Catégorie : Actualité de la Déportation

Abdelkader Mesli, l’Imam qui a sauvé des juifs en délivrant de faux certificats musulmans

Abdelkader Mesli, l’Imam qui a sauvé des juifs en délivrant de faux certificats musulmans

Lorsque l’Europe était sous domination nazie et que certains gouvernements et citoyens ont fait le choix de collaborer avec l’ennemi, d’autres ont préféré résister au péril de leur vie et de leur liberté. Ils ont tendu une main secourable à ceux qui étaient dans la tourmente dont de nombreux juifs.
Ces sauveteurs ont reçu le titre de Justes parmi les nations. Animés d’idéaux humanitaires ou révoltés par la situation, ils ont contribué à sauver des centaines de vie durant la seconde guerre mondiale.
Récompensés pour leur bravoure, ils ont reçu la médaille des Justes et un certificat honorifique par l’état hébreu. Leurs noms sont inscrits sur le Mur d’honneur du Jardin des Justes à Yad Vashem.

Pourtant parmi ces Justes, certains sont restés dans l’ombre et n’ont pas eu droit aux honneurs et aux acclamations.

Des musulmans ont sauvé des juifs de la déportation, pourtant leurs noms ne figurent nulle part et n’ont même jamais été mentionnés.
Rares sont ceux qui ont réussi à arracher une reconnaissance posthume grâce à l’acharnement de leurs enfants.
A l’image de l’imam algérien Abdelkader Mesli. Son fils, Mohamed a rendu public les archives précieusement gardées par feu son père. Une vieille valise ouverte par hasard a permis de comprendre le vaste travail accompli par son père au moment où les français étaient sous domination nazie entre 1939 et 1945.

Explique Mohamed puisque pour aider les familles juives en détresse, son père leur délivrait de faux certificats de religion musulmane. L’imam Mesli faisait partie du rectorat de la mosquée de Paris dès 1930, il gérait notamment les tickets de rationnement.

Après avoir sauvé plusieurs familles juives de la déportation, Abdelkader Mesli sera dénoncé à la Gestapo et déporté à son tour dans les camps de concentration. Même sous la torture, l’imam n’a jamais dénoncé les familles qu’il cachait, ni ses complices. Il mourra en 1960 alors que son fils était âgé de dix ans.
Des années plus tard, Mohamed rend hommage à son père, ce héros inconnu sorti de l’oubli :

Au 1er janvier 2012, 24 355 Justes parmi les nations de 46 pays ont été honorés, pourtant un seul Arabe se verra décerner le titre de Juste, le médecin égyptien Mohamed Helmy mort en 1982.
Il a reçu le titre de Juste parmi les nations pour son aide apportée durant la seconde guerre mondiale à une famille juive. Une reconnaissance tardive, puisque Mohamed Helmy est mort avant que le Mémorial Yad Vashem ne lui décerne ce titre.

 

Fort de Metz-Queuleu : Nuit européenne des musées 18/05/2019, conférences, expositions et visites

Fort de Metz-Queuleu : Nuit européenne des musées 18/05/2019, conférences, expositions et visites

Prochains événements organisés par le fort de Queuleu :

Jeudi 16 mai 2019 – 19h30 – Gratuit : Conférence

La prochaine conférence du fort de Queuleu se déroulera dans le Grand Salon de l’Hôtel de ville de Metz (1 place d’Armes 57000 METZ). Anthony Rescigno nous présentera « le loisir cinématographique en Moselle annexée pendant la Seconde Guerre Mondiale ».

Plus d’informations sur : https://www.fort-queuleu.com/conferences/

 

Samedi 18 mai 2019 – 17h00 à 01h00 (dernier départ de visite guidée à minuit) – Gratuit : Nuit européenne des musées

Dans le cadre de la Nuit européenne des musées, le fort de Queuleu sera ouvert du samedi 18 mai 2019 à 17h00 au dimanche 19 mai 2019 à 01h00 (attention dernier départ de visite guidée du camp spécial nazi à minuit). Venez découvrir les nombreuses nouveautés de cette édition.

Plus d’informations sur : http://www.fort-queuleu.com/nuiteuropeennedesmusees2019/

 

Jeudi 13 juin 2019 – 17h30 et 19h30 – Gratuit : Inauguration de la plaque du Label du patrimoine européen et conférence

Retenez dès à présent la date de l’inauguration de la plaque du Label du patrimoine européen décerné par l’Union européenne qui se déroulera le jeudi 13 juin 2019 au fort de Queuleu. Celle-ci sera suivie par une conférence de Frédérique Neau-Dufour à 19h30 à l’Institution De La Salle (2 rue Saint-Maximin 57070 METZ) sur l’histoire du camp de concentration de Natzweiler-Struthof. Des informations plus précises vous parviendront ultérieurement.

Plus d’informations sur : http://www.fort-queuleu.com/labelpatrimoineeuropeen/ et https://www.fort-queuleu.com/conferences/

 

Visites guidées du dimanche à 14h00 et 16h00 – Gratuit :

Le camp spécial nazi du fort de Queuleu est ouvert aux visites le dimanche après-midi (départ des visites guidées à 14h00 et 16h00) de mars à novembre inclus.

Découvrez l’exposition temporaire « Natzweiler et ses camps annexes sur les deux rives du Rhin » (du 25 mars au 30 mai 2019), l’exposition « Fraternité » et l’exposition permanente sur l’histoire du fort de Queuleu.

Plus d’informations sur : http://www.fort-queuleu.com/visite_interieure/ et http://www.fort-queuleu.com/expositions/

 

Visites guidées pour des groupes – Sur réservation :

Des visites guidées spéciales du camp spécial nazi du fort de Queuleu peuvent être organisées pour des groupes.

Plus d’informations sur :  http://www.fort-queuleu.com/visites-speciales-groupes/

 

Association du fort de Metz-Queuleu pour la mémoire des internés-déportés et la sauvegarde du site

Adresse postale (attention il n’y a pas de permanence) : 1 rue du Roi Albert 57070 METZ

Adresse du fort de Queuleu (accueil des visites au niveau de la passerelle en bois à l’entrée) : allée Jean Burger 57070 METZ

06 95 67 42 80

fort.metz.queuleu@gmail.com

www.fort-queuleu.com

 

Dordogne : le décès d’un « passeur de mémoire »

Dordogne : le décès d’un « passeur de mémoire »

Vincent Garcia, Républicain espagnol, ancien résistant déporté à Buchenwald, est décédé à l’âge de 94 ans.

C’est un infatigable « passeur de mémoire » qui vient de disparaître à l’âge de 94 ans à Trélissac (Dordogne), un témoin des turbulences des plus terribles événements du XXe siècle. Dans son enfance durant la guerre d’Espagne, Vincent Garcia avait vu son père et son frère fusillés par les Franquistes. Comme beaucoup de familles de Républicains, il a trouvé le salut dans l’exil en France, interné à Argelès.

Il s’était retrouvé en 1942 en Dordogne pour travailler et avait intégré un réseau de la Résistance comme agent de liaison. Arrêté après une dénonciation, il avait été déporté au camp de Buchenwald, en Allemagne, sous le matricule 42.553. Il y survécut 18 mois, notamment grâce à la solidarité communiste. Il en était revenu avec la ferme intention que personne n’oublie ces moments.

l y a deux ans, un chemin de Trélissac a été baptisé du nom de l’ancien déporté Vincent Garcia. archives Christian Espitalié

Chef de chantier dans le bâtiment et militant, il était fidèle à ses idéaux. Après avoir pris sa retraite, il a entamé d’innombrables séances de témoignages dans les écoles.

L’esprit de transmission

Pour Norbert Pilmé, le président de l’association pour la mémoire de la Déportation en Dordogne, qui l’accompagnait souvent, « il avait construit une pédagogie de la mémoire. Il avait pris à cœur cette transmission auprès des jeunes. Il racontait les choses facilement pour que les enfants comprennent, en leur expliquant en souriant qu’il était agent secret dans le maquis ou ce qu’il mangeait, ou pas, dans son camp de déportation. » Il intervenait aussi bien dans les classes élémentaires qu’au lycée, donnait de son temps pour le concours de la Résistance et de la Déportation. Toujours avec le même calme pour parler de moments terribles.

C’était l’un des derniers déportés vivant encore en Dordogne. La Ville de Trélissac avait baptisé un chemin à son nom il y a deux ans, sans oublier la mention « passeur de mémoire ». Ses obsèques civiles seront célébrées mardi 14 mai, précédées d’un hommage public au foyer rural de Trélissac à 14 h 30.

Destinées de femmes durant la Seconde Guerre mondiale

Destinées de femmes durant la Seconde Guerre mondiale

France Bloch-Sérazin, Madeleine Pauliac, les Alsaciennes et Mosellanes « malgré-elles »… Frédéric Mounier et ses invités racontent des destins de femmes durant la Seconde Guerre mondiale.

Le 8 mai, on célèbre la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’occasion de retracer les destins méconnus de plusieurs femmes durant le conflit : France Bloch-Sérazin (1913-1943), juive et résistante communiste ; Madeleine Pauliac (1912-1946), médecin, qui est allée secourir en 1945 les 500.000 Français envoyés en Pologne ; et les 15.000 Alsaciennes et Mosellanes incorporées malgré elles dans la machine de guerre nazie.
France Bloch-Sérazin, femme de combat
À partir d’un travail d’archive rigoureux, Alain Quella-Villéger fait revivre une figure méconnue. France Bloch-Sérazin a été chimiste de tout premier plan, engagée très tôt dans la Résistance française, elle a été arrêtée par la police de Vichy et guillotinée par les nazis à Hambourg alors qu’elle n’a pas 30 ans.

On lit avec beaucoup d’émotion et d’intérêt « France Bloch-Sérazin – Une femme en résistance (1913-1943) » (éd. des Femmes Antoinette Fouque). On y découvre une femme de combat, une passionnée, pleine de courage de générosité et de hautes valeurs humaines.
Madeleine Pauliac, médecin en résistance
Philippe Maynial est un familier du monde du cinéma, il a fondé le prix Sopadin du scénario. C’est sa tante, Madeleine Pauliac, qui a inspiré l’idée du film « Les Innocentes » (2016), réalisé par Anne Fontaine et qui a connu un succès international.

Sa biographie « Madeleine Pauliac, l’insoumise » (éd. Tallandier) a été rééditée en collection Texto. Il raconte le destin hors du commun d’une femme entrée en résistance dès le début de la guerre. Et qui, après avoir rencontré le général de Gaulle en août 1944, s’est engagée dans l’armée. À la tête de l’Escadron bleu, en juillet 1945, elle a secouru les Français qui avaient été envoyés en Pologne, rescapés du STO ou survivants des camps d’extermination.
malgré-nous : des femmes aussi
La mère de Nina Barbier elle-même a connu le destin des « malgré-elles » : jeune femme originaire d’un petit village d’Alsace, elle s’est retrouvée, à l’âge de 18 ans, incorporée au Reichsarbeitsdienst, ou RAD. Un service devenu obligatoire en Alsace et en Moselle à partir de juin 1940. Si on connaissait les malgré-nous – le terme est devenu courant – Nina Barbier a choisi de parler des « malgré-elles » pour dire que les femmes aussi ont connu ce qui, dans bien des familles, fait partie des secrets enfouis.

L’auteure de « Malgré-elles – Les Alsaciennes et Mosellanes incorporées de force dans la machine de guerre nazie » (éd. Tallandier), explique qu’aujourd’hui encore des associations de femmes « malgré-elles » souhaitent une reconnaissance publique de leur statut d’enrôlées de force.

Invités
Nina Barbier, écrivaine, réalisatrice de télévision
Philippe Maynial, fondateur du prix Sopadin du scénario
Alain Quella-Villéger, historien, agrégé d’histoire et docteur ès-lettres en histoire contemporaine, chercheur associé des universités de Nantes et de La Rochelle

Parution – Femmes en déportation – Les déportées de répression dans les camps nazis aux Presses universitaires de Paris Nanterre

Parution – Femmes en déportation – Les déportées de répression dans les camps nazis aux Presses universitaires de Paris Nanterre

Les actes du colloque organisé en 2015 Femmes en déportation – Les déportées de répression dans les camps nazis viennent de paraître aux Presses universitaires de Paris Nanterre.
Ce premier colloque consacré à l’étude des femmes déportées par mesure de répression depuis la France vers l’Allemagne associait témoins, chercheurs et archivistes.
Articulé en quatre parties, l’ouvrage présente une vue d’ensemble des recherches déjà entreprises avec en particulier un article introductif de Thomas Fontaine aujourd’hui directeur du MRN. Il évoque ensuite les pistes de recherches, examine la parole des anciennes déportées entre histoire et témoignage et présente les sources disponibles pour l’histoire des déportées notamment celle conservées au MRN, décrites au cours de son intervention par Guy Krivopissko son conservateur honoraire.
Femmes en déportation met en lumière les différences de parcours des déportées et internées, la pluralité des causes de leur engagement dans la Résistance et les conditions particulières de la réinsertion des rescapées après-guerre. Chacune des contributions montre la nécessité d’appréhender la déportation féminine du point de vue de l’histoire des femmes et révèle l’apport indispensable d’une telle approche à la compréhension de cette période.
308 pages, 19 €

Expositions temporaires : « Les graffitis, ultimes témoignages des fusillés du Mont-Valérien » du 1er mars au 31 décembre 2019

Expositions temporaires : « Les graffitis, ultimes témoignages des fusillés du Mont-Valérien » du 1er mars au 31 décembre 2019

Les graffitis, ultimes témoignages du Mont-Valérien présente les 31 graffitis encore présents dans la chapelle. 31 graffitis, 31 traces, témoignages des politiques répressives mises en place pendant l’Occupation allemande et des parcours d’engagements.
Tous ces parcours, bien que différents, convergent dans la « chapelle des fusillés », ultime étape avant les exécutions.

Cette première exposition temporaire réalisée au mémorial du Mont-Valérien, est consacrée à ces témoignages, exceptionnels objets mémoriels, patrimoniaux, historiques et profondément révélateurs de qui étaient ces hommes, de leurs croyances individuelles et de leurs engagements collectifs. Objets sensibles et uniques, les graffitis disent à la fois les espérances et les croyances de ceux qui se battaient du côté de la vie et sont révélateurs de l’organisation de la répression et des persécutions raciales.

Les quelques graffitis qui demeurent aujourd’hui dans la chapelle du Mont-Valérien sont autant de témoignages laissés par les condamnés, écrits peu avant leur exécution. Ainsi, certains résistants et otages nous ont laissé un dernier message dans un lieu privé de témoins.

À travers cette première exposition temporaire c’est la diversité des parcours que nous souhaitions rendre, la spécificité du Mont-Valérien que nous voulions décrire, et la dernière trace de vie des victimes de ce lieu sans témoin que nous désirions mettre à l’honneur et sauvegarder.

Des visites thématiques consacrées à l’exposition sont organisées tous les samedis à 11h. Plus d’informations et réservations – info@mont-valerien.fr | 01 47 28 46 35

NÎMES Cérémonie commémoratives de la journée nationale du souvenir et de la déportation

NÎMES Cérémonie commémoratives de la journée nationale du souvenir et de la déportation

Partout en France, on se souvient des victimes de la déportation.

À l’occasion de la journée nationale du souvenir et de la déportation, une cérémonie se tenait ce matin au monument des martyrs de la résistance sur le boulevard Jean Jaurès.

Le chant des marais retentit dans la crypte sous le monument où repose un immense gisant de pierre à la mémoire des martyrs de la déportation (photo Véronique Camplan)

De nombreuse personnalités, représentants des associations de déportés et internés, Andrée Julien, déportée résistante et Dominique Durand, président de l’association d’ amis de la fondation pour la mémoire de la déportation, se sont retrouvés pour se recueillir ensemble à a mémoire des martyrs de la déportation.

Après les honneurs militaires, Andrée Julien a lu « pour ne pas oublier », le Message pour la journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation, rédigé la fédération nationale des déportés et internée, résistants et patriotes, de la Fondation pour la mémoire de la déportation  et les associations de mémoire des camps nazis. Il rappelle es substance que cette journée est l’occasion d’évoquer la mémoire de tous ceux femmes, hommes et enfants, envoyés par milliers dans les camps de concentration ou d’extermination nazi. « Une mémoire qui doit rester vive dans l’esprit des générations futures qui doivent poursuivre ce combat contre l’égoïsme la peur. »

C’est ensuite Dominique Durand qui a pris la parole pour lire le serment de Buchenwald, dont les rescapés sont venus honorer la mémoire des 51 000 prisonniers assassinés dans ce camp nazi. Après le souvenir, des remerciements à tous ceux qui on contribué à la libération pour terminer sur un idéal de construction « dans un monde nouveau dans la paix et la liberté. » 

Après les dépôts de gerbe, la sonnerie aux morts, une minute de silence et l’hymne national, le « Glas de Buchenwald » a retenti, puis les porte-drapeaux sont descendus dans la crypte suivis des autorités et des participants pour écouter « le chant des marais ».

La cérémonie s’est achevée après que le préfet ait remercié les portes-drapeaux.

Véronique Palomar Camplan

Andrée Dupont-Thiersault, dernière Résistante et déportée sarthoise encore en vie

Andrée Dupont-Thiersault, dernière Résistante et déportée sarthoise encore en vie

C’est la dernière Résistante et déportée sarthoise encore en vie. Andrée Dupont-Thiersault, 91 ans, revient sur son parcours dans les camps allemands, en cette Journée nationale du souvenir de la déportation.

Elle n’a que 16 ans quand elle est arrêtée, dans son petit village du nord-Sarthe, à Assé-le-Boisne, en avril 1944. Comme le reste de sa famille, Andrée Dupont-Thiersault est engagée dans la Résistance. Agent de liaison pour le Bureau des Opérations Aériennes, c’est elle qui transmet les informations clés pour les parachutages de matériel dans le département, parfois sans même en avoir conscience.

Fin avril 1944, une première arrestation a lieu dans le village. La mère d’Andrée Dupont-Thiersault décide de quitter les lieux pour prévenir d’autres Résistants. Dans la nuit du 26 au 27 avril, Andrée, sa tante et son grand-père sont arrêtés à leur domicile.

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Hommage à Charlotte Delbo | Lecture-Spectacle

Hommage à Charlotte Delbo | Lecture-Spectacle

En 1934, Charlotte Delbo rencontre Georges Dudach, journaliste, militant communiste. Ils se marièrent en 1936. Elle commença à écrire des articles dans la revue « Les Cahiers de la Jeunesse » dont Georges Dudach était le rédacteur en chef.

Dès novembre 1937, elle devint l’assistante de Louis Jouvet au théâtre de l’Athénée.
En septembre 1941, alors que la troupe se trouvait en Argentine, Charlotte Delbo apprit que l’un de ses amis résistant, Jacques Woog, condamné à mort, fut exécuté. Elle décide de rejoindre Paris.

Elle retrouva son mari à Pau et ils regagnèrent séparément Paris. Dès cet instant, le couple entra dans la clandestinité sous le faux nom de M. et Mme Delépine.

Charlotte Delbo rédigeait des textes pour la revue des « Lettres françaises » dont Jacques Decour était le rédacteur et le co-fondateur avec Jean Paulhan.
Georges Dudach organisait la résistance dans les facultés, en liaison avec Georges Politzer, dès septembre 1940, pour tenter de rassembler des intellectuels. Il fut l’adjoint national pour les groupements du Front National des intellectuels et leurs journaux tels que « L’Université Libre » et « Les Lettres Françaises ».

Le 2 mars 1942 les Brigades Spéciales arrêtèrent Georges Dudach et Charlotte Delbo à leur domicile, rue de la Faisanderie dans le XVIe arr.
Charlotte Delbo fut incarcérée à la prison de la Santé, Georges Dudach à la prison du Cherche-Midi puis à la Santé.
Le 23 mai 1942, elle fit ses adieux à son mari dans une cellule de la prison de la Santé. Georges Dudach condamné à mort, fut fusillé le matin même à 9h40 au Mont-Valérien.
Charlotte Delbo restitua ce dernier rendez-vous sous la forme d’un récit, « Une scène jouée dans la mémoire », puis d’une pièce de théâtre « Ceux qui avaient choisi ».

Plaque commémorative à la mémoire de Charlotte Delbo et de son mari Georges Dudach, apposée sur l’immeuble où ils ont été arrêtés au 93/95 rue de la Faisanderie dans le 16e arr.

Lille. Lili Leignel, déportée à 11 ans, a confiance dans les jeunes

Lille. Lili Leignel, déportée à 11 ans, a confiance dans les jeunes

Lili Leignel, 87 ans, avait 11 ans lorsqu’elle a été déportée à Ravensbrück puis Bergen-Belsen. La Lilloise témoigne aux jeunes que la tolérance doit être la plus forte.

Lili Leignel, 87 ans, est une des rares anciennes déportées encore en vie. A 11 ans, elle a connu les camps de Ravensbruck et Bergen-Belsen avec sa famille. La Lilloise raconte son histoire dans un livre « Je suis encore là ».

Rester digne

Elle se recoiffe et remet un peu de rouge à lèvre. La coquetterie n’est pas superficielle pour elle.

C’est important de rester digne. C’est ce que ma mère m’a appris dans les camps », sourit-elle.

Elle avait 11 ans, ses frères 9 et 3 ans, quand la famille est déportée en 1943.

Dans les camps, on n’avait rien. La sirène sonnait à 3 h 30 du matin. Maman nous levait avant. Il fallait se laver, elle y tenait !

Le mal renaît

Malgré son âge, elle continue de témoigner. « Le mal renaît. Aujourd’hui encore, il y a de l’antisémitisme, du racisme. Alors, je témoigne à l’infini… »

Soyez tolérants !

Ce qu’elle dit aux élèves ? « Soyez tolérants ! Il faut combattre le racisme. Que l’on soit noir, blanc, juif, catholique, musulman, on est des êtres humains faits de la même façon ! »

Le pardon est-il possible ? « J’ai compris que les Allemands étaient les premiers déportés, je n’en veux pas au peuple allemand. Mais aux nazis, je ne pourrai jamais pardonner… »

Dieu, elle n’y croit plus. « Où est Dieu dans tout ce mal ? Mais j’ai gardé l’amour de mon prochain ».

Donner du sens

Elle a décidé de témoigner auprès des plus jeunes.

Avec mes frères, nous sommes la seule fratrie de France à avoir survécu à la déportation. Notre retour devait avoir un sens selon moi. J’ai une mission. Avec la haine, on ne peut rien construire. Alors qu’un sourire ouvre les cœurs… 

Elle rayonne, même si l’actualité est souvent sombre : « J’ai confiance dans les jeunes. Ils m’écrivent des mots gentils. Ils sont formidables ! »

A lire : « Je suis encore là », chez Copymédia.