Photo ci-contre où se trouvait la laboratoire de France BLOCH-SERAZIN Avenue Debitour à Paris 19e. Mobilisé en septembre 1939, puis renvoyé en usine comme « affecté spécial », Frédo est interné, s’évade par deux fois et rejoint les FTPF de la Loire. Arrêté par la Gestapo à St-Etienne en juin 1944, il est torturé et exécuté. Il n’a jamais reçu la lettre que France lui a adressée avant sa mort.

“Mon Frédo,
Cette lettre est la dernière que tu recevras de moi. Ce soir, à 9h je vais être exécutée. J’ai été condamnée à mort le 30 Sept. Mon recours en grâce a été refusé par le Führer du 3° Reich. Je vais mourir comme tant d’autres sont tombés depuis des mois.
Tu ne m’as donné que du bonheur, j’étais fière de toi, fière de notre union, fière de notre si profond accord, fière de notre cher amour de Roland.
J’ai vécu tous les mois à la Santé en contact oral quotidien avec Raymond, ton frère. Je serai digne de lui, de toi, de nous, dans quelques heures. Je ne veux pas m’attendrir, Frédo, tu comprends, je ne le dois pas.
Je meurs pour ce pourquoi nous avons lutté, j’ai lutté ; tu sais comme moi que je n’aurais pas pu agir autrement que je n’ai agi : on ne se change pas.
Reste beaucoup, beaucoup en contact avec papa, maman, avec tous les miens, je te le demande. Raymond m’avait confié Louisette, il faut veiller sur elle — vois Marie-Élisa, Marianne, Michel, Jacqueline, tous, Fernand, Lisette, Francis, Laurence, Monette et Francis, Richard, Maurice, Jean-Louis. Cylo a partagé ma captivité en Allemagne ; elle te donnera des renseignements sur notre vie.
Mon amour, sois très très courageux, autant que moi, autant que notre amour était fort, était solide, était vrai. Qu’Éliane et Roland soient très très heureux. Et toi, mon amour, tu sais que je suis à toi.
J’embrasse une dernière fois ta mère qui aura de la peine et aussi Paulette, Alexandre, toute la famille”.

Ta France à toi.
France BLOCH-SERAZIN repose à la nécropole nationale du Struthof.


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