Auteur/autrice : JNR-CPL

8 mai – Ouverture exceptionnelle du MRN et visite guidée

8 mai – Ouverture exceptionnelle du MRN et visite guidée

Pour commémorer la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie, le MRN à Champigny-sur-Marne sera ouvert le mercredi 8 mai 2019.
À cette occasion, une visite guidée de l’exposition permanente aura lieu à partir de 15 heures. Elle permettra de présenter la collection aux visiteurs et de donner un aperçu du projet de nouveau musée.
En effet, comme vous le savez, le MRN à Champigny-sur-Marne s’est vu contraint de restreindre ses horaires d’ouverture au public. S’il reste ouvert pour les groupes, il n’est plus accessible aux visiteurs individuels qu’au cours de journées exceptionnelles comme ce 8 mai.

Entrée libre et gratuite.
Horaires : de 14 heures à 18 heures.
Adresse – Espace Jean-Louis Crémieux-Brilhac – 88 avenue Marx-Dormoy à Champigny-sur-Marne

Venez nombreux !

Expositions temporaires : « Les graffitis, ultimes témoignages des fusillés du Mont-Valérien » du 1er mars au 31 décembre 2019

Expositions temporaires : « Les graffitis, ultimes témoignages des fusillés du Mont-Valérien » du 1er mars au 31 décembre 2019

Les graffitis, ultimes témoignages du Mont-Valérien présente les 31 graffitis encore présents dans la chapelle. 31 graffitis, 31 traces, témoignages des politiques répressives mises en place pendant l’Occupation allemande et des parcours d’engagements.
Tous ces parcours, bien que différents, convergent dans la « chapelle des fusillés », ultime étape avant les exécutions.

Cette première exposition temporaire réalisée au mémorial du Mont-Valérien, est consacrée à ces témoignages, exceptionnels objets mémoriels, patrimoniaux, historiques et profondément révélateurs de qui étaient ces hommes, de leurs croyances individuelles et de leurs engagements collectifs. Objets sensibles et uniques, les graffitis disent à la fois les espérances et les croyances de ceux qui se battaient du côté de la vie et sont révélateurs de l’organisation de la répression et des persécutions raciales.

Les quelques graffitis qui demeurent aujourd’hui dans la chapelle du Mont-Valérien sont autant de témoignages laissés par les condamnés, écrits peu avant leur exécution. Ainsi, certains résistants et otages nous ont laissé un dernier message dans un lieu privé de témoins.

À travers cette première exposition temporaire c’est la diversité des parcours que nous souhaitions rendre, la spécificité du Mont-Valérien que nous voulions décrire, et la dernière trace de vie des victimes de ce lieu sans témoin que nous désirions mettre à l’honneur et sauvegarder.

Des visites thématiques consacrées à l’exposition sont organisées tous les samedis à 11h. Plus d’informations et réservations – info@mont-valerien.fr | 01 47 28 46 35

Évreux : Ghislain Quetel fait revivre la Résistance

Évreux : Ghislain Quetel fait revivre la Résistance

8 ans de recherches : c’est ce qu’il a fallu à Ghislain Quetel pour rassembler données et témoignages sur la Résistance, notamment en Normandie. Il a présenté son travail à Évreux.

« Les peuples cessent de vivre quand ils cessent de se souvenir ». Samedi 13 avril 2019 à la médiathèque d’Évreux, Ghislain Quetel a ouvert sa 56e conférence sur cette citation du Maréchal Foch. À l’occasion du 75e anniversaire du D-Day et de la bataille de Normandie, l’écrivain normand a intensifié son cycle de présentation de son ouvrage, Résistance et Libération en Pays d’Auge.

Pendant plus de huit années de recherche, dont six à temps plein, Ghislain Quetel a consulté les archives départementales et recueilli de nombreux témoignages auprès des personnes ayant vécu sous l’occupation allemande ou fait partie de la résistance. « Mon père était auprès d’Émile Louvel, chef d’un réseau de résistants du pays d’Auge. En 1940, Émile avait 17 ans, et mon père 15. Mon livre répare une injustice car il n’y a pas d’archives sur ce réseau de 33 jeunes résistants. »

La fiancée retrouvée

Émile Louvel, chef de maquis Francs-Tireurs Partisans Français (FTPF) a été pourchassé par la gendarmerie française et la Gestapo. Après infiltration d’un faux déserteur, Émile Louvel et cinq camarades ont été sommairement fusillés sur la plage de Deauville, après avoir creusé leurs tombes dans le sable, fin juillet 1944, sept semaines après le Débarquement, sans avoir parlé sous la torture. Auparavant, en liaison avec différents réseaux de la Résistance, Émile Louvel avait rencontré l’amour auprès d’Odette à Amiens. Miraculeusement retrouvée vivante l’an dernier, elle n’avait rien oublié malgré sa maladie d’Alzheimer.

Ghislain Quetel a réalisé un immense travail d’investigation sur la Résistance, sans oublier les collaborateurs notoires des nazis. Sur ce chapitre, par exemple, il révèle les effectifs de la Gestapo, seulement une douzaine par département. Cette police allemande étant efficacement suppléée par des collabos et miliciens « bien de chez nous ». Il en dresse certains portraits féroces, « ce sont ces gens-là qui ont décimé la Résistance ».

Plus de 500 000 lettres de dénonciation ont été postées, selon une estimation du Mémorial de Caen.

Pierrette alias Lucette

Le conférencier a évoqué la mémoire de la plus illustre maquisarde normande, Pierrette Greffier, alias Lucette, décédée il y a un an, à l’âge de 97 ans. Maquisarde car elle n’avait pas de logis fixe, elle se déplaçait sans cesse dans une Normandie « sur-occupée » en raison des troupes allemandes massées pour faire face à un débarquement allié. La fille et le gendre de Pierrette Greffier étaient dans la salle.

NÎMES Cérémonie commémoratives de la journée nationale du souvenir et de la déportation

NÎMES Cérémonie commémoratives de la journée nationale du souvenir et de la déportation

Partout en France, on se souvient des victimes de la déportation.

À l’occasion de la journée nationale du souvenir et de la déportation, une cérémonie se tenait ce matin au monument des martyrs de la résistance sur le boulevard Jean Jaurès.

Le chant des marais retentit dans la crypte sous le monument où repose un immense gisant de pierre à la mémoire des martyrs de la déportation (photo Véronique Camplan)

De nombreuse personnalités, représentants des associations de déportés et internés, Andrée Julien, déportée résistante et Dominique Durand, président de l’association d’ amis de la fondation pour la mémoire de la déportation, se sont retrouvés pour se recueillir ensemble à a mémoire des martyrs de la déportation.

Après les honneurs militaires, Andrée Julien a lu « pour ne pas oublier », le Message pour la journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation, rédigé la fédération nationale des déportés et internée, résistants et patriotes, de la Fondation pour la mémoire de la déportation  et les associations de mémoire des camps nazis. Il rappelle es substance que cette journée est l’occasion d’évoquer la mémoire de tous ceux femmes, hommes et enfants, envoyés par milliers dans les camps de concentration ou d’extermination nazi. « Une mémoire qui doit rester vive dans l’esprit des générations futures qui doivent poursuivre ce combat contre l’égoïsme la peur. »

C’est ensuite Dominique Durand qui a pris la parole pour lire le serment de Buchenwald, dont les rescapés sont venus honorer la mémoire des 51 000 prisonniers assassinés dans ce camp nazi. Après le souvenir, des remerciements à tous ceux qui on contribué à la libération pour terminer sur un idéal de construction « dans un monde nouveau dans la paix et la liberté. » 

Après les dépôts de gerbe, la sonnerie aux morts, une minute de silence et l’hymne national, le « Glas de Buchenwald » a retenti, puis les porte-drapeaux sont descendus dans la crypte suivis des autorités et des participants pour écouter « le chant des marais ».

La cérémonie s’est achevée après que le préfet ait remercié les portes-drapeaux.

Véronique Palomar Camplan

Andrée Dupont-Thiersault, dernière Résistante et déportée sarthoise encore en vie

Andrée Dupont-Thiersault, dernière Résistante et déportée sarthoise encore en vie

C’est la dernière Résistante et déportée sarthoise encore en vie. Andrée Dupont-Thiersault, 91 ans, revient sur son parcours dans les camps allemands, en cette Journée nationale du souvenir de la déportation.

Elle n’a que 16 ans quand elle est arrêtée, dans son petit village du nord-Sarthe, à Assé-le-Boisne, en avril 1944. Comme le reste de sa famille, Andrée Dupont-Thiersault est engagée dans la Résistance. Agent de liaison pour le Bureau des Opérations Aériennes, c’est elle qui transmet les informations clés pour les parachutages de matériel dans le département, parfois sans même en avoir conscience.

Fin avril 1944, une première arrestation a lieu dans le village. La mère d’Andrée Dupont-Thiersault décide de quitter les lieux pour prévenir d’autres Résistants. Dans la nuit du 26 au 27 avril, Andrée, sa tante et son grand-père sont arrêtés à leur domicile.

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Hommage à Charlotte Delbo | Lecture-Spectacle

Hommage à Charlotte Delbo | Lecture-Spectacle

En 1934, Charlotte Delbo rencontre Georges Dudach, journaliste, militant communiste. Ils se marièrent en 1936. Elle commença à écrire des articles dans la revue « Les Cahiers de la Jeunesse » dont Georges Dudach était le rédacteur en chef.

Dès novembre 1937, elle devint l’assistante de Louis Jouvet au théâtre de l’Athénée.
En septembre 1941, alors que la troupe se trouvait en Argentine, Charlotte Delbo apprit que l’un de ses amis résistant, Jacques Woog, condamné à mort, fut exécuté. Elle décide de rejoindre Paris.

Elle retrouva son mari à Pau et ils regagnèrent séparément Paris. Dès cet instant, le couple entra dans la clandestinité sous le faux nom de M. et Mme Delépine.

Charlotte Delbo rédigeait des textes pour la revue des « Lettres françaises » dont Jacques Decour était le rédacteur et le co-fondateur avec Jean Paulhan.
Georges Dudach organisait la résistance dans les facultés, en liaison avec Georges Politzer, dès septembre 1940, pour tenter de rassembler des intellectuels. Il fut l’adjoint national pour les groupements du Front National des intellectuels et leurs journaux tels que « L’Université Libre » et « Les Lettres Françaises ».

Le 2 mars 1942 les Brigades Spéciales arrêtèrent Georges Dudach et Charlotte Delbo à leur domicile, rue de la Faisanderie dans le XVIe arr.
Charlotte Delbo fut incarcérée à la prison de la Santé, Georges Dudach à la prison du Cherche-Midi puis à la Santé.
Le 23 mai 1942, elle fit ses adieux à son mari dans une cellule de la prison de la Santé. Georges Dudach condamné à mort, fut fusillé le matin même à 9h40 au Mont-Valérien.
Charlotte Delbo restitua ce dernier rendez-vous sous la forme d’un récit, « Une scène jouée dans la mémoire », puis d’une pièce de théâtre « Ceux qui avaient choisi ».

Plaque commémorative à la mémoire de Charlotte Delbo et de son mari Georges Dudach, apposée sur l’immeuble où ils ont été arrêtés au 93/95 rue de la Faisanderie dans le 16e arr.

Lille. Lili Leignel, déportée à 11 ans, a confiance dans les jeunes

Lille. Lili Leignel, déportée à 11 ans, a confiance dans les jeunes

Lili Leignel, 87 ans, avait 11 ans lorsqu’elle a été déportée à Ravensbrück puis Bergen-Belsen. La Lilloise témoigne aux jeunes que la tolérance doit être la plus forte.

Lili Leignel, 87 ans, est une des rares anciennes déportées encore en vie. A 11 ans, elle a connu les camps de Ravensbruck et Bergen-Belsen avec sa famille. La Lilloise raconte son histoire dans un livre « Je suis encore là ».

Rester digne

Elle se recoiffe et remet un peu de rouge à lèvre. La coquetterie n’est pas superficielle pour elle.

C’est important de rester digne. C’est ce que ma mère m’a appris dans les camps », sourit-elle.

Elle avait 11 ans, ses frères 9 et 3 ans, quand la famille est déportée en 1943.

Dans les camps, on n’avait rien. La sirène sonnait à 3 h 30 du matin. Maman nous levait avant. Il fallait se laver, elle y tenait !

Le mal renaît

Malgré son âge, elle continue de témoigner. « Le mal renaît. Aujourd’hui encore, il y a de l’antisémitisme, du racisme. Alors, je témoigne à l’infini… »

Soyez tolérants !

Ce qu’elle dit aux élèves ? « Soyez tolérants ! Il faut combattre le racisme. Que l’on soit noir, blanc, juif, catholique, musulman, on est des êtres humains faits de la même façon ! »

Le pardon est-il possible ? « J’ai compris que les Allemands étaient les premiers déportés, je n’en veux pas au peuple allemand. Mais aux nazis, je ne pourrai jamais pardonner… »

Dieu, elle n’y croit plus. « Où est Dieu dans tout ce mal ? Mais j’ai gardé l’amour de mon prochain ».

Donner du sens

Elle a décidé de témoigner auprès des plus jeunes.

Avec mes frères, nous sommes la seule fratrie de France à avoir survécu à la déportation. Notre retour devait avoir un sens selon moi. J’ai une mission. Avec la haine, on ne peut rien construire. Alors qu’un sourire ouvre les cœurs… 

Elle rayonne, même si l’actualité est souvent sombre : « J’ai confiance dans les jeunes. Ils m’écrivent des mots gentils. Ils sont formidables ! »

A lire : « Je suis encore là », chez Copymédia.

Déportation : Marguerite Meunier à l’honneur au Puy-en-Velay

Déportation : Marguerite Meunier à l’honneur au Puy-en-Velay

Ce dimanche matin, à 11 heures, comme partout en France, les institutions de la nation se sont réunies pour la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation. Au square Coiffier, élus et passants se sont arrêtés sur l’arrestation de la résistante Marguerite Meunier, déportée de la Loire et membre du réseau du général Cochet.

Marguerite Beauvoir, née Meunier, est arrêtée chez elle le 5 juin 1944, dans son atelier de couture. Après des interrogatoires musclés -mais sans effet- de la Gestapo à Montélimard, elle est envoyée au fort Montluc jusqu’au 21 juillet. Deux jours plus tôt, son mari Marcel Beauvoir, lui-même enfermé au fort Montluc, était fusillé aux côtés de 51 autres détenus.

Matricule 51270

Aprés différents transferts, vers Romainville puis le camp de Belzig, elle arrive au camp de Ravensbruck où on lui attribue le matricule 51270. Après des journées et des mois d’horreur, Marguerite Meunier-Beauvoir sera gazée le 1er avril 1945, à Ravensbruck.

Les époux Beauvoir n’ont pas eu le temps de connaître l’aboutissement et la réussite de leurs engagements. Tous deux ont été décorés à titre posthume : la médaille de la Résistance pour Marcel Beauvoir et celle des Prisonniers civils déportés, promue au grade de sergent de la Résistance intérieure française pour Marguerite Meunier-Beauvoir.

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Au cœur de l’histoire de la première grande victoire française sur l’Allemagne nazie

Au cœur de l’histoire de la première grande victoire française sur l’Allemagne nazie

Le déroulement de la bataille de Toulon en 1944, première victoire majeure des Français sur l’Allemagne nazie et ayant conduit à la libération de toute la France, a été relaté par un officier américain à la retraite, dans The National Interest.

L’histoire de la première victoire majeure des troupes françaises sur l’armée nazie a été retracée par Daniel L.Davis, ancien lieutenant-colonel de l’armée américaine, dans la revue The National Interest.

Après le débarquement des Alliés en Provence, le 15 août 1944, dans le cadre de l’opération militaire «Anvil Dragoon», la bataille de Toulon, qui a duré sept jours (du 20 au 26 août), a abouti à la libération de Toulon et, ensuite, à celle de tout le pays.L’auteur a souligné que les débarquements initiaux se sont mieux déroulés que ceux de Normandie parce que la défense allemande dans le sud de la France n’était pas aussi puissante que dans le nord du pays.

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Julien Lauprêtre, « abbé Pierre laïc » et figure de la solidarité française

Julien Lauprêtre, « abbé Pierre laïc » et figure de la solidarité française

Pauvreté: à la tête du Secours Populaire français depuis près de six décennies, Julien Lauprêtre poursuit son « combat contre l’injustice »

« Abbé Pierre laïc », à la tête du Secours populaire depuis plus de six décennies, Julien Lauprêtre, décédé vendredi à 93 ans, a dédié sa vie à la lutte contre les injustices.

« Jusqu’au bout il a été présent », raconte Corinne Makowski, secrétaire nationale de l’association. « Ces derniers jours encore, il avait émis l’idée d’organiser un événement important en novembre, pour les 30 ans de la convention internationale des droits de l’enfant. »

Mort dans un hôpital parisien « des suites d’une chute », il n’aura pas eu le temps de mener à bien ce projet.

« La plus grande récompense, ce sont les yeux des gosses qui brillent », confiait-il encore à l’AFP en 2015. Un peu voûté par les années, il restait corpulent et vigoureux et n’envisageait pas de passer la main.

Né le 26 janvier 1926, ce « titi parisien » est resté fidèle au XIIe arrondissement de Paris où il a vu le jour. Fils unique d’un cheminot communiste et syndicaliste, il y a épousé Jeannette, « fille de concierge » rencontrée à l’âge de 10 ans, lors de ses « premières vacances ».

C’était en 1936 dans une colonie de vacances du Secours ouvrier international à La Rochelle, où il « voit la mer pour la première fois » en compagnie d’enfants français mais aussi espagnols, italiens ou allemands, ayant fui les régimes franquiste, mussolinien ou hitlérien.

Plus tard, il se souviendra de ces enfants pour créer « les Journées des oubliés des vacances », emblématiques du Secours populaire.

Suivant l’exemple de son père, il s’engage dans la résistance à 17 ans et forme un groupe « avec deux anciens copains d’école ». « On changeait l’orientation des panneaux de signalisation pour perdre l’occupant allemand. Notre coup d’éclat, ce fut d’enlever la barrière qui empêchait la circulation devant la caserne de Reuilly, occupée par les Allemands ».

Il prend ensuite contact avec la jeunesse communiste clandestine. L’action s’intensifie. « On prenait la parole dans les cinémas pour appeler à la résistance, on jetait des tracts à vélo ».

Le 20 novembre 1943, il est arrêté. « Je me suis retrouvé en prison avec Manouchian et les héros de l’Affiche rouge. Pendant huit jours, j’étais avec ces hommes, dans la même cellule ».

Manouchian, qui va être fusillé, lui glisse des mots gravés dans sa mémoire. « Toi tu es jeune, tu vas t’en sortir. Il faudra que tu continues à lutter contre l’injustice et être utile aux autres », se souvenait-il, la voix grave et le regard soudain voilé. « C’était un message extraordinaire, j’y pense tous les jours ».

– « La suite de la résistance » –

En février 1954, « le mois où l’abbé Pierre a fait son appel », Julien Lauprêtre, alors ouvrier miroitier, est embauché pour quelques semaines comme secrétaire administratif au Secours populaire. Il n’en est jamais reparti. « C’est là que j’ai retrouvé la suite de ce que j’ai fait dans la résistance ».

L’année suivante, il est élu à la tête de l’association, qui n’est à l’époque qu’une petite structure du parti communiste. Celui qu’on appelle parfois « l’abbé Pierre laïc » a façonné le mouvement à son image et l’a émancipé. S’il se dit « toujours communiste », il dit « avoir rompu avec l’idée d’un parti politique ».

« L’important, c’est d’être totalement indépendant », affirme celui qui a fait siens les mots de Louis Pasteur: « Je ne te demande pas quelle est ta race, ta nationalité ou ta religion, mais quelle est ta souffrance ».

Outre l’aide alimentaire, « première demande des plus déshérités », Julien Lauprêtre a mis les enfants au cœur des actions du Secours populaire. Pères Noël verts, Chasses aux œufs et « Journées des oubliés des vacances » sont devenus les emblèmes du mouvement qui compte un million de membres –« pas adhérents, précisait-il, car on n’adhère pas à la misère »– et 80.000 bénévoles.

« Offrir des vacances, ça ne règle pas tout mais c’est concret », répétait ce père de quatre enfants.

L’avenir du mouvement, « c’est de continuer à peser contre les injustices », disait-il.

En 2017, le président Emmanuel Macron l’avait élevé au rang de grand officier de la Légion d’honneur.