JNR 2022 – Parc de Choisy


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Léon Cligman, grand industriel du textile, mécène et résistant français, est décédé le 15 mai dernier à l’âge de 101 ans.
Né Leib Cligman à Tighina, ville de l’ancienne URSS aujourd’hui nommée Bender et située en Moldavie, sa famille a fui les pogroms antisémites en Russie.
Pendant la guerre, en 1941, il est entré dans la Résistance française et est devenu secrétaire du Comité départemental de Libération pour la région d’Issoudun en 1944. À la Libération, il a un temps été maire de cette ville et assuré l’intérim avec les nouvelles institutions.

Alors que l’on célèbre, ce 27 mai, la journée nationale de la Résistance, hommage à un héros qui s’est éteint cette semaine à l’âge de 96 ans.
Pour ce 27 mai, journée nationale de la Résistance, le maire de Montpellier Michaël Delafosse a proposé au préfet de l’Hérault de modifier le lieu de la cérémonie. Celle-ci a lieu à 9 h 30 dans les jardins du Peyrou, à hauteur de l’arche où se trouve le portrait de Jean Moulin. Un symbole. C’est en effet sous la présidence de celui-ci qu’en 1943, le 27 mai, se tint la première réunion du Conseil National de la Résistance.
Cette cérémonie sera aussi l’occasion, à Montpellier, de se souvenir d’Ange Alvarez, décédé en début de semaine à l’âge de 96 ans. Né dans les Asturies, Républicain espagnol opposé au régime franquiste, il se réfugia très jeune en France où, il s’engagea aussitôt dans la Résistance durant la seconde Guerre mondiale.
Il était alors âgé de 15 ans et réalisa l’acte héroïque d’abattre, de sang-froid, un officier nazi. Arrêté par la Milice, torturé durant plusieurs jours, il sera par la suite incarcéré à Toulouse où, remis aux SS, il connaîtra le départ vers l’Allemagne dans l’effroyable “train fantôme” à destination de Dachau. Il n’y arrivera pas. Ange Alvarez a en effet réussi à s’échapper du convoi et aux soldats allemands lancés à sa poursuite, pour mieux revenir combattre au sein de la Résistance de l’Hérault où il fut en première ligne face à l’ennemi.

Alors que les élus de la Somme et d’Amiens célébraient la Journée nationale de la Résistance, ce 27 mai, le projet de création d’un centre de mémoire au « poteau des fusillés », pour lequel une association se bat depuis dix ans, reste dans l’impasse.
C’est une forme de résistance. Malgré les sollicitations et coups de pression par voie de presse d’une association au nom (Centre de mémoire et d’histoire de la Somme – Résistance et Déportation) aussi long que son combat (elle a été créée en 2012), les élus amiénois et samariens, dont certains célébraient ce vendredi 27 mai la Journée nationale de la Résistance, se refusent toujours à engager la construction d’un centre de mémoire au « poteau des fusillés ».
« On a des musées partout pour la première guerre mondiale, il faudrait quelque chose pour la seconde !« , martèle inlassablement Anatolie Mukamusoni, actuelle présidente de l’association qui porte ce projet depuis une décennie.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, des milliers de policiers ont contribué à la Résistance. Parmi ces hommes, des déportés, des fusillés, mais surtout des oubliés. Le documentaire de Marcela Feraru, « De la désobéissance au contre-espionnage, des policiers dans la Résistance » entend réparer cet oubli.
On a les chiffres qu’on peut donner. Il y a 1.100 policiers qui ont reçu la médaille de la Résistance sur un total de 65.000, c’est un pourcentage extrêmement élevé.
Yves Mathieu, historien et auteurExtrait de « De la désobéissance au contre-espionnage, des policiers dans la Résistance » de Marcela Feraru

Le club très fermé des grands officiers de la Légion d’honneur accueille Henri Roqueplo, décoré ce 21 mai en mairie de Chantilly. Aujourd’hui âgé de 95 ans, le vétéran se dit « honoré » d’être ainsi récompensé pour son parcours dans la Résistance puis dans l’armée française.
Engagé à 17 ans dans la Résistance puis officier pendant la guerre d’Indochine (1945-1954), Henri Roqueplo a été élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur ce 21 mai, honneur réservé à une centaine de personnes en France.
« Initialement, ce devait être le président de la République qui devait me remettre les insignes. Mais ce dernier a fait savoir qu’il ne pourrait pas se le permettre vu la période, avec les différentes élections, » raconte l’homme âgé de 95 ans, dont l’élévation a été actée dès novembre 2021. Vous savez que seulement une personne de même rang peut vous remettre les décorations, c’est finalement un général qui a pu me les transmettre. C’est très protocolaire : il faut avoir l’accord de la grande chancellerie et on ne leur force pas la main, à ces gens-là ! » La dignité de grand officier est – en quelque sorte – le quatrième échelon de la Légion d’honneur : Henri Roqueplo avait été décoré chevalier de la Légion d’honneur le 28 mai 1962, promu au rang d’officier en 1996, puis commandeur en 2007.
Né le 7 mai 1927 dans le XVe arrondissement de Paris, Henri Roqueplo rejoint ses grands-parents pendant la Seconde Guerre mondiale, qui habitent alors en zone libre à Argenton-sur-Creuse (Indre). Là, encore mineur, il intègre la résistance locale en 1944. Affecté ensuite au 5e régiment des chasseurs d’Afrique (5e RCA), il participe à la campagne de France et celle d’Allemagne, où il reste en tant que force d’occupation à la fin du conflit. Il reçoit la croix de guerre 1939-1945 et son régiment rentre à sa base de Tizi-Ouzou (Kabylie, Algérie). Le jeune Henri est alors accepté à Saint-Cyr. « Il fallait que je reprenne des études, j’avais tout laissé tombé à cause de la guerre, » ponctue le vétéran.


Après avoir parcouru en détail le « siècle des guerres », Pierre Charret, 96 ans, a confié aux collégiens d’Yvonne-Abbas, à La Madeleine, ce qui l’avait poussé à la Résistance. « Dans la famille de ma mère, l’aîné a conduit des camions jusqu’à l’armée républicaine espagnole. J’étais en vacances chez mes grands-parents, dans le Limousin, et je l’écoutais raconter les atrocités commises par les fascistes d’Espagne. »
Après avoir parcouru en détail le « siècle des guerres », Pierre Charret, 96 ans, a confié aux collégiens d’Yvonne-Abbas, à La Madeleine, ce qui l’avait poussé à la Résistance. « Dans la famille de ma mère, l’aîné a conduit des camions jusqu’à l’armée républicaine espagnole. J’étais en vacances chez mes grands-parents, dans le Limousin, et je l’écoutais raconter les atrocités commises par les fascistes d’Espagne. »
Pierre Charret intègre l’École normale supérieure de Guéret (Creuse) en 1942. Pendant l’été 43, « un camarade aide à ravitailler un maquis avec les paysans et fraternise avec les résistants. Leur principale action était de faire dérailler les trains sur la ligne Paris-Toulouse. »
À la rentrée, quatre de ces élèves instituteurs décident de créer un groupe de Francs Tireurs Partisans, baptisé René Laforge en mémoire d’un normalien fusillé près de Dijon. Très vite, il compte une quinzaine de membres. Il se réunit et cache des armes au domicile d’un copain, Pierre Jamet, qui mourra en déportation. Une nuit, il vole des explosifs dans des caves de granit non gardées, près de Guéret. Une autre nuit, les instit’ font le plein de tickets de ravitaillement grâce à leurs vélos tous feux éteints.
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Il incarne à lui seul la Résistance française sous l’Occupation. Missionné par le général de Gaulle à Londres, Jean Moulin a unifié les forces intérieures avant d’être victime de la barbarie nazie. Mais pourquoi et comment le plus jeune préfet de France en 1937 est-il entré en Résistance ?
Né à Béziers en juin 1899, Jean Moulin fait des études de droit à l’université de Montpellier et rejoint l’administration préfectorale après la Première Guerre mondiale. Lettré, cultivé, passionné par les arts, il affiche très tôt des convictions laïques et républicaines. En 1925, il devient, à Albertville, le plus jeune sous-préfet de France.
Sa carrière l’amène au ministère de l’Air, où il entre en 1936 comme chef de cabinet du ministre Pierre Cot, auprès de qui il confirme ses idéaux de gauche. Alors que la guerre civile espagnole bat son plein, il participe à approvisionner en armes les républicains qui tentent de résister aux nationalistes du dictateur Franco.
En janvier 1937, il arrive à la tête de la préfecture de l’Aveyron, à Rodez, avant d’être muté en Eure-et-Loir, à Chartres. Il est alors le plus jeune préfet de France. Quelques mois plus tard, quand éclate la Seconde Guerre mondiale, il s’engage comme sergent-mitrailleur dans l’armée de l’air. Très vite, il est déclaré inapte pour un problème de vue. Il force alors le destin en exigeant une contre-visite à Tours, qui cette fois le déclare apte. Mais le Ministère de l’Intérieur l’oblige à conserver son poste de préfet. Malgré l’exode de la population suite aux avancées des troupes de l’Axe, Jean Moulin reste à son poste et se prépare à recevoir l’ennemi.