Si je reviens un jour : les lettres retrouvées de Louise Pikovsky


Les travaux enfin lancés pour transformer la gare de déportation de Bobigny en lieu de mémoire
Prévus depuis plusieurs années, les travaux de transformation de la gare de déportation de Bobigny en lieu de mémoire ont débuté. La ville espère pouvoir inaugurer ce nouveau lieu en janvier 2022.
C’est un lieu empli d’histoire, encore peu connu du grand public. Un endroit qui a joué un rôle dans les temps les plus sombres du XXe siècle. Entre juillet 1943 et août 1944, durant la Seconde Guerre mondiale, 22 453 personnes de confession juive ont été déportées depuis la gare de Bobigny (Seine-Saint-Denis).
Une station aujourd’hui désaffectée, qui permettait de relier la commune, alors village maraîcher, à Sucy-en-Brie (Val-de-Marne). Et qui sera demain un lieu de mémoire : les travaux ont en effet débuté en août dernier avec pour objectif de l’inaugurer en 2022.
Ouverte dans un premier temps aux voyageurs, cette gare de la Grande Ceinture est devenue uniquement réservée au transport de marchandises dès 1939. Située seulement à deux kilomètres du camp de Drancy, où étaient internés de nombreux juifs, la gare a sans doute été choisie par les Allemands pour son emplacement plus discret que celle du Bourget où ont débuté les déportations.


Une exposition qui va de la défaite de l’armée française en juin 1940 aux débuts de la renaissance de l’esprit de résistance.
Après la terrible défaite de juin 1940 et le déferlement des troupes allemandes qui défilent triomphalement aux Champs-Elysées, tout espoir semble perdu. Le Maréchal Pétain signe un armistice désastreux qui offre à l’Allemagne victorieuse l’Alsace et la Moselle, amputant la France d’une partie de la souveraineté de son propre territoire. Mais heureusement de nombreux français ne s’avouent pas vaincus, tentant par tous les moyens de rejoindre Londres, dernier rempart de la liberté en Europe face à l’hégémonie totalitaire du nazisme vainqueur sur tous les fronts en Europe. L’exposition revient largement sur le ralliement et le départ vers Londres de tous les hommes valides de l’île de Sein ayant écouté à la radio le discours du Général de Gaulle invitant tous les français à poursuivre le combat. Mais ces ralliements enthousiastes pour continuer la lutte ne sont pas les seuls et il faudrait aussi citer ceux des colonies françaises, ainsi que l’engagement de personnalités telles que celles d’Honoré d’Estienne d’Orves, de l’Amiral Godfroy et de Jacques Hébert. Avec 1940 ! Paroles de rebelles, les commissaires de cette exposition – Vladimir Trouplin, conservateur du musée de l’Ordre de la Libération, Lionel Dardenne, assistant du conservateur au musée de l’Ordre de la Libération et Diane de Vignemont, étudiante-chercheuse en Histoire contemporaine – ont atteint leur but : dresser un tableau précis et sans fard de la situation de la France après la cuisante et douloureuse défaite de la France en juin 1940.
Une exposition exemplaire montrant les conséquences terribles de la défaite, l’installation abjecte de Pétain aux commandes de la France et le début d’une volonté d’entrer en résistance.
Texte de Michel Jakubowicz

Quel héritage garde-t-on de la Résistance ? Nous suivons le parcours de quatre Résistants de la Seconde Guerre mondiale, les plus jeunes d’entre eux qui en sont maintenant les derniers représentants. Ces jeunes combattants d’alors sillonnent maintenant la France afin de rencontrer les jeunes générations qui ont aujourd’hui l’âge qu’eux-mêmes avaient lors de leur engagement… et parler de leur expérience, de leur combat, de leur engagement… de leurs convictions. Loin de vouloir passer pour des héros, ils veulent simplement parler de l’actualité de ces combats, de l’importance de la révolte, de l’indignation… et de la lutte !
Évasions spectaculaires, filatures, espionnage, clandestinité, maquis, embuscades, sabotages… la jeunesse permet tout ! Mais ce qu’il en reste ce sont des convictions en héritage, ces convictions qu’ils ont gardées toute leur vie et qu’ils nous livrent sans réserve…

Michèle Agniel a 14 ans en 1940 lorsqu’elle rejoint la Résistance. Plus qu’une journée particulière, ce sont quatre années, depuis les premiers tracts reçus et distribués, jusqu’à son retour des camps Ravensbrück et Königsberg, qu’elle raconte avec précision au micro de Zoé Varier. Un témoignage rare et précieux.
Hors-antenne, avant l’entretien, alors qu’on la remercie d’être venue jusqu’à la Maison de la Radio en pleine crise sanitaire et qu’on la rassure sur le fait que le studio a été désinfecté dans les règles de l’art, Michèle Agniel, 94 ans, plaisante : « Vous savez, je suis une dure à cuire ! »
Invitée à l’occasion de la parution de l’ouvrage Nous étions résistantes (éditions Alisio),Michèle Agniel a choisi comme « journée particulière » un jour du mois d’août 1940 au cours duquel, de retour d’exode, elle rentre à Paris avec sa famille. Alors âgée de 14 ans, la jeune Michèle se souvient de la vision cauchemardesque de sa ville défigurée. Dans Paris occupée, les étendards nazis sont sur les façades, les croix gammées sont partout, les noms de rues sont changés : l’ennemi est à tous les coins de rue.

