Auteur/autrice : JNR-CPL

Le choix de la Résistance

Le choix de la Résistance

Sans délaisser l’étude — toujours essentielle — des réseaux, de l’organisation et des rapports de forces politiques, les historiens de la Résistance prêtent une attention croissante aux résonances intimes des événements de 1939-1944, qui engageront à entrer — ou non — en dissidence. Pierre Laborie, récemment disparu, avait ouvert la voie avec ses travaux sur l’opinion française sous Vichy. Un recueil d’articles posthume (1) rappelle les principaux traits de sa démarche : un questionnement subtil sur le vécu des acteurs ; un effort pour saisir la complexité des phénomènes d’opinion ; une acuité qui le rendait sensible à toute la gamme des formes du refus — de la réticence silencieuse à la résistance active — et qui l’amena à reconsidérer l’attitude de ces Français qu’un livre à succès présentait autrefois comme « quarante millions de pétainistes » (2). Chacune à sa manière, les dernières grandes synthèses historiques sur la Résistance traduisent cet intérêt pour les cheminements individuels. S’appuyant sur une impressionnante quantité de témoignages, Comment sont-ils devenus résistants ? est ainsi tissé d’une multitude de récits de vie entremêlés (3). Même préoccupation chez les auteurs de La Lutte clandestine en France : tout en proposant un cadre général solide et nettement dessiné, ils ne cessent de s’interroger sur ce qui oriente les trajectoires, sur ce qui fait la trame concrète d’un parcours résistant, « au ras de la quotidienneté » (4).

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Visite guidée en soirée Musée de la résistance et de la déportation de Picardie Tergnier

Visite guidée en soirée Musée de la résistance et de la déportation de Picardie Tergnier

Visite guidée en soirée Musée de la résistance et de la déportation de Picardie, 16 mai 2020-16 mai 2020, Tergnier.

Visite guidée en soirée le samedi 16 mai à Musée de la résistance et de la déportation de Picardie
Le musée vous propose deux visites guidées à partir de 20 h et 22h sur le thème de la seconde guerre mondiale. Depuis la création du musée de la Résistance et de la Déportation de Picardie, résultée de la volonté de Résistants de transmettre aux jeunes l’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale, des combat de la Bataille de France à l’Appel à résistance du général de Gaulle vous découvrirez tout au long de votre visite le parcours d’hommes et de femmes persécutés par le régime nazi. Entrés libre

15ème édition du festival Résistance au cinéma

15ème édition du festival Résistance au cinéma

15ème édition du festival Résistance au cinéma en Seine Saint Denis. Festival organisé en partenariat avec les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de Seine Saint Denis et le Musée d’Histoire vivante de Montreuil. Des projections et débats dans plusieurs salles du département.
Inauguration du mur des noms – le vendredi 14 février

Inauguration du mur des noms – le vendredi 14 février

L’association Trans’Mission et le Mémorial de l’Internement et de la Déportation de Compiègne ont le plaisir de vous inviter à l’inauguration du nouveau mur des noms (plus de 3000 noms) réalisé par la FMD sur la base des archives du Camp de Royallieu retrouvées à Caen.

Ce projet est financé par notre association .

L’inauguration est prévue le Vendredi 14 février 2020 à 11h30 au Mémorial de Royallieu

Sylvin Rubinstein, le danseur de flamenco qui se déguisait en femme pour tuer des nazis

Sylvin Rubinstein, le danseur de flamenco qui se déguisait en femme pour tuer des nazis

Après avoir perdu sa sœur jumelle dans le camp d’extermination de Treblinka, il n’eut de cesse de se venger. Il participa à diverses actions de sabotage, fomenta des attentats et commit plusieurs assassinats.

C’est une histoire de vengeance à la Inglourious Basterds, une histoire à rebondissements, presque trop romanesque pour être vraie. «Au début je n’ai pas cru un mot de ce que Sylvin Rubinstein me racontait, son récit me paraissait trop fantastique», se souvient le journaliste allemand Kuno Kruse, ancien reporter au magazine Stern et auteur de la biographie Dolores et Imperio. Die drei Leben des Sylvin Rubinstein, et coréalisateur du documentaire He danced Life. «Mais j’ai commencé à mener des recherches et tous les détails qu’il m’avait donnés se sont avérés», poursuit-il.

Kuno Kruse a fait la connaissance de Sylvin Rubinstein au début des années 2000 alors qu’il faisait un reportage sur les artistes de cabaret de Sankt-Pauli, le quartier rouge de Hambourg. Danseur de flamenco à la retraite, Sylvin Rubinstein s’y était fait connaître sous le nom de scène de «Dolores» et d’«Imperia Dolorita». Car c’est déguisé en femme, dans d’exubérantes robes de flamenca, qu’il se produisit plusieurs décennies durant dans les bars et les discothèques du quartier des plaisirs des marins. Ses jambes interminables, dévoilées par d’habiles pas de danse, étaient légendaires à Sankt-Pauli. Les doigts tendus vers le ciel, les yeux fermés, Sylvin Rubinstein frappait le sol avec une grâce troublante.

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« Les Enfants du 209,rue Saint Maur, Paris 10e » !

« Les Enfants du 209,rue Saint Maur, Paris 10e » !

« Les Enfants du 209,rue Saint Maur, Paris 10e » !
Sur Arte le Lundi 27 janvier à 22 h 35
Au terme d’une longue enquête, Ruth Zylberman a retrouvé les habitants d’un immeuble parisien dont l’enfance avait été saccagée sous l’Occupation. Alliant rigueur historique et créativité visuelle, un film documentaire magnifique.
Avant-guerre, avant que Vichy ne recense les juifs – étrangers et français –, avant que leurs biens ne soient spoliés, avant la rafle du Vel d’Hiv’ de juillet 1942 et les déportations vers Auschwitz, à quoi ressemblait la vie au 209, rue Saint-Maur ? Chassés d’Allemagne ou ayant fui les pogroms d’Europe centrale, un tiers des habitants de cet immeuble du 10e arrondissement est de confession juive. Chez les Diamant, ils sont huit : les parents, trois enfants nés en Pologne et trois en France. Aujourd’hui installée à Tel-Aviv, Odette est la seule survivante. Chez les Baum, des deux enfants, Marguerite et Albert, seul ce dernier a survécu. Depuis Melbourne, en Australie, Berthe Rolider évoque la pièce unique qu’elle partageait avec père et mère. Chez les Goldszstajn, si René, âgé de 19 mois au moment des rafles, peut encore témoigner, c’est à la concierge, Mme Massacré, qu’il le doit. Sa mère l’a jeté dans ses bras lors de son arrestation en 1944, raconte « Miquette », la petite-fille de la gardienne. Les Osman, eux, ont eu le temps de confier Henry, 5 ans, à une organisation clandestine juive. Après cinq familles d’accueil, il a pu fonder sa propre famille aux États-Unis. Au 209, il y avait aussi Jeanine Dinanceau, dont le père a caché Thérèse et ses parents dans une pièce de 6 mètres carrés jusqu’à la Libération. Courageux quand on a comme lui un fils dans la LVF (Légion des volontaires français). Certains s’en souviennent aussi, l’inspecteur Migeon, qui habitait là, a frappé à plusieurs portes pour prévenir de l’arrivée de ses collègues…

 

Communiste, juive, résistante, elle témoigne sur RFI

Communiste, juive, résistante, elle témoigne sur RFI

La marche du Monde www.rfi.fr, à partir d’aujourd’hui Diffusé dimanche 26 janvier à 11 h 10 sur l’antenne de RFI
Paulette Sliwka-Sarcey a plus de 95 ans et a vécu l’horreur de la déportation à Auschwitz-Birkenau, en 1943. Un témoignage saisissant sur l’univers concentrationnaire.

«Nous , nous étions un groupe, une organisation. Il y avait toujours quelqu’un pour soutenir l’autre. Pour survivre, et témoigner. » Paulette Sarcey, au micro de Valérie Nivelon, raconte ses années de résistance et de déportation. Et c’est bouleversant, tant sa voix sonne clair, tant ses souvenirs sont précis dans l’horreur, mais aussi dans la pudeur. Ses paroles sont pour RFI le moyen de célébrer le 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz.

Paulette Sarcey est née en 1924 à Paris, dans le quartier de Belleville, de parents juifs polonais persécutés pour leurs opinions communistes dans leur pays d’origine. Elle joue dans la rue, elle participe aux patronages fondés par son père et d’autres militants. Quand les nazis débarquent à Paris, elle refuse de porter l’étoile jaune. Et entre dans la clandestinité, avec un groupe de militants, dont Henri Krasucki, alors son compagnon. Ils étaient 27 membres : ils ne sont plus que 6, à son retour d’Auschwitz, en 1945. Leurs missions : balancer des tracts dans les cinémas, saboter des entreprises…

Et ce que raconte Paulette Sarcey, c’est la façon dont elle a survécu, après que son réseau a été trahi : par la solidarité avec les membres de son groupe, d’abord à Drancy, puis dans le convoi, le 23 juin 1943, qui envoie ces hommes, ces femmes et ces enfants vers l’horreur. Mais elle dit aussi la force de la solidarité quand l’espoir est réduit à néant, les sabotages dans le camp, les dons de nourriture aux plus faibles, les chaussures et la gamelle qu’on doit protéger pour survivre. Avec au cœur cette force du collectif, qui se renoue à l’intérieur du camp. Elle évoque son hébétude devant la liberté retrouvée, aussi. Et cette force de combattre, qui la porte jusqu’à aujourd’hui.

L’intégralité de l’entretien avec Paulette Sarcey ainsi que le film Cité de la Muette, qui en reprend quelques extraits, sortiront en DVD fin janvier dans une coédition Ciné-Archives et Périphérie.
Caroline Constant

Ils ont distribué des tracts, cassé des portraits du maréchal Pétain, se sont montrés solidaire avec les juifs et ont contribué à préparer le débarquement des Alliés… Malgré leur courage et leur sacrifice au nom d’une société plus humaine, l’histoire de ces jeunes Français prêts à mourir est aujourd’hui occultée. Entretien avec David André, sur son film Les lycéens, le traître et les nazis, présenté en compétition au Festival international du documentaire (Fipadoc) de Biarritz.

RFI : Vous avez sciemment intitulé votre documentaire Les lycéens, le traître et les nazis, sachant qu’on avait beaucoup entendu parler des nazis, très souvent aussi de la collaboration et des traîtres si l’on pense aux histoires des femmes tondues après la Libération, mais très peu de la résistance lycéenne. Pourquoi ce sacrifice ultime d’une centaine de jeunes est pratiquement tombé dans l’oubli ?

David André : Je ne sais pas pourquoi cette histoire de lycéens n’a pas encore été traitée jusqu’à aujourd’hui. C’est étrange, parce que c’est quand même l’histoire importante et majeure d’un grand réseau de résistance lycéenne contre les nazis sous l’Occupation à Paris. Donc, je suis un peu étonné qu’il n’y a pas eu de film avant moi. Il y a eu quelques livres écrits par des historiens du Centre de la France, puisque c’est là qu’a eu lieu la tragédie. Ces historiens m’ont dit que cette tragédie de La Ferté-Saint-Aubin s’est passée le même jour que le grand massacre commis par le régiment SS « Das Reich » à Oradour-sur-Glane [624 hommes, femmes et enfants tués, NDLR], le 10 juin 1944. C’est peut-être la raison pour laquelle on ne se souvient pas de cette histoire de lycéens résistants massacrés.

Qu’était ce Corps franc Liberté ?

Dans les réseaux de résistance, il y avait des secteurs « Intelligence » : le renseignement, l’espionnage, qui faisaient remonter beaucoup de données, notamment à Londres. Et puis, il y avait des secteurs « Action », avec des gens prêts à faire des sabotages, à se battre, à prendre les armes dans des conditions très risquées. Les corps francs étaient des unités destinées à prendre un jour des armes. Le jour où il y aurait le soulèvement général, il fallait être prêt. Et ces lycéens faisaient partie d’un de ces Corps franc Liberté. Ils étaient jeunes : 15, 16, 17 ans, mais formés à la clandestinité et à la lutte armée.

Votre film commence avec des images spectaculaires du débarquement des Alliés. Est-ce que c’était facile de trouver des images de lycéens de cette époque ?

C’était très difficile, puisque, évidemment, les lycéens de l’époque n’avaient pas d’iPhones… Il y a très peu d’images, à part de quelques images de la propagande du régime de Vichy qui collaborait avec l’Allemagne et parlait du « redressement national de la jeunesse », etc. Donc, il n’y a pas d’images. C’était toute la difficulté de ce projet. Comment raconter cette histoire extraordinaire, alors qu’il n’y a que très peu d’images. Pour cela, j’ai eu recours à un dispositif de création afin de redonner vie à l’histoire de ce réseau de lycéens résistants.

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