Mois : avril 2021

POUR UN 25 AVRIL 2021 VISIBLE PARTOUT EN FRANCE !

POUR UN 25 AVRIL 2021 VISIBLE PARTOUT EN FRANCE !

Une fleur, un bouquet, une photo, un dessin, une affiche, un poème sur les monuments aux morts, les plaques du souvenir de toutes les victimes du nazisme des communes
76 ans après le retour des derniers déportés libérés, le souvenir de la déportation demeure dans notre mémoire collective et ne doit pas s’effacer.
Ce que furent les camps d’extermination et de concentration nazis et l’horreur vécue par les millions d’êtres humains qui en furent victimes, n’est pas une simple page documentaire de l’histoire du XXe siècle. L’humanité y a été atteinte dans ce qu’elle a de plus sacré.
Des êtres humains étaient catégorisés en surhommes et sous-hommes, leurs vies jugées « dignes ou indignes d’être vécues » sur décision d’un État qui avait érigé en programme politique sa conception raciste et eugéniste du monde et l’a portée à son paroxysme dans l’univers concentrationnaire.
Des hommes, des femmes et des enfants ont été envoyés dans des centres d’extermination ou dans des camps de mort lente, par un système qui niait leur appartenance à l’espèce humaine et s’employait à leur faire perdre conscience de leur propre humanité.
Pourtant, dans les pires circonstances, beaucoup ont su résister à la terreur et à la déshumanisation par la force de l’esprit et la solidarité. Leur engagement et leur combat sont un exemple à suivre.
Il nous faut aujourd’hui encore résister à de nouvelles formes de fanatisme et de barbarie qui entendent promouvoir une vision raciste de l’humanité et détruire la liberté et la démocratie par la terreur.
De nouvelles menaces nous rappellent la communauté de destin qui unit l’humanité au-delà des différences culturelles, ethniques ou religieuses et des antagonismes idéologiques, politiques ou économiques.
Face à ces périls, l’espoir réside dans l’engagement de tous et en particulier des jeunes générations, à l’exemple des déportés, au service de la liberté et vers des formes nouvelles de résistance et de solidarité.
À tous les déportés, victimes des génocides ou de la répression, nous rendons aujourd’hui un hommage solennel, et nous saluons respectueusement leur mémoire.

Ce message a été rédigé conjointement par
La Fédération Nationale des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes (FNDIRP)
La Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD)
et les Associations de mémoire des camps nazis,
L’Union Nationale des Associations de Déportés Internés de la Résistance et Familles (UNADIF-FNDIR)

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Le programme du CNR dans la dynamique de construction de la nation résistante

Le programme du CNR dans la dynamique de construction de la nation résistante

Le programme du CNR dans la dynamique de construction de la nation résistante
Claire Andrieu
Dans Histoire@Politique 2014/3 (n° 24), pages 5 à 23

L’histoire du programme du Conseil national de la Résistance (CNR), de sa genèse et de son devenir dans la vie politique de la France libérée, offre l’occasion de réexaminer la dichotomie théorique entre la nation et la Résistance. Dans ce domaine, l’historiographie a évolué. Depuis les années 1980, la thèse du « mythe résistancialiste » s’est installée peu à peu. Développée dans l’ouvrage fondateur d’Henry Rousso, Le syndrome de Vichy [1][1]Henry Rousso, Le syndrome de Vichy. 1944-198…, Paris, Seuil,…, elle fait maintenant partie des vérités établies transmises dans les manuels scolaires. Nécessairement simplifiée par ces filtres, elle a abouti à la création d’une mémoire historique générationnelle pour laquelle la Résistance est une construction mémorielle d’après-guerre plutôt qu’une réalité. Mises en position de montrer leur savoir, les générations nouvelles mettent tranquillement en doute l’existence de la Résistance. Bien que contrebalancée par d’autres vecteurs pédagogiques et culturels, une forme de révisionnisme s’installe. Cette situation historiographique n’a pas manqué de susciter des réponses. Les plus directes sont celles de Pierre Laborie et de Laurent Douzou, dont les travaux récents montrent que l’idée d’un « mythe résistancialiste » qui aurait dominé les trente années suivant la Libération est une construction datée et discutable [2][2]Pierre Laborie, Le chagrin et le Venin. La France sous….

2L’histoire du programme du CNR et de son destin dans les années de Libération apporte à ce débat des éléments de réponse. Les résistants étaient eux-mêmes soucieux de représenter la nation. Le premier d’entre eux, le général de Gaulle, était conscient du risque de dichotomie. Recevant pour la première fois, le 6 septembre 1944, les membres du CNR, il leur dit sans fard : « Il y a la Résistance, Messieurs, mais il y a la Nation. Ensuite il faut que la Nation sente que la Résistance l’exprime, car on n’impose pas ses idées à la Nation, c’est la Nation qui vous les impose [3][3]Jacques Lecomte-Boinet, représentant de Ceux De La Résistance…. » Même si l’on fait la part du caractère tactique du propos exprimé dans ce contexte, il manifeste clairement une problématique vécue.

3Or l’exemple du programme du CNR montre non seulement la bonne insertion de la Résistance dans la nation, mais son intégration dans le courant transnational de modernisation de l’État, dont le retour à la paix et à la liberté allait permettre l’épanouissement en Europe. Le CNR a contribué à la construction d’une Résistance, nationale parce que démocrate, et transnationale parce que moderne, et dont la victoire, rendue possible par les Alliés, a déterminé la rupture économique et sociale de 1944-1946. Dans ce domaine, loin d’être une parenthèse dans la vie politique française, la Résistance a imprimé une marque durable sur les structures économiques et sociales de la nation. Cette marque n’aurait pas tenu plus de trente ans si elle avait été le fait d’une minorité coupée de la population.
La dynamique de construction de la Résistance
4Le programme du CNR est un élément parmi d’autres dans la dynamique de construction de la Résistance à l’échelle nationale. Il ne l’a pas créée mais il y a fortement contribué. Cette dynamique unitaire ou cette réaction en chaîne, quelle est-elle ?

5La Résistance unifiée telle qu’elle se manifeste par la création du CNR en 1943 est le fruit d’un long travail d’unification par en bas, qui a commencé sur le terrain dès 1941. C’est ainsi par exemple qu’en zone sud, les journaux clandestins créés en 1940, – Liberté, de François de Menthon et de Pierre-Henri Teitgen, et Vérités, d’Henri Frenay –, fusionnent à la fin de 1941 pour donner Combat, et qu’ensuite, en janvier 1943, les mouvements Combat, Franc-Tireur et Libération (sud) se fédèrent, cette fois sur l’impulsion de la France libre, pour former les Mouvements unis de Résistance (MUR). En août 1943, les MUR accueillent encore quatre autres mouvements, de zone nord ceux-là : Défense de la France, Résistance, Lorraine et Voix du Nord. L’ensemble de ces mouvements et journaux constituent le Mouvement de libération nationale [4][4]Sur ces différents mouvements, voir François Marcot (dir.) avec….

6Le fait même que la Résistance se soit construite par rapprochements successifs et fédération progressive de groupes distincts, est un indicateur de l’impetus social à la base qui poussait à la résistance et à l’unité. On peut prendre comme contre-exemple les groupes collaborationnistes qui, eux, n’ont pas réussi à unir leurs forces, et l’ont d’ailleurs rarement tenté. En 1942-1943, Marcel Déat essaya de créer un Front révolutionnaire national (FRN) autour du Rassemblement national populaire (RNP) qu’il dirigeait, en fédérant des groupes collaborationnistes. Lancé en septembre 1942, le Front se défit dès le mois de mai 1943 avec le départ des francistes qui refusaient de se subordonner au RNP [5][5]Philippe Burrin, La dérive fasciste. Doriot, Déat, Bergery,…. La Résistance aussi a connu les difficultés et les conflits liés à la part de subordination entraînée par la fusion ou la fédération, mais elle a pu surmonter ces crises du fait de la poussée sociale à la base en faveur de l’unité face à l’occupant. Les alliances et les fusions internes à la Résistance révèlent ainsi la dynamique sociale qui sous-tend la Résistance.

7Naturellement, la transformation d’une pluralité de groupes résistants en une Résistance nationale a aussi été le fait de la France libre, qui avait réussi à s’imposer auprès des résistants de l’intérieur comme interlocuteur central et donc fédérateur. On sait, pour prolonger le parallèle avec les mouvements collaborationnistes, que Hitler ne portait aucun intérêt à ces derniers. Les tenants du national-socialisme pour la France se trouvaient confrontés à eux-mêmes, à leurs rivalités et aux manœuvres parfois contradictoires des différents organes de l’occupant. Ils étaient tout autant dépourvus de catalyseur extérieur que de base sociale.

8La France libre se posait, par ailleurs, en instance pré-gouvernementale résolument pluraliste. La dernière tendance manquant à l’appel, le Parti communiste, rallia physiquement Londres en la personne de son envoyé Fernand Grenier en janvier 1943. De même inspiration que la France libre, la composition du CNR clandestin est aussi pluraliste. Elle est représentative d’un large éventail de mouvements de résistance, des diverses confédérations syndicales et de toutes les tendances politiques nationales à l’exclusion de l’extrême droite [6][6]Pour la composition du CNR, se reporter au cahier central de la…. Le CNR est d’abord le reflet du caractère trans-partisan, trans-clivages d’une manière générale, de la lutte pour l’indépendance nationale. Mais l’affichage démocratique de la diversité, au CNR comme au Comité français de libération nationale (CFLN), est aussi un facteur d’accélération de la nationalisation de la Résistance. Il en légitime les différentes tendances, autorise d’avance les conflits entre elles et manifeste ainsi l’attachement de ses membres aux principes et aux pratiques démocratiques. Le CNR n’était pas une structure artificielle et formelle. Si cela avait été le cas, sa cohésion aurait volé en éclats au premier conflit sérieux qu’il a rencontré en interne. Or son histoire est traversée d’une multitude de conflits.
Une fabrique patiente du consensus
9Les méthodes de régulation des conflits au sein du CNR et les modalités du travail collectif témoignent, aussi, du caractère national/démocratique de l’entreprise. Le texte du programme a été longuement débattu et négocié entre les tendances, sur un intervalle de temps couvrant neuf mois. Pourtant, les circonstances ne se prêtaient guère aux discussions et aux échanges prolongés.

La clandestinité : une autre vie politique
10C’est un contresens souvent commis que d’étudier la vie clandestine à l’aide des catégories d’analyse en usage pour la vie politique des temps de paix et/ou de liberté. L’ensemble du vocabulaire politique change de sens lorsqu’une action en opposition ou la simple expression d’une opinion divergente signifie la privation de liberté ou pire encore. Les critères quantitatifs et qualitatifs usuels pour le champ politique libre ne sont pas directement applicables au champ résistant. L’exemple du CNR le montre assez bien.

11Déjà sur le moment, les Alliés ont eu une certaine difficulté à appréhender le phénomène résistant. La manière dont le New York Times a annoncé la création du CNR l’illustre. Dans son numéro du 14 mai 1943, il titre « « Monsieur X » Named to French Committee ; De Gaulle Announces Resistance Council », comme on annoncerait la formation d’un cabinet ministériel. Le journal évoque aussi des rumeurs selon lesquelles « Monsieur X » serait Albert Lebrun ou Paul Reynaud. Quand on sait ce qu’étaient les conditions de vie des résistants, ce qu’ils pensaient de la Troisième République et de la personnalité d’Albert Lebrun en particulier, ces rumeurs font sourire. Au sujet du dernier président de la Troisième République, de Gaulle écrira plus tard dans ses Mémoires de guerre : « Au fond, comme chef de l’État, deux choses lui avaient manqué : qu’il fût un chef ; qu’il y eût un État [7][7]Charles de Gaulle, Mémoires de guerre. Le Salut, Paris, Plon,…. » En 1943, la France libre a simplement démenti. Sans souligner l’ampleur du contresens contenu dans la rumeur, elle a fait savoir qu’Albert Lebrun était en résidence surveillée et que Paul Reynaud était interné en Allemagne.

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Débarquement en Normandie : Hubert Faure, membre du commando Kieffer, est mort

Débarquement en Normandie : Hubert Faure, membre du commando Kieffer, est mort

Le Périgourdin qui allait fêter ses 107 ans avait été fait prisonnier en 1940 et a pu s’échapper, avant de rejoindre les forces françaises libres en Angleterre en 1943. Il ne reste plus qu’un seul membre du commando Kieffer encore en vie.

Hubert Faure, l’un des deux derniers membres encore en vie du commando Kieffer, s’est éteint dans la nuit de vendredi à samedi 17 avril à Paris, à l’âge de 106 ans, rapporte France Bleu Périgord.

Né le 28 mai 1914 à Neuvic (Dordogne), Hubert Faure avait fait ses études au lycée Saint Joseph de Sarlat, rappelle France Bleu. Il s’était engagé en 1934, un an après le décès de son père, un poilu mort en 1933 des suites des blessures au gaz de la bataille de Verdun. Le Périgourdin qui allait fêter ses 107 ans avait été fait prisonnier en 1940. Il a pu s’échapper, avant de rejoindre les forces françaises libres en Angleterre en 1943.

Le commando Kieffer est le seul commando français en uniforme à avoir participé au débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944. Il ne reste désormais plus qu’un membre du commando encore en vie, Léon Gautier.

Des Martiniquaises engagées pendant la seconde guerre mondiale

Des Martiniquaises engagées pendant la seconde guerre mondiale

Des Martiniquaises se sont engagées pour une France libre pendant la seconde guerre mondiale. Manon Tardon et Jeanne Catayée sont deux d’entre elles. Des femmes de caractère qui ont lutté pour notre liberté. Ne les oublions pas.
Fabienne Leonce/Brigitte Brault • Publié le 18 avril 2021 à 10h13

Elles se sont engagées pour une France libre, sont parties combattre l’ennemi pendant la seconde guerre mondiale ou soutenir les troupes en Métropole mais restent souvent dans l’ombre.

Parmi ces femmes Martiniquaises, Manon Tardon et Jeanne Catayée.

Jeanne Duton Catayée vient d’avoir 100 ans. Malgré son grand âge, ses yeux pétillent de vie.

Elle a vécu la guerre 39-45, certes non pas dans les combats, mais dans les bases arrières.

Engagée volontaire et pétrie de patriotisme. Son seul leitmotiv était de chasser les Allemands dans la France occupée.

Elle apprend alors à se servir d’une arme, geste qu’elle mime encore aujourd’hui quand elle évoque ses souvenirs.

Née à Sinnamary en Guyane, elle arrive  à l’âge de trois ans en Martinique. Une enfance passée au Morne-Rouge et des études ou elle obtient son brevet de capacité pour être enseignante.

Arrive la guerre, l’occupation et l’amiral Robert, avec de nombreuses contraintes et restrictions.

L’appel du général de Gaulle est déterminant. Jeanne Catayée demande d’abord à son père l’autorisation de s’engager.

Lorsque la France entre en résistance, Jeanne s’engage aux côtés du Commandant Tourtet. Il se fait connaitre lors de la révolte de Balata qui met fin au règne de l’amiral Robert en Martinique en 1943.

Elle s’engage dans le BA5, le bataillon marche n°5. Quitte la Martinique pour le Maroc. Dans les Forces Armées Françaises, elle est Afat, c’est-à-dire auxiliaire féminine dans l’armée de terre.

Nous sommes en août 1943. Elle se forme aux opérations de téléphonie, devient donc télétipiste  et opératrice radio. En Clair, elle décripte les messages.

Elle rejoint Marseille en 1945  puis une des poches de la résistance près de l’Italie.  Enfin, se retrouve aux côtés des résistants de l’atlantique. Lors d’un combat violent, le commandant Tourtet est tué par les allemands

Repousser l’ennemi

Défendre la France, repousser l’ennemi, c’est également l’ambition de Manon Tardon.

Cette figure de la résistance est née à Fort de France en 1913.

Elle est contemporaine d’Aimé Césaire, elle fait partie de la grande bourgeoisie créole de couleur qui possède des hectares de terre entre  le Morne-Rouge et l’Anse Couleuvre au Prêcheur.

D’une grande beauté, cette jeune femme brillante, obtient son baccalauréat à 15 ans. Puis deux diplômes d’histoire. Et Puis arrive la guerre

Elle décide de participer à cette guerre en se formant d’abord puis en s’engageant dans la 1ere armée française en 1944.

Le 8 mai 1945, elle aurait été la seule femme à faire partie de la délégation française qui accompagnait le général à Berlin. Une délégation qui a reçu l’acte de capitulation de l’armée allemande.

Elle est décorée de la croix de guerre.

Lors de ses obsèques en 1989 à Saint-Pierre, elle reçoit  des honneurs militaires.

Une rue, route de Didier porte également son nom.

(Re)voir le reportage de Fabienne Leonce et d’Eddy Bellerose.

L’histoire secrète de la Résistance : docufiction inédit le 4 mai sur France 2, narré par Gaël Faye.

L’histoire secrète de la Résistance : docufiction inédit le 4 mai sur France 2, narré par Gaël Faye.

L’Histoire secrète de la Résistance, fiction documentaire programmé le mardi 4 mai à 21h05 sur France 2,  raconte la naissance puis l’unification de la résistance a travers les portraits de 4 hommes et d’une femme.

Ils viennent de tous les milieux, leurs opinions politiques divergent mais tous partagent une même volonté de se battre pour libérer la France. En plongeant dans leurs biographies, en s’appuyant sur l’expertise d’historiens, ce documentaire qui articule images d’archives et scènes de fiction reconstitue minutieusement les parcours personnels et intimes de ces résistants. Il raconte leurs faits d’armes mais aussi leurs doutes et leurs rivalités. Les résistants sont incarnés par des acteurs et les textes sont issus de leurs mémoires.

Jean Moulin, figure phare de la résistance française, qu’il a organisée et unifiée au sein du Conseil national de la résistance.

Henry Frenay, dans un premier temps pétainiste et très critique vis à vis de de Gaulle, va fonder l’un des mouvements les plus importants de la zone libre.

Berty Albrecht, crée un service social pour aider les prisonniers. Elle est arrêtée 3 fois. La dernière, par Klaus Barbie.

Gilbert Renault, se rêvait producteur de cinéma, il va devenir agent secret. Ses informations vont changer le cours de la guerre.

George Beaufils, membre du Parti communiste, est convaincu que ce sont des actions violentes et les attentats contre l’occupant qui sont les plus efficaces. Quelque qu’en soit le prix.

Un film documentaire de 115 minutes réalisé par Caroline Benarrosh et produit par Brainworks. Présenté par Julian Bugier, raconté par Gaël Faye. Consultant historique :Olivier Wieviorka.
#France 2

Communication du Maitron

Communication du Maitron

Atelier, « Mourir au maquis, mourir pour le maquis » 6 mai 2021
La journée « Mourir au maquis, mourir pour le maquis » prévue le 6 mai à Clermont-Ferrand est annulée en raison de la crise sanitaire. Elle sera remplacée par un colloque de deux jours en avril ou mai 2022
En préfiguration de ce colloque se tiendra le 6 mai un atelier Zoom.
Atelier, « Mourir au maquis, mourir pour le maquis »
Néanmoins, il a été décidé d’organiser le 6 mai 2021 un atelier d’échanges entre les prochains intervenants au colloque.
Ouverte au public, cette réunion en visio permettra de présenter les premiers résultats de nos recherches, d’émettre des hypothèses, d’échanger.
Le programme est le suivant:
Matin. 10h-12h30
10h Introduction par Vincent Flauraud, Maître de conférences en Histoire contemporaine, Université Clermont-Auvergne, coordinateur pour l’Auvergne du Dictionnaire Le Maitron.
Présidence Vincent Flauraud
-Exposé général sur les problématiques des maquis, par Fabrice Grenard, historien, spécialiste de l’Histoire des maquis en France, directeur historique de la Fondation de la Résistance.
Discutants : Jean-Marie Guillon, Claude Pennetier, Dominique Tantin
-Exposé sur les maquis du sud-est, par Jean-Marie Guillon, Professeur émérite des universités, auteur d’une thèse sur la Résistance dans le Var
-Table ronde avec les intervenants et les auditeurs.
Après-midi centrée sur l’Auvergne et le Massif central 14h-17h00
Présidence Jean-Marie Guillon
-Premier bilan et quelques pistes de réflexion sur la répression à l’échelle de l’Auvergne / Eric Panthou, chercheur associé au Centre d’Histoire Espaces et Cultures, UCA
-Les maquis de l’Allier. Dénombrement, identifications des victimes / Henri-Ferréol Billy, historien
– Le camp Wodli, maquis FTP en Haute-Loire / Michelle Destour, historienne
-Les maquis en Haute-Vienne / Dominique Tantin, professeur agrégé et docteur en histoire, Président de l’Association « Pour un Maitron des Fusillés ».
Le collectif d’organisation : Paul Boulland (Centre d’histoire sociale des mondes contemporains, CNRS/Paris 1), Vincent Flauraud (Université Clermont-Auvergne), Eric Panthou (Maitron Auvergne), Annie Pennetier, (PMFE), Claude Pennetier
Deux figures de la Résistance et originaires de Belfort

Deux figures de la Résistance et originaires de Belfort

Le destin des frères Jacques et Jean-Pierre Grumbach, figures de la Résistance et originaires de Belfort
Qui sait ce que le chef-d’œuvre cinématographique sur la Résistance, « L’Armée des ombres » (1969), doit au destin de deux frères d’origine belfortaine : Jacques et Jean-Pierre Grumbach ?

Par Philippe PIOT – Hier à 17:00 – Temps de lecture : 3 min

On trouve pour la première fois trace d’Abraham Grumbach en 1810, faubourg de France à Belfort , où il a installé sa boucherie. Son fils, Jacques, un costaud, prend la suite et s’implante rue du Manège, là où se dresse aujourd’hui le commissariat de police.

Le boucher est le grand-père de deux garçons. Jacques, l’aîné, né le 19 avril 1902, qui porte son prénom ; et Jean-Pierre, né en 1917, qui passera à la postérité comme réalisateur de cinéma sous le nom de Jean-Pierre Melville. C’est à Belfort que Jean-Pierre a découvert le cinéma, dans une brasserie nommée « La Grande Taverne ». À 6 ans, ses parents lui offrent une caméra et il filme sa famille, dont Jacques. C’est ce dernier qui nous intéresse aujourd’hui.
Un proche de Léon Blum
Jacques Grumbach a 23 ans lorsqu’il adhère à la SFIO et devient un proche de Léon Blum. Après avoir été journaliste, il se lance dans la politique. Lorsque la guerre éclate, il est conseiller municipal de Romilly-sur-Seine (Aube) et conseiller général du canton. Juif, résistant, Jacques Grumbach est chargé de gagner Londres pour y remettre une somme d’argent. En novembre 1942, il est à Ussat-lès-Bains, dans les Pyrénées, pour franchir la montagne afin de rejoindre l’Afrique du Nord. Il rejoint un petit groupe dans lequel se trouve un autre Belfortain, né la même année que lui : Pierre Dreyfus-Schmidt. Dreyfus-Schmidt, après une résistance héroïque avec le 171e régiment d’Infanterie en Alsace, a été interné à Belfort puis a été révoqué de son mandat de maire de la ville en 1941 par le gouvernement de Vichy. Ayant réussi à s’évader, il veut se battre et rejoindre l’Afrique du Nord où les Alliés viennent de débarquer.

Disparu dans les montagnes
Le 24 novembre, ils se mettent en route vers Andorre, guidés par un passeur espagnol, Lazare Cabrero. Lors d’une pause, le groupe se rend compte que Jacques Grumbach n’est pas là. Les chemins enneigés sont glissants. Leur guide profite de la nuit pour chercher le Français manquant. Il y retourne le lendemain matin mais revient en disant qu’il ne l’a pas trouvé. Le groupe reprend la route, la mort dans l’âme. Pierre Dreyfus-Schmidt finira par atteindre le Maroc où il prendra un commandement au sein de la Légion étrangère, avec le grade de capitaine. Il reviendra à Belfort en libérateur le 21 novembre 1944 et retrouvera son siège de maire en 1945. Mais, nulle trace de Jacques Grumbach, dont personne n’a eu de nouvelles.
Son tueur acquitté
Ses restes sont retrouvés le 27 septembre 1950, à 2 400 m d’altitude, dans un ravin situé sous le pic du Pas-des-Aigles. Son crâne porte la trace de l’entrée d’une balle. Jacques Grumbach a été tué d’un coup de revolver par le passeur, qui l’avait retrouvé le matin. Il lui a volé son argent et sa montre et a jeté son corps.

Lazare Cabrero est arrêté et jugé par la cour d’assises de Foix en 1953. L’accusé explique que Jacques Grumbach s’était cassé la cheville et qu’il était intransportable. Il déclare avoir suivi les ordres de son réseau, et l’avoir éliminé plutôt que l’abandonner en montagne et compromettre, s’il avait été trouvé par l’ennemi, la sécurité des autres. Lazare Cabrero est acquitté.

« Cette décision avait laissé un goût amer à mon grand-père », se souvient Alain Dreyfus-Schmidt. « Cabrero l’avait dépouillé et avait offert à un de ses cousins, pour son mariage, la montre de Jacques, ce qui renseigne sur la moralité du personnage ».

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Le témoignage fort de Ginette Kolinka, l’une des dernières survivantes de la Shoah

Le témoignage fort de Ginette Kolinka, l’une des dernières survivantes de la Shoah


« Soyez des passeurs de mémoire ! » : c’est le souhait qu’a formulé Ginette Kolinka à l’issue de sa conférence, au collège de Rhuys, de Sarzeau (Morbihan), jeudi 1er avril 2021, dans l’après-midi, organisée à l’initiative du comité de jumelage.

« Je suis née en février 1925, à Paris. Je suis la sixième d’une fratrie de sept enfants », commence Ginette Kolinka. L’une des dernières rescapées du camp de concentration Auschwitz-Birkenau a raconté son histoire à la centaine d’élèves des quatre classes de 3e du collège de Rhuys, de Sarzeau (Morbihan), jeudi 1er avril 2021, dans un silence chargé d’émotion.

« Je suis arrêtée en mars 1944 »
Juive non pratiquante, Ginette passe son enfance à Aubervilliers et voit sa vie bouleversée par la Seconde Guerre mondiale alors qu’elle a tout juste 16 ans. En juillet 1942, prévenue d’une arrestation imminente, sa famille parvient à rejoindre la zone libre et à s’installer à Avignon dans le Vaucluse. Mais tout bascule, en mars 1944. Probablement à la suite d’une dénonciation, « je suis arrêtée en mars 1944 par la Gestapo avec mon père, mon petit frère, mon oncle et un de mes cousins », raconte-t-elle.

Après plusieurs étapes à la prison d’Avignon, puis celle des Baumettes à Marseille, la famille se retrouve internée au camp de Drancy, Seine-Saint-Denis, pendant un mois, avant d’être déportée, en train, au camp d’Auschwitz-Birkenau, en Pologne, dans le même convoi que Simone Veil.

« Ils ont été emmenés dans les chambres à gaz »
« Dès l’arrivée, je suis brutalement séparée de mon père et de mon frère que je ne reverrai plus car ils sont immédiatement emmenés dans les chambres à gaz », se souvient la rescapée. Ginette est alors sélectionnée pour des travaux de terrassement qu’elle endure dans des conditions effroyables jusqu’en octobre 1944, période à laquelle elle est transférée successivement aux camps de Bergen-Belsen, en Allemagne, et de Theresienstadt, en Tchéquie.

En mai 1945, « je suis libérée par les alliés et rapatriée à Paris, le mois suivant », poursuit Ginette. À peine reconnaissable car elle ne pesait plus que 26 kg, elle retrouve sa mère et les autres membres survivants de sa famille.

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Une BD réalisée par des lycéens pour raconter l’horreur des camps

Une BD réalisée par des lycéens pour raconter l’horreur des camps

À Amboise, des élèves du lycée viticole ont conçu une bande dessinée sur la vie d’Huguette, ancienne prisonnière d’Auschwitz. Un récit qui les a éclairés sur ce pan de l’histoire du XXe siècle.

Pour les élèves de la troisième prépa pro du lycée agricole d’Amboise, l’histoire des camps de concentration aura désormais un nom. Ou plutôt, un prénom : Huguette. Celui de cette jeune fille cachée dans un appartement de Paris avec sa famille juive pendant la Seconde Guerre mondiale, puis arrêtée et envoyée dans le tristement célèbre camp d’Auschwitz. Une enfant devenue aujourd’hui grand-mère, dont l’histoire est venue nourrir les pages d’une bande dessinée aux vertus pédagogiques, réalisée dans le cadre de Bulle mémorielle, un concours national auquel participe la classe.
« J’avais déjà entendu parler de la souffrance et de la violence des camps de concentration, mais jamais aussi précisément. Ça aide à mieux comprendre cette période », confie Line, une des élèves ayant participé au projet. « Je ne savais pas qu’il y avait eu une telle violence contre les Juifs », ajoute sa camarade Justine.
76 ans après, elle n’ouvre jamais la porte Contexte sanitaire oblige, Huguette n’a pas pu venir à Amboise raconter sa vie aux élèves. Son histoire, c’est sa petite-fille, elle-même en terminale au lycée agricole, qui l’a transmise. La cachette dans un appartement parisien parce que Juive, l’arrestation à 12 ans, l’interminable voyage dans un convoi de la mort jusqu’à Auschwitz, les humiliations et les privations. Et puis, quelques semaines seulement après son arrivée, la libération du camp, en janvier 1945.
« Ce qui a le plus surpris et marqué les élèves, c’est le fait qu’Huguette avait plus peur pendant le temps de sa cachette qu’une fois arrivée à Auschwitz. Ce qu’elle redoutait était finalement arrivé », explique Karim Fikri, professeur d’histoire-géographie qui a encadré le projet avec sa collègue Margaux Besset. « On ne peut pas rester indifférent à une histoire pareille », souligne Paul, qui, comme ses camarades, a découvert avec émotion le sort de nombreux Juifs sous l’Occupation à travers l’histoire d’Huguette.
73 ans après être revenue de l’enfer, Huguette vit aujourd’hui en Loir-et-Cher. Dans sa maison, ce n’est jamais elle qui ouvre la porte quand on frappe. « Elle a toujours peur, car les hommes qui sont venus l’arrêter, ce jour-là, avaient frappé à la porte. Quand elle entend qu’on frappe, le sentiment de peur remonte », indique Karim Fikri.

à savoir

« Le cauchemar de Huguette », c’est le titre de cette BD d’une dizaine de pages réalisée par les élèves de troisième du lycée amboisien. Les quatorze élèves de la classe ont travaillé en binôme sur chaque planche, se chargeant à la fois des dessins et du texte. « Le plus dur, ça a été les dessins », reconnaissent-ils. Le projet s’est étalé de fin novembre jusqu’à mars. Le résultat a été envoyé à Bulle mémorielle, un concours organisé par l’Office national des anciens combattants et victimes
de guerre, soutenu par le ministère de l’Éducation nationale.

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