Catégorie : Actualité de la Résistance

On n’oublie pas !

On n’oublie pas !

Philippe Bouvier

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On n’oublie pas (article de 2016) :

Les Amis des combattants en Espagne républicaine inaugurent samedi un monument en hommage aux brigadistes internationaux.

Les étreintes sont puissantes, et vigoureuses ; d’autres plus discrètes. À la nuit tombée, sur ce quai, les effusions transpirent l’espoir mais également l’appréhension avant le grand saut. Des femmes et des hommes s’en vont, au front, eux qui cultivent une aversion pour la guerre. Gare d’Austerlitz, point de départ pour l’Espagne via Perpignan. Depuis le 18 juillet 1936, des généraux ont rompu l’ordre de la Seconde République. En Allemagne, au Portugal ou encore en Italie, les fascistes sont déjà à l’œuvre. Partir en Espagne, c’est défendre Paris, Londres, l’Europe et le monde de la bête immonde.

Dès les premières heures du soulèvement militaire sous la férule de Franco, des sportifs progressistes sont à Barcelone pour participer aux Olympiades populaires. Ils prendront les armes, iront sur les barricades aux côtés de leurs frères espagnols progressistes. Ce sont les premiers volontaires internationaux. S’ensuivront des milliers d’autres, 35 000 au total, venus de plus de 53 nations, dont près de 10 000 Français qui, par clairvoyance du danger qui menace les démocraties, s’engagent pour défendre le jeune Front populaire sorti victorieux des urnes espagnoles en février 1936. Ces hommes et ces femmes « se levèrent avant le jour », selon l’expression du colonel Henri Rol-Tanguy, le métallo qui s’engagea comme brigadiste, puis devint chef de la Résistance avant d’être connu comme le libérateur de Paris. Ont-ils seulement conscience qu’ils s’apprêtent à rédiger, souvent au prix de leur vie, l’une des plus belles pages de l’histoire du XXe siècle, celle de la paix, de la fraternité ?

Paris, épicentre de la solidarité

Ces femmes et ces hommes sont communistes, syndicalistes, anarchistes. Ce sont des internationalistes de cœur et de raison. De l’autre côté des Pyrénées, le Front populaire avance un programme de progrès et de justice sociale qui bouscule l’ordre établi par une bourgeoisie, une armée et une Église profondément réactionnaires. Les gradés félons voient l’Espagne vaciller entre réformes et révolution. Insupportable à leurs yeux. En France, le 15 août 1936, le gouvernement français du Front populaire, dirigé par le socialiste Léon Blum, fait le choix de la « non-intervention », livrant à leur sort les démocrates espagnols.

Rue Mathurin-Moreau, désormais siège du PCF, ou encore à la Maison des métallurgistes – où des plaques d’hommages ont depuis été apposées –, les militants se pressent pour venir en aide à la République menacée. Le 22 octobre, cette dernière donne son feu vert à la création officielle des Brigades internationales. Paris devient un épicentre de la solidarité. D’autres rejoignent l’Espagne en bateau ou encore à pied. Albacete sera le QG militaire de ces combattants de la paix qui seront des dures batailles sur les fronts, comme à Madrid où le bataillon Commune de Paris dispute avec ferveur le terrain aux fascistes pressés de faire tomber la capitale. En 1938, sur le fleuve de l’Èbre, ils livrent leur dernier combat. 10 000 d’entre eux ne reverront jamais leur pays.

L’oubli, voire le déni ceinturent encore cette fantastique épopée des Brigades internationales dont on célèbre cette année le 80e anniversaire. Il aura fallu le courage et la ténacité de l’association des Amis des combattants en Espagne républicaine, et son inlassable travail de mémoire, pour qu’enfin justice soit (un peu) faite, avec l’inauguration samedi d’un monument en hommage aux volontaires internationaux (1), gare d’Austerlitz, que nombre d’entre eux ne refoulèrent plus jamais.

Ces interbrigadistes, sous la plume du poète communiste espagnol Miguel Hernandez, avaient pourtant « des âmes sans frontières, le front balayé de mèches du monde entier, couvert d’horizons, de bateaux, de cordillères, de sable et de neige ». Ils ont répondu « à la coupable non-intervention (…), prêts à mourir loin de chez eux la tête hantée par un idéal. Ils ont porté la solidarité ouvrière en bandoulière », encensent Jean Ortiz et Dominique Gautier dans un bouleversant documentaire consacré à ces héros et héroïnes (2). «Que reste-t-il aujourd’hui des mythiques Brigades internationales ? » interrogent-ils, lors d’un voyage à Albacete. L’hagiographie franquiste s’est chargée de les ravaler au rang de sbires staliniens avides de sang et d’or au même titre que les républicains encore ensevelis dans les fosses communes, et à qui les autorités, dans un silence complice, refusent toujours de rendre justice. De ce côté-ci de la frontière, les manuels d’histoire souffrent de la même dangereuse amnésie, taisant ainsi le combat pourtant précurseur qu’ont livré ces femmes et ces hommes contre le fascisme et qu’ils ont poursuivi pour libérer la France.

Cour de la gare d’Austerlitz donc, à quelques encablures du quai où des volontaires internationaux ont embrassé une dernière fois les leurs.

(1) L’œuvre de Denis Monfleur sera inaugurée le 22 octobre à 11 heures, gare d’Austerlitz à Paris, grâce au soutien de la SNCF, de la CGT cheminots, du comité d’établissement SNCF de la gare d’Austerlitz et de la Ville de Paris.

(2) Soirée d’hommage au siège de la CGT, et projection du documentaire les Brigades internationales, entre mémoire et silence, de Jean Ortiz et Dominique Gautier (263, rue de Paris, Montreuil ; métro : Porte-de-Montreuil ou Robespierre).

http://www.humanite.fr/dausterlitz-aux-fronts-despagne-6185…

Arras : Le Mur des Fusillés

Arras : Le Mur des Fusillés

LE MUR DES FUSILLÉS, LIEU DE SOUVENIRS ET DE MÉMOIRE.

218 personnes furent fusillées de août 1941 à juillet 1944 au pied de la citadelle d’Arras. Ces personnes, de 16 ans (Julien Delval) à 69 ans (Henri Queval) appartenaient à neuf nationalités différentes : Français, Polonais, Belges, Soviétiques, Italiens, Portugais, Tchèques, Hongrois, Yougoslaves seront tombés sous les balles Allemandes lors de ces fusillades.

« In Memoriam. 218 patriotes de toutes origines ont été fusillés de 1941 à 1944 dans les fossés de la Citadelle d’Arras. Vous qui venez en ce lieux, gardez en vos mémoires le souvenir de leur martyre. »

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Seine-Saint-Denis : Jacqueline Tamanini, résistante de la première heure, est morte

Seine-Saint-Denis : Jacqueline Tamanini, résistante de la première heure, est morte

Ancienne conseillère municipale de Montreuil, elle avait notamment participé, dès juillet 1940, à l’organisation de la Résistance dans la banlieue Est de Paris.

Le 21 octobre 2019 à 19h58, modifié le 22 octobre 2019 à 13h33

Les « actes de sabotage », les « hurlements des SS », « la faim »… Jacqueline Tamanini, résistante de la première heure décédée à Montreuil ce dimanche à l’âge de 98 ans n’avait rien oublié de ces années de résistance puis de déportation. Cette « militante déterminée, humaniste et progressiste », comme l’a souligné ce lundi Patrice Bessac, le maire (PCF) de Montreuil, était née le 7 octobre 1921 au sein d’une famille où les réunions de section avaient lieu au domicile familial.

En 1936, l’adolescente, couturière de formation et ouvrière à l’usine depuis ses 14 ans, adhère à l’Union des jeunes filles de France (UJFF), une organisation politique liée à la Fédération des jeunesses communistes de France.

En 1940, la direction du PCF charge l’UJFF de renouer les contacts entre les militants pour structurer l’appareil clandestin. C’est dans ce contexte que Jacqueline Tamini entre dans la Résistance en juillet 1940. Agent de liaison, elle participe alors à l’organisation de la résistance dans la banlieue Est de Paris où elle transporte et diffuse des tracts clandestins appelant à la lutte contre l’ennemi.

Déportée à Ravensbrück à 23 ans

En 1942, elle part en Bretagne ou elle rejoint les Francs-tireurs et partisans français (FTP). Arrêtée en août 1943 par la police française, elle est condamnée, écrouée à la centrale de Rennes, puis livrée aux autorités allemandes.

A 23 ans, elle est déportée vers le camp de concentration de Ravensbrück (Allemagne). Transférée au Kommando Hasag près de Leipzig, elle subit les terribles conditions du travail forcé, ce qui ne l’empêche pas de poursuivre son combat en procédant à des sabotages. En avril 1945, les SS évacuent le Kommando.

Commence alors une terrible marche d’une semaine, qui la conduit de Leipzig à Dresde. Récupérée par les soldats soviétiques, elle est rapatriée en France, en juin 1945, et retourne chez elle, à Montreuil.

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Les fusillés de Châteaubriant
Ils sont appuyés contre le ciel
Ils sont une trentaine appuyés contre le ciel,
Avec toute la vie derrière eux
Ils sont pleins d’étonnement pour leur épaule
Qui est un monument d’amour

Ils n’ont pas de recommandation à se faire
Parce qu’ils ne se quitteront jamais plus
L’un d’eux pense à un petit village
Où il allait à l’école
Un autre est assis à sa table
Et ses amis tiennent ses mains
Ils ne sont déjà plus du pays dont ils rêvent
Ils sont bien au dessus de ces hommes
Qui les regardent mourir
Il y a entre eux la différence du martyre
Parce que le vent est passé là où ils chantent
Et leur seul regret est que ceux
Qui vont les tuer n’entendent pas
Le bruit énorme des paroles
Ils sont exacts au rendez-vous
Ils sont même en avance sur les autres
Pourtant ils disent qu’ils ne sont plus des apôtres
Et que tout est simple
Et que la mort surtout est une chose simple
Puisque toute liberté se survit.

René Guy Cadou
https://www.reseau-canope.fr/poetes-en-re…/…/rene-guy-cadou/
Fils d’instituteurs, né en 1920 en Loire-Atlantique, René Guy Cadou envoie, dès l’âge de 17 ans, ses poèmes à Max Jacob qui reconnaît aussitôt en lui un poète. Réformé pour cause de santé, il devient instituteur et rencontre Hélène, le grand amour de sa vie, inspiratrice de nombreux recueils. Durant l’Occupation allemande, il ne s’engage pas de façon militante mais ses écrits, notamment le recueil Pleine poitrine,témoignent de son soutien à la Résistance et de son désir de dénoncer la barbarie nazie, par exemple dans les poèmes« Ravensbrück » et « Les Fusillés de Châteaubriant ».

1943: Jean Philippe “Je refuse de persécuter des Israélites..”

1943: Jean Philippe “Je refuse de persécuter des Israélites..”

Avec le courage de dire non, le Commissaire Jean Philippe, le 15 janvier 1943, refusa de livrer à la Gestapo et aux Allemands une liste de juifs pour la déportation.

“Je crois que nous n’avons aucun droit de déporter nos propres citoyens français. Si un homme, un français, se rendait complice de cette infamie ce serait un traître”.

  En Juin 2019, une plaque à la mémoire du Commissaire Philippe (1905-1944) et de sa femme Jeanne Bouillane (1909-1979) a été posée sur les murs de la maison où ils avaient habités.

Le commissaire Jean Philippe est une des très belles figures de la Résistance et un pionnier des temps difficiles. Il est de ceux qui ont montré la route de l’Honneur.

Jean Philippe, commissaire de police en poste du 7e arrondissement de Toulouse, s’engage sous l’alias de “Basset” dans Alliance et en devient en 1942 le dirigeant pour les sept départements du Sud-Ouest, participant notamment au sauvetage de plusieurs juifs.

En janvier 1943, après l’occupation par les Allemands de la zone libre, il est sollicité par les autorités de Vichy afin d’établir la liste des juifs de l’arrondissement dont il a la charge : ne voulant pas obéir à un tel ordre, il démissionne de son poste et rentre dans la clandestinité.
Une imprudence de ses camarades a conduit à son arrestation le 28 janvier 1943.

Arrêté par les Allemands, il a été interrogé et torturé

Déporté lui-même en Allemagne dans la prison de Karlsruhe, il a été exécuté le 1er mars 1944.
Jean Philippe rétablit l’honneur de la police française face à la honte des arrestations de la gendarmerie et des policiers au Vél’ d’Hiv’ et partout en France.

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Journée de mémoire au camp de concentration KL Natzweiler-Struthof

Journée de mémoire au camp de concentration KL Natzweiler-Struthof

A l’initiative de l’IHSME (Institut d’Histoire Sociale Mines Energie), La municipalité de Montceau et des associations du bassin minier représentées !

Le récit de cette journée très particulière fait par les participants eux-mêmes ! 

“A l’initiative de l’IHSME (Institut d’Histoire Sociale Mines Energie), représenté par François Duteil son Président une rencontre mémorielle a rassemblé ce jeudi 17 octobre 2019, des délégations de mineurs de Montceau-les Mines, des Potasses d’Alsace et de mineurs Mosellans et Nord Pas de Calais. Mais aussi des agents des IEG (Industries Electriques et Gazières) de Bourgogne , de Franche-Comté ainsi que des adhérents de l’IHSME et des IHS (Institut d’Histoire Sociale) d’Alsace et de Bourgogne dont l’IHSCGT 71. La municipalité de Montceau les Mines y était représentée ainsi que l’ANACR du Bassin Minier et la FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés Internés Résistants et Patriotes). Jean-Paul Fossier, bien connu des Montcelliens coordonnait cette délégation.

Au total, plus de 50 personnes.

La présence de Jean Villeret, l’un des derniers survivants du camp de concentration KL Natzweiler-Struthof aura, tout au long du parcours décrit le terrible quotidien des déportés. Réfractaire au Service du Travail Obligatoire (STO) en 1943, il entre en résistance la même année et sur dénonciation il est arrêté par la police française qui le remettra entre les mains de l’autorité militaire allemande. A partir de là, il connaîtra le parcours de l’interné pour finir au camp de concentration de Natzweiler-Struthof (Bas-Rhin) où il arrive en tant que Nacht und Nebel (NN – Nuit et Brouillard), matricule 19410.

Le témoignage de Jean Villeret, nous a valu un travail de tout à chacun sur l’imaginaire de cette vie carcérale, qui aura permis de prendre la mesure de l’insoutenable. Comment des êtres humains peuvent-ils en arriver là ? Jean Villeret, rappellera les mots d’accueil de l’officier SS : ” vous entrez par cette porte, vous ressortirez par là” Montrant au loin le bâtiment surmonté d’une cheminée…

Un temps fort, quand un jeune étudiant Allemand, est venu serrer la main de Jean Villeret, très reconnaissable, il portait son calot de déporté et répondu aux questions de ce jeune qui dégageait toute son émotion dans ses yeux. (5 bus d’étudiants Allemand étaient en visite ce jour)

Préalablement à cette visite du camp, la délégation de l’IHSME c’est rendue au lieu dit “la Sablière” lieu d’exécution pour de nombreux condamnés à mort.

Dans ce lieu mémoriel, on notera la présence de la municipalité de Montceau les Mines représentée par Monsieur Gérard Gronfier, l’ANACR du Bassin Minier représentée par Patrice Jacob, l’IHSCGT 71 représenté par Jean-Pierre Meneghel, Alain Mazuir, Christian Etaix et le Syndicat CGT Mines Energie représenté par Martine De Jesus, Robert Germain, Patrick Bobin, Jean Chomka et Patrice Jaouen.

Précédent un dépôt de gerbe sur le monument en mémoire des résistants de toutes nationalités, Patrick Bobin rappellera l’engagement des mineurs entrés très tôt en résistance. Dans le bassin minier, un peu plus d’un millier de résistants dont la biographie de 200 mineurs engagés a pu être faite. Les premiers Montcelliens déportés au Strutof : les deux frères Rychlick et leur père. Seuls les deux frères rentreront après être passés par Dachau. Ce dépôt de gerbe en mémoire du dernier train en partance pour l’Allemagne après l’évacuation du camp suite à l’avancée des troupes de libération. Dans ce train, se trouvaient des mineurs de charbon de Montceau les Mines, du Nord Pas de Calais, de Moselle et des potasses d’Alsace.

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Une exposition à la mémoire de la déportation et de la résistance

Une exposition à la mémoire de la déportation et de la résistance

L’Amicale française du camp de concentration de Dachau présente, en partenariat avec la municipalité, une exposition itinérante “Le Camp de Concentration de Dachau 1933-1945”, du 16 au 18 octobre, dans la salle des mariages de la mairie.

Une rétrospective qui se veut un support pédagogique à la transmission de la mémoire de la déportation et de la résistance au nazisme, lors de la Seconde Guerre mondiale, à destination de publics variés. Vingt-cinq panneaux expliquent l’historique du camp de Dachau, “maison-mère” de l’univers concentrationnaire nazi, l’organisation méthodique de son fonctionnement, le quotidien du déporté et le processus de déshumanisationg dont il fut victime, jusqu’à la libération du camp.

Ils détaillent également l’historique et la mission de l’association, créée en 1945, par Edmond Michelet, lui-même rescapé du camp de Dachau. L’exposition permet au visiteur de saisir et de comprendre toute l’horreur et l’inimaginable de la déportation, mais aussi, de découvrir et partager toutes les valeurs humaines de résistance et de solidarité qui ont permis aux rescapés, non seulement, de survivre dans le camp, mais de conserver le peu d’humanité que le système totalitaire nazi s’attachait à leur retirer.

Michèle Jubeau-Denis, fille de résistant animera la visite

Elle a été réalisée sur la base de nombreux ouvrages historiques, des archives de l’association, mais aussi et surtout, en s’appuyant sur des témoignages directs (écrits et oraux) des déportés. Michèle Jubeau-Denis, fille du résistant Jean Denis, déporté à Dachau, animera la visite. Elle racontera la vie de son père et répondra aux questions du public.

Exposition ouverte de 9 h à midi et de 13 h 30 à 17 h. Entrée libre.
Rennes. Décès d’André Salaün, vétéran de la 2e DB

Rennes. Décès d’André Salaün, vétéran de la 2e DB

Ouest-France Pascal SIMON. Publié le  

Prothésiste dentaire, apiculteur passionné et porte-drapeau de la 2e Division blindée, André Salaün s’est éteint à l’âge de 96 ans.

C’était il y a neuf mois, le 10 janvier 2019. André Salaün était l’invité d’honneur des vœux de la maire Nathalie Appéré au monde militaire, de la défense et de la sécurité. Ce jour-là, il a reçu l’insigne de chevalier dans l’Ordre national du Mérite. « Je suis très ému », avait tout simplement déclaré ce vétéran de la 2e Division blindée en Extrême-Orient. André Salaün s’est éteint le 10 octobre, au terme de sa 96e année.

Né le 26 octobre 1923, à Brest, André Salaün avait choisi la formation de prothésiste dentaire. En juin 1940, il n’a pas encore 18 ans il veut rejoindre le général de Gaulle à Londres. Ses parents refusent de le laisser partir. Pour fuir les bombardements et le service du travail obligatoire en Allemagne (STO), il se cache dans la campagne brestoise.

Près de trois décennies à porter le drapeau

En février 1945, il incorpore le service de santé des armées. Affecté à la 19e Division d’infanterie sur le front de l’Atlantique, il est volontaire pour aller combattre les Japonais et est muté en Extrême-Orient où il rejoint la 2e Division blindée du général Leclerc. Il servira en Indochine entre 1945 et 1952, où il rencontrera sa future épouse, Marguerite Lecanu. Ils auront huit enfants, 19 petits-enfants et 10 arrière-petits-enfants.

De retour en France, il rejoindra l’hôpital Ambroise-Paré comme prothésiste dentaire et fondera son propre laboratoire, en 1967, à Rennes, rue du Vau-Saint-Germain. Il ne fermera qu’en 1985. André Salaün a été le fondateur de la société ornithologique « L’oiseau club rennais » et un apiculteur amateur passionné (il a eu jusqu’à 350 ruches ) qui venait son miel sur les marchés. Et pendant trente ans, il a été porte-drapeau de la 2e DB, jusqu’au 4 août 2016, et s’efforçait d’être présent aux cérémonies patriotiques.

André Salaün était médaillé militaire, chevalier de l’Ordre National du Mérite et Croix du combattant 1939-1945 et Théâtres d’opérations extérieurs (TOE).