Catégorie : Actualité de la Déportation

Deux livres exceptionnels publiés cet automne

Deux livres exceptionnels publiés cet automne

Deux livres exceptionnels publiés cet automne (et lus en cette fin de vacances) : « Et les juifs bulgares furent sauvés… » de Nadège Ragaru ; « Un pays de barbelés » de Vladimir Pozner.
Le premier propose une « histoire des savoirs sur la Shoah en Bulgarie », des procès contre les auteurs présumés de crimes antijuifs initiés dès septembre 1944 jusqu’aux récents contentieux mémoriels entre la Bulgarie et la Macédoine autour des quelque 7000 victimes de la Shoah en Macédoine. Documentation vertigineuse (l’auteure maîtrise à la perfection une demi-douzaine de langues), finesse d’analyse, virtuosité d’écriture, Nadège Ragaru a écrit un grand livre, riche en réflexions multiples dépassant le cas bulgare – et éclairant, en creux, sur nombre de points (l’épuration, la polarisation sur le sauvetage des juifs nationaux, etc.), le cas français.
Magnifique objet, comme toujours chez Claire Paulhan Editions, « Un pays de barbelés. Dans les camps de réfugiés espagnols en France, 1939 » est une œuvre posthume de l’écrivain Vladimir Pozner (1905-1992), conçue par un afficionado docteur en littérature française, Alexis Buffet, à partir des archives Pozner. Le résultat est fabuleux. On y trouve une série de photographies bouleversantes de la « Retirada » commentées par Pozner, des lettres écrites par le militant-écrivain alors qu’il occupait, de Perpignan, les fonctions de délégué du Comité d’accueil aux intellectuels espagnols, et surtout son carnet de notes de l’époque (mars-mai 1939) et ses reportages les plus puissants sur le drame des réfugiés espagnols. Un document de tout premier ordre, formidablement vivant.
Seconde Guerre mondiale : Le camp de Souge, lieu méconnu où les nazis ont fusillé des résistants par dizaines

Seconde Guerre mondiale : Le camp de Souge, lieu méconnu où les nazis ont fusillé des résistants par dizaines

GIRONDE Une cérémonie en hommage aux 256 fusillés du camp de Souge, entre 1940 et 1944, est organisée ce dimanche

  • Le 24 octobre 1941, 50 otages étaient fusillés au camp de Souge à Martignas-sur-Jalle (Gironde) en représailles à l’attaque perpétrée contre un officier allemand.
  • En tout, 256 résistants provenant d’une zone allant de Poitiers à Bayonne, ont été fusillés par les Allemands dans ce camp.
  • L’Association du souvenir des fusillés de Souge continue son travail de mémoire, ainsi que ses recherches pour identifier tous les hommes qui ont trouvé la mort dans le camp militaire.

Comme chaque année aux alentours du 24 octobre, les noms des 256 fusillés du camp de Souge à Martignas-sur-Jalle ( Gironde) seront égrenés ce dimanche, à l’occasion de la traditionnelle cérémonie en leur hommage. Mais cette année sera particulière, puisqu’on célèbre les 80 ans des premières fusillades massives au camp de Souge.

« Souge est un camp militaire, qui a été occupé par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale, rappelle le président de l’association du Souvenir des fusillés de Souge, Jean Lavie. Ici, ils ont fusillé 256 résistants patriotes entre 1940 et 1944, provenant d’une zone allant de Poitiers à Bayonne. On retrouve des gens qui venaient de Dordogne, de Charente-Maritime, des Pyrénées-Atlantiques, des maquis des Landes et du Médoc. Le camp de Souge est ainsi après le Mont-Valérien le deuxième lieu de fusillade en France. »

LIRE LA SUITE

80 ans après, la mémoire des fusillés de la Sablière ne s’efface pas à Châteaubriant

80 ans après, la mémoire des fusillés de la Sablière ne s’efface pas à Châteaubriant

Ce dimanche 17 octobre 2021, des milliers de personnes se sont rassemblées dans la carrière de la Sablière, à Châteaubriant (Loire-Atlantique), 80 ans après l’exécution des 27 otages par les Nazis. Un moment émouvant.

Les années ont passé mais les souvenirs sont restés. Dans la carrière de la Sablière, là où 27 otages du camp de Choisel, à Châteaubriant (Loire-Atlantique), ont été exécutés par les militaires allemands, 6 000 personnes se sont réunies, ce dimanche 17 octobre 2021, pour leur rendre hommage.

D’une manière très solennelle, le cortège a quitté, en début d’après-midi, le rond-point Fernand-Grenier, pour rejoindre le site historique des fusillades du 22 octobre 1941, au rythme des porte-drapeaux venus nombreux.

LIRE LA SUITE

Transmettre, garder trace…

Transmettre, garder trace…

Transmettre, garder trace…
évidemment à sa manière, comme chacun peut le faire.
Le photographe Michael Kenna ne pouvait que photographier avec une esthétique qui lui est propre.
Comment photographier ces lieux d’horreur, comment transmettre en les présentant autrement ? Cette légitimité à aborder ainsi cette mémoire, Michael Kenna y a répondu en invitant les gens à regarder, à réagir, à entrer dans un sujet, même en critiquant le média choisi, pour finalement s’impliquer et se souvenir.
C’est pour cela que Michael Kenna a décidé que ce travail photographique ne serait jamais commercialisé ni diffusé en agence. Désirant transmettre au plus grand nombre, grâce à cette collection impressionnante, le souvenir de ce que nous devons transformer en mémoire, il a fait don à la France en 2000 de 301 négatifs et tirages, que la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine possède aujourd’hui.
Le Musée de la Résistance nationale conserve 6 385 négatifs, 6 472 contacts, 1 644 tirages de travail ainsi que 261 épreuves d’artiste reçus en donation également entre 2011 et 2021.
Dans le cadre de l’exposition Michael Kenna : la lumière de l’ombre, photographies des camps nazis, le Musée de la Résistance nationale expose 82 tirages argentiques, de petit et de grand format, réalisés par l’artiste lui même et, en écho, des objets issus de la collection du MRN créés par les déportés dans les camps de concentration nazis, ainsi que des témoignages.
Dossier Presse
Le village de Pechbonnieu rend hommage à Blanche et Lucien Robène, « Justes parmi les nations »

Le village de Pechbonnieu rend hommage à Blanche et Lucien Robène, « Justes parmi les nations »

Pendant l’occupation, Blanche et Lucien Robène ont hébergé dans leur maison de Pechbonnieu au nord-est de Toulouse des personnes recherchées, réfractaires au STO, communistes, juifs, résistants. Une plaque commémorative est dévoilée pour saluer leur acte de courage désintéressé.

ls n’avaient écouté que leur courage, entre 1940 et 1944, Blanche et Lucien Robène , une famille de Pechbonnieu  a accueilli, caché, logé et nourri, dans leur maison des résistants, des réfractaires du STO, des prisonniers de guerre évadés, des familles juives, jusqu’à des déserteurs allemands refusant l’uniforme nazi. Le département de Haute-Garonne dévoile ce vendredi 1er octobre 2021 une plaque commémorative devant la mairie de la commune pour saluer le geste désintéressé de ce couple qui a su aider les persécutés, avec la complicité de tout un village.

Des héros ordinaires

Blanche Lavalade et Lucien Robène se marient à Bordeaux en 1928 . Ils auront deux filles nées à Toulouse, Lucette et Marguerite.  Ils s’installent à Pechbonnieu, à une dizaine de kilomètres des usines Latécoère, où Lucien est ouvrier chaudronnier .

LIRE LA SUITE

Un appel à la collecte d’objets de la Seconde guerre mondiale

Un appel à la collecte d’objets de la Seconde guerre mondiale

Thomas Fontaine est venu à Châteauroux accompagné de Xavier Aumage, archiviste au Musée national de la Résistance de Champigny (Val-de-Marne). Installé au bout de la grande table, dans l’appartement du siège castelroussin de l’Anacr, il explore avec minutie les objets collectés par l’association : « C’est un véritable travail d’enquête que nous effectuons pour tenter de relier un objet à son histoire, souligne-t-il, en époussetant délicatement, avec une brosse, un appareil morse bricolé avec une pince en bois. On peut commencer par retrouver celui qui a remis l’objet et ainsi remonter le fil. Parfois, il faut faire attention aux contrefaçons qui étaient beaucoup vendues dans les années 1960, 1970… »
Les objets collectés seront ainsi expertisés par les scientifiques du musée de Champigny, avant de rejoindre le musée de Châteauroux, dont l’ouverture est espérée d’ici trois ans. « Nous comptons vraiment sur cette collecte et nous lançons donc un appel aux maires de l’Indre, mais surtout aux familles de résistants ou de déportés, aux collectionneurs et à toute personne susceptible de détenir des traces », insiste Michel Fouassier, secrétaire de l’ACRDI.
Car le temps passe : les derniers témoins de la guerre disparaissent, « Et il serait dommage qu’au moment où l’Indre s’apprête à présenter au public l’histoire de la Seconde Guerre mondiale telle qu’elle s’est déroulée dans le département, des documents ou objets précieux restent ignorés et fnissent par disparaitre », s’alarme Michel Fouassier, qui tient à rassurer les futurs donateurs : « Les dons seront fait dans les conditions régies par les monuments nationaux. En attendant l’ouverture du centre, ils seront conservés sous la responsabilité des Archives municipales de Châteauroux. »
Pour faire un don, prendre contact avec l’ACRDI, tél. 02.54.08.33.08. Email : contact@resistance-indre.fr 

« Contre vents et marées » : les jeunes résistants nordistes se racontent au cinéma

« Contre vents et marées » : les jeunes résistants nordistes se racontent au cinéma

Quatre résistants nordistes expliquent à un réalisateur lillois, et à de jeunes lycéens, ce qui a forgé leur conscience et leur engagement précoce pendant la Seconde Guerre mondiale. Un documentaire sobre et essentiel.

 

Les plus attentifs ou les plus impatients savaient que Contre vents et marées devait sortir sur les écrans le mercredi 22 septembre. Ce fut le cas, mais dans les salles parisiennes dans un premier temps. Ce film documentaire mettra quelques jours de plus pour parvenir jusque dans le nord de la France… où il devrait trouver un écho démultiplié. Il est en effet question de quatre résistants de la Seconde Guerre mondiale, qui ont résidé dans la région, et qui racontent leur engagement.

D’abord devant le réalisateur du film, Jean-Philippe Jacquemin, un Lillois très tôt habité par l’imaginaire de la Résistance grâce aux récits qu’en faisait sa grand-mère.

LIRE LA SUITE

hâtellerault : inlassable témoin de l’horreur des camps, Renée Moreau s’éteint à 102 ans
Grande figure châtelleraudaise de la Résistance, Renée Moreau s’est éteinte ce vendredi 24  septembre 2021 à l’âge de 102 ans. La disparition d’un des derniers témoins de l’horreur des camps.

Inlassable témoin de l’horreur des camps, Rénée Moreau, grande figure châtelleraudaise de la Résistance, s’est éteinte ce vendredi 24  septembre 2021 à la résidence retraite de Senillé, où elle vivait depuis quelques années. Elle venait de fêter ses 102 ans.
Renée Moreau est née en 1919 dans une famille modeste à Buxeuil. Titulaire d’un certicat d’études, elle a travaillé comme employée de maison, puis comme vendeuse à Paris, avant d’entrer à la Manufacture d’armes de Châtellerault.

En 1940, elle est entrée dans la Résistance. Très active, elle a organisé avec d’autres une grande manifestation du personnel de la Manu le 26 novembre 1942 pour protester contre l’envoi de travailleurs en Allemagne. Dénoncée par un collègue, elle a été arrêtée en février 1943 avec quatorze autres résistants de la Manu.

Deux ans en enfer

Tout d’abord incarcérée à la prison de la Pierre-Levée à Poitiers, où elle a été battue au cours de nombreux interrogatoires, elle a été conduite en mars 1943 au fort de Romainville puis à Compiègne et, enfin, déportée au camp de Ravensbrück avec le «convoi des 19.000», où elle a découvert l’insoutenable réalité des camps. Transférée début 44 à Neubrandeburg puis à l’usine souterraine de la Valbau, elle s’est évadée au printemps 1945 à la faveur de l’arrivée de l’Armée rouge. Elle est revenue à Châtellerault en juin de la même année, pesant moins de quarante kilos.

LIRE LA SUITE