Month: October 2019

Conférence : Ecrire pour survivre

Conférence : Ecrire pour survivre

Conférence : Ecrire pour survivre

Jeudi 12 Décembre 2019 – 19:00
Musée de l’Ordre de la Libération
Place Vauban, 75007 Paris

Le carnet de Jacques Dognin à Buchenwald

Le carnet réalisé par le résistant Jacques Dognin (1922-2005) pendant sa déportation au camp de concentration de Buchenwald est un objet exceptionnel tant par sa conception que par son contenu. Donné en 2017 au musée par sa fille, Stéphanie Grauwin, il a été numérisé au moyen des techniques les plus modernes par les Archives nationales et il sera intégré prochainement à l’exposition permanente du musée.

Lors de cette soirée, Olivier Lalieu présentera l’histoire du camp de Buchenwald puis Vladimir Trouplin présentera le parcours de Jacques Dognin et les principales caractéristiques de ce document unique et singulier qu’est le carnet de Jacques Dognin ; enfin les Archives nationales par la voix de Marc Paturange et Ludivine Leroy-Banti expliqueront les techniques employées pour en assurer sans risque la numérisation. A l’issue de la conférence, les participants seront invités à voir le carnet en vitrine et sa présentation associée dans la borne tactile de la galerie de la Déportation.

Olivier Lalieu, historien, président de l’Association française Buchenwald, Dora et kommandos

Vladimir Trouplin, conservateur du musée de l’Ordre de la Libération

Marc Paturange, responsable des ateliers de Photographie aux Archives nationales

Ludivine Leroy-Banti, restauratrice aux Archives nationales

Conférence : “Mémoire à quatre voix”

Conférence : “Mémoire à quatre voix”

Deux enfants de déportés décédés à Neuengamme et deux enfants de persécuteurs nazis s’engagent dans un travail de mémoire commun
pour mettre en garde contre les idéologies nationalistes.

le vendredi 29 novembre 2019 de 18 heures à 20 heures 30 à l’Auditorium de l’Hôtel de Ville

On n’oublie pas !

On n’oublie pas !

Philippe Bouvier

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On n’oublie pas (article de 2016) :

Les Amis des combattants en Espagne républicaine inaugurent samedi un monument en hommage aux brigadistes internationaux.

Les étreintes sont puissantes, et vigoureuses ; d’autres plus discrètes. À la nuit tombée, sur ce quai, les effusions transpirent l’espoir mais également l’appréhension avant le grand saut. Des femmes et des hommes s’en vont, au front, eux qui cultivent une aversion pour la guerre. Gare d’Austerlitz, point de départ pour l’Espagne via Perpignan. Depuis le 18 juillet 1936, des généraux ont rompu l’ordre de la Seconde République. En Allemagne, au Portugal ou encore en Italie, les fascistes sont déjà à l’œuvre. Partir en Espagne, c’est défendre Paris, Londres, l’Europe et le monde de la bête immonde.

Dès les premières heures du soulèvement militaire sous la férule de Franco, des sportifs progressistes sont à Barcelone pour participer aux Olympiades populaires. Ils prendront les armes, iront sur les barricades aux côtés de leurs frères espagnols progressistes. Ce sont les premiers volontaires internationaux. S’ensuivront des milliers d’autres, 35 000 au total, venus de plus de 53 nations, dont près de 10 000 Français qui, par clairvoyance du danger qui menace les démocraties, s’engagent pour défendre le jeune Front populaire sorti victorieux des urnes espagnoles en février 1936. Ces hommes et ces femmes « se levèrent avant le jour », selon l’expression du colonel Henri Rol-Tanguy, le métallo qui s’engagea comme brigadiste, puis devint chef de la Résistance avant d’être connu comme le libérateur de Paris. Ont-ils seulement conscience qu’ils s’apprêtent à rédiger, souvent au prix de leur vie, l’une des plus belles pages de l’histoire du XXe siècle, celle de la paix, de la fraternité ?

Paris, épicentre de la solidarité

Ces femmes et ces hommes sont communistes, syndicalistes, anarchistes. Ce sont des internationalistes de cœur et de raison. De l’autre côté des Pyrénées, le Front populaire avance un programme de progrès et de justice sociale qui bouscule l’ordre établi par une bourgeoisie, une armée et une Église profondément réactionnaires. Les gradés félons voient l’Espagne vaciller entre réformes et révolution. Insupportable à leurs yeux. En France, le 15 août 1936, le gouvernement français du Front populaire, dirigé par le socialiste Léon Blum, fait le choix de la « non-intervention », livrant à leur sort les démocrates espagnols.

Rue Mathurin-Moreau, désormais siège du PCF, ou encore à la Maison des métallurgistes – où des plaques d’hommages ont depuis été apposées –, les militants se pressent pour venir en aide à la République menacée. Le 22 octobre, cette dernière donne son feu vert à la création officielle des Brigades internationales. Paris devient un épicentre de la solidarité. D’autres rejoignent l’Espagne en bateau ou encore à pied. Albacete sera le QG militaire de ces combattants de la paix qui seront des dures batailles sur les fronts, comme à Madrid où le bataillon Commune de Paris dispute avec ferveur le terrain aux fascistes pressés de faire tomber la capitale. En 1938, sur le fleuve de l’Èbre, ils livrent leur dernier combat. 10 000 d’entre eux ne reverront jamais leur pays.

L’oubli, voire le déni ceinturent encore cette fantastique épopée des Brigades internationales dont on célèbre cette année le 80e anniversaire. Il aura fallu le courage et la ténacité de l’association des Amis des combattants en Espagne républicaine, et son inlassable travail de mémoire, pour qu’enfin justice soit (un peu) faite, avec l’inauguration samedi d’un monument en hommage aux volontaires internationaux (1), gare d’Austerlitz, que nombre d’entre eux ne refoulèrent plus jamais.

Ces interbrigadistes, sous la plume du poète communiste espagnol Miguel Hernandez, avaient pourtant « des âmes sans frontières, le front balayé de mèches du monde entier, couvert d’horizons, de bateaux, de cordillères, de sable et de neige ». Ils ont répondu « à la coupable non-intervention (…), prêts à mourir loin de chez eux la tête hantée par un idéal. Ils ont porté la solidarité ouvrière en bandoulière », encensent Jean Ortiz et Dominique Gautier dans un bouleversant documentaire consacré à ces héros et héroïnes (2). «Que reste-t-il aujourd’hui des mythiques Brigades internationales ? » interrogent-ils, lors d’un voyage à Albacete. L’hagiographie franquiste s’est chargée de les ravaler au rang de sbires staliniens avides de sang et d’or au même titre que les républicains encore ensevelis dans les fosses communes, et à qui les autorités, dans un silence complice, refusent toujours de rendre justice. De ce côté-ci de la frontière, les manuels d’histoire souffrent de la même dangereuse amnésie, taisant ainsi le combat pourtant précurseur qu’ont livré ces femmes et ces hommes contre le fascisme et qu’ils ont poursuivi pour libérer la France.

Cour de la gare d’Austerlitz donc, à quelques encablures du quai où des volontaires internationaux ont embrassé une dernière fois les leurs.

(1) L’œuvre de Denis Monfleur sera inaugurée le 22 octobre à 11 heures, gare d’Austerlitz à Paris, grâce au soutien de la SNCF, de la CGT cheminots, du comité d’établissement SNCF de la gare d’Austerlitz et de la Ville de Paris.

(2) Soirée d’hommage au siège de la CGT, et projection du documentaire les Brigades internationales, entre mémoire et silence, de Jean Ortiz et Dominique Gautier (263, rue de Paris, Montreuil ; métro : Porte-de-Montreuil ou Robespierre).

http://www.humanite.fr/dausterlitz-aux-fronts-despagne-6185…

Arras : Le Mur des Fusillés

Arras : Le Mur des Fusillés

LE MUR DES FUSILLÉS, LIEU DE SOUVENIRS ET DE MÉMOIRE.

218 personnes furent fusillées de août 1941 à juillet 1944 au pied de la citadelle d’Arras. Ces personnes, de 16 ans (Julien Delval) à 69 ans (Henri Queval) appartenaient à neuf nationalités différentes : Français, Polonais, Belges, Soviétiques, Italiens, Portugais, Tchèques, Hongrois, Yougoslaves seront tombés sous les balles Allemandes lors de ces fusillades.

« In Memoriam. 218 patriotes de toutes origines ont été fusillés de 1941 à 1944 dans les fossés de la Citadelle d’Arras. Vous qui venez en ce lieux, gardez en vos mémoires le souvenir de leur martyre. »

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Seine-Saint-Denis : Jacqueline Tamanini, résistante de la première heure, est morte

Seine-Saint-Denis : Jacqueline Tamanini, résistante de la première heure, est morte

Ancienne conseillère municipale de Montreuil, elle avait notamment participé, dès juillet 1940, à l’organisation de la Résistance dans la banlieue Est de Paris.

Le 21 octobre 2019 à 19h58, modifié le 22 octobre 2019 à 13h33

Les « actes de sabotage », les « hurlements des SS », « la faim »… Jacqueline Tamanini, résistante de la première heure décédée à Montreuil ce dimanche à l’âge de 98 ans n’avait rien oublié de ces années de résistance puis de déportation. Cette « militante déterminée, humaniste et progressiste », comme l’a souligné ce lundi Patrice Bessac, le maire (PCF) de Montreuil, était née le 7 octobre 1921 au sein d’une famille où les réunions de section avaient lieu au domicile familial.

En 1936, l’adolescente, couturière de formation et ouvrière à l’usine depuis ses 14 ans, adhère à l’Union des jeunes filles de France (UJFF), une organisation politique liée à la Fédération des jeunesses communistes de France.

En 1940, la direction du PCF charge l’UJFF de renouer les contacts entre les militants pour structurer l’appareil clandestin. C’est dans ce contexte que Jacqueline Tamini entre dans la Résistance en juillet 1940. Agent de liaison, elle participe alors à l’organisation de la résistance dans la banlieue Est de Paris où elle transporte et diffuse des tracts clandestins appelant à la lutte contre l’ennemi.

Déportée à Ravensbrück à 23 ans

En 1942, elle part en Bretagne ou elle rejoint les Francs-tireurs et partisans français (FTP). Arrêtée en août 1943 par la police française, elle est condamnée, écrouée à la centrale de Rennes, puis livrée aux autorités allemandes.

A 23 ans, elle est déportée vers le camp de concentration de Ravensbrück (Allemagne). Transférée au Kommando Hasag près de Leipzig, elle subit les terribles conditions du travail forcé, ce qui ne l’empêche pas de poursuivre son combat en procédant à des sabotages. En avril 1945, les SS évacuent le Kommando.

Commence alors une terrible marche d’une semaine, qui la conduit de Leipzig à Dresde. Récupérée par les soldats soviétiques, elle est rapatriée en France, en juin 1945, et retourne chez elle, à Montreuil.

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Les fusillés de Châteaubriant
Ils sont appuyés contre le ciel
Ils sont une trentaine appuyés contre le ciel,
Avec toute la vie derrière eux
Ils sont pleins d’étonnement pour leur épaule
Qui est un monument d’amour

Ils n’ont pas de recommandation à se faire
Parce qu’ils ne se quitteront jamais plus
L’un d’eux pense à un petit village
Où il allait à l’école
Un autre est assis à sa table
Et ses amis tiennent ses mains
Ils ne sont déjà plus du pays dont ils rêvent
Ils sont bien au dessus de ces hommes
Qui les regardent mourir
Il y a entre eux la différence du martyre
Parce que le vent est passé là où ils chantent
Et leur seul regret est que ceux
Qui vont les tuer n’entendent pas
Le bruit énorme des paroles
Ils sont exacts au rendez-vous
Ils sont même en avance sur les autres
Pourtant ils disent qu’ils ne sont plus des apôtres
Et que tout est simple
Et que la mort surtout est une chose simple
Puisque toute liberté se survit.

René Guy Cadou
https://www.reseau-canope.fr/poetes-en-re…/…/rene-guy-cadou/
Fils d’instituteurs, né en 1920 en Loire-Atlantique, René Guy Cadou envoie, dès l’âge de 17 ans, ses poèmes à Max Jacob qui reconnaît aussitôt en lui un poète. Réformé pour cause de santé, il devient instituteur et rencontre Hélène, le grand amour de sa vie, inspiratrice de nombreux recueils. Durant l’Occupation allemande, il ne s’engage pas de façon militante mais ses écrits, notamment le recueil Pleine poitrine,témoignent de son soutien à la Résistance et de son désir de dénoncer la barbarie nazie, par exemple dans les poèmes« Ravensbrück » et « Les Fusillés de Châteaubriant ».