Catégorie : Actualité de la Déportation

Programme pédagogique 2018-2019 des Hauts lieux de la mémoire nationale d’Île-de-France

Programme pédagogique 2018-2019 des Hauts lieux de la mémoire nationale d’Île-de-France

L’offre pédagogique du Mémorial du Mont-Valérien et du Mémorial des martyrs de la Déportation s’enrichit pour cette année scolaire 2018-2019, avec la mise en place de nouveaux parcours thématiques avec des institutions partenaires, ainsi que la création d’ateliers novateurs, toujours dans le souhait de répondre aux attentes des programmes scolaires du primaire et du secondaire.
Dans cet article, vous retrouverez toutes les nouveautés :

Au Mémorial du Mont-Valérien

Visiter plusieurs institutions :
Des parcours thématiques ont été développés avec des structures partenaires, permettant d’approfondir un sujet particulier. Les parcours ont été conçus pour souligner la complémentarité, et les liens entre les différents lieux proposés.
Cette année, le Mont-Valérien s’enrichit de deux nouveaux parcours, complétant ainsi son offre.
Les nouveaux parcours thématiques :

    • Ces fusillés venus d’ailleurs, en partenariat avec le Musée national de l’histoire de l’immigration – Nouveauté
    • Honorer l’engagement : du Mont-Valérien au Panthéon, en partenariat avec le Panthéon – Nouveauté

Les ateliers pédagogiques du Mont-Valérien :
Dans la continuité de notre programmation pédagogique et dans l’attente de l’aménagement du site, des ateliers spécifiques peuvent être mis en place sur demande et en itinérance dans les classes. Plusieurs thématiques sont proposées, pouvant être travaillées de manière transdisciplinaire.
Les nouveaux ateliers pédagogiques :

    • Le chemin vers la victoire | Niveau CM2 – Nouveauté
    • Les épreuves du Mont-Valérien | Niveau CM2 – Nouveauté
    • Parcours – Suresnes pendant la guerre : urbanisme et Résistance | En partenariat avec le MUS – Musée d’Histoire Urbaine et Sociale de Suresnes | Niveau CM2 – Nouveauté
    • Projet mémoire « Construis ton mémorial » | En partenariat avec le Mémorial des martyrs de la Déportation | Niveau CM2 – Nouveauté

Et toujours …
Les visites thématiques
L’équipe pédagogique du Mont-Valérien propose des visites thématiques adaptées aux programmes scolaires :

    • Les fusillés étrangers et extra métropolitains (Collège / Lycée)
    • La construction des mémoires (Lycée)

De plus, à la demande des enseignants, les visites peuvent être orientées vers des parcours spécifiques liés à une région, une thématique ou à un événement particulier.

Le concours de dessin (CM2 des Hauts-de-Seine)
Proposé pour la troisième année consécutive, le concours « Visiter et dessiner le Mont-Valérien » a pour objectif d’initier les élèves à la mémoire de la Résistance et de ses combattants et de participer à la construction des connaissances historiques et des valeurs de la République.

Suivez-ce lien pour en savoir plus sur les actions pédagogiques mises en place par le Mémorial du Mont-Valérien !

SÉANCE EXCEPTIONNELLE « DAVID ROUSSET »

SÉANCE EXCEPTIONNELLE « DAVID ROUSSET »

À l’Auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris,
sous l’égide de la Maire de Paris,
le 9 avril 2019 à 14h

Pour l’anniversaire de la Libération de Buchenwald, en partenariat avec l’association l’association CINE HISTOIRE, l’Association Buchenwald, Dora et Kommandos organise une séance dédiée à David Rousset et à ses travaux pour révéler les systèmes concentrationnaires dans le monde.

David Rousset, journaliste, écrivain, dirigeant du mouvement trotskiste avant-guerre, est l’auteur d’une des premières descriptions de la société concentrationnaire parue en 1946 sous le titre L’univers concentrationnaire, Prix Renaudot 1946. Puis, l’année suivante, il publie un roman de 800 pages : Les Jours de notre mort. Il n’aura de cesse par la suite, jusqu’à son décès en 1997, de dénoncer tous les systèmes concentrationnaires dans le monde, de l’URSS à la Chine, mais aussi, dès la fin des années 1940, de Grèce, d’Espagne et de Yougoslavie, sans oublier son voyage en Algérie avec Germaine Tillion dans le cadre de la Commission internationale contre le régime concentrationnaire (CICRC), qu’il avait créée avec l’appel aux déportés de 1949.
Ces rapprochements, dans le contexte de la guerre froide, lui valurent de nombreuses critiques de ses camarades déportés français et sont à l’origine d’un schisme dans le mouvement déporté.

Entrée libre, mais inscription obligatoire dans les limites des places disponibles : contact@buchenwald-dora.fr

ou par courrier à : Association Française Buchenwald, Dora et Kommandos, 3 rue de Vincennes 93100 Montreuil

 

Témoignages mis en ligne sur le site de MER

Témoignages mis en ligne sur le site de MER

L’Association des Amis de la Fondation de la Résistance propose un nouveau rendez-vous, celui de visionner et d’écouter depuis son site les voix de résistants et de déportés, aussi parfois celles de leurs familles ou de leurs camarades à partir d’un simple « clic » :

Dans un premier temps l’association des Amis de la Fondation de la Résistance avait recueilli ces nombreux témoignages et les avait enregistrés sur des DVD qu’elle mettait gracieusement à la disposition des enseignants, des organismes socioculturels et de tous les passionnés par « ces années-là ».
Aujourd’hui tous ces témoignages, qui représentent près de 16 heures d’écoute, peuvent être visionnés à partir du site de l’association. Tous ces témoignages sont transcrits et en plus la biographie de chaque témoin est accessible avec le clic Voir sa biographie.
Toutes ces femmes et ces hommes, exemples de courage, venus de toutes les régions de France, évoquent leur engagement, leur combat dans la Résistance, leur arrestation et pour certains le calvaire des camps de concentration. Toutes et tous évoquent la joie de la libération et la reconstruction de la France avec pour cadre les valeurs de la Résistance. Toutes et tous en conclusion de leur témoignage à l’adresse de la jeunesse font leurs ces mots de Charles de Gaulle rapportés par Pierre Lefranc : «Quand vous avez deux chemins, choisissez celui qui monte le plus haut. »
Toutes ces vidéos et la rubrique « Ne les oublions pas », avec ses 1 300 parcours de résistants, représentent une source documentaire précieuse pour les enseignants et leurs élèves lors de la préparation du Concours national de la Résistance et de la Déportation. Ces témoignages sont aussi une belle façon pour tous ceux que la mémoire de la Résistance passionne de se souvenir de ces voix dont beaucoup aujourd’hui se sont tues.

 
Ces témoignages sont ceux de : Michèle Agniel, raconte le parcours de Georges Broussine du réseau d’évasion Bourgogne ● Raymond Aubrac, évoque le « couple unique » qu’il formait avec Lucie dans la Résistance lyonnaise au sein du mouvement Libération-sud ● Jean-Jacques Auduc, agent de la France libre ● Roger et Rolande Becker, agents du réseau de renseignement Alliance ● Claude Berthié, résistant au sein de l’Armée Secrète ● Théo Bohrmann, maquisard de 15 ans à Vabre (Tarn) ● Bernard-Henri Bonnafous, chef régional adjoint de l’Armée Secrète pour la région R3 (Languedoc-Roussillon) puis chef FFI de l’Aveyron ● Loïc Bouvard, maquisard à Saint Marcel (Morbihan) ● Guy Chevalier, maquisard en Bourgogne ● Marie-José Chombart de Lauwe, étudiante en médecine, résistante bretonne, déportée à Ravensbrück ● Victor Chaudron, agent de liaison dans les maquis de Côte d’Or ● Jean Chauvin, membre du mouvement Libération-Nord ● Jean-Louis Crémieux-Brilhac, évadé d’Allemagne par l’URSS, responsable de la propagande de la France libre à Londres ● Jean-Marie Delabre, lycéen parisien, résistant au sein des mouvements des Volontaires de la Liberté et de Défense de la France, déporté à Buchenwald et à Mauthausen ● Pierre Demalvilain, résistant breton, agent de liaison du réseau franco-polonais F2 ● Maurice Druon, Français libre auteur avec son oncle Joseph Kessel du Chant des Partisans ● Simone et Claude Ducreux, résistants de différents mouvements dont Libération-Nord ● Henri Écochard, membre des Forces Françaises Libres, soldat de la 1ère DFL ● André Fournier, résistant des mouvements Défense de la France et Vengeance, déporté à Dachau ● Angilbert de Franssu, jeune exploitant agricole, résistant de Picardie ● Brigitte Friang, résistante chargée des parachutages dans la région Ouest, déportée à Ravensbrück ● Bernard de Gaulle, petit-neveu du général Charles de Gaulle, maquisard évadé de France par l’Espagne ● Jean Gavard, lycéen bordelais, résistant du réseau de renseignement CND-Castille, déporté à Mauthausen ● Gisèle Guillemot, résistante, déportée à Ravensbrück ● Stéphane Hessel, normalien, membre du BCRA à Londres, arrêté lors d’une mission en France et déporté à Buchenwald ● Pierre Lefranc, arrêté lors de la manifestation du 11 novembre 1940 à l’Arc de Triomphe à Paris, membre du BCRA à Londres● Georges Loinger, prisonnier de guerre évadé d’Allemagne fin décembre 1940, résistant au sein de l’OSE il sauve des centaines d’enfants juifs ● Maurice Lombard, chef du maquis Laurent en Côte d’Or ● Christiane Mattéoli, résistante à Dijon ● Pierre Morel, résistant au sein de réseaux du SOE ● Charlotte Nadel, étudiante parisienne, membre du comité directeur de Défense de la France, responsable de l’impression du journal clandestin ● Jacqueline Pardon, étudiante parisienne, membre du comité directeur de Défense de la France témoigne de l’action de Jacques Lusseyran, étudiant parisien aveugle, animateur du mouvement les Volontaires de la Liberté ● Robert Pelletier, lycéen résistant au réseau de renseignement Alliance ● François Perrot, lycéen parisien, résistant membre du Front national des étudiants (FNE) déporté à Buchenwald ● Rosette Peschaud, Rochambelle dans la 2e DB ● René Rémond, antimunichois avant-guerre, membre du réseau Jade-Fitzroy ● Claire Richet, agent de liaison dans le réseau Alibi ● Noreen Riols, membre du quartier général du SOE à Londres ● Cécile Rol-Tanguy, résistante à Paris, épouse et secrétaire du colonel Rol-Tanguy dans la clandestinité jusqu’à la libération de Paris ● Pierre de Saint-Macary, résistant déporté à Mauthausen● Pierre Sudreau, chef du réseau Brutus pour la zone occupée, déporté à Buchenwald ● Andrée Thiersault et Marcel Derenne, membres du Bureau des Opérations Aériennes en Pays de Loire ● Raoul Tourette, résistant de l’Ain, déporté à Neuengamme ● Jean-Pierre Vernant, alias colonel Berthier, chef de l’armée Secrète du Sud-Ouest ● Hélène Viannay, co-fondatrice de Défense de la France ● Jacques Vico, résistant normand au sein du mouvement OCM ● Maurice Voutey, résistant et déporté.
Les Amis de la Fondation de la Résistance
Place Marie-Madeleine Fourcade
16-18, place Dupleix
75015 Paris
Tel : 01-45-66-92-32

Mail : memoresist@m-e-r.org

Site : http://www.memoresist.org

Tulle : Jean Viacroze, l’un des derniers survivants du 9 juin 1944, est décédé

Tulle : Jean Viacroze, l’un des derniers survivants du 9 juin 1944, est décédé

Jean Viacroze, l’un des derniers témoins du 9 juin 1944 à Tulle, est décédé dans la nuit de mardi à mercredi. Il était âgé de 104 ans. Déporté à Dachau lors du drame de juin 1944, il avait pu témoigner de l’enfer des camps et de la barbarie nazie.

Jean Viacroze, l’un des derniers témoins du drame du 9 juin 1944 à Tulle, lors duquel 99 tullistes avaient été pendus aux balcons de la ville et 149 habitants déportés dans les camps de concentration nazis, est décédé dans la nuit de mardi à mercredi à l’âge de 104 ans.

Le 9 juin 1944, après avoir assisté au martyr de 99 tullistes pendus aux balcons de la ville par la division SS Das Reich, Jean Viacroze a été déporté vers le camp de Dachau avec 148 autres habitants. Seuls 49 d’entre eux reviendront vivants et pourront témoigner de la barbarie nazie et de l’enfer des camps de concentration.

Avec le décès de Jean Viacroze, un grand pan de la Mémoire de ce drame disparaît.

Jean Viacroze, l’un des derniers survivants du drame du 9 juin 1944 à Tulle, est décédé à l’âge de 104 ans © Maxppp – Christian Liewig

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Lettres d’amour en temps de guerre

Lettres d’amour en temps de guerre

Lecture par SONIA MASSON, avec DIDIER PETIT au violoncelle

Guillaume APOLLINAIRE, l’artilleur blessé par un éclat d’obus puis trépané, Bertolt BRECHT, banni par les nazis, éternel exilé, Nazim HIKMET, reclus pendant quinze ans de sa vie dans les geôles turques, Robert DESNOS, résistant, mort du typhus une fleur à la main dans le camp de Térézin, Pablo NERUDA, un des premiers hommes à abattre de la junte militaire de Pinochet…

Ces poètes n’ont jamais esquivé les tragédies qui s’abattaient sur leurs frères humains : guerres, occupations, dictatures, fascisme… pas plus qu’ils n’ont fui l’amour et sa ribambelle de maux et de joie. Hommes de chair autant que de rêve, ils ont aimé des femmes, aussi intensément, aussi passionnément qu’ils ont haï la guerre, l’injustice, la tyrannie.

AU REGARD DU CYGNE 210, rue de Belleville 75020 Paris
(M. Place des Fêtes ou Jourdain)

7 DATES EXCEPTIONNELLES
• vendredi 25 janvier à 20h
• dimanche 3 février à 18h30
• jeudi 14 février à 20h
• vendredi 22 février à 20h
• dimanche 24 février à 18h30
• vendredi 1er mars à 20h
• dimanche 3 mars à 18h30

TARIF plein: 13 €/ réduit: 8 €

RÉSERVATIONS
» par téléphone : 06 41 05 23 45
» par mail : resa.lelampion@gmail.com
» en ligne : www.helloasso.com/associations/theatre-du-lampion
Accueil, bar et buffet le jeudi et le vendredi à partir de 19h, le dimanche à partir de 17h, et aussi après la fin de la représentation qui dure environ une heure.

*Image: © Jeanne Puchol*

Disparition de Denise Breton, résistante et déportée

Disparition de Denise Breton, résistante et déportée


Née en 1919 à Billancourt (Boulogne-sur-Seine) ; résistante et déportée ; rédactrice en chef d’Heures claires ; membre du bureau de l’UFF depuis 1954, présidente de 1977 à 1989.
Denise Dumas naquit en 1919 à Billancourt, en banlieue parisienne, dans une famille ayant déjà deux filles. Elle perdit sa mère de bonne heure et son père, d’abord artisan boucher, travailla ensuite comme garçon boucher après avoir fait faillite. Elle-même alla en pension à l’école des Sœurs, jusqu’au CEP, davantage par habitudes liées au milieu social de sa famille que par convictions catholiques de celle-ci. Elle fréquenta ensuite l’école communale jusqu’au brevet puis, à quinze ans et demi, suivit un apprentissage de modiste.
Sa famille n’était pas du tout militante, mais Denise Breton, très marquée par ce qu’elle y avait entendu sur les horreurs de la guerre de 1914-1918, eut durant la Seconde Guerre mondiale une réaction patriotique face à l’occupant. Mise en contact avec la Résistance par son futur mari, elle entra en avril 1943 dans un réseau gaulliste comme agent de liaison. Le réseau ayant été trahi, tous deux furent arrêtés en août 1943 à Besançon. Son mari fut déporté à Buchenwald puis à Dora. Denise Breton passa quatre mois et demi à la prison de Besançon, puis à Romainville et au camp de Compiègne, avant d’être déportée durant seize mois à Ravensbrück et envoyée dans une usine des monts de Bohème. Elle avait alors un fils de quatre ans.
Libérée le 16 mai 1945, elle dit ne pas avoir supporté de retrouver le badinage de ses collègues d’atelier et se mit, durant quelque temps, à faire des chapeaux chez elle en écoutant Radio-Sorbonne. Ensuite, elle cessa de travailler, le couple estimant que les revenus du mari, entrepreneur en maçonnerie, étaient suffisants à la vie de la famille.
Denise Breton se réadapta très difficilement, et considère que c’est l’Union des femmes françaises qui le lui permit finalement. Elle cherchait à son retour des camps un mouvement agissant pour la paix. Une première inscription à l’UFF demeura sans suite mais, en 1950, elle participa à une réunion contre les armes atomiques, au moment de l’Appel de Stockholm. L’une des femmes présentes lui parla de l’UFF, et c’est ainsi qu’elle commença à y militer, dans le Ier arrondissement de Paris, avec Marguerite (Jean-Richard) Bloch* et Françoise Leclercq*.
Elle s’investit tout de suite beaucoup dans l’UFF, en suivit une école de formation de huit jours à Suresnes, et fut élue au conseil national en 1952, puis au bureau national à partir de 1954, et enfin à la vice-présidence (1965) et présidence (1977).
Elle fut à partir de 1959 rédactrice en chef d’Heures claires, périodique de l’UFF, jusqu’à son élection en tant que présidente, y couvrant de grands reportages comme en Iran, ou en Espagne pour la première grève des mineurs des Asturies sous le régime franquiste. Elle appréciait beaucoup l’intérêt du travail à Heures claires, ainsi que l’équipe formée avec Henriette Bidouze* et Colette Sabatier* et l’état d’esprit, qu’elle trouvait bien plus ouvert qu’à la direction de l’UFF.
Toutefois, elle dit avoir aussi aimé l’UFF pour la diversité des femmes qui y coexistaient, et y avoir retrouvé à tous les niveaux de responsabilité l’esprit de solidarité de la Résistance et de la déportation. Attirée à la fois par les actions en faveur de la paix et du droit des femmes (« Je suis née féministe », dit-elle), elle participa aux deux commissions nationales et fut, en 1957, co-secrétaire de la commission Paix. Elle suivit également les travaux de la commission Accouchement sans douleur qui, dit-elle, permit de dépasser l’ancestral « tu accoucheras dans la douleur » et de développer le respect envers les femmes.
Elle représenta l’UFF à la Fédération démocratique internationale des femmes (FDIF) mais estima qu’il y était difficile, surtout après la mort d’Eugénie Cotton*, d’y parler du droit des femmes, les réflexions y étant plutôt orientées vers la paix et le désarmement. Par ailleurs, n’adhérant elle-même à aucun parti, elle y appréciait peu le côté « très pro-soviétique ». Elle participa néanmoins au Congrès mondial des femmes à Moscou en 1987, assurant en tant que présidente la représentation de l’UFF lors de nombreuses rencontres internationales.
Elle représenta également l’UFF au comité de travail féminin créé par Valéry Giscard d’Estaing, et fut nommée Chevalier de la Légion d’Honneur en 1976.
En 1989, prenant prétexte de son âge, elle quitta la présidence de l’UFF pour devenir présidente du comité d’honneur, créé en 1968. En réalité, elle souhaitait partir, sans pour autant provoquer de conflits. Elle considérait qu’avec le renouvellement des militantes, l’état d’esprit de l’UFF avait changé, privilégiant moins l’union des femmes au profit d’une politique davantage liée au PCF. En tant que présidente du comité d’honneur, elle continua à être membre du bureau national, mais partit définitivement peu de temps après.
Parmi ses souvenirs douloureux de militantisme figurent les luttes contre les guerres coloniales, pour lesquelles, dans un premier temps, il n’était pas facile de mobiliser et qui lui valurent des menaces de la part de l’OAS. Ses meilleurs souvenirs militants sont liés aux victoires obtenues dans le cadre de la lutte pour les droits des femmes, comme la reconnaissance de l’accouchement « sans douleur », le livret de famille aux mères célibataires, désormais appelées « madame », le changement des régimes matrimoniaux en 1970.
Son mari, militant communiste, maire adjoint de Sartrouville (Yvelines) durant plusieurs mandats, ne mit aucun obstacle à l’investissement de Denise Breton dans l’UFF, essayant au contraire de lui faciliter la tâche. Ils eurent trois enfants et, pour concilier vie familiale et vie militante, furent aidés par une employée qui s’occupait notamment des enfants. Deux de ces enfants militent ou ont milité.
Denise Breton écrivit un livre sur différentes femmes de l’UFF, intitulé Histoires ordinaires du féminin présent, publié en 1982 par les éditions Messidor (Temps actuels).

POUR CITER CET ARTICLE :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article17885, notice BRETON Denise [née DUMAS Denise] par Dominique Loiseau, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 3 mai 2009.