Bloncourt et les siens



La mémoire de Jules Fuzellier semble sonner de plus en plus creux à Joigny-sur-Meuse, au sein du village qui l’a vu naître au début du siècle dernier. Il en fut pourtant le maire, de 1935 à 1939, avant d’être destitué par les Allemands, puis fusillé en 1942 à titre d’exemple après avoir intégré la Résistance française.
« Mais aujourd’hui, persifle René-Pierre Colinet, historien local et Jovignien, il n’est plus que le gars qui a son portrait affiché sur le perron de la mairie… »
C’est à la fois inexact, mais aussi criant de vérité, car au-delà des quelques noms de rues de villes et villages environnants qui perpétuent son existence et celle de son combat, il ne reste plus grand-chose du héros qu’il fut pour sa ville et les Ardennes. Même l’orthographe de son nom, entaché d’une faute, n’a jamais été réhabilité. Fuzellier s’écrit avec deux « L », et non un seul.
Cet enfant de l’Ardenne, né en juillet 1901, était un homme de gauche et un homme du peuple. Fils d’ajusteur, forgeron, il n’avait en poche qu’un simple certificat d’études primaires. « Ce qui ne l’empêchait pas d’être un garçon intelligent », selon René-Pierre Colinet.
Sa conscience politique, qui est aussi une conscience de classe, le conduit très vite à adhérer à la CGTU, une branche communiste de la Confédération générale du travail. Il rejoint cinq ans plus tard, en 1926, le Parti communiste français (PCF). Sa relation avec Henriette Gérard, son épouse, ne l’empêche en rien de s’engager au point de siéger au comité national de la fédération des métaux de la CGTU.
En représailles aux attentats commis sur des soldats allemands par la Résistance, il est exécuté comme otage le 14 février 1942
« C’était un ouvrier cultivé, un gars qui a vite été repéré pour son militantisme. C’est la génération Maurice Thorez », avance l’historien. Maurice Thorez, lui l’ancien ministre, ex député, mais surtout le secrétaire général du Parti communiste français pendant trente ans et la période du Front Populaire.

C’est dans ce contexte de progrès social et de revendications courageuses qu’il prend du galon politique. La circonscription de Vouziers lui échappe en 1932 et 1936. Ça ne l’empêche pas, parallèlement, de participer à la marche de la faim de février 1935 et de devenir maire de Joigny-sur-Meuse trois mois plus tard. Fidèle de Thorez, et de la ligne dictée par Staline depuis l’URSS, il approuve le Pacte germano-soviétique en 1939. Comme tous les communistes, il est déchu de son mandat en janvier 1940 par le régime de Daladier. Il en était d’ailleurs un farouche opposant.



LA FIN DE LA GUERRE – Les opérations, les répressions, les déportations et la fin du IIIème Reich (1944-1945)
Axe n°1La difficile attente du Débarquement
Au printemps 1944, la population française attend avec impatience le Débarquement. Les Alliés progressent sur tous les fronts. A l’Est, les Soviétiques parviennent à reconquérir une grande partie des territoires perdus depuis l’attaque allemande du 22 juin 1941. En Italie, les Anglo-Américains et les Français remontent depuis le sud après plusieurs débarquements mais buttent devant des lignes de défenses mises en place par les Allemands. Les bombardements s’intensifient sur l’Allemagne.
Face à la menace d’un débarquement en France, l’occupant allemand accentue la répression contre la Résistance, avec la complicité de l’Etat français. Des actions particulièrement brutales sont menées contre les maquis et les civils suspectés de les soutenir. L’application en France de la « Solution finale » se poursuit, tandis qu’elle fait plus de 420 000 victimes parmi les juifs de Hongrie. De grands convois de déportation partent de Compiègne vers les camps de concentration et de Drancy vers les centres de mise à mort, en premier lieu Auschwitz-Birkenau.
Mise en ligne des états des sources de la Seconde Guerre mondiale pour la Haute-Vienne
Par Pierre-Valéry Archassal
Haute-Vienne (87)
03.02.2022
1939-1945
Les Archives départementales de la Haute-Vienne conservent un très riche fonds relatif à la Seconde Guerre mondiale. Afin de faciliter vos recherches dans ces sources et mieux préparer votre venue en salle de lecture, des états des sources sont désormais disponibles en ligne.
Les documents relatifs à la Seconde Guerre mondiale sont essentiellement conservés dans les fonds de la série continue W (archives postérieures au 10 juillet 1940) dits fonds contemporains, aux Archives départementales de la Haute-Vienne. Parmi ceux-ci, on distinguera ceux spécifiques à la période ou aux organismes de temps de guerre, de ceux, plus généraux provenant des administrations territoriales et de l’État et dans lesquels les dossiers se rapportant à la guerre se trouvent disséminés parmi les autres. Pour mieux comprendre l’articulation des différents fonds, les Archives de la Haute-Vienne ont réalisé un document PDF à lire et télécharger éventuellement.
L’état des sources qui vient d’être rendu disponible en ligne également sous forme de PDF, même s’il n’est pas encore exhaustif, concerne notamment :
En plus de cet état des fonds qui permet de préparer une recherche en salle de lecture, les Archives départementales de la Haute-Vienne ont également mis en ligne des documents numérisés concernant l’histoire du département dans la Seconde Guerre mondiale.

La vie fulgurante d’une femme agent secret assassinée à 23 ans à Ravensbrück.
Mariée à 19 ans, veuve à 21, agent secret à 22 ans, déportée et assassinée par les nazis à 23 ans à Ravensbrück en 1945. Elle, c’est Violette Reine Szabo, qui a vécu sur le mode de l’éclair. Partout où elle est passée, sa grâce et sa combativité ont suscité l’étonnement et jusqu’à celui de ses bourreaux qui l’ont abattue d’une balle dans la tête. On attendait un récit qui soit à la hauteur d’une vie aussi sublime que tragique: c’est chose faite avec cette biographie de…

78 ans après son assassinat, le résistant François Verdier reste dans les mémoires. Jean-Pierre Blanc, maire honoraire de Marsoulas, était présent pour lui rendre hommage en forêt de Bouconne.
Au-delà des Toulousains, quiconque a fait des études ou travaillé un jour dans la ville Rose, est passé forcément par les allées François-Verdier. Mais qui était François Verdier ? Un résistant français, assassiné par la Gestapo le 27 janvier 1944 dans la forêt de Bouconne, à l’Ouest de Toulouse. En 1945, la municipalité toulousaine de Raymond Badiou donna son nom à ces allées de la ville, les débaptisant par la même occasion du nom qu’elles portaient depuis le 14 novembre 1940 : celui du maréchal Pétain.
En sus de cette reconnaissance, chaque année une cérémonie en son honneur a lieu en forêt de Bouconne à la date anniversaire. Dimanche dernier, elle se déroulait en présence du préfet de Région Étienne Guyot, des élus locaux, départementaux et régionaux, des représentants des associations d’anciens combattants avec leur porte-drapeau, des historiens, ainsi que des élèves du collège François Verdier de Léguevin.
Jean-Pierre Blanc, délégué des Médaillés de la Résistance Midi-Pyrénées, maire honoraire de Marsoulas, était également présent et a, dans un discours émouvant, rappelé que ce héros de la Résistance avait reçu la médaille de la Résistance Française avec rosette, crée par le général de Gaulle, à titre posthume et attribuée le 3 août 1 946.
