Catégorie : Actualité de la Déportation

Hommage national à Daniel Cordier : « Il était le patron de mémoire de l’Ordre de la Libération »

Hommage national à Daniel Cordier : « Il était le patron de mémoire de l’Ordre de la Libération »

Comment faire perdurer la mémoire de la Résistance ? C’est le travail de Lionel Boucher, secrétaire de la Commission nationale de la médaille de la Résistance française, qui recueille au quotidien les témoignages des anciens résistants encore en vie.

Article rédigé par

Florence Morel – franceinfo
France Télévisions

Recueillir et transmettre. Telles sont les missions de Lionel Boucher, secrétaire de la Commission nationale de la médaille de la Résistance française, décernée à plus de 65 000 résistants, après-guerre. Moins connue que sa grande sœur, la Croix de la Libération, cette décoration est toujours décernée à titre posthume.

Daniel Cordier, mort à 100 ans vendredi 20 novembre et dont l’hommage national a lieu jeudi 26 novembre, était l’un des deux derniers Compagnons de la Libération encore en vie et chancelier d’honneur de l’Ordre de la Libération. Au fil des ans, il est parfois difficile de recueillir le témoignage et entretenir la mémoire de ceux qui ont vécu ces heures cruciales pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est précisément le travail de Lionel Boucher, qui détaille auprès de franceinfo ses méthodes pour connaître chaque jour un peu plus ces résistants qui ont façonné l’histoire du pays.

Franceinfo : Daniel Cordier s’est éteint vendredi dernier. Il était l’un des deux derniers Compagnons de la Libération encore en vie. Que représentait-il pour vous ?

Lionel Boucher : J’ai eu la chance de le côtoyer, car il était le chancelier d’honneur de l’Ordre de la Libération depuis octobre 2017 et la mort de son prédécesseur, le chancelier Fred Moore. Daniel Cordier était notre représentant officiel, l’emblème des Compagnons et de la Résistance encore en vie. Notre patron de mémoire, en quelque sorte. Depuis sa création, l’Ordre de la Libération a toujours eu un Compagnon de la Libération à sa tête. Le prochain sera très certainement Hubert Germain, le dernier Compagnon encore en vie.

Nous sommes à la fin de l’année 2020, il ne reste plus qu’une centaine de médaillés de la Résistance encore en vie. Comment entretenez-vous leur mémoire ?

Pour l’entretenir, nous avons beaucoup travaillé avec les Compagnons de la Libération française par le passé. Le travail est désormais en cours avec les médaillés de la Résistance. Mon rôle est de faire connaître au monde entier les parcours de ces héros de la Résistance. Cela consiste à étoffer leurs dossiers et lancer des études scientifiques pour les faire connaître au plus grand nombre au sein du musée de l’Ordre de la Libération.

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DISPARITION DE MAURICE CLING, UN ENFANT À AUSCHWITZ !

DISPARITION DE MAURICE CLING, UN ENFANT À AUSCHWITZ !

« La première valeur du récit de Maurice Cling réside dans le fait qu’il nous livre le témoignage de l’un des très rares enfants juifs qui ont survécu à la « solution finale » et aux dures épreuves du système concentrationnaire. Qu’il ait survécu à l’âge de quinze ans est déjà un fait exceptionnel qui relève du miracle. Mais, par-delà cet aspect essentiel en soi, le caractère exceptionnel du récit que nous livre Maurice Cling réside ailleurs. En effet, contrairement à la grande masse des témoignages dont nous disposons et qui sont le résultat d’un « effort de mémoire », l’écrit de Maurice Cling se compose exclusivement des abondantes et très détaillées notes qu’il a prises sur son vécu concentrationnaire dès son retour en France, alors qu’il avait à peine seize ans !
Ni les exigences de la maturité, ni les amples lectures ultérieures, ni le fervent engagement politique de l’auteur vieillissant ne viennent altérer les sentiments, les perceptions et les paroles du jeune enfant d’alors. Ni thématisées par le travail de la mémoire, ni remémorées par de douloureux forages dans l’épaisseur des souvenirs, les perceptions de l’enfant sont livrées dans leur état brut, direct, sans aucune espèce de médiation, voir de médiation a posteriori.
Témoignage de l’intérieur, à partir de son lieu d’origine et qui nous fait découvrir, sous un angle inédit, le quotidien du vécu concentrationnaire à Auschwitz »
Extrait de la préface de Yannis Thanassekos, ami de Maurice et directeur de la fondation Auschwtiz (Bruxelles)
Mort de la résistante Noëlla Rouget, la déportée qui fit gracier son bourreau

Mort de la résistante Noëlla Rouget, la déportée qui fit gracier son bourreau

Morte à Genève dimanche à l’âge de 100 ans, cette ancienne institutrice s’est battue pour obtenir la grâce de celui qui la déporta et fut responsable de l’exécution de son fiancé.

Par Publié hier à 17h17, mis à jour hier à 17h28

En se dressant contre les nazis, dès les débuts de l’Occupation, Noëlla Rouget, qui est morte le dimanche 22 novembre à Genève à l’âge de 100 ans, aura combattu moins un ennemi que l’inhumanité. Et cela, cette volonté arc-boutée de faire triompher la bonté, ce besoin viscéral de vaincre la haine par le pardon, ce refus obstiné de venger le sang versé par un autre sang versé, ses camarades de la Résistance ne le comprendront que difficilement quand, vingt ans après la fin de la guerre, elle plaidera devant les juges pour sauver la tête de son bourreau.

Noëlla, née Peaudeau à Saumur (Maine-et-Loire) le 25 décembre 1919, est élevée dans une fervente foi catholique. A Angers, où la famille a très tôt déménagé, la guerre interrompt tous ses projets d’avenir. Dès 1941, devenue institutrice, elle entre dans la résistance, comme agente de liaison, au sein du mouvement gaullien « Honneur et patrie », puis du réseau Buckmaster Alexandre Privet, monté par les services d’espionnage britanniques. Au cœur de ces années sombres, elle se fiance avec Adrien Tigeot, également instituteur et également résistant, au sein du réseau Front national, d’obédience communiste.

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La bibliothécaire d’Auschwitz : l’histoire vraie

La bibliothécaire d’Auschwitz : l’histoire vraie

Dita Kraus n’a que quatorze ans lorsqu’elle devient la bibliothécaire d’Auschwitz. Grâce à elle, les enfants s’évadent par la lecture. Dans son bloc, un autre jeune homme accomplit des miracles, il s’appelle Otto et réalise des tours de magie…
À la Libération, Otto et Dita se marient et sont emportés par le vent de l’histoire qui les conduit de Prague aux kibboutz d’Israël pour échapper aux Soviétiques.
Sa vie durant, Dita est restée une passeuse de savoir. Elle s’est battue pour l’éducation des esprits en devenant professeure, puis en allant témoigner aux quatre coins du monde afin d’honorer la mémoire des victimes de la Shoah et éviter que de telles atrocités se reproduisent.
HOMMAGE. Bernard Bouveret, dernier passeur de Franche-Comté et Résistant, est décédé à 96 ans

HOMMAGE. Bernard Bouveret, dernier passeur de Franche-Comté et Résistant, est décédé à 96 ans

Bernard Bouveret, jurassien Résistant, passeur mais aussi ancien déporté de Dachau est décédé ce samedi 7 novembre à l’âge de 96 ans.

Il était un sacré personnage. Ceux qui ont eu la chance de le rencontrer, dans son Haut-Jura natal ou ailleurs, se souviennent de lui comme d’un homme hors du commun. « Nous nous souviendrons de l’homme que tu étais : courageux, engagé, simple, généreux, attentionné. Merci pour ce beau passage sur terre ! Beaucoup de chagrin mais nous te gardons solidement dans notre coeur. Tu seras un exemple pour ces autres passagers que nous sommes » peut-on lire sur une page web qui lui est destinée, et sur laquelle les hommages se multiplient depuis l’annonce de son décès.

Il faut dire que le Jurassien a eu une vie incroyable. En 1940, à l’âge de 16 ans, il s’engage dans la Résistance française par l’intermédiaire d’un ami de son père. Commencent alors des va-et-vient incessants entre Chapelle-des-Bois, son lieu de vie, et la Suisse voisine, mais en passant par les bois pour éviter les troupes allemandes.

Près de 200 personnes passent la frontière avec Bernard

Le massif du Risoux, il finit par le connaître par coeur. Il transporte des documents secrets, des micro-films, puis lorsque la guerre se durcit, ce sont des familles juives fuyant les Nazis qu’il aide à traverser.

Le passeur aura guidé près de 200 personnes, souvent en pleine nuit, jusqu’aux bornes suisses, en prenant des risques considérables. L’un de ces amis passeurs perdra la vie dans ce bois, mort sous les balles des Allemands.

Le « Journal de guerre » de Paul Morand, un témoignage capital sur le rôle de Vichy dans l’extermination des juifs

Le « Journal de guerre » de Paul Morand, un témoignage capital sur le rôle de Vichy dans l’extermination des juifs

Des notations de première main qui révèlent l’état d’esprit du gouvernement de Vichy, accablant, mêlant cynisme hâbleur, mauvaise conscience agressive et humour poisseux.

Par Laurent Joly Publié le 05 novembre 2020 à 07h30 – Mis à jour le 05 novembre 2020 à 07h52

A qui douterait de l’inanité historique de la théorie du « moindre mal » (en vertu de laquelle le gouvernement de Vichy n’aurait livré les juifs apatrides aux nazis à l’été 1942 que pour sauver les juifs français exigés par l’occupant et en ignorant le sort fatal qui attendait les déportés), on ne pourrait que conseiller de se reporter aux pages du Journal de guerre de Paul Morand (Tome I. Londres, Paris, Vichy.1939-1943, Gallimard, « Les cahiers de la NRF », 1028 p., 27 €) consacrées au « problème juif ». D’une authenticité incontestable, ces notations de première main révèlent un état d’esprit accablant, mêlant cynisme hâbleur, mauvaise conscience agressive et humour poisseux. Le vase clos de Vichy dans ce qu’il avait de pire.

Antisémite chevronné

C’est Laval défendant froidement sa politique en petit comité le 15 août 1942 : « L’alignement du problème juif français sur le problème juif allemand (…) ne nous coûte rien et n’a pour nous que des avantages. Le sol seul compte. »

C’est Bousquet, le chef de la police de Vichy, pérorant à la « popote » de l’Hôtel du Parc, le 31 août 1942 : « Je ne les poursuis [les juifs] que comme antigouvernementaux. Je les sonne dur pour qu’ils comprennent. J’en ai liquidé treize mille et continuerai jusqu’à ce qu’ils se calment. » Puis, réagissant à la remarque d’un collaborateur de Laval au sujet des exemptions pour certains juifs, de s’exclamer : « Dès qu’on fait une exception, tous y passent. »

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CONCERT ANNULÉ

CONCERT ANNULÉ

CONCERT ANNULÉ ⚠️
Bonjour à tou·te·s,
Après les annonces faites hier soir par le Chef de l’Etat, vous comprendrez bien que nous nous sommes dans l’obligation d’annuler le Concert de la Liberté. 😔
L’association Les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation

Afmd Mémoire Vigilance

vous informera de ses projets pour 2021. Merci de nous suivre et de poursuivre votre soutien.

En attendant, prenez soin de vous et de vos proches ❤ Amitiés

Hommage à Suzanne Leclézio et sa compagne, Yvonne Ziegler,

Hommage à Suzanne Leclézio et sa compagne, Yvonne Ziegler,

Bonjour,
Pour ceux qui suivent mes posts depuis quelques mois, vous savez que j’ai sollicité la ville de Paris pour rendre un hommage à Suzanne Leclézio et sa compagne, Yvonne Ziegler, résistantes et déportées, travailleuses sociales au centre d’hygiène sociale de la rue Marcadet près de la Gare du Nord à Paris, dispensaire créé par la compagnie des chemins de fer du nord en 1936.
Ce projet a été validé par le conseil de Paris et une plaque sera apposée bientôt sur les murs de ce centre, maintenant géré par la ville de Paris. (date non connue en raison des restrictions actuelles).
En ces jours où la barbarie et le poison de l’intolérance occupent notre réalité, il me paraît important de se souvenir et d’honorer celles qui ont combattu le nazisme, aidé des familles juives persécutées et soutenu la population de ce quartier populaire de Paris lors des bombardements de 1944.
Voici en avant première, et j’en suis ému et heureux, la plaque qui sera apposée.

10 ans de BD !

10 ans de BD !

Voici 10 ans en effet, le 21 octobre 2010, sortait le tome 1 de KZ Dora, ma première bande dessinée publiée, aux Editions Des ronds dans l’O. Cette édition en 2 volumes (le second est sorti en janvier 2012) est désormais très rare à trouver dans le commerce puisque seule la version intégrale (mars 2015) est maintenant disponible.
Si pour beaucoup de collègues, leur première œuvre est un galop d’essai, il représente bien plus me concernant, car je continue d’en parler quasiment chaque mois dans les écoles offrant aux enseignants qui avaient l’habitude d’inviter d’anciens témoins des camps de concentration, une alternative intéressante. Une exposition est également disponible (vente et location) et la médiation autour de KZ Dora est donc toujours importante.

C’est cet album que Stéphane Hessel avait préfacé. Son texte qui accompagne désormais l’intégrale a en effet été rédigé à la fin de l’été 2010. L’ancien résistant déporté, à la vie passionnante tant sur le plan de l’engagement que le plan culturel, avait accueilli chez lui mon éditrice Marie Moinard, qui lui avait présenté les planches. Le hasard a voulu que quelques semaines plus tard, le 21 octobre, jour de la sortie de ma BD, paraisse également son essai « Indignez-vous », qui allait devenir un phénomène éditorial.

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Un Poitevin sur les traces de son grand-père résistant polonais

Un Poitevin sur les traces de son grand-père résistant polonais

Le grand-père du photographe poitevin Thomas Regdosz a dû fuir la Pologne après la guerre. Son petit-fils veut tourner un film pour retracer ce périple.

Sur l’affiche du projet de film, le « p » de Joseph ressemble à une ancre de marine… Il s’agit, en fait, de la Kotwica, le symbole de la résistance polonaise durant la Seconde Guerre mondiale. Grand-père du photographe et réalisateur poitevin Thomas Regdosz, Joseph Drozniak a en effet appartenu à cette Armia Krajowa et participé à l’insurrection de Varsovie, en 1944.
De Cracovie à Roubaix, via l’Allemagne « L’échec de l’insurrection de Varsovie a été voulu par Staline, rappelle Thomas Regdosz. Les chars soviétiques se sont arrêtés sur la rive opposée de la Vistule et, après la guerre, ils ont tenté d’effacer toute trace de la résistance polonaise non communiste Convoqué à Moscou en septembre 1945, mon grand-père a donc dû fuir la Pologne pour éviter d’être déporté au goulag ou simplement exécuté comme la plupart des résistants appelés au Kremlin. »

C’est ainsi qu’a débuté le long périple de Joseph Drozniak, de la banlieue de Cracovie jusqu’à Roubaix, en passant par l’Allemagne. Arrivé à pied dans un camp de réfugiés de Göttingen, en zone anglaise, le résistant s’est ensuite engagé dans un bataillon de l’armée américaine et tint le rôle de gardien durant les procès de Nuremberg, en 1946.

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