Procès de Klaus Barbie : 40 ans après, la mémoire vive d’anciens élèves présents, dont le président de la cour d’appel de Basse-Terre
Près de 650 collégiens et lycéens avaient assisté au procès historique du SS Klaus Barbie, à Lyon. Pour beaucoup d’entre eux, cet évènement a changé leur vie, comme le révèle une collecte de témoignages en cours 40 ans plus tard. Michaël Janas, président de la cour d’appel de Basse-Terre, en faisait partie.
Le 5 juin 1987, Michaël Janas, 14 ans, alors en 3ème à Lyon, « entre pour la première fois dans un palais de justice« , avec toute sa classe, lors d’une sortie scolaire préparée par son professeur d’histoire et géographie. La cour d’assises de Lyon, devant laquelle l’ancien chef de la Gestapo à Lyon et tortionnaire du chef de la Résistance Jean Moulin est accusé de crime contre l’humanité, une première en France, a en effet décidé d’ouvrir les audiences aux jeunes générations.
« La salle était bondée, entre les médias, les témoins et les familles, mais nous réservions 60 places chaque jour aux scolaires (…). C’était important, car on ne faisait pas ce procès pour raconter une page d’histoire, mais pour tirer les leçons de cette histoire. »
Extrait du récit de Jean-Olivier Viout, alors adjoint au procureur général Pierre Truche.
Ce 5 juin, ce n’est pas tant Barbie, « ce petit homme dans le box« , qui a marqué Michaël Janas, que « la très grande dignité des victimes« , déportés ou résistants.
« J’ai eu conscience de vivre un moment que je ne revivrai plus. Cela a contribué à ma trajectoire, car jamais je n’aurais imaginé devenir juge. »
Michaël Janas, président de la cour d’appel de Basse-Terre, en Guadeloupe.