Catégorie : Actualité de la Déportation

Ancien camp de concentration de Natzweiler-Struthof

Ancien camp de concentration de Natzweiler-Struthof

Le 24 septembre 1944, il y a 77 ans aujourd’hui, les nazis effectuent une énorme rafle dans six villages de la vallée du Rabodeau, en représailles des actions du Groupe Mobile Alsace-Vosges, du 1er RCV-FFI et des SAS britanniques.
453 hommes, de 18 à 50 ans, de Moussey, Belval, La Petite Raon, Le Puid, Le Saulcy et Le Vermont sont arrêtés.
D’abord détenus au château de Belval où certains sont torturés, ils partent à pied le lendemain vers le camp de sûreté de Schirmeck. Jules Py, 61 ans, maire de Moussey, refusant d’abandonner ses administrés, ouvre la marche. Il paiera de sa vie son dévouement.
Les hommes passent la nuit dans une usine désaffectée à Fouday et arrivent le 26 à Schirmeck.
Début octobre 1944, ils sont déportés à Dachau. Beaucoup seront envoyés ensuite dans différents camps du système concentrationnaire nazi.
317 ne reverront jamais les Vosges.
(Photo : plaque commémorative à La Petite Raon)
Madeleine, nom de code Reiner, résistante au dernier degré

Madeleine, nom de code Reiner, résistante au dernier degré

Propulsée dans l’occupation allemande par un formidable « coup de pied au cul »l marqué du sceau de la Wehrmacht, la jeune Madeleine Riffaud, 17 ans, est décidée : d’une manière ou d’une autre, elle entrera dans la résistance. Encore faut-il la trouver. « Madeleine, Résistante », portrait-BD d’une femme extraordinaire, qui refuse de se définir comme telle. Et pourtant…

Par Lysiane Ganousse 03 sept. 2021 à 19:30

« Les forces d’occupation devraient toujours penser à une bonne chose : c’est qu’on fabrique beaucoup plus de résistants, de maquisards et tout ça par un simple coup de pied au cul que par d’autres choses. »

Madeleine vient de le subir, ce fameux coup de pied de l’humiliation, marqué de la semelle d’un officier de la Wehrmacht alors qu’elle essayait désespérément de trouver un brancard pour son grand-père sur les routes de l’exode. La violence de la défaite, le claquement des mitrailleuses allemandes canardant à l’aveugle les convois de réfugiés, et le tempérament en acier de la jeune fille qui n’en avait pas encore fini de son adolescence avaient déjà préparé le terrain.

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Ginette Kolinka, rescapée d’Auschwitz : « Maintenant, vous savez… »

Ginette Kolinka, rescapée d’Auschwitz : « Maintenant, vous savez… »

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Pendant plus de deux heures, Ginette Kolinka, 96 ans, a raconté à des collégiens son extraordinaire histoire dans l’enfer des camps de la mort, dont elle a réchappé.

Les élèves de 4e et 3e du collège de Chavagnes ont été émus par le témoignage de Ginette Kolinka (1), au centre culturel René-Monory, bien que préparés par leur professeur d’histoire Anne Lemetayer. Elle a été accueillie par le principal Grégory Adam et Joël Dazas, le maire de Loudun.
Au début de sa conférence, Ginette Kolinka montre deux photos. L’une, c’est son frère de 10 ans et l’autre, son neveu de 14 ans. Elle demande aux collégiens : « Regardez-moi bien et ces photos que je vous montre, est-ce que ce sont des gens normaux ? » La réponse est évidemment affirmative. « Pour vous, nous sommes normaux, mais pas pour les nazis, nous ne sommes pas normaux parce que nous sommes juifs. »
« Mon père, mon frère et mon neveu sont gazés à l’arrivée » Elle évoque le souvenir d’une enfance normale. Elle est née à Paris en février 1925, la petite dernière d’une famille de six filles et un garçon. « Avec mes sœurs, nous avions un stand au marché d’Aubervilliers, on vendait de la lingerie et mon père avait un atelier de confection. »
Fin décembre 1942, les juifs sont recensés dans les commissariats, la mention « juif » est apposée sur leur carte d’identité, ils sont obligés de porter une étoile jaune bordée de noir sur leurs vêtements. « En 1942, toute la famille est partie s’installer à Avignon, après un périple avec des faux papiers et l’aide de passeurs. » « En 1944, nous pensions que tout le monde avait oublié que nous étions juifs avec nos nouveaux papiers mais, autour de nous, tout le monde savait », se souvient-elle. Le 13 mars 1944 sur dénonciation, la Gestapo et la Milice viennent arrêter son père, son frère de 12 ans, son neveu de 14 ans et Ginette elle-même sur le marché.
« Nous sommes internés au camp de Drancy, le 13 avril. Nous sommes déportés en wagons à bestiaux depuis la gare de Bobigny jusqu’à Auschwitz Birkenau. Mon père, mon frère et mon neveu rejoignent les camions et sont gazés à l’arrivée. Moi, je pensais que nous allions rejoindre un camp de travail. »
Puis elle raconte l’impensable horreur : « En un instant, c’était fini, on perdait notre identité, notre humanité, il fallait se déshabiller, on nous rasait les cheveux et le sexe, on nous tatouait un matricule sur le bras. Nous étions couchés à deux sur une couchette étroite, rien pour la toilette, nous vivions dans la crasse et la puanteur, dévorés par les poux. Une humiliation intentionnelle et méthodique, accentuée par les coups des kapos, la faim et la peur. »
Le collège Maréchal Foch n’a pas oublié Georg Hirsch

Le collège Maréchal Foch n’a pas oublié Georg Hirsch

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Les 60 élèves des classes de 6e du collège d’Arreau, avec son conseiller pédagogique d’éducation Christian Gastal, le professeur d’histoire géo Christel Pléchot ont rejoint à pied le village de Barrancoueu pour commémorer un événement toujours présent dans les mémoires, notamment Jean Compagnet (il avait 8 ans), le voisin de table de Georg qui a assisté à ce tragique moment dans l’école de son village et est encore sous le choc avec tristesse et émotion quand il décrit cet instant, où tous ont dû baisser le pantalon pour repérer le jeune écolier devant les Nazis. Présente aussi pour témoin Juliette Rivière. Le maire Marcel Saint Pasteur accompagné de Paul Boygard, président de l’asso des Amis de Cazaux-Debat, qui a fait ses recherches historiques. Avec une pensée pour l’épouse du maire, Babet qui organisait ces réceptions avec beaucoup de générosité pour son village.

Il y a 78 ans, le 29 mai 43, les nazis sont venus à Barrancoueu arrêter un enfant à l’école Georg Hirsch pour faire parler la mère et son institutrice Gabrielle Fisse. L’enfant était Autrichien, fils de résistants antinazis et juifs. Il est mort assassiné à Auschwitz à l’âge de 9 ans en 44, avec Raymond et Lucie Sculhof qui l’avaient accueilli en France à Amiens, alors que sa mère était en prison pour actes de résistance, morte en déportation à Auschwitz en 43 qui n’a jamais dévoilé ses camarades.

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Rafle du billet vert

Rafle du billet vert

Il y a 80 ans, le 14 mai 1941, les forces d’occupation allemandes organisaient – avec la collaboration active du gouvernement de Vichy – la première grande arrestation massive de Juifs en zone nord connue sous le nom de rafle du #billetvert
Plus de 3 700 hommes, âgés de 18 à 60 ans, tous étrangers – ont été transférés en bus à la gare d’Austerlitz. Ils partirent ensuite par trains spéciaux vers les camps d’internement de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande dans le Loiret. Ils seront ensuite déportés vers le camp de concentration d’Auschwitz.
Nous avons rendus hommage ce matin avec Anne Hidalgo, Laurence Patrice, Beate et Serge Klarsfeld et Jacques Fredj du Mémorial de la Shoah à la #mémoire de ces Parisiens. Certains habitaient le 13e arrondissement comme Wolf Bek ou Majloch Lancner.
Merci aux élèves du conservatoire municipal dirigé par Eric Porche d’avoir évoqué en musique cette page tragique de l’histoire de France.

Le CNRD fête ses 60 ans

Le CNRD fête ses 60 ans

Le CNRD fête ses 60 ans

Pour déposer un témoignage…

En utilisant le lien contact-cnrd@reseau-canope.fr, vous êtes invité(e) à transmettre un texte court signé (en indiquant, le cas échéant, l’année de votre participation au CNRD) et un fichier jpeg associé (photographie, document, extrait d’article de presse…), pour témoigner du lien qui vous relie au CNRD, de l’intérêt que vous lui portez.

Vous recevrez, en retour, un message de confirmation et d’éventuelles propositions d’ajustement avant la mise en ligne de votre contribution.

L’espace Facebook du portail national de ressources est l’autre canal pour déposer un témoignage.

Le témoignage fort de Ginette Kolinka, l’une des dernières survivantes de la Shoah

Le témoignage fort de Ginette Kolinka, l’une des dernières survivantes de la Shoah


« Soyez des passeurs de mémoire ! » : c’est le souhait qu’a formulé Ginette Kolinka à l’issue de sa conférence, au collège de Rhuys, de Sarzeau (Morbihan), jeudi 1er avril 2021, dans l’après-midi, organisée à l’initiative du comité de jumelage.

« Je suis née en février 1925, à Paris. Je suis la sixième d’une fratrie de sept enfants », commence Ginette Kolinka. L’une des dernières rescapées du camp de concentration Auschwitz-Birkenau a raconté son histoire à la centaine d’élèves des quatre classes de 3e du collège de Rhuys, de Sarzeau (Morbihan), jeudi 1er avril 2021, dans un silence chargé d’émotion.

« Je suis arrêtée en mars 1944 »
Juive non pratiquante, Ginette passe son enfance à Aubervilliers et voit sa vie bouleversée par la Seconde Guerre mondiale alors qu’elle a tout juste 16 ans. En juillet 1942, prévenue d’une arrestation imminente, sa famille parvient à rejoindre la zone libre et à s’installer à Avignon dans le Vaucluse. Mais tout bascule, en mars 1944. Probablement à la suite d’une dénonciation, « je suis arrêtée en mars 1944 par la Gestapo avec mon père, mon petit frère, mon oncle et un de mes cousins », raconte-t-elle.

Après plusieurs étapes à la prison d’Avignon, puis celle des Baumettes à Marseille, la famille se retrouve internée au camp de Drancy, Seine-Saint-Denis, pendant un mois, avant d’être déportée, en train, au camp d’Auschwitz-Birkenau, en Pologne, dans le même convoi que Simone Veil.

« Ils ont été emmenés dans les chambres à gaz »
« Dès l’arrivée, je suis brutalement séparée de mon père et de mon frère que je ne reverrai plus car ils sont immédiatement emmenés dans les chambres à gaz », se souvient la rescapée. Ginette est alors sélectionnée pour des travaux de terrassement qu’elle endure dans des conditions effroyables jusqu’en octobre 1944, période à laquelle elle est transférée successivement aux camps de Bergen-Belsen, en Allemagne, et de Theresienstadt, en Tchéquie.

En mai 1945, « je suis libérée par les alliés et rapatriée à Paris, le mois suivant », poursuit Ginette. À peine reconnaissable car elle ne pesait plus que 26 kg, elle retrouve sa mère et les autres membres survivants de sa famille.

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Une BD réalisée par des lycéens pour raconter l’horreur des camps

Une BD réalisée par des lycéens pour raconter l’horreur des camps

À Amboise, des élèves du lycée viticole ont conçu une bande dessinée sur la vie d’Huguette, ancienne prisonnière d’Auschwitz. Un récit qui les a éclairés sur ce pan de l’histoire du XXe siècle.

Pour les élèves de la troisième prépa pro du lycée agricole d’Amboise, l’histoire des camps de concentration aura désormais un nom. Ou plutôt, un prénom : Huguette. Celui de cette jeune fille cachée dans un appartement de Paris avec sa famille juive pendant la Seconde Guerre mondiale, puis arrêtée et envoyée dans le tristement célèbre camp d’Auschwitz. Une enfant devenue aujourd’hui grand-mère, dont l’histoire est venue nourrir les pages d’une bande dessinée aux vertus pédagogiques, réalisée dans le cadre de Bulle mémorielle, un concours national auquel participe la classe.
« J’avais déjà entendu parler de la souffrance et de la violence des camps de concentration, mais jamais aussi précisément. Ça aide à mieux comprendre cette période », confie Line, une des élèves ayant participé au projet. « Je ne savais pas qu’il y avait eu une telle violence contre les Juifs », ajoute sa camarade Justine.
76 ans après, elle n’ouvre jamais la porte Contexte sanitaire oblige, Huguette n’a pas pu venir à Amboise raconter sa vie aux élèves. Son histoire, c’est sa petite-fille, elle-même en terminale au lycée agricole, qui l’a transmise. La cachette dans un appartement parisien parce que Juive, l’arrestation à 12 ans, l’interminable voyage dans un convoi de la mort jusqu’à Auschwitz, les humiliations et les privations. Et puis, quelques semaines seulement après son arrivée, la libération du camp, en janvier 1945.
« Ce qui a le plus surpris et marqué les élèves, c’est le fait qu’Huguette avait plus peur pendant le temps de sa cachette qu’une fois arrivée à Auschwitz. Ce qu’elle redoutait était finalement arrivé », explique Karim Fikri, professeur d’histoire-géographie qui a encadré le projet avec sa collègue Margaux Besset. « On ne peut pas rester indifférent à une histoire pareille », souligne Paul, qui, comme ses camarades, a découvert avec émotion le sort de nombreux Juifs sous l’Occupation à travers l’histoire d’Huguette.
73 ans après être revenue de l’enfer, Huguette vit aujourd’hui en Loir-et-Cher. Dans sa maison, ce n’est jamais elle qui ouvre la porte quand on frappe. « Elle a toujours peur, car les hommes qui sont venus l’arrêter, ce jour-là, avaient frappé à la porte. Quand elle entend qu’on frappe, le sentiment de peur remonte », indique Karim Fikri.

à savoir

« Le cauchemar de Huguette », c’est le titre de cette BD d’une dizaine de pages réalisée par les élèves de troisième du lycée amboisien. Les quatorze élèves de la classe ont travaillé en binôme sur chaque planche, se chargeant à la fois des dessins et du texte. « Le plus dur, ça a été les dessins », reconnaissent-ils. Le projet s’est étalé de fin novembre jusqu’à mars. Le résultat a été envoyé à Bulle mémorielle, un concours organisé par l’Office national des anciens combattants et victimes
de guerre, soutenu par le ministère de l’Éducation nationale.

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