Auteur/autrice : JNR-CPL

Rino Della Negra, étoile rouge de la Résistance et du football

Rino Della Negra, étoile rouge de la Résistance et du football

Rino Della Negra, étoile rouge de la Résistance et du football

Icône des supporters du Red Star de Saint-Ouen, Rino Della Negra est entré dans l’histoire en entrant dans la Résistance, avant d’être exécuté parmi les « terroristes » de l’Affiche rouge. Une biographie lui est enfin consacrée.

« La plus grande preuve d’amour, c’est de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » Difficile de ne pas voir, dans cette phrase qui conclut la lettre d’adieu de Rino Della Negra à ses parents, quelques heures avant d’être fusillé, une réminiscence de l’Évangile selon saint Jean – « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. »

Dans sa famille originaire du Frioul, arrivée en France au début des années 1920 avec la vague d’immigrés antifascistes, l’influence catholique n’est pourtant pas patente. Rino naît en 1923 à Vimy dans le Pas-de-Calais, d’où les Della Negra partent quand il a trois ans pour rejoindre Argenteuil et le quartier Mazagran – rebaptisé « Mazzagrande » par l’importante communauté italienne qui s’y est installée.

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Le Musée de l’Homme dans la Guerre et sous l’Occupation : résister et tenir

Le Musée de l’Homme dans la Guerre et sous l’Occupation : résister et tenir

Le Musée de l’Homme, musée de synthèse présentant l’Homme sous ses facettes biologiques et culturelles, est inauguré le 20 juin 1938. Deux ans plus tard, les troupes allemandes paradent devant le Trocadéro. Musée militant, antiraciste, cosmopolite, le musée et une partie de son personnel scientifique ne furent pas des témoins indifférents aux temps troublés que traversa alors la France. Après la décapitation du réseau de résistance du musée, il vacille dans ses fondations identitaires avant qu’une nouvelle routine de travail ne se mette en place, au cœur de l’Occupation.

En lien avec cette conférence, une visite guidée au Mont-Valérien est proposée le dimanche 6 mars 2022 à 16h. Le Mont-Valérien a été le principal lieu d’exécution par l’armée allemande sur le territoire français pendant la Seconde Guerre mondiale. De 1941 à 1944, plus de 1000 hommes furent assassinés pour ce qu’ils faisaient, pour ce qu’ils étaient ou pour ce qu’ils représentaient. L’année 1942 fut la plus meurtrière. Aux exécutions massives d’otages, s’ajoutent notamment celles des condamnés à mort des « Grands procès », dont celui du Palais Bourbon et celui de la Maison de la Chimie.

Arrêtés de février à juillet 1941, Jules Andrieu, Georges Ithier, Anatole Levitsky, Léon-Maurice Nordmann, René Sénéchal, Boris Vildé et Pierre Walter, sont condamnés à mort le 17 février 1942 par le tribunal militaire allemand lors du procès dit du « Musée de l’Homme ». Ils sont exécutés le 23 février au Mont-Valérien. Yvonne Oddon, Agnès Humbert, sont déportées vers les camps allemands.

En ce 80anniversaire, le mémorial du Mont-Valérien et le Musée de l’Homme s’unissent pour rendre hommage et transmettre les mémoires de ces femmes et de ces hommes qui, par leur esprit et leur intelligence, ont pris les armes pour défendre les libertés et la démocratie.

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Festival la Résistance au cinéma en Seine-Saint-Denis 2022

Festival la Résistance au cinéma en Seine-Saint-Denis 2022

L’association des Amis du Musée de la Résistance nationale de Seine-Saint-Denis a pour but d’entretenir et de valoriser la mémoire de la Résistance à l’occupant nazi et au régime de Vichy. Sous l’égide du Musée de la Résistance nationale de Champigny sur Marne, ce festival annuel « La Résistance au cinéma » en Seine-Saint-Denis s’adresse au grand public et plus particulièrement aux scolaires, avec l’appui des directrices et directeurs de salles de cinéma ainsi que des structures culturelles municipales du département.

Cette 17e édition du festival s’organise avec de nombreux partenaires : la délégation de Seine-Saint-Denis des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, le Musée de l’Histoire vivante de Montreuil, l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt, les Archives départementales, l’Association Républicaine des Anciens Combattants de Seine-Saint-Denis, l’Association Nationale des Anciens Combattants et Le Patriote Résistant.

Elle est soutenue par le Conseil départemental, la Direction des Services départementaux de l’Éducation nationale de Seine-Saint-Denis, Est-ensemble et Seine-Saint-Denis Tourisme.

Chaque projection se prolonge par un débat avec des intervenants historiens, passeurs de mémoire, responsables d’associations, du monde du cinéma, etc. La billetterie des séances scolaires est prise en charge par l’association des Amis de Musée de la Résistance nationale de Seine-Saint-Denis.

Sabine Pesier
Présidente de l’association des Amis du Musée de la Résistance nationale de Seine-Saint-Denis

Un devoir d’histoire et de mémoire

Un devoir d’histoire et de mémoire

Des jeunes du Service national universel se sont plongés l’histoire de la Résistance en France et en Corrèze au musée départemental Henri-Que uille, à Neuvic.

Mercredi 16 février, dans le cadre d’un séjour de cohésion de deux semaines à l’espace 1.000 Sources de Bugeat, quarante jeunes volontaires du Service national universel (SNU) se sont retrouvés au musée départemental de la Résistance Henri-Queuille de Neuvic.

Des jeunes venus de quatre départements de la Nouvelle-Aquitaine (Creuse, Haute-Vienne, Lot-et-Garonne et Charente-Maritime). Deux modules leur ont été présentés : un par Rudy Moreau, ancien militaire de carrière, représentant l’ONACVG (Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre), et un second par Gilbert Baubatie, ancien professeur d’histoire, invité à venir évoquer l’histoire de la Résistance française en général, et haute corrézienne en particulier.

Parmi les « stagiaires » de ce groupe, Louis Abadia, qui souhaite devenir officier militaire, confirme qu’il est venu chercher lors de ce stage un apprentissage à la vie sociale, découvrir une certaine forme d’encadrement et appréhender tous les aspects de la hiérarchie et de l’autorité.

Quant à Rachelle, une jeune fille qui envisage de devenir médecin militaire dans la marine, elle explique que cette formation répond totalement à ses attentes avec notamment : les principes de la cohésion de groupe, les symboles autour du port de l’uniforme, mais également tout ce que représente pour elle l’autorité militaire.

Quant aux objectifs du SNU, ils peuvent être résumés ainsi : appréhender une certaine cohésion sociale, accepter la mixité, suivre une préparation à l’entrée dans la vie active civile dans la citoyenneté.

Ce stage, par l’intermédiaire d’un séjour de cohésion de douze jours, en dehors de leur département, devra être suivi par ces jeunes gens d’une mission d’intérêt général de 84 heures dans une administration publique ou au sein d’une association.

La veille, 40 autres jeunes du SNU ont aussi effectué une visite guidée du musée et ont visionné notamment, le film La Résistance en Haute-Corrèze .

L’histoire d’Henri Queuille, acteur essentiel de la Résistance nationale, a également été retracée aux jeunes volontaires.

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La propagande de Vichy sous la loupe du musée de la Résistance de Limoges

La propagande de Vichy sous la loupe du musée de la Résistance de Limoges

Jusqu’au 30 août prochain, le musée de la Résistance de Limoges expose de nombreux objets, affiches et documents de propagande créés entre 1940 et 1944 pour promouvoir l’idéologie du régime de Vichy et de la Révolution Nationale du Maréchal Pétain

Des affiches, des livres, des bibelots, des contes pour enfants, des timbres, des partitions musicales : ces documents inédits, à la fois surannés et étrangement modernes, souvent inconnus du grand public, dormaient dans les réserves du musée de la Résistance, au cœur du vieux quartier de la Cité à Limoges.

Objets exhumés d’un passé pas si lointain, à mi-chemin entre la mémoire et l’histoire, ils sont les témoins d’un passé qui hante encore nos débats du présent.

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Le 18 février 1943, la Gestapo arrête Hans et Sophie Scholl

Le 18 février 1943, la Gestapo arrête Hans et Sophie Scholl

Le 18 février 1943, la Gestapo arrête Hans et Sophie Scholl membres de la Rose Blanche, organisation de résistance au nazisme.
La Rose Blanche ou Die Weiße Rose est née en 1942, à Munich. Hans Scholl, étudiant en médecine, est envoyé comme infirmier sur le front de l’Est où il est témoin des exactions de la Wehrmacht. De retour avec son ami Alexander Schmorell, ils décident d’entrer en résistance face au « nihilisme intellectuel » du régime nazi et de distribuer des tracts pour dénoncer les atrocités commises par les nazis.
Sophie Scholl, étudiante en biologie et en philosophie, les rejoint. Elle veut agir contre le désastre en Allemagne et en Europe. Malgré l’interdiction, elle a conservé un exemplaire des Confessions de Saint-Augustin. Profondément croyants (protestants), ces deux jeunes Allemands regroupent autour d’eux quelques personnes dont Christoph Probst qui distribuent des tracts dans la rue et collent des affiches sur les murs.
Leur 6ème tract écrit : « Nous nous dressons contre l’asservissement de l’Europe par le National-socialisme, dans une affirmation nouvelle de liberté et d’honneur. » Il est distribué à environ mille exemplaires dans la nuit du 15 au 16 février 1943 à Munich. Ceux restant sont déposés à l’université. Or le concierge les voit et les dénonce à la Gestapo.
Hans et Sophie Scholl ainsi que Christoph Probst sont arrêtés le 18 février. Ils sont jugés le 22 février 1943 et décapités le même jour.
Le 27 juin 1943, Thomas Mann leur rend hommage sur les ondes de la BBC : « Courageux, magnifiques jeunes gens ! Vous ne serez pas morts en vain, vous ne serez pas oubliés »
Dévoilement de plaque

Dévoilement de plaque

Intense émotion ce matin, en présence de leur fils, de rendre hommage , là où ils vécurent plusieurs décennies, rue du Ranelagh, à Flore et Georges Loinger, et à la Résistance juive en acte qu’ils représentent eux qui ont avec OSE – Œuvre de Secours aux Enfants sauvé tant d’enfants juifs.
Avec pudeur, Serge Klarsfeld qui a eu ainsi que sa sœur la vie sauve grâce à Georges Loinger à rappeler que son livre Mémorial dédié aux plus de 11 000 enfants déportés assassinés par les nazis aurait eu bien plus de pages sans la bravoure et la détermination de résistants juifs comme les Loinger, et d’autres membres de l’OSE et des Éclaireuses et Éclaireurs Israélites en clandestinité. En ces temps de négation de l’Histoire, de résurgences antisémites, soyons dignes de leur exemple! #memoire

Ginette Kolinka, rescapée des camps : contre l’oubli (2 épisodes)

Ginette Kolinka, rescapée des camps : contre l’oubli (2 épisodes)

30 juin 1945, Ginette Cherkasky arrive chez elle, dans l’appartement familial de la rue Jean Pierre Timbaud. Elle a 20 ans et pèse 26 kg. Totalement squelettique ! Décharnée. Le résultat de sa déportation. Elle rentre de Theresienstadt après Birkenau, Bergen-Belsen et Raghun.

Son père, son frère et son neveu, juifs comme elle et déportés avec elle dans le même convoi 71, ne reviendront pas. Sa mère ne s’en remettra jamais et restera dans le mutisme jusqu’à sa mort. Au contraire, ses cinq sœurs ont tout compris et ne demandent rien à Ginette. De toute façon, comment raconter l’abject ?

« Il n’y avait aucune humanité. » Ginette Kolinka

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Newsletter n°9. Convoi 77. Pour les enseignants et chercheurs.

Newsletter n°9. Convoi 77. Pour les enseignants et chercheurs.

POUR LES ENSEIGNANTS ET CHERCHEURS
Janvier – Février 2022 Par l’équipe Convoi 77 France de Sciences Po Paris
equipeconvoi77.sciencespo@gmail.com 

– A noter dans vos agendas !
Les étudiants en master à Sciences Po Paris, engagés dans un projet collaboratif avec Convoi 77, vous invitent à assister à une conférence qu’ils organisent et qui aura pour thème :  « Commémorer la Shoah au XXIème siècle : nouveaux défis, nouvelles perspectives ? »
Un.e sociologue, un.e historien.nne ainsi qu’un.e enseignant.e qui travaille avec Convoi 77 échangeront sur les enjeux de la commémoration et les perspectives futures pour en renforcer la force et la portée, dans une discussion animée et modérée par François Heilbronn, vice-président du Mémorial de la Shoah. La conférence s’achèvera avec les questions de l’assistance.

Nous vous informerons prochainement du nom des invités conviés ainsi que des sujets abordés plus précisément, de même que les modalités d’inscription si vous souhaitez assister à l’événement.

QUAND ? Mercredi 16 mars 2022 de 19h15 à 21h15
OU ? Amphithéâtre Simone Veil, 28 rue des Saint-Pères, 75007 Paris
N’hésitez pas à nous contacter dès à présent sur cette adresse mél si vous souhaitez participer, donner vos idées, réagir … : equipeconvoi77.sciencespo@gmail.com

Déplacement mémoriel de Jean Castex à Auschwitz
L’importance de la transmission de l’histoire de la Shoah
          A l’occasion de la journée internationale de commémoration pour la mémoire des victimes de la Shoah, le Premier ministre s’est rendu à Oświęcim le 27 janvier dernier, soixante-dix-sept ans après la libération par les forces alliées du camp d’Auschwitz-Birkenau. Entouré de Serge Klarsfeld, d’Haïm Korsia, Grand Rabbin de France, et de Francis Kalifat, président du Crif, ainsi que des autorités locales, Jean Castex a rendu un hommage appuyé à la mémoire des millions de victimes, connues et inconnues, de la barbarie nazie.

Caractérisée par la présence exceptionnelle de Léon Lewkowicz et Elie Buzyn, rescapés d’Auschwitz, la visite a également été l’occasion pour le Premier ministre d’exprimer son inquiétude face à la recrudescence des actes de haine et propos révisionnistes dans la sphère publique, dénonçant en ces derniers l’œuvre de « falsificateurs de l’histoire ».

Symboles de la nécessité de cette transmission, plusieurs lycéens français ont assisté à la cérémonie avant de visiter, aux côtés du Premier ministre, le mémorial et le musée d’Auschwitz-Birkenau. Ils ont alors pu échanger avec les survivants de la Shoah, témoins des atrocités commises en ces lieux.

La portée de cette commémoration est d’autant plus forte que la visite du Premier ministre précédait de quelques heures la participation du Président de la République et du ministre de l’Éducation Nationale à la cérémonie « Témoignage, Mémoire, Enseignement, Histoire : transmettre la Shoah aux générations futures » au sein du Conseil de l’Europe, à Strasbourg.

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La persécution française des nomades entre 1939 et 1946

La persécution française des nomades entre 1939 et 1946

Dans Les nomades face à la guerre, Lise Foisneau met à jour la violence de la politique de l’État contre les nomades via leur assignation à résidence. Une réalité effroyable jusqu’à présent méconnue.

Peu d’historiens ont étudié le sort des nomades, en France, durant la Seconde Guerre mondiale. Et les travaux menés depuis les années 1980 se sont focalisés sur un aspect de la répression : leur internement dans des camps. Éthnologue chargée de recherche au CNRS, Lise Foisneau élargit la focale : elle s’intéresse aux mesures de surveillance et de contrôle prises par l’État avant même le vote des pleins pouvoirs à Pétain, jusqu’à la situation d’après-guerre ; et surtout elle s’attache à la résistance des nomades face à l’inflation bureaucratique et répressive.

Depuis la loi du 16 juillet 1912 existaient en France des statuts différents pour trois catégories d’individus exerçant des professions ambulantes : les marchands ambulants, les forains et les nomades. Entre autres contraintes bureaucratiques, les nomades devaient posséder un carnet anthropométrique individuel et faire systématiquement viser leurs arrivées et départs dans les communes. Ainsi, la discrimination des nomades n’est pas un phénomène nouveau lorsque la guerre commence.

Cependant, le 6 avril 1940, un décret vient bouleverser le mode de vie des nomades en interdisant leur circulation et en les assignant à résidence. L’État prétexte que leurs déplacements incessants leur permettraient de recueillir de nombreux et importants renseignements – « pour la Défense nationale un danger très sérieux » ! Quand elles ne sont pas internées dans des camps, les familles se trouvent ainsi rattachées au territoire d’une commune ou d’un canton, sous la surveillance de la brigade de gendarmerie locale, soumises au couvre-feu, dans l’impossibilité de pratiquer leurs métiers ambulants. Il s’ensuit des conditions sociales et sanitaires dramatiques.

Pour Lise Foisneau, on est là au cœur d’un processus de « déshumanisation », puisque l’État contraint, sous peine de lourdes sanctions, une population à renoncer à sa manière d’être au monde. De plus, mettant en œuvre en réalité une politique raciste (sous couvert des indices que seraient les modes de vie, le manque de « morale » ou encore des « caractéristiques ethniques » particulières), il n’a prévu aucun moyen. Les nomades développent seuls des stratégies de survie, dans le climat difficile de l’Occupation allemande. Aiguillonnées par la politique pétainiste, les populations voisines des lieux d’assignation sont souvent hostiles… et parfois solidaires.

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