Catégorie : Actualité de la Déportation

“Je découvre que mon père a sauvé 14 000 juifs”

“Je découvre que mon père a sauvé 14 000 juifs”

By Haï

Découvrir que votre père a eu une deuxième vie est généralement une nouvelle inquiétante. Mais pour l’écrivain Sarah Kaminsky, la découverte de l’histoire du passé de son père a changé sa vie dans le bon sens du terme.

Dans son livre, « Adolfo Kaminsky: La vie d’un Faussaire », elle raconte l’héroïsme et l’abnégation de son père dont le rôle a été crucial pour sauver des vies juives pendant la deuxième guerre mondiale.

Adolescent pendant l’occupation nazie de Paris, Adolfo, qui est né dans une famille juive russe en Argentine, mais a grandi en France, a été recruté par la Résistance française pour produire des documents de voyage falsifiés.

En fin de compte, en utilisant les compétences qu’il avait acquises dans son précédent travail dans un magasin de teinture, il est devenu l’un des principaux faussaires de la Résistance, et a permis grâce à ses papiers de sauver environ 14.000 Juifs.

Le faussaire humaniste

Les 25 années suivantes, Adolfo a travaillé comme photographe sans que son entourage ne se doute de ses actions dans la Résistance. Il a continué sa vie en secret, se qualifiant de « faussaire humaniste. »

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Il y a 55 ans : « Entre ici, Jean Moulin ! »

Il y a 55 ans : « Entre ici, Jean Moulin ! »

VIDÉO. Le 19 décembre 1964, André Malraux prononçait son vibrant discours de panthéonisation, réhabilitant le résistant Jean Moulin.

Par Emmanuel Durget

Modifié le – Publié le | Le Point.fr

« Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège ! » Cette formule, prononcée à la fin d’une allocution d’une vingtaine de minutes, a fait du discours de Malraux l’un des plus célèbres de la Ve République. Plus qu’une cérémonie d’hommage, le transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon marque la réhabilitation du héros de guerre, présenté comme « l’unificateur de la résistance française ». « Sans cette cérémonie, combien d’enfants de France sauraient son nom », s’interroge Malraux, dès le début de son discours. Jean Moulin a été quelque peu oublié après-guerre, comme le rappelait son secrétaire Daniel Cordier au Parisien en 2014, la faute des querelles de certains chefs de la Résistance.

Ce transfert, proposé par des élus de l’Hérault et ordonné par le président de la République, Charles de Gaulle, a également une dimension politique. Et le discours qui l’accompagne aussi. Malraux rend plusieurs fois hommage « au peuple d’ombres » ou « peuple de la nuit » que fut la France Libre, à laquelle de Gaulle a toujours consacré une place de choix dans la Libération. Certains y virent même une allocution à la gloire du général de Gaulle tout autant qu’un hommage à Jean Moulin. C’est peut-être pourquoi le chef de l’État avait confié, privilège rare, l’allocution à l’un de ses dévoués ministres.

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La Voix des témoins : Expositions à Paris et à Drancy

La Voix des témoins : Expositions à Paris et à Drancy

La Voix des témoins

Expositions à Paris et à Drancy – Rencontres

– Cycle de témoignages exceptionnels

A l’occasion du 75e anniversaire de la découverte des camps

« 75 ans après la Shoah, le Mémorial a voulu donner la parole aux rescapés plus que jamais engagés dans la transmission et le combat contre toute forme de haine et d’intolérance. Notre exposition et le cycle de conversations inédites entre des rescapés, des journalistes, et des artistes ponctueront cette année 2020. Ces paroles, ces engagements constituent un témoignage à préserver et à diffuser très largement. Ils nourrissent notre mission pédagogique et citoyenne contre l’antisémitisme et le racisme pour le présent et pour l’avenir. »

Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah

La Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l’humanité coïncidera avec le 75e anniversaire de l’entrée des soviétiques dans les camps. À cette occasion, le Mémorial de la Shoah dédie l’année 2020 aux témoins et inaugure un mur des noms rénové.

Cette programmation exceptionnelle inclut une grande exposition sous le commissariat scientifique de Léa Veinstein, La Voix des témoins, complétée par une exposition dossier à l’occasion de la rénovation Mur des noms, sous le commissariat scientifique de Karen Taïeb, responsable des Archives du Mémorial de la Shoah, et Thomas Fontaine, historien, directeur du Musée de la Résistance nationale.

Pendant tout le premier trimestre, l’Auditorium Edmond J. Safra accueillera des rencontres avec la plupart des témoins rescapés français encore engagés dans le témoignage en public, tandis que le Mémorial de la Shoah de Drancy proposera une exposition consacrée à la l’histoire globale de la fin de l’univers concentrationnaire nazi : De la découverte des camps au retour des déportés.

75 ans, se souvenir et continuer leur combat

75 ans, se souvenir et continuer leur combat

Une page d’histoire peu ou pas connue

Voici une histoire que trop peu de gens connaissent. Ces héros eux même s’étant effacés se sentant presque coupables, eux, d’avoir survécu.

Des premier.e.s arrêté.e.s dès fin 38, les derniers vont recouvrer la liberté que fin 1944, ce seront des dizaines de milliers d’interné.e.s administratif.ve.s, victimes de ces lettres de cachet du 20e siècle mis en place par le gouvernement Raynaud -Daladier, piétinant le vote du Front populaire.

Ces décrets et lois qui servent toujours de base juridique aux centres de rétentions administratives encore en vigueur 80 ans plus tard.

Elles et ils vont subir une répression massive qui pour un grand nombre d’entre eux conduira jusqu’au peloton d’exécution, à  la guillotine en France pour les hommes , ou en Allemagne pour les femmes, au convois Nacht une Nebel de la déportation.

D’autres ont vécu l’internement. Pour la grande masse d’entre eux, ce sont les années de leurs 20 ans. 

Certain.e.s au bout de quatre années qui auront traversé cette épreuve seront les cadres politiques, syndicaux, associatifs, des mouvements sportifs, culturels, d’éducation populaire,  lié.e.s à leur quartier, leur ville, leur village.

Elles et Ils impulseront la reconstruction du pays mettant en œuvre le programme du Conseil National de la Résistance.

Leur histoire collective reste à écrire. Pour la connaître, leur rendre hommage et en faire un morceau très fort de l’aiguille de notre boussole.

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Face au tollé, Amazon retire de la vente des décorations de Noël à l’image d’Auschwitz

Face au tollé, Amazon retire de la vente des décorations de Noël à l’image d’Auschwitz

Face au tollé, Amazon retire de la vente des décorations de Noël à l’image d’Auschwitz

Par LEXPRESS.fr avec AFP ,

Des suspensions pour sapins de Noël, mais aussi un ouvre-bouteille et un tapis de souris figuraient parmi ces objets en vente sur le site du géant américain.

Le géant américain du commerce en ligne Amazon a retiré de la vente des décorations de Noël et d’autres objets comprenant des images de l’ancien camp de concentration nazi allemand d’Auschwitz dimanche, après avoir été critiquée par le Musée d’Auschwitz-Birkenau et des internautes indignés.

« Tous les vendeurs doivent suivre nos directives de vente et ceux qui ne le font pas seront passibles de poursuites, y compris la suppression éventuelle de leur compte », explique au New York Times l’entreprise dans un communiqué.

Cela « ne semble pas approprié »

« Vendre des ‘décorations de Noël’ avec des images d’Auschwitz ne semble pas approprié », avait déclaré plus tôt dimanche le Musée sur son compte Twitter, en publiant des images d’articles ornés de photos de rails et de baraques du camp. Il avait alors demandé à Amazon de les enlever de son catalogue.

« Auschwitz sur un ouvre-bouteilles, c’est plutôt troublant et irrespectueux », avait encore tweeté le musée en anglais. Parmi ces objets, figuraient également un tapis pour souris informatique.

L’Allemagne nazie a créé ce camp de la mort après avoir occupé la Pologne au début de la seconde guerre mondiale. Auschwitz, où plus d’un million de Juifs de toute l’Europe et 100 000 non-Juifs ont été assassinés, est devenu un symbole de l’Holocauste. Quelque 232 000 enfants figurent parmi les victimes, selon des estimations.

La SNCF sous l’Occupation, racontée sans manichéisme

La SNCF sous l’Occupation, racontée sans manichéisme

Le documentaire de Catherine Bernstein fait une lecture nuancée du rôle des cheminots pendant la guerre.

Par Publié le 21 novembre 2019 à 03h02 – Mis à jour le 21 novembre 2019 à 06h13

Lorsque le film de René Clément, La Bataille du rail, est projeté au premier Festival de Cannes, son accueil chaleureux – il y remporte les prix du jury international et de la mise en scène avant de décrocher en fin d’année le premier prix Méliès, au titre du meilleur film de 1946 – contribue à fonder la légende d’une exemplaire résistance française face à l’occupant nazi. Cette vision héroïque de l’engagement des cheminots n’est écornée qu’un quart de siècle plus tard, lors du débat télévisé des « Dossiers de l’écran », qui suit la diffusion du film de Clément, où est posée la responsabilité des conducteurs des convois qui assuraient la déportation vers les camps.

Mais l’argument fait long feu, et il faut attendre les années 1990 pour que le sujet devienne un enjeu mémoriel fort, où le soupçon d’une collaboration active avec l’ennemi entache la belle image de la geste cheminote.

Légende dorée contre légende noire, le documentaire de Catherine Bernstein, coécrit par l’historien Laurent Douzou, auteur de la si précieuse Résistance française : une histoire périlleuse (Seuil, 2005), refuse les simplismes et offre une lecture nuancée, sans être timorée, de ce moment terrible. D’autant que les témoins sont filmés avec délicatesse, sans souci de sensationnalisme. Sur un tel dossier, il était nécessaire de convaincre l’entreprise d’apporter son concours. Ainsi les ressources de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) conjuguées aux extraits du film de Clément, toujours sourcés, permettent un montage judicieux qui sert au mieux le propos.

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Rose Valland, portrait d’une femme engagée

Rose Valland, portrait d’une femme engagée

Jusqu’au 27 avril, le Musée dauphinois, à Grenoble, présente une remarquable exposition sur Rose Valland, rappelant le rôle décisif joué par la conservatrice dans le sauvetage de plus de 60 000 œuvres d’art spoliées par les nazis pendant l’Occupation Entretien avec Olivier Cogne, directeur de l’établissement isérois.

Figure de la Résistance, Rose Valland a joué un rôle extrêmement important en faveur du patrimoine artistique. Pourtant, on sait peu de choses, avant son arrivée au musée du Jeu de Paume, en 1932. Y a-t-il des éléments qui laissent présager le parcours d’exception qui sera le sien ?

Issue d’un milieu relativement modeste, Rose Valland est née à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, une commune rurale du Dauphiné. Rien ne la prédestine à avoir le parcours professionnel hors-du-commun qui va être le sien. Elle suit, grâce à sa mère, des études très poussées à une époque où peu de femmes se lancent dans un cursus universitaire. Après avoir envisagé de devenir institutrice, elle se découvre à la fois une passion pour les beaux-arts et un très beau coup de crayon, accumulant les diplômes : École normale d’institutrices de Grenoble, École des beaux-arts de Lyon puis de Paris, École du Louvre, École pratique des hautes études… Cette femme brillante réussit tout ce qu’elle entreprend.

Elle connaît néanmoins une reconnaissance tardive. Lorsqu’elle intègre le Jeu de Paume, dans les années 30, c’est en tant qu’attachée de conservation bénévole ; elle ne sera nommée conservatrice des musées nationaux qu’en 1952, à l’âge de 53 ans. Ce qui ne l’empêchera pas de réaliser, dès le début de sa carrière, des expositions importantes et avant-gardistes. Elle organise notamment en 1937 une exposition intitulée « Les femmes artistes d’Europe exposent au Jeu de Paume » ; ce qui est sans doute l’une des premières, sinon la première manifestation de ce type dédiée dans un musée français aux femmes artistes et à leur production.

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Mézin. «Jean-Moulin une vie d’engagements» : une expo à voir

Mézin. «Jean-Moulin une vie d’engagements» : une expo à voir

Publié le , mis à jour

A l’initiative du comité local de l’ANACR 47, la bibliothèque Jean-Laraignou expose jusqu’au 30 novembre «Jean-Moulin, une vie d’engagements». Un nombreux public a répondu à cette invitation. Dans l’assistance on pouvait reconnaitre Nicolas Lacombe maire de Nérac et vice président du conseil départemental, l’ANACR 47 était représentée par Brigitte Moréno, Isabelle Dauzac, Jean-Michel Mézergue, Jacques Rapetti, Raymonde Aché, Noé Bimier. D’anciens résistants étaient aussi invités : Jacques Chantre, Alain-Paul Guitat, Arsène Boet et Simone Cessac. Le maire de Sainte-Maure-de -Peyriac, Robert Linossier était aussi présent. Le maire de Mézin débutait cette inauguration par une courte biographie du plus jeune préfet de France (à 23 ans) de Jean-Moulin. Isabelle Dauzac dans son allocution retraçait le travail de mémoire, de transmission et d’éducation effectués par cet organisme. Elle rappelait que les panneaux illustrant cette exposition sont prêtés par l’ANACR du Lot-et-Garonne. Elle rappelait aussi l’événement théâtral faisant suite à l’exposition Jean-Moulin, qui se déroulera le samedi 30 novembre à 16 h au petit théâtre Côté Cour (voir ci-dessous). Jacques Rapetti rappelait ce qu’était L’Association Nationale des Anciens Combattants et Résistants, dont le but est de transmettre la mémoire et les valeurs de la Résistance Française. Brigitte Moréno présidente de l’ANACR 47 rappelait le devoir de transmission matérialisé par le concours national de la résistance 2020, s’adressant aux collégiens et étudiants. Le 27 mai est depuis 2013 journée nationale de la Résistance. Elle retraçait la vie et l’énorme travail de Jean-Moulin jeune préfet, qui en 18 mois organisait et fédérait la résistance Française, puis son arrestation suite à une dénonciation. En terminant son discours et s’adressant à monsieur le maire, elle souhaitait qu’au nom de l’ANACR 47 un espace public Mézinais porte le nom de Jean-Moulin. Puis Lisiane Chantre petite fille de résistant lisait une des dernières lettres de Jean-Moulin dans laquelle il relatait les circonstances de son arrestation et les souffrances qui s’en suivirent, en conséquence du refus de signature d’un faux document impliquant les tirailleurs Sénégalais. Un vin d’honneur offert par la municipalité permettait à chacun de visiter l’exposition et d’en échanger les impressions reçues.

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INFORMATION DE L’ADVR

INFORMATION DE L’ADVR

Mardi 26 novembre à 14 h 30
Pierre-Yves Desmonceaux met en scène et interprète le monologue écrit par Gilles Ségal. Son intelligence des enjeux philosophiques et humains de ce texte poignant est éblouissante.
Pour éprouver son obéissance, Dieu ordonne à Abraham de sacrifier Isaac. Un ange arrête de justesse sa main ; un bélier remplace l’enfant. Mais, dans le wagon plombé où le narrateur du texte de Gilles Ségal rencontre le père et le fils dont il raconte les derniers jours, il n’y a pas d’ange pour arrêter la mort… Geste d’amour ou geste de folie ? Le narrateur ne juge pas, sinon en affirmant qu’« en ce temps-là, l’amour était de chasser ses enfants ». Lui l’avait su à temps : c’est pour cela que son fils est toujours vivant et qu’il peut lui raconter, dans un testament en forme de mémorial, les derniers jours de l’infanticide et de son petit. Encouragé par les photos de son arrière-petit-fils reçues d’Amérique, taraudé par l’imminence du dernier départ (la valise à ses pieds a été préparée pour l’hôpital, où l’attend une opération sans doute fatale), le narrateur raconte l’histoire de cet homme qui, le premier jour, demande à son fils s’il a fait ses devoirs, lui explique ensuite, de jour en jour, ce qu’un homme accompli doit savoir, organise, le sixième jour, le mariage de son garçon au milieu des mourants, avant d’aider le petit, finalement, à échapper aux bourreaux grâce à une pastille de cyanure.
Evidence du talent
« En ce temps-là, l’amour était-ce tuer son enfant ? » Le clown éperdu préféra s’accrocher à Spinoza plutôt que de se complaire dans l’ordure du cloaque infernal qui conduisait les Juifs aux chambres à gaz. L’homme offre à son fils, en six jours, le temps d’arriver en Pologne, un accéléré des leçons qu’il lui aurait sans doute prodiguées patiemment, si le temps lui avait laissé celui d’être père. Le narrateur est perplexe d’abord, admiratif ensuite. La leçon de choses est leçon de vie. L’amour de celui qui écoute pour celui qui enseigne est aussi grand que celui du père qui veut croire aux forces de l’esprit en pleine déréliction. L’humour et le suicide demeurent au condamné comme ultimes preuves de sa liberté. Telles sont les armes de ce malheureux, qui sauve l’humanité en refusant d’abdiquer la sienne. Pierre-Yves Desmonceaux réussit le tour de force d’incarner les différentes figures du récit par une interprétation protéiforme absolument époustouflante. Aucune grandiloquence dans l’adresse, aucune affèterie dans le jeu, aucun pathos : l’économie est totale, l’effet est saisissant. Chaque mot est pesé, chaque phrase est nécessaire, dans la bouche du comédien comme dans celle de son personnage. Pierre-Yves Desmonceaux ne prend pas le spectateur en otage. Il se tient à l’écart de l’émotion manipulatrice. Il se tient droit, vrai, évident, sincère. Un exceptionnel moment de théâtre !
La terrasse- Catherine Robert