Internement et déportation des Tsiganes : la lente réparation d’une amnésie française
Des pavés en mémoire de Tsiganes internés par l’État français durant la Seconde Guerre mondiale vont être posés dimanche dans une commune du Bas-Rhin. À Marseille, un monument en hommage aux victimes du génocide tsigane doit également être inauguré. Depuis quelques années, les initiatives se multiplient pour que cette page sombre de l’histoire de France sorte de l’oubli.
Par : Stéphanie TROUILLARD
Des femmes et des enfants tsiganes internés dans le camp de Rivesaltes, au printemps 1942.© United States Holocaust Memorial Museum
« Avant la dernière guerre mondiale, je demeurais à Strasbourg avec toute ma famille. Nous avons dû fuir au début des hostilités, car nous étions gitans, race réputée inférieure et vouée à l’extermination. Nous nous sommes cachés dans la localité de Villiers, dans l’Indre, jusqu’au jour où le maire de cette localité nous a annoncé que nous devions être transférés dans un camp. C’était début 1941. Nous avons été chargés dans des camions sous la menace des armes et avons été transportés à Argelès, avant d’être internés dans le camp de Rivesaltes. »