Catégorie : Actualité de la Résistance

L’ouverture du procès du Musée de l’Homme

L’ouverture du procès du Musée de l’Homme

[8 janvier 1942] L’ouverture du procès du Musée de l’Homme
Il y a 80 ans s’ouvrait le procès du réseau du Musée de l’Homme devant la cour allemande installée au sein de la prison de Fresnes. Suite aux arrestations de noyaux clandestins menées dès le mois de février 1941, dont celles d’Anatole Lewitsky et d’Yvonne Oddon, puis celle de Boris Vildé, le mouvement est profondément diminué, privé de plusieurs de ces membres fondateurs.
Ce qui fut nommé « L’affaire Vildé » entrainera dès le 8 janvier 1942, l’introduction de l’un des procès majeurs de cette année d’occupation, celui du Musée de l’Homme. 19 femmes et hommes sont inculpés pour « propagande et aide à l’ennemi ». Le procès dura plus d’un mois.
Dans le cadre de ce 80e anniversaire, le mémorial du Mont-Valérien vous propose de revenir sur les parcours de ces femmes et de ces hommes, intellectuels engagés pour la Liberté, dès les prémisses de l’occupation. En lien avec le Musée de l’Homme, des événements scientifiques et mémoriels seront proposés.
Yvonne Oddon©MNHN-DBD
ILS ONT ETE CACHES PAR DES VILLAGEOIS PENDANT LES MARCHES DE LA MORT

ILS ONT ETE CACHES PAR DES VILLAGEOIS PENDANT LES MARCHES DE LA MORT

A Mötzing, durant les marches de la mort 3 déportés de confession Juive se sont cachés dans la grange où la colonne a passé la nuit. Lorsque les gardes, des SS, et les déportés quittent Mötzing le 25 avril, après un certain temps, trois évadés sortent de leur cachette dans une meule de paille. Il s’agit de :
Janek Silberberg né le 25.10.1925, Juif polonais, il a transité par les KZ de Plaszow, Auschwitz, de Sachsenhausen puis transféré à Flossenbürg où il n’a pas été enregistré)
Heinrich Chensinski né le 15.3.1925, Juif polonais, il a transité par les camps de Rakowice, KZ Plaszow), KZ Gross- Rosen, Buchenwald puis avant l’évacuation il est transféré à Flossenbürg, où il n’a pas été enregistré.
Samuel Berger né le 03.01.1924 Juif polonais matricule 81932 – Buchenwald matricule 137058, non enregistré à Flossenbürg où il a été transféré le 26.03.1945.
Une colonne de 300 hommes traverse Aufhausen venant de la direction de Mötzing sur l’Ochsenstraße après Haid. Une autre colonne avec beaucoup moins de déportés est allée en direction de Wallkofen.
Maintenant, les habitants sont confrontés à un problème: que faire avec ces trois évadés? Que se passerait-il si les gardes SS reviennent pour une raison quelconque? Ce serait extrêmement dangereux pour les rescapés et aussi pour ceux qui les ont protégés. Ils sont accueillis dans le Mötzinger Pfarrhof avec le pasteur Alois Bauer. Peu de temps après, ils sont cachés par la famille Müllerbauer. L’étudiant de médecine de l’époque, Hans Wörner, visitait la famille Müllerbauer pour s’inquiéter de la santé des évadés et suivait leur rétablissement progressif avec une nourriture correcte.
Ils sont restés à Mötzing plusieurs mois après la guerre puis ils ont rejoint la Palestine.
A Mötzing trop faibles pour poursuivre la route, sept déportés sont tués :
Maurice Blumenberg né le 24 avril 1898 à Paris – Buchenwald – Juif français – matricule 121197 transféré d’Auschwitz le 21.01.1945 matricule 167469.
Herz Enger né le 12.09.1919 – Buchenwald – Juif polonais – matricule 126776.
Symcha Rozen, né le 07.04.1915 – Buchenwald – Juif polonais – matricule 126545 venant du camp d’Auschwitz matricule 178381 le 10.02.1945.
Georges Adler né le 30.08.1925 – Buchenwald – Juif Hongrois – matricule 52417 venant du KL d’Auschwitz le 18.06.1944.
Gabriel Blechmann le 16.11.1923 à Riga – Buchenwald – Juif Lettonien – matricule 82305 venant du KL de Stuthof le 16.08.1944, matricule 59670.
Majer Nussbaum né le 05.03.1925 à Aark – Buchenwald – Juif polonais – matricule 134409.
Berek Brojges né le 03.03.1923 à Dzialoszyce – Buchenwald – Juif polonais – matricule 134313, venant de Gross Rosen le 07.03.1945, matricule 89578.
Une citoyenne de Triftlfing a décrit comment elle voyait les quelques centaines de prisonniers du camp de concentration comme une petite fille. « Des hommes courbés, se soutenant les uns les autres, enveloppés dans des couvertures, incroyablement vieux même s’ils étaient jeunes. »
« Vous n’irez plus danser »

« Vous n’irez plus danser »

[Vous n’irez plus danser ! ]
 Attention ! Il ne vous reste que quelques jours pour venir visiter l’exposition « Vous n’irez plus danser ! Les bals clandestins 1939-1945 », qui fermera ses portes lundi 3 janvier à 18h.
Une visite guidée gratuite de l’exposition est proposée dimanche 2 janvier à 14h30. N’hésitez pas à vous inscrire, il reste des places  04 76 42 38 53.
Jacques Semelin : « Concernant le maréchal Pétain et les juifs français, Zemmour a exploité une faiblesse de l’historiographie »

Jacques Semelin : « Concernant le maréchal Pétain et les juifs français, Zemmour a exploité une faiblesse de l’historiographie »


[Interview] Spécialiste de la violence de masse, l’historien Jacques Semelin a travaillé de nombreuses années sur la survie des Juifs en France durant la Seconde Guerre mondiale. Il déconstruit les propos d’Éric Zemmour et rappelle combien le régime de Pétain continue d’imprégner nos esprits.
Interview Pascale Tournier
Publié le 04/01/2022 à 11h24 I Mis à jour le 04/01/2022 à 11h24

Directeur de recherche émérite au CNRS affecté au Centre d’études et de recherches internationales, professeur à Science Po Paris, Jacques Semelin est un spécialiste des génocides et de la violence extrême. Une énigme française retrace sa décennie de recherches qui ont abouti à la publication de l’ouvrage Persécutions et entraides dans la France occupée, comment 75 % des Juifs en France ont échappé à la mort (les Arènes-Seuil).

Comment avez-vous accueilli les propos d’Éric Zemmour affirmant que le maréchal Pétain avait sauvé des Juifs français ?

C’est tout simplement scandaleux. Il a repris les arguments de Jacques Isorni, l’un des avocats du maréchal Pétain lors de son procès, tout en s’appuyant sur un auteur dont la thèse est peu reconnue parmi la communauté scientifique. Éric Zemmour a aussi exploité une faiblesse de l’historiographie.

Depuis les travaux de Robert Paxton sur le rôle de la collaboration du régime de Vichy avec l’occupant, les historiens s’étaient surtout concentrés sur les causes de la déportation de 25 % des Juifs de France et fort peu sur celles de la survie des trois autres quarts.

À la demande de Simone Veil, je me suis emparé de cette question en 2008 pour consacrer quelque 10 années de recherche à comprendre les raisons pour lesquelles « la France est le pays où les Juifs ont proportionnellement subi le moins de pertes », comme le formule Serge Klarsfeld. C’est l’histoire de cette enquête que je raconte dans mon nouveau livre Une énigme française. Pourquoi les trois quarts des Juifs en France n’ont pas été déportés (Albin Michel).

Comment expliquer ce chiffre si élevé de 75 % ?

En tout cas, ce n’est pas grâce à Vichy mais en dépit de Vichy. Selon Éric Zemmour, Vichy aurait livré des Juifs étrangers pour sauver les Juifs français. Où a-t-il vu ou lu cela dans les archives ? Il est vrai que Pierre Laval a voulu se débarrasser en priorité des Juifs étrangers, dans le contexte de la xénophobie ambiante. Cela n’a pas empêché des Français d’aider spontanément nombre d’entre eux au moment fatidique de leur possible arrestation.

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Résistants, déportés : un appel à témoignages

Résistants, déportés : un appel à témoignages

Pour ne pas passer à côté de renseignements importants, l’association lance un appel aux personnes susceptibles d’avoir contribué à aider la Résistance ou résistants elles-mêmes.

Entretien avec Serge Libot, membre de l’association Avessac histoire et patrimoine (AHP), à Avessac, près de Redon (Ille-et-Vilaine).

Votre prochaine publication, prévue courant 2022, portera sur les déportés et les résistants de la commune. Quelle est la genèse de ce projet ?

AHP a été sollicité, il y a deux ans et demi, par les Amis de la fondation pour la mémoire de la déportation pour reconstituer le parcours de six déportés avessacais. La réflexion s’est alors portée sur le devoir de mémoire et le devoir d’histoire. C’est pourquoi nous avons décidé d’élargir nos recherches aux résistants de la commune. Nous avons donc recherché des témoignages pour étayer le vécu de cette époque couvrant la période de 1943 à 1945.

Avec quels retours ?

Ils sont positifs, avec la découverte de quelques pépites. Par ailleurs, nous avons trouvé trois autres déportés. Sur le volet résistance, nous avons trouvé un certain nombre de noms auxquels nous aimerions donner un peu de vie. Certains sont d’authentiques résistants ; d’autres ont contribué à faire vivre la Résistance ou étaient des figurants.

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Atelier pour enfants « Résistance et solidarité » Mémorial de la Shoah Paris

Atelier pour enfants « Résistance et solidarité » Mémorial de la Shoah Paris

Atelier pour enfants « Résistance et solidarité » Mémorial de la Shoah, 1 mars 2022, Paris.
Date et horaire exacts : Le mardi 01 mars 2022
de 14h30 à 17h00
payant
Lors d’une visite-atelier, les enfants découvrent les différentes formes de résistance, de la libération du territoire au sauvetage des enfants.

À travers l’analyse de documents d’archives, ils mettent en lumière l’engagement de personnes aux origines et parcours divers.

Animé par Karine Edry.

Mémorial de la Shoah 17 Rue Geoffroy l’Asnier Paris 75004

Visites commentées de l’exposition temporaire Musée départemental de la Résistance et de la Déportation Toulouse

Visites commentées de l’exposition temporaire Musée départemental de la Résistance et de la Déportation Toulouse

Visites commentées de l’exposition temporaire Musée départemental de la Résistance et de la Déportation, 21 décembre 2021, Toulouse.
Visites commentées de l’exposition temporaire
du mardi 21 décembre au jeudi 30 décembre à Musée départemental de la Résistance et de la Déportation
**Visites commentées de l’exposition Beate & Serge Klarsfeld. Les combats de la mémoire (1968 – 1978 )** La décennie 1968-1978 a marqué un tournant important dans l’évolution de la mémoire de la Shoah en Europe et dans le monde. L’action spectaculaire du couple forme par Beate et Serge Klarsfeld, menée sur plusieurs continents, a exercé un rôle majeur dans ce mouvement vers la reconnaissance de la Shoah.
Entrée libre ,gratuit
Visites commentées de l’exposition Beate & Serge Klarsfeld. Les combats de la mémoire (1968 – 1978)

Musée départemental de la Résistance et de la Déportation 52 allée des demoiselles 31400 Toulouse Toulouse Haute-Garonne

Roger Mazet, le dernier du Maquis d’Ols, s’en est allé

Roger Mazet, le dernier du Maquis d’Ols, s’en est allé

Roger Mazet s’est éteint à 95 ans, laissant derrière lui un passé de combattant exceptionnel.

Il était une figure de la Résistance dans le Bassin ; le dernier du Maquis d’Ols. Roger Mazet s’est éteint à 95 ans, samedi dernier à l’Ehpad Bellevue, où il résidait depuis près de 10 ans et où il recevait selon sa famille « de très bons soins » de la part des personnels (sa famille tient particulièrement à les remercier toutes et tous).
Roger Mazet s’est éteint doucement auprès des siens. Il a ainsi rejoint son épouse Suzanne, ses deux fils Didier et Thierry, de même que ses frères d’armes et ses copains. Roger Mazet était le grand-père de l’élu decazevillois Pascal Mazet et de Karine Hortelano ; et l’arrière-grand-père de Joris et Jessie. Tous se disent « Très fiers de lui, nous étions très proches ».
Né en 1926, route de Bonissard, à Decazeville, Roger Mazet intègre le maquis d’Ols à 16 ans, avec comme nom de guerre « Arago », sous l’égide du commandant Marc pour combattre les fascistes et les nazis. C’est son meilleur ami qui avertit ses parents, disant « qu’il était parti défendre la France et qu’ils ne se fassent pas de soucis ».
Avec le maquis d’Ols, il participe aux combats de Carmaux. Puis, en septembre 1944, il s’engagea comme volontaire jusqu’au 8 mai 1945. Il traversa le Rhin avec le premier Bataillon de l’Aveyron, faisant partie de la 1re Armée française de De Lattre de Tassigny, et a vu notamment un camp de concentration vide ; « une horreur sans nom » se souvenait-il.
Pour Roger, il était fondamental de s’engager pour défendre son pays. Et comme il disait souvent, « s’il fallait le refaire, je le referais ». S’ensuit une anecdote qu’il aimait raconter : « À la libération de Decazeville, le 14 juillet 1944, défilant en camion avec mes compagnons du maquis, j’aperçus mon père. Je fis arrêter le camion et je suis allé l’embrasser, lui disant : Tu as vu ! Je suis en vie ! ».

Distinctions prestigieuses

Quand il entendait « Le chant des partisans », Roger Mazet « devenait un autre homme, empli de fierté. Il le fredonnait tout doucement. On sentait bien que ce moment de la vie l’avait marqué à tout jamais », précise Pascal Mazet, également président de la section du bassin de la Maison Départementale de la Résistance, Déportation, Citoyenneté.
Après la guerre, Roger Mazet s’est réengagé pour 18 mois chez les parachutistes. Il est alors parti en mission en Afrique du Nord (AFN), puis direction Madagascar (insurrection du peuple malgache). Il termina sa carrière militaire en mai 1948. Roger Mazet a obtenu plusieurs distinctions prestigieuses, dont la Croix du combattant et la Croix de guerre, ainsi qu’une citation à Madagascar pour avoir refoulé une contre-offensive ennemie. Il avait obtenu la médaille militaire et, dernièrement, la médaille de reconnaissance de la Nation.
Revenu à Decazeville, il fonda sa famille. Il a travaillé à la Vieille Montagne avec, pour loisir, la pêche à la truite et le rugby de Viviez. Il était toujours et depuis de longues années invariablement présent à la commémoration du 8-Mai 1945, à Decazeville, car pour lui « c’était un devoir d’être présent ». Il pensait beaucoup à ses compagnons de route qui furent tués au combat ou qui sont morts depuis. Il voulait leur rendre hommage.
À sa famille, à ses amis et à tous ceux que cette disparition afflige, nous adressons nos plus sincères condoléances.
Un dernier hommage peut encore être rendu à Roger Mazet ce matin, à la chambre funéraire Spinelli, route d’Agnac à Decazeville.

Ses obsèques religieuses ont lieu ce mardi après-midi, à 14 h 30, en l’église Notre-Dame de Decazeville ; suivies de l’inhumation au cimetière de Viviez.

GDM
Disparition de Robert CREANGE

Disparition de Robert CREANGE

Disparition de Robert CREANGE !
Né le 18 avril 1931 à Paris (XVIe arr.) ; instituteur puis PEGC ; membre du comité fédéral du Loir-et-Cher du PCF (1954-1958) ; associé au comité d’entreprise de Renault depuis 1953, en dirige les activités sociales (1978-1986) ; conseiller municipal de Boulogne-Billancourt (1983-1995) ; secrétaire général de la FNDIRP depuis 1994. (Notice biographique du Maîtron/https://maitron.fr/spip.php?article21056 )
Le père de Robert Créange, Pierre Créange, franc-maçon, socialiste, était homme de lettres, poète. Le Phare, organe de la section de Boulogne, publia en feuilleton un ouvrage autobiographique de son père L’enfant et la haine. Son nom est inscrit au Panthéon sur la plaque « Aux écrivains morts pour la France ». Sa mère, Raymonde, était née Cahen. Robert Créange effectua sa scolarité primaire à Boulogne-Billancourt, puis une classe de 6e au lycée Claude Bernard. Son père, israélite, militant de la Ligue des droits de l’Homme et exerçant des responsabilités à la Ligue internationale contre l’antisémitisme (LICA), recherché par la Gestapo, décida de gagner la zone sud, en juillet 1942. Dénoncés par le passeur, les parents de Robert Créange furent déportés à Auschwitz-Birkenau, d’où ils ne revinrent pas. Robert Créange (onze ans) et sa sœur Françoise (treize ans) échappèrent à l’arrestation et furent élevés par leur tante. Après deux années au lycée de Périgueux, Robert Créange acheva ses études secondaires au lycée Claude Bernard et avec le CNTE, puis fit une année de propédeutique lettres modernes. Il effectua en 1951-1952 son service militaire en Allemagne puis à Angers comme sergent.
Sympathisant socialiste SFIO à la fin des années 1940, il vendait de la presse socialiste nationale et locale mais toutefois, en 1949, il milita au Rassemblement démocratique révolutionnaire, qu’animaient Jean-Paul Sartre* et Albert Camus*, et à Citoyens du Monde, aux côtés de Garry Davis. Il adhéra au PCF en 1953, à son retour du régiment.
De 1953 à 1958, Robert Créange exerça le métier d’instituteur à travers le Loir-et-Cher. Il y milita activement dans la FEN-CGT et dans le SNI. Il milita au PCF comme secrétaire de la section de Marchenoir, puis comme membre du comité fédéral (1954-1958), notamment durant la campagne électorale de 1956, militantisme qui lui valut trois procès.