Hommage à MAdeleine Riffaud



Leurs noms n’évoquent plus grand-chose. Pour quelques hommes restés dans la mémoire nationale – Jean Moulin, Brossolette, Guy Môquet – combien de milliers d’autres le temps a-t-il effacés ? En particulier, combien de résistantes ont-elles été reléguées au second plan d’une mémoire fabriquée et entretenue par des hommes ? Parmi ces femmes injustement traitées, il y a Berty Albrecht. Elle a pourtant fondé avec son compagnon Henri Frenay le mouvement le mieux constitué de la Résistance : Combat.
C’est une histoire de lutte et d’amour que nous vous racontons aujourd’hui. Celle de l’union, dans la clandestinité, de deux individus que leurs opinions opposent parfaitement : une femme de gauche, un homme de droite ; une protestante, un catholique ; une féministe d’avant-garde, un militaire traditionaliste. Comment ce couple improbable a-t-il fait naître un grand mouvement de Résistance ? Comment s’aimer quand Vichy et les nazis sont à vos trousses ? Et quelle place donner aux sentiments quand la mort peut frapper à chaque instant ?

Le musée de la Résistance à Chamalières propose actuellement « Tout une histoire ! Michelin dans la seconde guerre mondiale », une exposition temporaire qui retrace l’histoire de la manufacture pendant la seconde guerre mondiale. Des objets, films et documents font revivre cette époque complexe.

Avec Jean-Luc Guillet et Christine Perraud (directrice du Musée de la Résistance).
Tout une histoire ! Michelin dans la seconde guerre mondiale
A voir jusqu’à fin septembre 2025
Musée de la Résistance, de l’Internement et de la Déportation
7, place de Beaulieu à Chamalières
Ouvert du du lundi au samedi de 13h00 à 18h00
Fermé les jours fériés

Dans le cadre du 80ᵉ anniversaire de la Libération, l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONaCVG) a organisé une exposition intitulée ** »Résister ! »** à la Salle des fêtes de l’Hôtel de Ville à Tarbes. Jusqu’au 30 novembre 2024, cette exposition rend hommage aux résistants français à travers des reconstitutions historiques, des documents, des objets d’époque, des témoignages et des photos.
L’inauguration a été marquée par la présence émouvante de Léon Layré, le dernier résistant Haut-pyrénéen, âgé de 100 ans. Il a salué la mémoire de tous les soldats et résistants morts au combat et a félicité les organisateurs pour cette initiative mémorielle.

Tout au long de la Seconde Guerre mondiale, les propagandes croisées de Radio Londres, Radio-Paris et Radio-Vichy jalonnent l’évolution du conflit. De la question des otages à celle du Service du travail obligatoire, retour, en archives, sur quelques points de fixation.
Avec
Laurent Douzou Professeur émérite d’histoire contemporaine à Sciences Po Lyon et à l’université Lumière Lyon 2
À l’été 1941, avec la Résistance qui s’organise, les attentats se multiplient contre des Allemands sur le sol hexagonal. En riposte, de plus en plus de Français sont pris en otage et nombre d’entre eux sont fusillés pour l’exemple. Sur les ondes de la BBC, on s’en fait l’écho. S’ensuivent une série de prises de parole sur les chaînes de radio des différents camps.Le Service du travail obligatoire (STO) fait suite à un dispositif connu sous le nom de « Relève » qui consiste à libérer un prisonnier pour tout Français qui partirait travailler en Allemagne. Ce système, basé sur le volontariat, n’ayant pas rencontré le succès, partir travailler en Allemagne devient obligatoire, et des centaines de milliers de jeunes Français sont sommés de soutenir l’effort de guerre de l’ennemi. Le principe est présenté différemment sur Radio-Vichy et Radio-Paris. Sur le thème du STO comme sur celui des otages, les radios, plongées dans la guerre, passent quatre années à tenter de convaincre et de gagner les consciences à leur camp.`

Le 8 octobre 1944, Max Bourgoin, résistant communiste de Joigny (Yonne), se faisait tuer par un autre résistant. 80 ans plus tard, son arrière-petit-fils, Johann Bourgoin, a retracé seul les circonstances de sa mort. Ce samedi, un plaque commémorative a été inaugurée, devant le marché couvert.
Johann Bourgoin, à côté d’un portrait colorisé de son arrière-grand-père, le résistant Max Bourgoin. © Radio France – Clément Viron
« Qui était Max Bourgoin ? » Cette question, Johann Bourgoin l’a posée à son grand-père quand il avait dix ans, alors qu’il devait réaliser un travail d’école portant sur la Seconde Guerre mondiale. « Aussitôt, j’ai vu ses yeux se remplir de larmes et sa gorger se nouer, raconte l’homme de 31 ans. Normalement, on ne voit jamais son grand-père pleurer et c’est aussi pour lui que je fais ça : rendre hommage et redonner honneur à son papa. »
Le 8 octobre 1944, à Joigny (Yonne), Max Bourgoin, résistant communiste et électricien, se faisait tuer par un de ses camarades des Forces françaises de l’intérieur (FFI), devant le marché couvert. 80 ans plus tard, au même endroit, une plaque commémorative est inaugurée en son hommage. Johann Bourgoin achève ici sa quête, celle de réhabiliter son aïeul.