Les étrangers impliqués dans la Résistance



Illustre représentant de la jeunesse héroïque au combat contre l’occupant, le Colonel Fabien est déjà une figure légendaire avant sa mort, à 25 ans, le 27 décembre 1944. De son vrai nom Pierre Georges, ce communiste a connu la prison, les maquis, la torture et la guerre. Inscrits dans les glorieuses pages de l’histoire, les deux coups de feu au métro Barbès, à Paris, par lesquels il exécuta un soldat nazi et qui enclenchèrent la lutte armée, ne sont qu’un des hauts faits de ce gamin assoiffé de justice.
« Le temps était gris, pluvieux, on sentait l’hiver qui approchait. Nous avions remonté l’avenue Secrétan en mangeant des marrons chauds et en regardant les vitrines (je sortais tout juste de clinique, j’étais chômeur et je ne pouvais te payer le cinéma). Profitant d’une courte accalmie nous avions couru jusqu’aux Buttes-Chaumont : sous la pluie fine qui s’était remise à tomber, nous nous étions enfin assis, sur des chaises mouillées ! Et nous sommes restés là très longtemps, serrés l’un contre l’autre, trempés mais heureux. Vers les sept heures, nous étions repartis : nos pieds faisaient flic-flac dans nos souliers détrempés ! »

Par décret du président de la République en date du 30 septembre 2024, paru au Journal officiel le lundi 9 décembre 2024, le résistant brestois Louis Le Guen a été décoré à titre posthume de la médaille de la Résistance française. C’est l’aboutissement de près de deux ans de procédures menées par l’historien local Gildas Priol, durant lesquelles il a fallu lui faire attribuer une mention « Mort pour la France » et le titre de « Combattant volontaire de la Résistance », conditions préalables à l’attribution de cette décoration.
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Installation, performance
A l’occasion du 60e anniversaire de l’entrée au Panthéon de Jean Moulin, le Centre des monuments nationaux a souhaité faire entendre à nouveau, au Panthéon, l’intégralité du célèbre discours d’André Malraux.
Le 19 décembre 1964, Jean Moulin faisait son entrée au Panthéon. Cette « panthéonisation », décidée par le Président de Gaulle l’année du vingtième anniversaire de la Libération, consacre la reconnaissance, par la Nation, d’un héros de la Résistance.
Né en 1899 dans un milieu républicain, Jean Moulin est Préfet à Chartres quand il réalise, le 17 juin 1940, son premier acte de résistance en refusant de signer un document mensonger imposé par l’armée allemande. Mis à la retraite d’office par Vichy, il décide de dresser un inventaire de la Résistance en zone libre et de rechercher les moyens de l’aider.
A la fin de l’année 1941, Ie Général de Gaulle lui confie la mission d’en fédérer les différents mouvements. L’action de Jean Moulin aboutit à la création de l’Armée secrète et du Conseil National de la Résistance, dont il préside la première réunion à Paris le 27 mai 1943. Arrêté le 21 juin à Caluire, torturé, il meurt en juillet 1943 sans avoir livré aucun nom, aucun renseignement.

Après le traumatisme des tranchées, Marc Bloch est de nouveau mobilisé : de combattant à résistant, en pleine Seconde Guerre mondiale, l’historien ne cesse d’écrire. Il devient le témoin d’une « étrange défaite » française, qu’il étudie jusqu’à son assassinat par les Allemands le 16 juin 1944.
Avec
Laurent Douzou Professeur émérite d’histoire contemporaine à Sciences Po Lyon et à l’université Lumière Lyon 2
Cécile Vast Membre du Centre d’histoire et de recherches sur la Résistance.
Pendant la guerre, Marc Bloch continue d’écrire. Marc Bloch, témoin, historien, résistant.Historien parce qu’il ne peut pas en être autrement. Témoin parce qu’il est combattant, il assiste à cette guerre, impuissant, qu’il essaye de comprendre en tant que citoyen. Résistant, car c’est l’engagement qui marque sa position pendant la Seconde Guerre mondiale. Marc Bloch, et L’Étrange défaite, un historien en résistance.

