Category: Actualité de la Déportation

Message de la Journée nationale du Souvenir des Victimes et des Héros de la Déportation – Dimanche 26 avril 2020

Message de la Journée nationale du Souvenir des Victimes et des Héros de la Déportation – Dimanche 26 avril 2020

Message de la Journée nationale du Souvenir des Victimes et des Héros de la Déportation – Dimanche 26 avril 2020

Il y a soixante quinze ans, au printemps 1945, plus de 700 000 hommes, femmes et enfants étaient regroupés dans ce qui restait de l’univers concentrationnaire et génocidaire nazi à l’agonie.
La moitié d’entre eux devait encore périr, notamment dans les marches de la mort, avant que les armées alliées, dans leur progression, n’ouvrent enfin les portes des camps sur une insoutenable vision d’horreur.
Les survivants de ce drame du genre humain, par leur esprit de résistance, leur volonté et leur profond attachement à préserver leur dignité, ont surmonté des conditions inhumaines malgré la présence et la menace permanentes de la mort.
Le 1er octobre 1946 s’achevait le procès de Nuremberg qui fondait la notion de « crime contre l’humanité » et posait les bases du droit pénal international.
De tout cela, rien ne doit être oublié…
Et pourtant, si les déportés ont su montrer dans les pires circonstances que la résistance face au crime demeurait toujours possible, leur persévérance à témoigner partout et auprès de tous ne suffit pas à faire disparaître la haine, le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme et le rejet des différences.
Combattre sans relâche les idéologies qui affaiblissent notre modèle républicain et prônent le retour à l’obscurantisme et au fanatisme,
Promouvoir la tolérance,
Investir dans l’éducation morale et civique des jeunes générations.
C’est le message des déportés, qui veulent faire de la journée nationale du Souvenir des Victimes et des Héros de la Déportation, une journée d’hommage, de recueillement, et plus encore, d’engagement personnel.
La période dramatique de la déportation rappelle en effet cruellement que les êtres humains sont responsables de l’avenir qu’ils préparent à leurs enfants, et qu’ils partagent une même communauté de destin.
Ce message a été rédigé conjointement par :
La Fédération Nationale des Déportés, internés, Résistants et Patriotes (FNDIRP)
La Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD) et les Associations de mémoire des camps nazis,
L’Union Nationale des Associations de Déportés, Internés, de la Résistance et Familles (UNADIF-FNDIR)

Le lieutenant Vassili Porik aurait fêté aujourd’hui son 100e anniversaire mais en 1944, à l’âge de 22 ans, cet officier soviétique qui commandait un bataillon de résistants en France a été fusillé par les nazis.

Vassili Porik est le seul officier soviétique à avoir reçu le titre de Héros de l’Union soviétique pour avoir participé aux activités militaires en France pendant la Seconde Guerre mondiale, raconte à Sputnik Sergueï Dybov, directeur de l’association Mémoire russe.

Le bataillon de résistance soviétique sous le commandement du lieutenant de l’Armée rouge Vassili Porik, qui s’était enfui d’un camp allemand, a agi pendant la guerre dans la banlieue de la ville de Lens. Cette unité a mené 300 opérations réussies et a fait dérailler 10 trains. Le 25 avril 1944, le jeune lieutenant a été capturé et fusillé.

«Porik est le seul officier soviétique à avoir reçu le titre de Héros de l’Union soviétique pour des activités militaires sur le territoire français. Il est également l’un des rares héros de la Résistance à avoir reçu des récompenses à l’époque soviétique. Par miracle, il est parvenu à surmonter le voile de méfiance qui entourait les prisonniers de guerre. Cela signifie que sa biographie, sa vie et ses exploits étaient irréprochables. Aujourd’hui, il aurait eu 100 ans», partage Sergueï Dybov.

Le directeur scientifique de la Société militaire historique russe, Mikhaïl Miagkov, pense que le destin de Vassili Porik est devenu le symbole du courage et de l’invincibilité des officiers soviétiques.

Survivre et se battre

Ilia Vassiliev, directeur de la fondation dédiée à la mémoire d’Alexandre Petcherski, affirme aussi que Vassili Porik etait un symbole marquant de la Résistance.

«C’est un exemple important pour l’histoire, notamment aujourd’hui qu’il ne reste pratiquement plus de témoins en vie. Son exemple montre clairement comment les prisonniers de guerre détenus dans des conditions insupportables se battaient contre le système nazi brutal et, qui plus est, gagnaient», remarque-t-il.

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Visites guidées Exposition ‘Laure Diebold, Marie Hackin, Héroïnes oubliées’, 23 février 2020-23 février 2020, Schirmeck,.

Visites guidées Exposition ‘Laure Diebold, Marie Hackin, Héroïnes oubliées’, 23 février 2020-23 février 2020, Schirmeck,.

Visites guidées Exposition ‘Laure Diebold, Marie Hackin, Héroïnes oubliées’ 2020-02-23 – 2020-02-23
Schirmeck Bas-Rhin Schirmeck

Le Mémorial Alsace-Moselle organise des visites guidées GRATUITES plusieurs dimanches par mois pour l’exposition « Laure Diebold, Marie Hackin, Héroïnes oubliées ». Elles se déroulent à 15h00 pour 25 personnes maximum (sur inscription : mel.alvesrolo@gmail.com ).

L’exposition :
1038 compagnons de la Libération. 6 femmes. Une Mosellane, une Alsacienne. Mais qui connaît les noms de ces deux résistantes hors du commun ?
Laure Diebold, l’alsacienne, Marie Hackin, la mosellane, toutes deux distinguées de la plus haute médaille de la Résistance française : la Croix de la Libération. Ces deux femmes ont connu un destin incroyable, et pourtant sont rapidement tombées dans l’oubli. Pour les faire revivre et entretenir leur mémoire, le Mémorial Alsace-Moselle a organisé cette exposition.

+33 3 88 47 45 50

Autriche : les survivants du camp de Gusen se battent pour en faire un lieu de mémoire

Autriche : les survivants du camp de Gusen se battent pour en faire un lieu de mémoire

Durant la Seconde Guerre mondiale, Gusen fut le camp d’extermination le plus meurtrier et le plus vaste d’Autriche. Pourtant, les familles de déportés et les survivants se battent seuls pour que les vestiges ne disparaissent pas.

Gusen, en Autriche. Entre 1940 et 1945, plus de 35 800 déportés ont trouvé la mort dans ce camp d’extermination par le travail. Républicains espagnols, résistants français, polonais, au total, 27 nationalités y ont été exploitées, torturées, tuées. Pourtant, Gusen, le camp le plus meurtrier et le plus vaste d’Autriche, tombe peu à peu dans l’oubli. Un lotissement a même été construit sur l’emplacement du camp. Des maisons luxueuses, avec piscine, se sont installées à côté des vestiges.

“Nous devons aux survivants d’avoir un mémorial”

Sans l’initiative des familles de déportés et des survivants, tout aurait disparu. “Grâce à des dons, les survivants ont acheté dans les années 1960 le terrain où se trouvait le crématorium, et ils ont construit un mémorial, mais il n’est pas connu et il est tout petit. Nous devons aux survivants d’avoir un mémorial”, explique Bernhard Mühleder, historien spécialiste de Gusen. Ce modeste centre d’accueil ne suffit pas cependant à apaiser la douleur des Polonais. Sur les 71 000 détenus, 90% venaient de Pologne. Varsovie fait pression depuis des années pour que le site devienne un véritable lieu de mémoire. En janvier, Vienne a enfin annoncé le déblocage de 2 millions d’euros.

 

Des Polonais de France aux Français d’origine polonaise

Des Polonais de France aux Français d’origine polonaise

  • Date de publication • 04 février 2020
  • Temps de lecture estimé • 15 minutes

Une analyse des mécanismes d’intégration d’une population immigrée en France, loin des clichés et des simplifications entachant souvent le débat public.

Alors que le modèle de l’intégration « à la française » est sérieusement questionné depuis plusieurs années maintenant, il peut être salutaire de se tourner vers les sciences humaines et sociales pour y trouver les outils propres à la réflexion. C’est là l’un des mérites du livre que vient de publier Pawel Sekowski traitant des Polonais en France au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Chercheur polonais, docteur des universités de la Sorbonne et Jagellon (Cracovie), enseignant-chercheur au sein de cette seconde institution, l’auteur entreprend de questionner les ressorts, les modalités et les temporalités de l’intégration des Polonais au sein de la société française en 1944-1949. Pour ce faire, il s’appuie sur un riche corpus de sources essentiellement françaises et polonaises mais également britanniques.

 

Les Polonais en France en 1945-1949 : portrait de groupe

Le premier résultat de ces recherches est un portrait de groupe extrêmement détaillé des Polonais vivant en France en 1944-1949 illustrant la diversité de leurs profils sociaux et professionnels, de l’origine de leur présence en France et de leurs rapports au pays d’accueil, au-delà du cliché réducteur du mineur polonais. La plupart des Polonais présents en 1945 sur le sol national étaient des travailleurs d’origine paysanne ayant migré volontairement pendant l’entre-deux-guerres, parfois après avoir résidé et travaillé en Westphalie et en Rhénanie, pour trouver un emploi dans le bassin houiller, l’industrie ou l’agriculture. Cependant, d’autres, issus des couches sociales plus élevées – notamment officiers et fonctionnaires – avaient fui leur pays envahi en septembre 1939. Par ailleurs, l’occupant nazi avait déporté des dizaines de milliers de travailleurs forcés dans la « zone réservée » du nord-est de la France en 1943-1944. D’autres enfin, dont l’arrivée était plus tardive, avaient quitté la Pologne après la mise en place de la tutelle soviétique.

Sur un plan géographique, cette population polonaise présentait une répartition particulière. Certes, les deux départements du Nord et du Pas-de-Calais accueillaient des effectifs élevés, mais la région parisienne et ses marges septentrionales concentraient également une population polonaise importante, de même que les départements de la Moselle, de la Meurthe-et-Moselle et de la Saône-et-Loire. Cette géographie correspondait à des temporalités et à des motivations différenciées : à la présence des mineurs polonais dans le bassin minier, de Béthune à Valenciennes, s’opposait la concentration de nombreux juifs polonais à Paris, la capitale étant également, avec l’agglomération formée par Lille, Roubaix et Tourcoing, un lieu d’accueil privilégiés des « nouveaux immigrés polonais » arrivés pendant ou peu après la Seconde Guerre mondiale, travaillant essentiellement dans le secteur industriel. Enfin, les départements ligériens et du sud de la France accueillaient des effectifs beaucoup plus restreints de travailleurs polonais, essentiellement des ouvriers agricoles.

Si l’isolement des Polonais au sein de la société française avant 1945 a longtemps été exagéré, la cohésion culturelle de la population polonaise en France demeura jusqu’en 1945 très forte. Dans l’entre-deux-guerres, tandis que les femmes entretenaient la tradition polonaise au sein de la famille, les enfants de mineurs polonais recevaient un enseignement spécifique dans la langue de leur patrie d’origine, dans le cadre favorable des écoles privées financées par les compagnies houillères. De nombreux prêtres polonais officiaient au sein des communautés polonaises où ils exerçaient une autorité que d’aucuns qualifiaient d’ « autocratique ». Un tissu associatif dense et diversifié contribuait également à faire vivre la « polonité » au sein des communautés polonaises immigrées. Toutefois, la Seconde Guerre mondiale et ses suites immédiates ébranlèrent ces structures, tout comme la cohésion des Polonais de France.

L’engagement des Polonais de France dans la Résistance et les combats de la Libération fut particulièrement fort, ce qui s’explique sans doute par le sentiment de lutter contre un occupant doublement oppresseur – de la patrie d’accueil et de la patrie d’origine. Toutefois, la Résistance polonaise en France se divisa dès l’été 1944 entre allégeance maintenue au gouvernement polonais en exil à Londres et reconnaissance de l’autorité du Comité polonais de libération national, embryon du futur gouvernement polonais installé par les Soviétiques. Cette division politique des Polonais de France, qui s’accentua nettement à partir de 1947, concourut, avec la désaffection des jeunes de la deuxième génération, à plonger la vie associative polonaise dans une véritable crise après 1945. Par ailleurs, l’épiscopat français restreignit fortement les prérogatives des prêtres polonais, réduisant d’autant leur influence sur leurs ouailles, tandis que la nationalisation des houillères entraînait la fermeture de nombreux cours en langue polonaise.

La présence polonaise en France à l’épreuve de la « réémigration »

Si cette dissolution des structures de la société polonaise de France favorisa l’intégration des Polonais, le principal révélateur de cette intégration fut exogène. Sitôt la Pologne libérée, le gouvernement polonais de Varsovie, reconnu par Paris dès juin 1945, déploya une politique destinée à rapatrier les travailleurs polonais émigrés, notamment en France. Pour Varsovie, un retour massif des émigrés représentait à la fois un symbole fort d’adhésion de l’ensemble de la communauté nationale polonaise au nouveau régime et un surcroît de main d’œuvre au service de la reconstruction nationale, notamment dans les mines. Les associations et les journaux polonais en France favorables à Varsovie présentèrent la nouvelle Pologne comme une « bonne mère » pour ses fils et filles dispersés, par opposition à la Pologne d’autrefois, « mauvaise belle-mère ». Pour ces émigrés dont le retour au pays représentait depuis leur arrivée en France l’horizon mental, l’heure du choix était venue.

Si les résultats atteints en 1946 furent satisfaisants pour Varsovie – « réémigration » de 20 000 Polonais, dont 5 000 mineurs –, ils furent en 1947 et en 1948 très en-deçà des attentes. Pawel Sekowski rappelle l’importance de l’adoption en octobre 1945 d’un nouveau code de la nationalité permettant aux immigrés de longue date d’accéder plus facilement à la nationalité et, en conséquence, aux assurances maladie et vieillesse et aux allocations familiales. Par ailleurs, dès juin 1945, le gouvernement prit la décision de favoriser le maintien en France des mineurs polonais. Ainsi s’explique le contingent très limité de travailleurs polonais fixés dans les conventions franco-polonaises de rapatriement passées en 1946-1948, puis la multiplication des obstacles posés par l’administration française à ces rapatriements en 1948 et, finalement, le refus pur et simple de Paris de passer une nouvelle convention pour l’année 1949.

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15ème édition du festival Résistance au cinéma

15ème édition du festival Résistance au cinéma

15ème édition du festival Résistance au cinéma en Seine Saint Denis. Festival organisé en partenariat avec les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de Seine Saint Denis et le Musée d’Histoire vivante de Montreuil. Des projections et débats dans plusieurs salles du département.
Inauguration du mur des noms – le vendredi 14 février

Inauguration du mur des noms – le vendredi 14 février

L’association Trans’Mission et le Mémorial de l’Internement et de la Déportation de Compiègne ont le plaisir de vous inviter à l’inauguration du nouveau mur des noms (plus de 3000 noms) réalisé par la FMD sur la base des archives du Camp de Royallieu retrouvées à Caen.

Ce projet est financé par notre association .

L’inauguration est prévue le Vendredi 14 février 2020 à 11h30 au Mémorial de Royallieu

Sylvin Rubinstein, le danseur de flamenco qui se déguisait en femme pour tuer des nazis

Sylvin Rubinstein, le danseur de flamenco qui se déguisait en femme pour tuer des nazis

Après avoir perdu sa sœur jumelle dans le camp d’extermination de Treblinka, il n’eut de cesse de se venger. Il participa à diverses actions de sabotage, fomenta des attentats et commit plusieurs assassinats.

C’est une histoire de vengeance à la Inglourious Basterds, une histoire à rebondissements, presque trop romanesque pour être vraie. «Au début je n’ai pas cru un mot de ce que Sylvin Rubinstein me racontait, son récit me paraissait trop fantastique», se souvient le journaliste allemand Kuno Kruse, ancien reporter au magazine Stern et auteur de la biographie Dolores et Imperio. Die drei Leben des Sylvin Rubinstein, et coréalisateur du documentaire He danced Life. «Mais j’ai commencé à mener des recherches et tous les détails qu’il m’avait donnés se sont avérés», poursuit-il.

Kuno Kruse a fait la connaissance de Sylvin Rubinstein au début des années 2000 alors qu’il faisait un reportage sur les artistes de cabaret de Sankt-Pauli, le quartier rouge de Hambourg. Danseur de flamenco à la retraite, Sylvin Rubinstein s’y était fait connaître sous le nom de scène de «Dolores» et d’«Imperia Dolorita». Car c’est déguisé en femme, dans d’exubérantes robes de flamenca, qu’il se produisit plusieurs décennies durant dans les bars et les discothèques du quartier des plaisirs des marins. Ses jambes interminables, dévoilées par d’habiles pas de danse, étaient légendaires à Sankt-Pauli. Les doigts tendus vers le ciel, les yeux fermés, Sylvin Rubinstein frappait le sol avec une grâce troublante.

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“Les Enfants du 209,rue Saint Maur, Paris 10e” !

“Les Enfants du 209,rue Saint Maur, Paris 10e” !

“Les Enfants du 209,rue Saint Maur, Paris 10e” !
Sur Arte le Lundi 27 janvier à 22 h 35
Au terme d’une longue enquête, Ruth Zylberman a retrouvé les habitants d’un immeuble parisien dont l’enfance avait été saccagée sous l’Occupation. Alliant rigueur historique et créativité visuelle, un film documentaire magnifique.
Avant-guerre, avant que Vichy ne recense les juifs – étrangers et français –, avant que leurs biens ne soient spoliés, avant la rafle du Vel d’Hiv’ de juillet 1942 et les déportations vers Auschwitz, à quoi ressemblait la vie au 209, rue Saint-Maur ? Chassés d’Allemagne ou ayant fui les pogroms d’Europe centrale, un tiers des habitants de cet immeuble du 10e arrondissement est de confession juive. Chez les Diamant, ils sont huit : les parents, trois enfants nés en Pologne et trois en France. Aujourd’hui installée à Tel-Aviv, Odette est la seule survivante. Chez les Baum, des deux enfants, Marguerite et Albert, seul ce dernier a survécu. Depuis Melbourne, en Australie, Berthe Rolider évoque la pièce unique qu’elle partageait avec père et mère. Chez les Goldszstajn, si René, âgé de 19 mois au moment des rafles, peut encore témoigner, c’est à la concierge, Mme Massacré, qu’il le doit. Sa mère l’a jeté dans ses bras lors de son arrestation en 1944, raconte “Miquette”, la petite-fille de la gardienne. Les Osman, eux, ont eu le temps de confier Henry, 5 ans, à une organisation clandestine juive. Après cinq familles d’accueil, il a pu fonder sa propre famille aux États-Unis. Au 209, il y avait aussi Jeanine Dinanceau, dont le père a caché Thérèse et ses parents dans une pièce de 6 mètres carrés jusqu’à la Libération. Courageux quand on a comme lui un fils dans la LVF (Légion des volontaires français). Certains s’en souviennent aussi, l’inspecteur Migeon, qui habitait là, a frappé à plusieurs portes pour prévenir de l’arrivée de ses collègues…

 

Communiste, juive, résistante, elle témoigne sur RFI

Communiste, juive, résistante, elle témoigne sur RFI

La marche du Monde www.rfi.fr, à partir d’aujourd’hui Diffusé dimanche 26 janvier à 11 h 10 sur l’antenne de RFI
Paulette Sliwka-Sarcey a plus de 95 ans et a vécu l’horreur de la déportation à Auschwitz-Birkenau, en 1943. Un témoignage saisissant sur l’univers concentrationnaire.

«Nous , nous étions un groupe, une organisation. Il y avait toujours quelqu’un pour soutenir l’autre. Pour survivre, et témoigner. » Paulette Sarcey, au micro de Valérie Nivelon, raconte ses années de résistance et de déportation. Et c’est bouleversant, tant sa voix sonne clair, tant ses souvenirs sont précis dans l’horreur, mais aussi dans la pudeur. Ses paroles sont pour RFI le moyen de célébrer le 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz.

Paulette Sarcey est née en 1924 à Paris, dans le quartier de Belleville, de parents juifs polonais persécutés pour leurs opinions communistes dans leur pays d’origine. Elle joue dans la rue, elle participe aux patronages fondés par son père et d’autres militants. Quand les nazis débarquent à Paris, elle refuse de porter l’étoile jaune. Et entre dans la clandestinité, avec un groupe de militants, dont Henri Krasucki, alors son compagnon. Ils étaient 27 membres : ils ne sont plus que 6, à son retour d’Auschwitz, en 1945. Leurs missions : balancer des tracts dans les cinémas, saboter des entreprises…

Et ce que raconte Paulette Sarcey, c’est la façon dont elle a survécu, après que son réseau a été trahi : par la solidarité avec les membres de son groupe, d’abord à Drancy, puis dans le convoi, le 23 juin 1943, qui envoie ces hommes, ces femmes et ces enfants vers l’horreur. Mais elle dit aussi la force de la solidarité quand l’espoir est réduit à néant, les sabotages dans le camp, les dons de nourriture aux plus faibles, les chaussures et la gamelle qu’on doit protéger pour survivre. Avec au cœur cette force du collectif, qui se renoue à l’intérieur du camp. Elle évoque son hébétude devant la liberté retrouvée, aussi. Et cette force de combattre, qui la porte jusqu’à aujourd’hui.

L’intégralité de l’entretien avec Paulette Sarcey ainsi que le film Cité de la Muette, qui en reprend quelques extraits, sortiront en DVD fin janvier dans une coédition Ciné-Archives et Périphérie.
Caroline Constant