Ancien camp de concentration de Natzweiler-Struthof



Propulsée dans l’occupation allemande par un formidable « coup de pied au cul »l marqué du sceau de la Wehrmacht, la jeune Madeleine Riffaud, 17 ans, est décidée : d’une manière ou d’une autre, elle entrera dans la résistance. Encore faut-il la trouver. « Madeleine, Résistante », portrait-BD d’une femme extraordinaire, qui refuse de se définir comme telle. Et pourtant…
« Les forces d’occupation devraient toujours penser à une bonne chose : c’est qu’on fabrique beaucoup plus de résistants, de maquisards et tout ça par un simple coup de pied au cul que par d’autres choses. »
Madeleine vient de le subir, ce fameux coup de pied de l’humiliation, marqué de la semelle d’un officier de la Wehrmacht alors qu’elle essayait désespérément de trouver un brancard pour son grand-père sur les routes de l’exode. La violence de la défaite, le claquement des mitrailleuses allemandes canardant à l’aveugle les convois de réfugiés, et le tempérament en acier de la jeune fille qui n’en avait pas encore fini de son adolescence avaient déjà préparé le terrain.

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Pendant plus de deux heures, Ginette Kolinka, 96 ans, a raconté à des collégiens son extraordinaire histoire dans l’enfer des camps de la mort, dont elle a réchappé.

Les 60 élèves des classes de 6e du collège d’Arreau, avec son conseiller pédagogique d’éducation Christian Gastal, le professeur d’histoire géo Christel Pléchot ont rejoint à pied le village de Barrancoueu pour commémorer un événement toujours présent dans les mémoires, notamment Jean Compagnet (il avait 8 ans), le voisin de table de Georg qui a assisté à ce tragique moment dans l’école de son village et est encore sous le choc avec tristesse et émotion quand il décrit cet instant, où tous ont dû baisser le pantalon pour repérer le jeune écolier devant les Nazis. Présente aussi pour témoin Juliette Rivière. Le maire Marcel Saint Pasteur accompagné de Paul Boygard, président de l’asso des Amis de Cazaux-Debat, qui a fait ses recherches historiques. Avec une pensée pour l’épouse du maire, Babet qui organisait ces réceptions avec beaucoup de générosité pour son village.
Il y a 78 ans, le 29 mai 43, les nazis sont venus à Barrancoueu arrêter un enfant à l’école Georg Hirsch pour faire parler la mère et son institutrice Gabrielle Fisse. L’enfant était Autrichien, fils de résistants antinazis et juifs. Il est mort assassiné à Auschwitz à l’âge de 9 ans en 44, avec Raymond et Lucie Sculhof qui l’avaient accueilli en France à Amiens, alors que sa mère était en prison pour actes de résistance, morte en déportation à Auschwitz en 43 qui n’a jamais dévoilé ses camarades.

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« Soyez des passeurs de mémoire ! » : c’est le souhait qu’a formulé Ginette Kolinka à l’issue de sa conférence, au collège de Rhuys, de Sarzeau (Morbihan), jeudi 1er avril 2021, dans l’après-midi, organisée à l’initiative du comité de jumelage.
« Je suis née en février 1925, à Paris. Je suis la sixième d’une fratrie de sept enfants », commence Ginette Kolinka. L’une des dernières rescapées du camp de concentration Auschwitz-Birkenau a raconté son histoire à la centaine d’élèves des quatre classes de 3e du collège de Rhuys, de Sarzeau (Morbihan), jeudi 1er avril 2021, dans un silence chargé d’émotion.
« Je suis arrêtée en mars 1944 »
Juive non pratiquante, Ginette passe son enfance à Aubervilliers et voit sa vie bouleversée par la Seconde Guerre mondiale alors qu’elle a tout juste 16 ans. En juillet 1942, prévenue d’une arrestation imminente, sa famille parvient à rejoindre la zone libre et à s’installer à Avignon dans le Vaucluse. Mais tout bascule, en mars 1944. Probablement à la suite d’une dénonciation, « je suis arrêtée en mars 1944 par la Gestapo avec mon père, mon petit frère, mon oncle et un de mes cousins », raconte-t-elle.
Après plusieurs étapes à la prison d’Avignon, puis celle des Baumettes à Marseille, la famille se retrouve internée au camp de Drancy, Seine-Saint-Denis, pendant un mois, avant d’être déportée, en train, au camp d’Auschwitz-Birkenau, en Pologne, dans le même convoi que Simone Veil.
« Ils ont été emmenés dans les chambres à gaz »
« Dès l’arrivée, je suis brutalement séparée de mon père et de mon frère que je ne reverrai plus car ils sont immédiatement emmenés dans les chambres à gaz », se souvient la rescapée. Ginette est alors sélectionnée pour des travaux de terrassement qu’elle endure dans des conditions effroyables jusqu’en octobre 1944, période à laquelle elle est transférée successivement aux camps de Bergen-Belsen, en Allemagne, et de Theresienstadt, en Tchéquie.
En mai 1945, « je suis libérée par les alliés et rapatriée à Paris, le mois suivant », poursuit Ginette. À peine reconnaissable car elle ne pesait plus que 26 kg, elle retrouve sa mère et les autres membres survivants de sa famille.

À Amboise, des élèves du lycée viticole ont conçu une bande dessinée sur la vie d’Huguette, ancienne prisonnière d’Auschwitz. Un récit qui les a éclairés sur ce pan de l’histoire du XXe siècle.
Pour les élèves de la troisième prépa pro du lycée agricole d’Amboise, l’histoire des camps de concentration aura désormais un nom. Ou plutôt, un prénom : Huguette. Celui de cette jeune fille cachée dans un appartement de Paris avec sa famille juive pendant la Seconde Guerre mondiale, puis arrêtée et envoyée dans le tristement célèbre camp d’Auschwitz. Une enfant devenue aujourd’hui grand-mère, dont l’histoire est venue nourrir les pages d’une bande dessinée aux vertus pédagogiques, réalisée dans le cadre de Bulle mémorielle, un concours national auquel participe la classe.
« J’avais déjà entendu parler de la souffrance et de la violence des camps de concentration, mais jamais aussi précisément. Ça aide à mieux comprendre cette période », confie Line, une des élèves ayant participé au projet. « Je ne savais pas qu’il y avait eu une telle violence contre les Juifs », ajoute sa camarade Justine.
76 ans après, elle n’ouvre jamais la porte Contexte sanitaire oblige, Huguette n’a pas pu venir à Amboise raconter sa vie aux élèves. Son histoire, c’est sa petite-fille, elle-même en terminale au lycée agricole, qui l’a transmise. La cachette dans un appartement parisien parce que Juive, l’arrestation à 12 ans, l’interminable voyage dans un convoi de la mort jusqu’à Auschwitz, les humiliations et les privations. Et puis, quelques semaines seulement après son arrivée, la libération du camp, en janvier 1945.
« Ce qui a le plus surpris et marqué les élèves, c’est le fait qu’Huguette avait plus peur pendant le temps de sa cachette qu’une fois arrivée à Auschwitz. Ce qu’elle redoutait était finalement arrivé », explique Karim Fikri, professeur d’histoire-géographie qui a encadré le projet avec sa collègue Margaux Besset. « On ne peut pas rester indifférent à une histoire pareille », souligne Paul, qui, comme ses camarades, a découvert avec émotion le sort de nombreux Juifs sous l’Occupation à travers l’histoire d’Huguette.
73 ans après être revenue de l’enfer, Huguette vit aujourd’hui en Loir-et-Cher. Dans sa maison, ce n’est jamais elle qui ouvre la porte quand on frappe. « Elle a toujours peur, car les hommes qui sont venus l’arrêter, ce jour-là, avaient frappé à la porte. Quand elle entend qu’on frappe, le sentiment de peur remonte », indique Karim Fikri.
« Le cauchemar de Huguette », c’est le titre de cette BD d’une dizaine de pages réalisée par les élèves de troisième du lycée amboisien. Les quatorze élèves de la classe ont travaillé en binôme sur chaque planche, se chargeant à la fois des dessins et du texte. « Le plus dur, ça a été les dessins », reconnaissent-ils. Le projet s’est étalé de fin novembre jusqu’à mars. Le résultat a été envoyé à Bulle mémorielle, un concours organisé par l’Office national des anciens combattants et victimes
de guerre, soutenu par le ministère de l’Éducation nationale.