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REPORT DU COLLOQUE : « RÉPRESSION APRÈS LE DÉBARQUEMENT DU 6 JUIN 1944 »

REPORT DU COLLOQUE : « RÉPRESSION APRÈS LE DÉBARQUEMENT DU 6 JUIN 1944 »

À l’origine prévu le vendredi 13 décembre 2019,
le colloque est reporté au vendredi 24 janvier 2020


LE COLLOQUE

Colloque organisé par l’Association Nationale des Fusillés et massacrés (Anffmrfa), l’association pour le souvenir des fusillés Mont Valérien (Asfmvid), l’Amicale de Châteaubriant (Acvra), l’Ujre ,en partenariat avec la Ville de Paris, le Musée de la Résistance Nationale, le Dictionnaire des fusillés et massacrés Maitron, le Cpl, l’Ihs Cgt

Lieu : Auditorium de la Ville de Paris 5 rue Lobau (M° Hôtel de Ville), vendredi 13 décembre 2019, de 9h à 17h

Inscription gratuite et carte d’identité obligatoires

PROGRAMME

La France après le débarquement, état des lieux : Claude PENNETIER chercheur au Cnrs, Centre d’Histoire sociale du 20è siècle, directeur du dictionnaire Maitron

Grèves insurrectionnelles dans la région parisienne
Jérome BEAUVISAGE Historien,syndicaliste, collaborateur de l’Institut d’Histoire Sociale CGT

Oradour sur Glane, un massacre impensable
Dominique TANTIN, historien, agrégé et docteur en Histoire, Président de l’association Maitron des fusillés

Les déportations après le débarquement
Claudine CARDON-HAMET agrégée et docteure en Histoire

LA REPRESSION DANS LES REGIONS

Dans la zone des combats
Jean QUELLIEN   agrégé et docteur en Histoire, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Caen, ancien directeur de l’UFR d’Histoire à l’Université de Caen 3.

Présentation par Annie PENNETIER

En Bretagne.Exemple du Morbihan.
Jean Pierre et Jocelyne HUSSON , professeurs agrégés d’histoire, auteurs régionaux du dictionnaire des fusillés

Dans le Sud-Ouest: Repression de « Das Reich » en Ariège et Haute Garonne
André BALENT professeur d’histoire, auteur régional du dictionnaire des fusillés

Dans le Centre Ouest : Creuse, Vienne, Haute Vienne.
Michel THEBAULT, agrégé d’histoire, auteur régional du dictionnaire des fusillés

Renseignements et inscriptions pour le Colloque (gratuit),

Jean Darracq  tel : 06 10 98 84 15

Mail : sylvie-jean.darracq@wanado.fr

ou ANFFRMA : 9 rue Amédée Picard 94230 CACHAN

Lectoure. Expo sur La Retirada jusqu’au 9 décembre

Lectoure. Expo sur La Retirada jusqu’au 9 décembre

L’exposition réalisée par les élèves de première section « bachibac » de la cité scolaire Maréchal-Lannes, ainsi que par leurs professeurs sur le thème : « La Retirada : 80 ans après ils et elles témoignent » est à voir à la mairie jusqu’au lundi 9 décembre./Photo DDM P. L.

Publié le , mis à jour

Le 26 novembre dernier a été inaugurée une exposition réalisée par les élèves de première section « bachibac » de la cité scolaire Maréchal-Lannes, ainsi que par leurs professeurs, sur le thème « La Retirada : testimonios de una vida de exilio » (« La Retirada : 80 ans après ; ils et elles témoignent »). L’exposition est visible jusqu’au lundi 9 décembre, à la mairie. Elle est à découvrir en parallèle de l’exposition « Paysage de l’exil » installée au Centre d’art et de photographie de Lectoure. Le professeur Clémence Moussu a rappelé devant une nombreuse assistance ce qu’est La Retirada et expliqué le projet pédagogique, notamment des entretiens enregistrés en espagnol qu’il est possible d’écouter grâce aux flash-codes placés sous les portraits exposés. Elle a salué la présence à cette inauguration de nombreuses personnes dont les portraits font partie de l’exposition. Ce projet a été réalisé avec l’aide financière de la région Occitanie, Mme Jouet, professeur-documentaliste du lycée Maréchal-Lannes, une association montalbanaise, Presencia Azaña, et l’association Mémoire de l’Espagne républicaine et résistante (MERR 32), dont la présidente, Tamara Guerrero, était également présente à la mairie de Lectoure. Cette dernière a rappelé le rôle important des Espagnols dans la Résistance française au nazisme et souligné avec force la nécessité d’un écho avec la situation d’aujourd’hui : « Les 80 ans qui sont fêtés aujourd’hui, c’est une histoire qui a impacté la région mais aussi des centaines de milliers de personnes. La Seconde République espagnole s’est inspirée des valeurs de la République française, Liberté, Égalité, Fraternité, et je rajoute pour ma part Laïcité car c’est le ciment qui nous fait vivre ensemble. Cette exposition, ce ne sont pas que des images et des mots, ce sont des valeurs, véhiculées par ces hommes qui se sont battus pour notre liberté ».

PIERRE LEOUTRE

 

CNRD 2020 : Musée de la Résistance nationale, Champigny-sur-Marne

CNRD 2020 : Musée de la Résistance nationale, Champigny-sur-Marne

Entre mai et juillet 1940, la France doit faire face à un effondrement sans précédent. En deux mois, elle connaît la plus importante défaite de son histoire, l’occupation ou l’annexion d’une partie de son territoire par le vainqueur, la disparition de la République et son remplacement par un État français autoritaire et collaborateur.

Dans ce bouleversement absolu, des individus conservent l’espoir et veulent résister au cours des événements. Certains tentent d’éviter la défaite, d’autres – souvent les mêmes – essaient de préserver la possibilité d’une revanche. Peu nombreux, démunis de tout ou presque, peu ou pas organisés, ils sont résolus à faire quelque chose et à trouver les moyens d’y parvenir.

La première étape est de comprendre ce qu’il s’est passé. Chacun, avec son niveau de connaissance, cherche une explication dans la situation de la France, de l’Europe ou du monde. Le milieu familial ou professionnel, les engagements politiques, syndicaux ou confessionnels, l’attachement à des valeurs ou le sentiment patriotique donnent des clés de lecture des événements et déterminent leur interprétation. Des individus d’origines très différentes et aux itinéraires personnels très contrastés peuvent se retrouver dans la même dénonciation de l’occupation et de la collaboration.

La compréhension, réfléchie ou intuitive, des événements conduit à une deuxième étape, à des actes de refus, plus ou moins spontanés. On refuse de se soumettre à l’occupant, on retourne ses panneaux de signalisation, on coupe ses câbles téléphoniques, on déchire ses affiches, sans mesurer les risques que l’on prend, alors que les sanctions peuvent être lourdes. On conteste également la légitimité de l’État français, on critique sa politique, on s’efforce de demeurer insensible à sa propagande. Quand on le peut encore, on quitte la France pour rejoindre ceux qui veulent continuer le combat depuis l’étranger. Progressivement, on découvre que l’on n’est pas tout seul à vouloir agir et qu’il est plus efficace et plus rassurant de le faire à plusieurs.

La dernière étape qui mène à la résistance est la plus délicate. Elle suppose de franchir définitivement le pas, de rompre partiellement ou totalement avec sa vie d’avant, de se reconnaître comme un rebelle et de se faire reconnaître comme tel. Ceux qui rallient la France libre veulent obtenir la victoire par la force des armes, aux côtés des armées alliées. Ceux qui restent en France improvisent des moyens d’action (fabrication et diffusion d’imprimés, manifestation, entraide, sauvetage) et des modes d’organisation (regroupements de circonstance, filières, réseaux, mouvements), d’abord modestes, puis de plus en plus élaborés au fur et à mesure de la montée en puissance de la résistance et pour contrer une répression qui porte des coups très durs. Les liens entre ceux qui luttent à l’extérieur et à l’intérieur restent encore limités.

S’interroger sur l’entrée en résistance en 1940, c’est suivre le parcours d’hommes et de femmes pris dans des événements qui les dépassent mais sur lesquels ils veulent malgré tout avoir prise, c’est partager leur volonté de ne pas renoncer et de ne pas céder à l’adversité quand la défaite est présentée comme définitive, c’est prendre conscience du courage nécessaire pour s’engager dans une voie forcément risquée et à l’issue incertaine. C’est aussi comprendre les difficultés de l’engagement, les interrogations, les hésitations ou les inquiétudes de celles et de ceux qui franchiront le pas ultérieurement, faute d’avoir osé ou pu le faire plus tôt. C’est enfin rendre hommage à ces pionniers, du général dissident au paysan insoumis, en passant par la militante antifasciste ou le patriote nationaliste, qui payèrent souvent de leur vie le fait d’avoir défendu plus tôt que leurs compagnons de lutte et d’espérance la liberté et l’honneur de la France.

Eric Brossard
Professeur relais au MRN

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PROCHAINS ÉVÉNEMENTS DU MÉMORIAL DU MONT-VALÉRIEN ET DU MÉMORIAL DES MARTYRS DE LA DÉPORTATION

PROCHAINS ÉVÉNEMENTS DU MÉMORIAL DU MONT-VALÉRIEN ET DU MÉMORIAL DES MARTYRS DE LA DÉPORTATION

ENSEIGNER DE GAULLE
Conférence de Tristan LE COQ & Diane GRILLÈRE
Mercredi 12 juin 2019 | 18h30
Lieu | Préfecture des Hauts-de-Seine
Gratuit | Inscription nécessaire : reservation@mont-valerien.fr 


ES ÉTRANGERS DE L’OMBRE
Visite théâtralisée
Dimanche 9 juin 2019 | 16h
Lieu | Mémorial du Mont-Valérien
Gratuit | Inscription : info@mont-valerien.fr


PRIMO LEVI ET FERDINANDO CAMON. Conversations
Théâtre
Samedi 15 juin | 20h
Lieu | Mémorial des martyrs de la Déportation
Gratuit | Inscription nécessaire :
memorial.martyrs.deportation@gmail.com

Le cinéma en plein air reprend au Mémorial du Mont-Valérien !

Le cinéma en plein air reprend au Mémorial du Mont-Valérien !

Venez (re)découvrir l’œuvre de Michael Curtiz, Casablanca
À l’occasion de la Nuit européenne des musées, le mémorial du Mont-Valérien vous propose de passer une soirée au cinéma… en plein air, sur son esplanade !

Pour cette première projection de l’année 2019, nous vous invitons à (re)découvrir le film culte Casablanca, réalisé par Michael Curtiz en 1942.
Une occasion de se replonger sur cette œuvre, sur cette histoire d’amour intemporelle sur fond de lutte contre les nazis, avec ses héros incarnés par les célèbres Humphrey Bogart et Ingrid Bergman.

Synopsis : 1942. À Casablanca, pendant la Seconde Guerre mondiale, le night-club le plus couru de la ville est tenu par Rick Blaine, un Américain en exil, au passé obscur. Mais l’établissement sert également de refuge à ceux qui voudraient se procurer les papiers nécessaires pour quitter le pays. Lorsque Rick voit débarquer un soir le dissident politique, résistant roumain, Victor Laszlo et sa troublante épouse Ilsa, quelle n’est pas sa surprise de retrouver dans ces circonstances le grand amour de sa vie…
Film réalisé par Michael Curtiz en 1942, avec Ingrid BERGMAN (Ilsa), Humphrey BOGART (Rick) et Paul HENREID (Victor)

Entrée libre | Information : info@mont-valerien.fr | 01 47 28 46 35


À savoir !

18h | Visite de l’exposition « Les graffitis, ultimes témoignages des fusillés du Mont-Valérien » | Gratuit | Réservation auprès de l’Office de Tourisme de Nanterre
19h à 23h | Présence du food truck Maran & Co sur l’esplanade du mémorial du Mont-Valérien

Il y a 75 ans, dix-neuf jeunes résistants étaient fusillés à Ploufragan

Il y a 75 ans, dix-neuf jeunes résistants étaient fusillés à Ploufragan

Il y a 75 ans, presque jour pour jour, le 6 mai 1944, les Allemands fusillaient dix-neuf résistants FTP (Franc tireurs partisans) au lieu-dit le Croix, originaires du Trégor et du Centre-Bretagne (Côtes-d’Armor), à Ploufragan.

Ils étaient dix-neuf jeunes hommes. Ils venaient de Callac, de Plourac’h, de Maël-Carhaix, de Lannion, de Trébrivan, de Guingamp, de Ploumilliau et de Louargat. Ils avaient décidé de résister à l’occupant allemand, c’était en 1944.

Pour avoir réalisé des actes de sabotage et des agressions contre les soldats, ces hommes sont arrêtés. Certains le 9 avril, au cours de la rafle du dimanche de Pâques, à Callac, d’autres dans la nuit du 6 au 7 janvier 1944, dans la région de Trébrivan, ou dans la forêt de Beffou, le 6 mars. Tous sont torturés à « la pépinière », à Plouaret, siège des Feldgendarmes allemands.

Un jugement expéditif des Allemands au tribunal de Saint-Brieuc

Le 6 mai 1944, ces dix-neuf résistants sont fusillés sur un camp de manœuvre de Ploufragan, pas loin de l’actuel zoopôle, après le jugement expéditif d’un tribunal allemand, siégeant au palais de justice de Saint-Brieuc. Entre 7 h 10 et 7 h 30, les douze premiers résistants sont abattus.

L’heure constatée des décès (7 h 10, 7 h 21, 7 h 31) met en évidence que les douze martyrs ont été fusillés quatre par quatre. Ils s’appelaient Pierre-Louis Menguy, Marcel Bitaille, Auguste Duguay, Eugène Cazoulat, Jean Pleyber, Maurice Lagadec, Roger Quintric, Arsène Le Bozec, François Prigent, Charles Le Gallou, Émile Henry et Roger Madigou. Les dix-neuf corps sont enterrés sur place, sans cercueil.

Aux héros du 6 mai…

Quelques jours après l’exécution, le 12 mai 1944, une gerbe est déposée au monument aux morts de Callac-de-Bretagne avec cette inscription : « Aux héros du 6 mai, fusillés par les boches ». Une oriflamme est également accrochée au monument.

Constatant que la population vient déposer des fleurs à l’endroit de la fusillade, les autorités allemandes font exhumer les corps et les transportent à l’abri de tout regard, dans la fôret de Lorge.

Après la Libération, à la demande de Jean-Marie Madigou, le père d’un des suppliciés du 6 mai 1944, Armand Tilly et Louis Lalès, originaires de Louargat entreprennent des recherches pour retrouver les corps.

Le 18 août, ils sont aidés par un cultivateur de Plœuc-sur-Lié, qui a repéré dans une clairière du bourg de L’Hermitage-Lorge, des monticules de terre. Les huit dépouilles des martyrs de Plouaret et de Louargat sont transportées dans leurs communes d’origine.

Le comité départemental de la Libération, prévenu de la présence des autres corps, fait le nécessaire pour les rapatrier également dans leurs localités respectives.

D’émouvantes lettres d’adieu aux familles

Il y a celle de Pierre-Louis Menguy :

« Chère maman, chères sœurs, chers oncle et tante, chers amis et amies. C’en est fait : je suis condamné à mort. Je péris avec onze autres camarades. Le jugement est à exécuter tout de suite, c’est-à-dire que tout à l’heure je ne serai plus. Ma dernière pensée va vers vous. Ne vous figurez pas que c’est un déshonneur de mourir pour son pays. Bonjour aux électriciens de la compagnie et aux copains. Ton fils qui t’a toujours aimé. »

Celle d’Auguste Pastol :

« Mes chers Parents et petite sœur. Je vous écris ces quelques mots pour mes dernières nouvelles car vous n’aurez plus l’occasion de me voir, enfin chers parents soyez courageux. Tu donneras le bonjour à tous mes parents car moi je vais voir le Bon Dieu et là je serai tranquille. Le curé m’a confessé avant de mourir. Adieu pauvre père et maman et petite sœur. »

Ou encore celle de Pierre Menou :

« Bien chers parents père et mère frère et sœur. Je suis condamné pour ce que j’ai fait contre les Allemands, mais ne vous découragez pas, je ne suis pas le seul. Je souhaite à frère et sœur un courage pendant toute votre vie et de ne pas faire comme moi. Maintenant je me confesse à Dieu pour la dernière fois. Mais je meurs courageux, à mon âge c’est triste de mourir. Donne le bonjour à ma chère patronne Joséphine. Adieu Père et Mère frère et sœur et grand père et toute la famille.»