Internement et déportation des Tsiganes : la lente réparation d’une amnésie française
Des pavés en mémoire de Tsiganes internés par l’État français durant la Seconde Guerre mondiale vont être posés dimanche dans une commune du Bas-Rhin. À Marseille, un monument en hommage aux victimes du génocide tsigane doit également être inauguré. Depuis quelques années, les initiatives se multiplient pour que cette page sombre de l’histoire de France sorte de l’oubli.
Par : Stéphanie TROUILLARD
Des femmes et des enfants tsiganes internés dans le camp de Rivesaltes, au printemps 1942.© United States Holocaust Memorial Museum
« Avant la dernière guerre mondiale, je demeurais à Strasbourg avec toute ma famille. Nous avons dû fuir au début des hostilités, car nous étions gitans, race réputée inférieure et vouée à l’extermination. Nous nous sommes cachés dans la localité de Villiers, dans l’Indre, jusqu’au jour où le maire de cette localité nous a annoncé que nous devions être transférés dans un camp. C’était début 1941. Nous avons été chargés dans des camions sous la menace des armes et avons été transportés à Argelès, avant d’être internés dans le camp de Rivesaltes. »
BLOIS (41) – Lecture à haute voix : « Lisons la Résistance »
Samedi 14 mars à 15h00 au CRDM, Centre de la Résistance, de la déportation et de la mémoire (6 square Victor Hugo) à Blois (Loir-et-Cher) : Lecture à haute voix « Lisons la Résistance ». Gratuit, sans réservation.
Venez participer à un après-midi convivial autour de lectures réalisées par les bénévoles Lire Ensemble de l’UDAF 41, pour une découverte de récits inspirants de femmes résistantes et résilientes, ces héroïnes à travers l’histoire qui ont relevé des défis avec courage et détermination. Les textes sélectionnés mettront en lumière des parcours variés, montrant que la résistance et la résilience prennent mille visages, du plus ordinaire au plus extraordinaire. Pêle-mêle, le nom de quelques-unes connues et moins connues : Lucie Aubrac, Marie-Madeleine Fourcade, Mélinée Manouchian, Rose Valland, Madeleine Riffaud, Cécile Rol-Tanguy, Yvonne Odon, Laure Diebold, Olga Bancic…
En Corrèze, des collégiens sur le fil de l’histoire de la Résistance et de la Déportation
Dans le cadre du concours national de la Résistance et de la Déportation, une vingtaine d’élèves volontaires de troisième du collège Clemenceau, à Tulle, imaginent et réalisent trois vêtements symboliques de la Shoah avec l’artiste Franck Claudon.
Leur salle de cours, l’auditorium de la Cité de l’accordéon, à Tulle, transformé en vaste et lumineux atelier de couture. Leur sujet d’étude : « La fin de la Shoah et de l’univers concentrationnaire nazi. Survivre, témoigner, juger (1944-1948) » ; le thème, cette année, du concours national de la Résistance et de la Déportation, organisé par l’Éducation nationale.
En ce vendredi après-midi, Romane, Élise et leurs copines s’activent, aiguille en main. Avec une vingtaine d’élèves volontaires, issus des cinq classes de troisième du collège Clemenceau, à Tulle, elles cousent et brodent qui une étoile jaune, qui un portrait. Pas n’importe lequel, celui des trois figures de la Shoah – Marcelline Loridan-Ivens, Simone Veil et Ginette Kolinka -, dont elles ont fait le fil rouge de leur projet, conduit par leurs professeures d’histoire-géo Céline Amelot-Roy et d’arts plastiques Sophie Marie (*).
Trois femmes en fil rouge
Chacun, ils ont lu des témoignages, regardé des documentaires, rencontré des représentants du Mémorial de la Shoah, visité le musée Michelet à Brive et son exposition consacrée à l’œuvre d’Anna Garcin « L’art contre l’oubli », et découvert les collections de la Cité de l’accordéon et des patrimoines tullistes. Conservés dans les réserves, plusieurs tenues de déportés, et surtout, la Robe d’après-minuit, réalisée par l’artiste Franck Claudon.
Le musée de la Résistance et de la Déportation ouvert pour la Trace des maquisards
Le musée départemental sera ouvert les 7 et 8 février prochains, à l’occasion du trail historique nocturne qui doit réunir plus de 5000 participants. Les parcours empruntent ceux que prenaient les maquisards durant la Seconde Guerre mondiale.
Des reconstiteurs seront présents en différents points des parcours, comme l’an dernier devant la stèle de Colognat, à Aranc. Photo archives Jean-Louis Rossini
Il ne doit lancer sa saison qu’en mars. Mais exceptionnellement, et comme c’est le cas depuis plusieurs années maintenant, le musée de la Résistance et de la Déportation, à Nantua, sera ouvert le week-end des 7 et 8 février. Week-end au cours duquel est organisé le trail la Trace des maquisards.
Ainsi, durant les deux jours, les visiteurs pourront profiter librement des collections du musée départemental, et découvrir l’histoire des habitants de l’Ain durant la Seconde Guerre mondiale, qu’il s’agisse de la vie quotidienne sous l’Occupation, de la vie des maquis et de leur organisation, de la vie en déportation. Durant tout le week-end, il sera également possible de jouer, avec le jeu Sur la trace des maquis.
Le maquis de Saint-Lys raconté en bande-dessinée

Créée par le dessinateur Gaël Audoye sur une idée de l’Amicale du Maquis de Saint-Lys et réalisée avec le soutien du Conseil départemental, la bande dessinée « Le maquis de Saint-Lys » vient de paraître. Elle raconte l’histoire des neuf résistants et douze civils assassinés par les soldats de la division SS Das Reich le 12 juin 1944 au château de Gagen à Bonrepos-sur-Aussonnelle. Elle est mise gratuitement à disposition du public au Musée départemental de la Résistance & de la Déportation. Zoom sur un projet qui met en lumière un épisode oublié de la Seconde Guerre mondiale.
Elle avait 21 ans lorsque les nazis l’exécutèrent…

30e anniversaire des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation

Résistant, déporté des camps de la mort, passeur de mémoire, Henri Ramolet est mort
Résistant dès l’adolescence, déporté à Buchenwald, survivant et certainement dernier des déportés euréliens, Henri Ramolet, passeur de mémoire infatigable, est décédé samedi 31 janvier.
Henri Ramolet, en mai 2019, lors d’une cérémonie de remise des prix du concours national de la Résistance et de la Déportation, organisée par l’office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG). © François Feuilleux
Il aurait eu 100 ans dans trois jours. Henri Ramolet, survivant de la déportation en Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale, s’est éteint samedi 31 janvier 2026, après avoir consacré une large partie de sa vie à témoigner de l’abomination qu’il avait vécue dans les camps de la mort. Dernier survivant connu des déportés euréliens, il aura porté jusqu’à un âge très avancé une parole de vérité, marquée par la pudeur, la précision et une inlassable volonté de transmission.
Les Enfants de la Résistance : l’aventure avec Arthus à voir en famille
Les Enfants de la Résistance : l’aventure avec Artus arrive au cinéma le 11 février 2026, porté par une bande-annonce officielle mise en ligne le 16 décembre 2025 par STUDIOCANAL France. Le film, réalisé par Christophe Barratier, s’annonce comme une aventure historique pensée pour rassembler plusieurs générations autour d’un même récit.
Adapté de la bande dessinée Les Enfants de la résistance de Vincent Dugomier et Benoît Ers (éditée par Le Lombard), le long-métrage s’appuie sur un matériau déjà massivement populaire, avec plus de 2,5 millions d’exemplaires vendus en France. Et pour un film familial, ce point pèse lourd : on n’est pas face à une idée vague, mais à un univers déjà installé, avec ses codes, ses personnages et sa tonalité.
Pour la diffusion en salles, la mécanique est claire : STUDIOCANAL assure la distribution en France, et Pathé référence déjà des séances à partir du 11 février 2026 dans 77 cinémas.