Mois : juin 2026

JNR 2026 – Discours de Francis Rol-Tanguy, président du CPL.

JNR 2026 – Discours de Francis Rol-Tanguy, président du CPL.

« Nous nous retrouvons, comme chaque année, devant cette plaque
première réunion du Conseil National de la Résistance le 27 mai
1943, dans Paris occupé par l’armée nazie.
Pour nous, cette commémoration ne répond pas qu’à un souci
mémoriel.Il ne s’agit pas d’une manifestation rituelle. En effet,
rappelez l’histoire est plus que nécessaire, à l’heure où les guerres
en Europe et dans le monde font l’actualité, à l’heure où les
héritiers du nazisme et du pétainisme relèvent la tête dans notre
pays.
Permettez moi, pour cette année, de prendre 2 dates repères: 1936
et 1946.
1936, il y a donc 90 ans, le Front Populaire arrivait au pouvoir. Cet
anniversaire est naturellement d’abord celui des conquêtes sociales
acquises grâce au grand printemps social, qui suivit les élections.
Mais la victoire du Front Populaire en 1936 s’est construite dans la
réponse populaire au coup d’état avorté des ligues factieuses
de février 1934. C’est là que s’est créée l’union des forces
démocratiques, au-delà de leurs différences, pour lutter dans notre
pays contre les menées fascistes.
C’est cette même année 1936, qu’en Espagne une partie de
l’armée se soulève, emmenée par Franco, cotre la jeune république.
La guerre d’Espagne sera le premier acte de la 2ème guerre
mondiale avec l’engagement des armées fascistes allemandes et
italiennes.
Malgré la politique officielle de non intervention, notre pays
contribuera de différentes manières à l’effort de guerre de la
république espagnole.
C’est au cabinet de Pierre Cot, ministre de l’Aviation, qu’un jeune
sous préfet, Jean Moulin, fera la connaissance de Pierre Villon. Tous
les 2 se retrouveront ici le 27 mai 1943.
C’est donc aussi le 90eme anniversaire des Brigades Internationales
qui furent créées à l’époque pour soutenir la république espagnole.
Militants ouvriers comme grands intellectuels, ils furent 35000, dont
10000 français à aller ainsi se battre en Espagne.
Revenus d’Espagne, ils furent dans les premiers résistants des le
début de l’occupation allemande. Nous les retrouverons dans les
maquis, dans l’action clandestine. Ils retrouvèrent à leur côté les
républicains espagnols, les antifascistes italiens ou les FTP-MOI, MOI
pour Main d’Oeuvre Immigrée, issus de plein d’autres pays et aussi
de confession juive pour certains.
Citons-en quelques uns de ces brigadistes résistants: Joseph
Epstein, fusille en février 1944 au Mont Valérien, Pierre Georges,
colonel Fabien, mort en Alsace a l’automne 1944, et Henri Rol-
Tanguy, qui dirigea l’insurrection de Paris en août 1944 comme chef
régional des FFI d’lle de France.
J’en viens à mon deuxième repère: 1946.
Dès la Libération, le gouvernement du Général De Gaulle
commença à mettre en place le programme du Conseil National de
la Résistance. Ainsi, par ordonnances, fut créée la retraite, institué
le droit de vote des femmes…Mais les premières mesures prises, il
fallait installer durablement le nouveau régime républicain et
démocratique. Ce sera donc en l’Assemblée Constituante et une
nouvelle Constitution qui fête donc ses 80 ans. Celle-ci avait, en
préambule, la déclaration des Droits de l’Homme, et ce préambule
vaut toujours.
Mais nous fêtons aussi le 80eme anniversaire de l’Organisation des
Nations Unies, créée pour régir la Paix et créer le droit international.
Rappelons nous et rappelons à toutes et tous que l’ONU existe
parce que les peuples qui venaient de vivre la 2ème guerre
mondiale voulaient se donner les moyens de ne pas revivre un tel
embrasement. Comme cette leçon est d’actualité !
Cette réunion du 27 mai 1943, il est bien de rappeler qu’elle ne
vient pas de nulle part, mais qu’elle s’inscrit pour une part dans une
histoire plus ancienne. Et puis, il est aussi nécessaire de souligner
qu’ils ne se sont pas contentés d’organiser le combat pour libérer
notre pays: le Conseil National de la Résistance a aussi élaboré un
programme pour le jour d’après…
Le rappeler dans cette France qui s’interroge, ou ressurgissent
racisme et antisémitisme, c’est réaffirmer notre volonté de
poursuivre le combat résistant.
Et permettez-moi pour finir de ne retenir qu’une dernière leçon de
cette première réunion du Conseil National de la Résistance, c’est le
refus de la résignation, même quand les temps sont durs… qu’ils
continuent à nous inspirer ! »

JNR 2026 – Discours du Maire de Paris

JNR 2026 – Discours du Maire de Paris

Discours du maire de Paris à la cérémonie pour la Journée nationale de la Résistance le 27 mai 2026

Paris fait l’histoire autant que l’histoire fait Paris.
C’est ici, qu’a eu lieu, le 27 mai 1943, il y a 83 ans seulement, la première réunion du Conseil National de la Résistance.
Au coeur de Paris occupée, au centre d’une France, celle de Vichy qui a capitulé, se sont réunis ceux qui ne voulaient pas se résigner.
Ne pas se résigner à la défaite, car le combat du Conseil National de la Résistance est d’abord un combat pour la liberté, la liberté comme condition première à l’existence de tout autre droit, mais pas seulement.
Un combat pour l’égalité aussi, et notre système social repose encore aujourd’hui sur des principes énoncés ici-même, et le premier d’entre eux est celui de notre responsabilité collective face aux injustices de la vie.
Un combat pour la fraternité enfin, cette fraternité indispensable, par-delà les divisions, par-delà les opinions politiques, par-delà les différences, pour que notre pays se choisisse un destin commun.
Au retour de Londres, Jean Moulin a emporté avec lui l’ordre suivant : « M. Moulin a pour mission de réaliser, dans la zone non directement occupée de la métropole, l’unité d’action de tous les éléments- qui résistent à l’ennemi et à ses collaborateurs ».
Un moment crucial dans l’histoire de la seconde guerre mondiale. Un message envoyé aux alliés : malgré l’occupation allemande meurtrière et dévastatrice, il existe une France prête à résister, prête à participer activement à sa libération, prête à reprendre son destin en main.
Ce jour-là, le monde a entendu que la France d’après-guerre, ne se ferait pas sans les Françaises et les Français.
C’est ici, à Paris, au premier étage du 48 rue du Four, que cette unité s’est réalisée.
C’est ici que, comme le disais André Malraux, dans son discours pour l’entrée de Jean Moulin au Panthéon, celui qui a été désigné président du Conseil National de la Résistance a « organisé cette fraternité pour en faire un combat » !
Ce combat est plus que jamais d’actualité.
L’Histoire ne nous apprend rien si nous ne l’écoutons pas. Si nous n’entendons pas ce qu’elle a à nous dire : le pire n’est jamais loin. Mais, face au pire, des femmes et des hommes se dressent pour résister.
Et ce sont ces femmes et ces hommes qui écrivent l’histoire.
Aujourd’hui, le monde est à nouveau en guerre. Une guerre conventionnelle, une guerre de territoire, une guerre qui se déroule à nos frontières.
Et puis, il y a une guerre qui ne dit pas son nom, une guerre contre la vérité, une guerre contre la connaissance, une guerre contre nous-même, une guerre contre la liberté.
Face à cette guerre culturelle, technologique, politique, « le verbe résister doit toujours se conjuguer au présent » comme le disait Lucie Aubrac.
Résister au déclinisme, à la division, aux discours de haine, résister au masculinisme, au racisme, à la stigmatisation, résister pour la liberté.
Paris doit être le coeur de cette résistance, comme il l’a été, le 27 mai 1943.
L’histoire fait Paris comme Paris fait l’histoire.
Je vous remercie.
Emmanuel Grégoire,
Maire de Paris.

JNR 2026 : Message officiel de Madame Alice RUFO, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants

JNR 2026 : Message officiel de Madame Alice RUFO, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants

Retrouvez ci-dessous le message officiel de Madame Alice RUFO, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, à l’occasion de la Journée nationale de la Résistance, ce mercredi 27 mai 2026.

Le 27 mai 1943, dans un appartement de la rue du Four à Paris, des hommes que tout aurait pu opposer se réunissaient pour la première fois. Gaullistes ou communistes, syndicalistes ouvriers, socialistes ou démocrates-chrétiens, un même refus les rassemblait : celui de consentir au pire.

Ainsi s’accomplissait, comme l’avait pressenti deux mois plus tôt Aragon dans son poème « La Rose et le Réséda », l’union de tous ceux qu’un même élan avait portés à venir au secours de « la belle prisonnière des soldats » : cette France qui avait pris le visage de Geneviève de Gaulle-Anthonioz et de Lucie Aubrac, de Germaine Tillion et de Marie-Claude Vaillant-Couturier, parmi tant d’autres femmes combattantes de l’armée des ombres.

Ce jour-là naissait, grâce à l’action patiente de coordination menée par Jean Moulin, le Conseil national de la Résistance. Un mois plus tard, arrêté et torturé par la Gestapo, il mourrait sans avoir livré un seul nom, fidèle au combat qu’il avait commencé dès 1940, comme préfet à Chartres en refusant de mentir pour accuser à tort des tirailleurs sénégalais de crimes commis par les Allemands.

Ce que les résistants ont d’abord combattu, ce ne fut pas seulement l’occupant. C’était ce qu’Emmanuel Mounier avait appelé « le désordre établi », cette manière qu’a l’arbitraire de s’installer, de prendre les apparences de l’autorité, jusqu’à se prétendre un mal nécessaire.

Certains pourtant l’avaient reconnu. À la banalité du mal, ils ont répondu par l’humilité de l’héroïsme.

Ils étaient instituteurs, cheminots, agriculteurs, religieux, ouvriers, étudiants, employés des postes ; des agentes de liaison qui portaient des messages dans leurs cabas, des familles qui cachaient un enfant juif derrière une cloison.

Aujourd’hui, nous rendons hommage à ces femmes et ces hommes morts pour la France, et pour quelque chose de plus grand qu’elle encore : pour l’honneur de l’humanité.

En mars 1944, le Conseil national de la Résistance inscrivit ce principe d’action dans un projet pour le pays, Les Jours heureux. Ce projet portait un espoir : qu’au sortir de la guerre, la France protégerait d’abord les plus vulnérables.

De cette exigence sont nées la Sécurité sociale et la promesse que la naissance ne serait plus un destin, ni pour le fils de l’ouvrier, ni pour la fille du paysan, grâce à « l’instruction et l’accès à la culture la plus développée quelle que soit la fortune de leurs parents » (Programme du CNR, 1944).

À l’heure où la puissance du mensonge redevient une arme, où la résignation ferait à nouveau le lit du pire, il nous reste une boussole. Celle de Jean Cavaillès, philosophe, mathématicien, cofondateur des réseaux Libération et Cohors, fusillé en 1944.

Comme le formula Georges Canguilhem, son camarade d’études et de luttes, il fut « résistant par logique ». Parce qu’il est des moments où la raison elle-même commande de dire non.

Ce patriotisme rationnel et lumineux, ce patriotisme généreux venu du peuple dans sa diversité : telle est la leçon que nous laissent ceux qui furent prêts, souvent très jeunes, à risquer leur vie pour témoigner de la vérité, et arracher leur liberté.

Tel est l’héritage du Conseil national de la Résistance.

Tel est le legs de Jean Moulin, qu’il nous revient de transmettre aux générations qui auront à défendre notre idéal et notre avenir.

Vive l’esprit de la Résistance. Vive la République. Vive la France !

Faire vivre l’esprit du Conseil national de la Résistance dans le monde d’aujourd’hui

Faire vivre l’esprit du Conseil national de la Résistance dans le monde d’aujourd’hui

Publié le 27 mai 2026

Journée nationale de la Résistance

Ce 27 mai, notre pays célèbre la Journée nationale de la Résistance, en mémoire de la première réunion du Conseil national de la Résistance, organisée en 1943 sous l’autorité de Jean Moulin.

Cette journée n’est pas seulement un hommage au courage de celles et ceux qui combattirent l’occupation nazie et le régime de Pétain. Elle est aussi un appel à faire vivre l’héritage politique, social et démocratique porté par le programme du Conseil national de la Résistance, « Les Jours heureux ».

Dans cet épisode de la seconde Guerre mondiale, le rôle des communistes fut déterminant. Les militants du Parti communiste français, engagés dès les premières heures dans la lutte clandestine, payèrent un tribut immense à la Résistance et à la Libération. Ouvriers, intellectuels, cheminots, mineurs, immigrés, résistants des FTP-MOI, élus révoqués, femmes combattantes : des milliers de communistes furent arrêtés, fusillés, déportés pour avoir refusé la barbarie fasciste et défendu l’indépendance nationale, la liberté et la dignité humaine.

Mais la Résistance ne fut pas seulement un combat militaire. Elle a porté une ambition de transformation profonde de la société. Au sortir de la guerre, le programme du CNR a permis la création de la Sécurité sociale, des retraites, des nationalisations stratégiques, des services publics modernes, des droits des travailleurs, de la démocratie sociale et d’un accès élargi à l’éducation et à la culture.

Cette œuvre immense demeure d’une modernité saisissante.

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Pourquoi ce silence ? Rien à 20 h sur France 2 !
Origine de la création de la Journée nationale de la résistance !
Avoir choisi le 27 mai pour célébrer la résistance n’est pas anodin. C’est en effet la date anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance, l’instance créée par la France Libre autour de Jean Moulin pour donner plus de cohésion et d’efficacité aux différents mouvements de Résistance française, pendant l’Occupation.
Cette journée de mémoire a été décrétée en France par le Sénat et sa première édition sera celle de 2014.
Une journée de mémoire pour les jeunes générations.
Le site internet du Sénat précise que cette journée n’est ni fériée, ni chômée, et que la commémoration pourrait permettre aux professeurs de consacrer une partie de leurs cours aux thèmes de la Résistance et de la Déportation.
Il est curieux de noter que sur un thème en principe aussi fédérateur, la proposition n’ait pas été adoptée à l’unanimité et qu’il s’est trouvé 2 sénateurs pour voter contre…
SE SOUVENIR, POURQUOI ?
 » Evenement majeur de notre histoire, la Résistance n’est pas seulement l’affaire de ceux qui la vécurent, y participèrent, l’organisèrent. Bien au-delà du souvenir, elle continue de génération en génération, à dispenser à tous son lucide enseignement.
Cet évènement majeur réclame un moment fort au cours duquel chacun puisse, non seulement l’honorer et le célébrer mais avant tout le comprendre !
Incessante pédagogie de l’espoir, la Résistance reste à l’oeuvre dans la mémoire collective des français. Elle est une des forces profondes qui structurent notre durée, proclament notre passion de la liberté et donnent un sens véritable à notre héritage. »
Jean MARCENAC, poète, Résistant