Catégorie : Actualité de la Déportation

Le « Journal de guerre » de Paul Morand, un témoignage capital sur le rôle de Vichy dans l’extermination des juifs

Le « Journal de guerre » de Paul Morand, un témoignage capital sur le rôle de Vichy dans l’extermination des juifs

Des notations de première main qui révèlent l’état d’esprit du gouvernement de Vichy, accablant, mêlant cynisme hâbleur, mauvaise conscience agressive et humour poisseux.

Par Laurent Joly Publié le 05 novembre 2020 à 07h30 – Mis à jour le 05 novembre 2020 à 07h52

A qui douterait de l’inanité historique de la théorie du « moindre mal » (en vertu de laquelle le gouvernement de Vichy n’aurait livré les juifs apatrides aux nazis à l’été 1942 que pour sauver les juifs français exigés par l’occupant et en ignorant le sort fatal qui attendait les déportés), on ne pourrait que conseiller de se reporter aux pages du Journal de guerre de Paul Morand (Tome I. Londres, Paris, Vichy.1939-1943, Gallimard, « Les cahiers de la NRF », 1028 p., 27 €) consacrées au « problème juif ». D’une authenticité incontestable, ces notations de première main révèlent un état d’esprit accablant, mêlant cynisme hâbleur, mauvaise conscience agressive et humour poisseux. Le vase clos de Vichy dans ce qu’il avait de pire.

Antisémite chevronné

C’est Laval défendant froidement sa politique en petit comité le 15 août 1942 : « L’alignement du problème juif français sur le problème juif allemand (…) ne nous coûte rien et n’a pour nous que des avantages. Le sol seul compte. »

C’est Bousquet, le chef de la police de Vichy, pérorant à la « popote » de l’Hôtel du Parc, le 31 août 1942 : « Je ne les poursuis [les juifs] que comme antigouvernementaux. Je les sonne dur pour qu’ils comprennent. J’en ai liquidé treize mille et continuerai jusqu’à ce qu’ils se calment. » Puis, réagissant à la remarque d’un collaborateur de Laval au sujet des exemptions pour certains juifs, de s’exclamer : « Dès qu’on fait une exception, tous y passent. »

LIRE LA SUITE

CONCERT ANNULÉ

CONCERT ANNULÉ

CONCERT ANNULÉ ⚠️
Bonjour à tou·te·s,
Après les annonces faites hier soir par le Chef de l’Etat, vous comprendrez bien que nous nous sommes dans l’obligation d’annuler le Concert de la Liberté. 😔
L’association Les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation

Afmd Mémoire Vigilance

vous informera de ses projets pour 2021. Merci de nous suivre et de poursuivre votre soutien.

En attendant, prenez soin de vous et de vos proches ❤ Amitiés

Hommage à Suzanne Leclézio et sa compagne, Yvonne Ziegler,

Hommage à Suzanne Leclézio et sa compagne, Yvonne Ziegler,

Bonjour,
Pour ceux qui suivent mes posts depuis quelques mois, vous savez que j’ai sollicité la ville de Paris pour rendre un hommage à Suzanne Leclézio et sa compagne, Yvonne Ziegler, résistantes et déportées, travailleuses sociales au centre d’hygiène sociale de la rue Marcadet près de la Gare du Nord à Paris, dispensaire créé par la compagnie des chemins de fer du nord en 1936.
Ce projet a été validé par le conseil de Paris et une plaque sera apposée bientôt sur les murs de ce centre, maintenant géré par la ville de Paris. (date non connue en raison des restrictions actuelles).
En ces jours où la barbarie et le poison de l’intolérance occupent notre réalité, il me paraît important de se souvenir et d’honorer celles qui ont combattu le nazisme, aidé des familles juives persécutées et soutenu la population de ce quartier populaire de Paris lors des bombardements de 1944.
Voici en avant première, et j’en suis ému et heureux, la plaque qui sera apposée.

10 ans de BD !

10 ans de BD !

Voici 10 ans en effet, le 21 octobre 2010, sortait le tome 1 de KZ Dora, ma première bande dessinée publiée, aux Editions Des ronds dans l’O. Cette édition en 2 volumes (le second est sorti en janvier 2012) est désormais très rare à trouver dans le commerce puisque seule la version intégrale (mars 2015) est maintenant disponible.
Si pour beaucoup de collègues, leur première œuvre est un galop d’essai, il représente bien plus me concernant, car je continue d’en parler quasiment chaque mois dans les écoles offrant aux enseignants qui avaient l’habitude d’inviter d’anciens témoins des camps de concentration, une alternative intéressante. Une exposition est également disponible (vente et location) et la médiation autour de KZ Dora est donc toujours importante.

C’est cet album que Stéphane Hessel avait préfacé. Son texte qui accompagne désormais l’intégrale a en effet été rédigé à la fin de l’été 2010. L’ancien résistant déporté, à la vie passionnante tant sur le plan de l’engagement que le plan culturel, avait accueilli chez lui mon éditrice Marie Moinard, qui lui avait présenté les planches. Le hasard a voulu que quelques semaines plus tard, le 21 octobre, jour de la sortie de ma BD, paraisse également son essai « Indignez-vous », qui allait devenir un phénomène éditorial.

LIRE LA SUITE

Un Poitevin sur les traces de son grand-père résistant polonais

Un Poitevin sur les traces de son grand-père résistant polonais

Le grand-père du photographe poitevin Thomas Regdosz a dû fuir la Pologne après la guerre. Son petit-fils veut tourner un film pour retracer ce périple.

Sur l’affiche du projet de film, le « p » de Joseph ressemble à une ancre de marine… Il s’agit, en fait, de la Kotwica, le symbole de la résistance polonaise durant la Seconde Guerre mondiale. Grand-père du photographe et réalisateur poitevin Thomas Regdosz, Joseph Drozniak a en effet appartenu à cette Armia Krajowa et participé à l’insurrection de Varsovie, en 1944.
De Cracovie à Roubaix, via l’Allemagne « L’échec de l’insurrection de Varsovie a été voulu par Staline, rappelle Thomas Regdosz. Les chars soviétiques se sont arrêtés sur la rive opposée de la Vistule et, après la guerre, ils ont tenté d’effacer toute trace de la résistance polonaise non communiste Convoqué à Moscou en septembre 1945, mon grand-père a donc dû fuir la Pologne pour éviter d’être déporté au goulag ou simplement exécuté comme la plupart des résistants appelés au Kremlin. »

C’est ainsi qu’a débuté le long périple de Joseph Drozniak, de la banlieue de Cracovie jusqu’à Roubaix, en passant par l’Allemagne. Arrivé à pied dans un camp de réfugiés de Göttingen, en zone anglaise, le résistant s’est ensuite engagé dans un bataillon de l’armée américaine et tint le rôle de gardien durant les procès de Nuremberg, en 1946.

LIRE LA SUITE

Si je reviens un jour : les lettres retrouvées de Louise Pikovsky

Si je reviens un jour : les lettres retrouvées de Louise Pikovsky

 

#VendrediLecture Dernière lecture que je vous conseille. Une très belle BD au graphisme soigné qui raconte l’histoire d’une famille juive d’origine polonaise qui s’est installée en France.
Après les premières rafles de 1942, à l’âge de 16 ans, Wally Aviam est envoyée par ses parents à Corenc, un petit village au-dessus de Grenoble. Ses souvenirs racontent une vie de faim, de froid et d’attente de ses parents et de son frère déportés, mais aussi la découverte de la montagne, de la nature, de l’amitié et de l’amour.
16 octobre 1943 : Rafle du ghetto de Rome.

16 octobre 1943 : Rafle du ghetto de Rome.

Le saviez-vous?
À l’aube du samedi 16 octobre 1943, jour choisi spécialement car férié pour les Juifs, plus de 350 hommes de la police allemande, sous les ordres de 14 officiers et sous-officiers effectuent une rafle dans le ghetto de la communauté juive romaine, principalement dans la Via del Portico d’Ottavia et les rues adjacentes, ainsi que dans d’autres quartiers de Rome. Aucun italien n’étaient estimé digne de confiance pour effectuer cette tâche.
Le dimanche 17 septembre, un fonctionnaire du Vatican se rendit au Collegio Militare, se limitant à demander la libération des Juifs baptisés. Cette requête fut rejetée car, sur la base de la législation allemande en vigueur à l’époque, les Juifs convertis appartenaient toujours à la race juive.
Les personnes arrêtées furent transférées à la gare de Rome Tiburtina, chargées sur un convoi composé de 18 wagons à bétail.
Le convoi, parti le lundi 18 octobre à 14h05, arriva au camp d’Auschwitz le 22 octobre à 23h. Les déportés restèrent enfermés dans les wagons jusqu’à l’aube.
Une fois sortis des wagons, les déportés furent divisés en deux colonnes : d’un côté 820 personnes jugées physiquement inaptes au travail et de l’autre 154 hommes et 47 femmes déclarées physiquement sains. Les 820 personnes du premier groupe furent immédiatement conduites dans les chambres à gaz nommées « zone douche ». Le jour même, leurs cadavres lavés avec un jet d’eau et privés des dents en or furent brûlés dans les fours crématoires.
Ceux du deuxième groupe furent transférés dans d’autres camps d’extermination. Les juifs qui restèrent à Auschwitz périrent tous.
À la fin du conflit, seuls 15 hommes et une femme retournèrent en Italie.
Lors des rafles suivantes, la majorité des juifs parvint à se cacher, souvent aidés par la population italienne.
Ci-dessous, une photo de Lello di Segni, dernier survivant de la rafle du 16 octobre 1943, décédé le 26 octobre 2018 à l’âge de 91 ans. 🐝
la gare de déportation de Bobigny en lieu de mémoire

la gare de déportation de Bobigny en lieu de mémoire

LE PARISIEN

Les travaux enfin lancés pour transformer la gare de déportation de Bobigny en lieu de mémoire

Prévus depuis plusieurs années, les travaux de transformation de la gare de déportation de Bobigny en lieu de mémoire ont débuté. La ville espère pouvoir inaugurer ce nouveau lieu en janvier 2022.

Le 11 octobre 2020 à 18h59, modifié le 11 octobre 2020 à 19h14

C’est un lieu empli d’histoire, encore peu connu du grand public. Un endroit qui a joué un rôle dans les temps les plus sombres du XXe siècle. Entre juillet 1943 et août 1944, durant la Seconde Guerre mondiale, 22 453 personnes de confession juive ont été déportées depuis la gare de Bobigny (Seine-Saint-Denis).

Une station aujourd’hui désaffectée, qui permettait de relier la commune, alors village maraîcher, à Sucy-en-Brie (Val-de-Marne). Et qui sera demain un lieu de mémoire : les travaux ont en effet débuté en août dernier avec pour objectif de l’inaugurer en 2022.

Les convois partaient vers Auschwitz

Ouverte dans un premier temps aux voyageurs, cette gare de la Grande Ceinture est devenue uniquement réservée au transport de marchandises dès 1939. Située seulement à deux kilomètres du camp de Drancy, où étaient internés de nombreux juifs, la gare a sans doute été choisie par les Allemands pour son emplacement plus discret que celle du Bourget où ont débuté les déportations.

LIRE LA SUITE