine national […] Tous les courants de pensée et d’action de la Résistance ont leur place […] Evidemment, les premières personnes auxquelles nous pensons sont les anciens résistants, maquisards, FTPF, FFI, FA, anciens emprisonnés, internés, déportés, ainsi que leur famille, leurs proches amis, leurs connaissances, les témoins, […] les gaullistes, communistes, socialistes, catholiques, protestants, juifs et aussi des représentants d’immigrés vivant en France, ayant si courageusement combattu dans la Résistance patriotique pour l’indépendance de la France ».

Notre musée de France qui a ouvert en 1985 à Champigny-sur-Marne grâce à l’aide de la ville dans le site Vercors rebaptisé Jean-Louis Crémieux Brilhac en mars 2016.
Ainsi, le département du Val-de-Marne présidé par Christian Favier, qui avec la ville est notre partenaire depuis le début, a décidé de mettre à disposition ce beau bâtiment Aimé Césaire construit par l’agence Lelli dans ce bel environnement que sont les bords de marne, un écrin exceptionnel de verdure.
Et puis l’apport des subventions et soutiens des conseils départementaux de Seine-Saint-Denis, de la ville de Paris, de la Région Île-de-France, des ministères de tutelles (Défense, Anciens Combattants, Culture, Education nationale) nous permettant ainsi de réaliser ce nouvel aménagement, et dirigé par le groupement Lorenzo Greppi et Juliette Saladin ; une scénographie vivante, pleine d’inventions, exposant la résistance intérieure et extérieure dans des multiples questionnements. En un mot : Superbe ! Une scénographie vivante, pleine d’inventions, exposant la Résistance intérieure et extérieure dans de multiples
questionnements, des salles pleines d’ingéniosité, intelligentes, pour servir l’Histoire dans une atmosphère émotionnelle. Chaque objet, chaque document, sont des parcours de tranche de vie. En un mot : Saisissant.

Ce nouveau beau site qui va ouvrir ses portes aujourd’hui avec vous madame Pécresse, monsieur Favier et monsieur le Maire de Champigny-sur-Marne est un projet développé sur deux sites :

– Ici l’exposition permanente du MRN et ses activités pédagogiques,
– Et l’ancien (avenue Marx Dormoy) sera consolidé pour être le lieu de conservation de la Collection et un centre de documentation et de recherche.

Ces deux pôles permettront de mieux porter l’Histoire et la Mémoire de la Résistance, partout en France, en lien et appui avec notre réseau de 22 musées que j’ai l’honneur de présider.

Grâce à ces deux lieux, grâce à sa richesse associative et tous ces bénévoles qui travaillent sans relâche et que je remercie vivement, nous allons pouvoir poursuivre et mettre en avant les quatre enjeux, qui réunis, font sa force ; être un musée exposant l’une des plus belles collections sur l’Histoire de la Résistance,
être un espace de médiation culturel et citoyen, un acteur de la communauté éducative et un lieu de recherche.

Je suis convaincue que l’équipe professionnelle dirigée par Thomas Fontaine et Fatih Ramdani portera en synergie ces enjeux. Je salue Guy Krivopissko, en poste jusqu’en juin 2016 et qui pour des raisons familiales ne peut être présent mais est de tout cœur avec nous, je remercie infiniment le personnel du musée, petite
équipe de 9 personnes, qui a travaillé sans relâche depuis des mois et une grande partie de la nuit.

Je voudrais revenir sur les fondatrices et fondateurs du MRN, pendant que je vous parle je pense profondément à eux, ces résistantes et résistants que j’ai eu la chance de rencontrer et avec lesquels j’ai discuté, qui ont façonné mon parcours, forger une passion de force et de vitalité pour comprendre et réfléchir sans cesse.

Pourquoi ont-elles et ont-ils accolé l’adjectif « nationale » au mot « Résistance » ? Ils ont voulu rappeler et signifier que l’essence du combat de la Résistance Française (intérieure et extérieure) était placée sous le signe de la nation (trahie, occupée, tyrannisée, pillée), inséparable depuis 1789 des principes humanistes,
patriotiques et républicains (justice, droits de l’homme, indépendance, souveraineté du peuple, liberté, égalité et fraternité) et que ces principes dessinaient l’horizon émancipateur et universaliste de leur engagement en résistance.

L’extinction progressive de la génération des témoins nous pose une réflexion d’ensemble sur la mémoire, sur son questionnement et sur sa transmission pour aujourd’hui et pour demain. L’obligation de se confronter à son passé pour en soigner les traumatismes, lutter contre l’oubli et le négationnisme sont devenus des lieux communs. Notre inquiétude est d’autant plus forte au vu des évènements récents qui se sont déroulés en Allemagne.

Qui pour transmettre la mémoire après la disparition, je le répète, des témoins ?

A quoi sert l’histoire si elle ne sert pas à émanciper l’humanité. Les acteurs de cette transmission sont notre musée, les professeurs, les musées à travers la France, les historiens, les centres d’archives, les recherches tant visuelles que sonores.

Nos collections toujours et sans cesse enrichies vont permettre de toujours mieux travailler les problématiques et enjeux de cette période que fut la Résistance.

J’aime bien évoquer les mots de Jean-Louis Crémieux Brilhac qui rappelait que la Résistance était un rassemblement de libertés dans une école de liberté ou ceux de Marc Bloch (historien et résistant fusillé le 6 juin 1944) qui disait « l’ignorance du passé ne se borne pas à nuire à la connaissance du présent, elle compromet dans le présent l’action même ». Cette belle histoire de la Résistance doit être enseignée parce qu’elle rassemble et n’exclut pas. Ou aussi Raymond Aubrac, résistant et commissaire de la République désigné par De Gaulle, qui aimait dire :

Pourquoi j’ai résisté (je cite de mémoire) :
– Je savais que cela servirait à quelque chose
– On pouvait mourir mais j’agissais pour les nouvelles générations
– J’avais des espérances actives

En suivant ces enseignements, je suis persuadée que tous ceux qui demain viendront visiter notre musée ne pourront être seulement les spectateurs ou les observateurs de cette mémoire. Ils devront en être les actrices et acteurs.

Cette aventure humaine et collective n’a pas fini de nous léguer un héritage.

Nous sommes les acteurs de sa transmission.

Ces mots nous les écrirons sur ces murs de l’espace « Aimé Césaire ». Ce député maire de Fort-de-France, décédé en 2008, qui a incarné de façon singulière sur un double plan, poétique et politique, la prise de conscience de l’être noir qui reste une pensée forte du XXème siècle.

Pour finir, j’ai eu envie de parcourir à nouveau le livre La vie à en mourir-Lettres de fusillés 1941-1944, que le MRN a publié.

Ils s’appelaient Henri Bajtsztok, Tony Bloncourt, René Bonpain, Henry Fertet, Olga Bancic, Honoré d’Estienne d’Orves, Léon Jost, Guy Moquet, Gabriel Péri, Arthur Loucheux, ces milliers de résistantes et de résistants célèbres ou anonymes.

Tous leurs mots sont l’ultime acte de résistance de femmes et d’hommes restés debout face à leur destin.
Oui la mémoire et son travail n’est pas une dévotion, c’est une création permanente.

Cette mémoire collective comme source d’enseignement, de critique, d’apprentissage pour le jeune citoyen d’aujourd’hui.

Le dernier mot en citant Paul Eluard, manuscrit original du poème Liberté qui est dans nos archives « Si l’écho de leurs voix faiblit nous périrons »

Je vous remercie.

Lucienne Nayet

“Chichinette” : Mamie fait de la résistance

“Chichinette” : Mamie fait de la résistance

Dans “Chichinette”, Nicola Alice Hens raconte l’histoire de Marthe Cohn, juive devenue espionne pour les renseignements français à la fin de la guerre.

Née Marthe Hoffnung à Metz en 1920, Marthe Cohn, qui fêtera ses cent ans le 13 avril, a relaté sa vie turbulente dans un livre publié en 2002 et traduit en français en 2004, Derrière les lignes ennemies. L’impossible histoire de Marthe, juive française parfaitement bilingue en allemand, commence au cours de la Seconde Guerre mondiale : à 22 ans, elle organise la fuite de sa famille, partie vivre à Poitiers, vers la zone libre, avec de faux papiers. On refusera à la jeune Marthe une place dans la Résistance ainsi que dans l’armée, où elle propose ses compétences d’infirmière, mais grâce à sa maîtrise de l’allemand, on lui propose, après la libération de Paris, de rejoindre les services de renseignement. Marthe a alors 24ans et s’apprête à pénétrer en Allemagne, où elle travaillera en tant qu’espionne au service de la France, fournissant d’importants renseignements aux troupes françaises.

Soixante-quinze ans après la fin de la guerre, il reste encore beaucoup d’histoires à découvrir sur cette période sombre de l’histoire, et la réalisatrice allemande Nicola Alice Hens apporte sa pierre à l’édifice avec Chichinette : ma vie d’espionne, un superbe et indispensable documentaire sur cette mamie tantôt sensible, tantôt espiègle, un peu rock star sur les bords. Aujourd’hui installée à Los Angeles, elle parcourt le monde, à bientôt 100 ans, pour raconter son histoire.

Une femme dans un monde d’hommes

«Je l’ai découverte un peu… non, complètement par hasard, confie la réalisatrice. J’étais invitée au Goethe Institut à Los Angeles pour présenter un film sur une artiste juive allemande, Charlotte Salomon (NDLR : Death and the Maiden), sur lequel j’étais directrice de la photographie. Après cette séance, Marthe Cohn est venue vers moi. Elle avançait très lentement, mais quand elle s’est retrouvée devant moi, j’ai remarqué qu’elle était hyper-vive, hyper-réactive.» Dans leur discussion, «Chichinette, la casse-pieds» (le surnom que les services de renseignement avaient donné à Marthe, qui aimait ennuyer ses collègues et supérieurs) lui glisse qu’elle s’apprête à se rendre à Berlin puis en France pour un mois. «Donc je l’ai recontactée et lui ai demandé si je pouvais la suivre avec ma caméra (…) Et petit à petit, j’ai décidé d’en faire un film.»

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Spectacle « Ceux qui avaient choisi » Musée de la Résistance Limoges

Spectacle « Ceux qui avaient choisi » Musée de la Résistance Limoges

Spectacle « Ceux qui avaient choisi » Musée de la Résistance, 16 mai 2020-16 mai 2020, Limoges.

Spectacle « Ceux qui avaient choisi » Musée de la Résistance, le samedi 16 mai à 20:00
Entrée libre
Cette pièce de théâtre mise en scène par Vincent Gauthier, jouée par Josiane Herry et Alain Pretin, a été écrite par Charlotte Delbo en 1967. C’est un acte de mémoire et de fidélité à la Résistance.
Musée de la Résistance 7 rue Neuve-Saint-Etienne, 87000, Limoges, Haute-Vienne, Nouvelle-Aquitaine, France Limoges Haute-Vienne