“Je découvre que mon père a sauvé 14 000 juifs”

“Je découvre que mon père a sauvé 14 000 juifs”

By Haï

Découvrir que votre père a eu une deuxième vie est généralement une nouvelle inquiétante. Mais pour l’écrivain Sarah Kaminsky, la découverte de l’histoire du passé de son père a changé sa vie dans le bon sens du terme.

Dans son livre, « Adolfo Kaminsky: La vie d’un Faussaire », elle raconte l’héroïsme et l’abnégation de son père dont le rôle a été crucial pour sauver des vies juives pendant la deuxième guerre mondiale.

Adolescent pendant l’occupation nazie de Paris, Adolfo, qui est né dans une famille juive russe en Argentine, mais a grandi en France, a été recruté par la Résistance française pour produire des documents de voyage falsifiés.

En fin de compte, en utilisant les compétences qu’il avait acquises dans son précédent travail dans un magasin de teinture, il est devenu l’un des principaux faussaires de la Résistance, et a permis grâce à ses papiers de sauver environ 14.000 Juifs.

Le faussaire humaniste

Les 25 années suivantes, Adolfo a travaillé comme photographe sans que son entourage ne se doute de ses actions dans la Résistance. Il a continué sa vie en secret, se qualifiant de « faussaire humaniste. »

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Table ronde autour de la question des « analogies et différences entre les crises des années trente et celles d’aujourd’hui »

Table ronde autour de la question des « analogies et différences entre les crises des années trente et celles d’aujourd’hui »

Table ronde autour de la question des « analogies et différences entre les crises des années trente et celles d’aujourd’hui » ,
JEUDI 16 JANVIER 2020 de 14h à 17h30
au CESE (Conseil Économique, Social Environnemental )
avec la participation de
• Michaël Foessel, philosophe, professeur à l’École Polytechnique,
• François Héran, professeur au Collège de France, chaire « Migrations et sociétés »
• Anne-Marie Matard-Bonucci, professeure d’histoire contemporaine à l’université de Paris 8,
• Jean Vigreux, professeur d’histoire contemporaine, directeur de la Maison des Sciences de l’Homme de Dijon
modérateurs
• Serge Wolikow, Président de la Fondation pour la Mémoire de la déportation
• et Benoît Garcia , conseiller et coordinateur du partenariat au CESE.

LES ANNEES 30 / AUJOURD’HUI : ANALOGIES ET DIFFERENCES

Face à la montée de la xénophobie, du racisme, de l’antisémitisme, mais aussi du fait de la mise en cause des fondements démocratiques de la République et des atteintes aux libertés, il est souvent fait référence aux années trente dans le débat public.
Jusqu’où ce rappel est-il pertinent ? Comment penser, hier et aujourd’hui, le rôle du monde du travail, du mouvement syndical et associatif, de la société civile organisée et l’engagement des chercheurs en sciences humaines et sociales ? Que peut signifier dans le monde actuel la prise en compte de l’expérience historique pour penser l’innovation démocratique et sociale ? Autant de questions que les intervenants, universitaires et chercheurs pourront présenter lors de cette table-ronde et débattre avec la salle.

Ce débat a pour objectif de faire vivre ce qui est au cœur du partenariat « Mémoire et vigilance » : mettre en commun nos volontés et nos forces pour assurer un travail de mémoire et une obligation de connaissances, porter ensemble les valeurs d’une République solidaire et fraternelle, promouvoir le respect des droits fondamentaux, des libertés et de la dignité et combattre les discours de haine, d’exclusion et la violence qui en découle.

Informations pratiques
Accueil des participants à 13h30 – début des travaux à 14h
au Conseil Économique, Social et Environnemental
9 place d’Iéna 75016 Paris
Salle 301
Accès dans la limite des places disponibles, sur inscription à l’adresse :palaisdiena@lecese.fr
(métro ligne 9 station Iéna, bus 32, 63 et 82 arrêt Iéna, bus 30 arrêt Albert de Mun)

Jean Moulin

Jean Moulin

Date de publication : janvier 2015

Conservateur général, Directrice du Musée du Général Leclerc et de la Libération de Paris et du Musée Jean Moulin (Paris Musées) Directeur de recherche à Paris 4

Contexte historique

Cette photographie de Jean Moulin (1899-1943) a contribué à nourrir la légende du héros de la Résistance. Antérieure à l’Occupation, elle a été choisie par sa sœur, Laure Moulin, pour la cérémonie du transfert des cendres au Panthéon le 19 décembre 1964 et utilisée par elle, en 1969, en première de couverture de la biographie consacrée à son frère. La légende est ainsi née.

D’aucuns l’ont datée postérieurement à sa tentative de suicide du 17 juin 1940 pour expliquer que son écharpe aurait dissimulé sa vilaine cicatrice. Il n’en est rien ; les circonstances de la réalisation de ce cliché sont maintenant connues.

Venu passer quelques jours chez sa mère et sa sœur à Montpellier mi-février 1940, Jean Moulin est pris en photo par Marcel Bernard, son ami d’enfance, aux Arceaux, près de la promenade du Peyrou. Il est alors préfet d’Eure-et-Loir.

Cette photographie est aussi l’histoire d’une amitié. Marcel Bernard a été le camarade de jeu du jeune Moulin sur le Champ de Mars, à Béziers. Ayant perdu son grand frère, il a reporté l’affection fraternelle sur son ami d’enfance. « Jean aimait Marcel Bernard comme un frère », écrit Laure. Marcel Bernard est un photographe de talent qui réalise de nombreux clichés de son ami.

Analyse des images

La célèbre photographie, très posée, montre Jean Moulin vêtu d’un pardessus, emmitouflé dans une écharpe, portant le feutre. Il n’est pas très satisfait du résultat, trouvant la photographie trop figée, et écrit de Chartres le 12 mars 1940 : « Ce n’est pas bien brillant pour un virtuose comme lui. » Comme la plupart des méridionaux, Jean Moulin est frileux. Le feutre, le pardessus et l’écharpe sont les caractéristiques de la mode masculine de l’époque.

La physionomie de « Rex » dans la clandestinité est bien différente de celle de l’hiver 1940. Il porte le plus souvent, pour des raisons pratiques, bérets et canadiennes. Les résistants qui l’ont côtoyé, comme Daniel Cordier, son secrétaire, soulignent ses traits creusés, fatigués et amaigris par la dure vie de résistant, qui rappellent les photographies de son adolescence.

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Maillé (Indre-et-Loire): enquête sur un massacre oublié

Maillé (Indre-et-Loire): enquête sur un massacre oublié

France 3 Centre-Val de Loire
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Le 25 août 1944, jour de la libération de Paris, une colonne de soldats nazis a massacré 124 hommes, femmes et enfants à Maillé, un petit village d’Indre et Loire.
Une tragédie similaire à celle d’Oradour sur Glane pourtant longtemps passée sous silence.
Le procureur de Dortmund enquête aux archives municipales de Tours pour retrouver les soldats responsables de cette tuerie. En tant que crime de guerre, elle est classée en Allemagne dans les meurtres imprescriptibles. Le sous lieutenant de la Wehrmacht Gustav Schlüter, qui a ordonné ces représailles, a été condamné par contumace à Bordeaux en 1952, mais il n’a jamais été inquiété.
Henry Rousso travaille à l’institut d’histoire du temps présent pour la reconnaissance et la réparation des crimes du passé.
Depuis 1970, les allemands font face à leur passé, avec l’ouverture progressive des archives de guerre. Dans la banlieue de Stuttgart, siège une unité spéciale de policiers chargés de traquer les criminels de guerre nazis. Le commissaire Bernhard Schneider est chargé du massacre de Maillé et interroge les survivants, un par un, pour obtenir des informations.

Un magazine diffusé en 2009 de Corinne Bian Rosa, Grégoire Grichois, Hervé Tiercelin et Annie Malaurie.

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Rêver sous l’Occupation

Rêver sous l’Occupation

Publiés, oubliés, réédités, ainsi vont les chefs-d’œuvre que l’on se passe sous le manteau quand ils n’ont pas été consacrés par la littérature officielle. Tel fut le parcours de ces 82 rêves édités pour la première fois en 1963, 82 petits poèmes en prose enracinés dans la vie des hommes en temps de guerre, 82 dépositions recueillies par Emil Szittya et sa femme, Erika Szittya, à qui « le livre appartient », précise la dédicace – on ne saurait imaginer plus gracieux hommage d’un homme à son épouse.


Emil Szittya, 82 rêves pendant la guerre, 1939-1945. Préface d’Emmanuel Carrère. Allary Éditions, 220 p., 20,90 €


Emil Szittya était un baladin, un artiste et un ami des artistes. Il était né Adolf Schenk, en 1886, à Budapest, dans une famille juive. Il a peint et écrit sous le nom de Szittya, libre allusion aux Scythes, peuple errant de l’Eurasie connu pour ses magnifiques objets en or. La liste des grands avec qui il a traversé la Première Guerre, vécu, œuvré et fondé une revue brille des feux du plus bel art européen de la première moitié du XXe siècle : Cendrars, Tzara, Chagall, Soutine… Comme ses frères d’une lointaine Europe de l’Est, il devait rêver d’un autre espace, de bohème, de lumière, de rencontres, espace qui, au tournant du siècle, avait pour nom la France. Commentant Les Trois Sœurs de Tchekhov dans une émission de radio, le critique de théâtre Georges Banu le disait de lui-même, d’origine roumaine, et de ses semblables : ils n’étaient pas chassés, ils étaient attirés par la France comme par un « espace sauveur ».

En 1940, l’espace sauveur est devenu un espace meurtrier. Avec sa femme, Emil Szittya est, sait-on sans plus de précisions, à Toulouse et à Limoges, zone provisoirement libre. C’est là que naît en lui l’idée de recueillir les rêves de ceux qui les entourent. Fabuleuse idée ? En soi, non. Il n’est rien de plus ennuyeux qu’une personne qui raconte son rêve, chacun en a fait l’expérience. Il fallait l’oreille, la plume et le génie d’un homme ayant fait sienne la langue française pour composer un oiseau textuel aussi rare.

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COLLOQUE “RÉPRESSION APRÈS LE DÉBARQUEMENT DU 6 JUIN”

COLLOQUE “RÉPRESSION APRÈS LE DÉBARQUEMENT DU 6 JUIN”

L’Association Nationale des Familles de Fusillés et Massacrés (Anffmrfa), l’Association Souvenir des fusillés du Mont Valérien, l’Amicale de Châteaubriant (Acvra), l’Ujre en partenariat avec la Ville de Paris, le Musée de la Résistance Nationale, le Dictionnaire des fusillés et massacrés Maitron vous invitent à venir assister au colloque :

RÉPRESSION APRÈS LE DÉBARQUEMENT DU 6 JUIN

Auditorium de la Ville de Paris
5 rue Lobau (M° Hôtel de Ville)
Vendredi 24 janvier 2020
De 9h à 17h,

Inscription gratuite et carte d’identité obligatoires

PROGRAMME

La France après le débarquement, état des lieux par Claude PENNETIER,  chercheur au Cnrs, Centre d’Histoire sociale du 20e siècle, directeur du dictionnaire Maitron

Grèves insurrectionnelles dans la région parisienne par Jérome BEAUVISAGE, historien, syndicaliste, collaborateur de l’Institut d’Histoire Sociale  CGT

Oradour-sur-Glane, un massacre impensable ? par Dominique TANTIN, historien, agrégé et docteur en Histoire, Président de l’association  Maitron des fusillés

Les déportations après le débarquement par Claudine CARDON-HAMET, agrégée et docteure en Histoire

LA RÉPRESSION DANS LES RÉGIONS

Dans la zone des combats par Jean QUELLIEN, agrégé et docteur en Histoire, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Caen, ancien directeur de l’UFR d’Histoire à l’Université de Caen 3.

Présentation par Annie PENNETIER

En Bretagne : Exemple du Morbihan par Jean-Pierre et Jocelyne HUSSON, professeurs agrégés d’histoire, auteurs régionaux du dictionnaire des fusillés

Dans le Sud-Ouest : repression  de “Das Reich” en Ariège et Haute-Garonne par André BALENT, professeur d’histoire, auteur régional du dictionnaire des fusillés

Dans le Centre Ouest : Creuse, Vienne, Haute Vienne par Michel THEBAULT, agrégé d’histoire, auteur régional du dictionnaire des fusillés

Renseignements et inscriptions pour le Colloque (gratuit),
Jean Darracq  – tel : 06 10 98 84 15 – Mail : sylvie-jean.darracq@wanadoo.fr
ou ANFFRMA, 9 rue Amédée Picard, 94230 CACHAN

Il y a 55 ans : « Entre ici, Jean Moulin ! »

Il y a 55 ans : « Entre ici, Jean Moulin ! »

VIDÉO. Le 19 décembre 1964, André Malraux prononçait son vibrant discours de panthéonisation, réhabilitant le résistant Jean Moulin.

Par Emmanuel Durget

Modifié le – Publié le | Le Point.fr

« Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège ! » Cette formule, prononcée à la fin d’une allocution d’une vingtaine de minutes, a fait du discours de Malraux l’un des plus célèbres de la Ve République. Plus qu’une cérémonie d’hommage, le transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon marque la réhabilitation du héros de guerre, présenté comme « l’unificateur de la résistance française ». « Sans cette cérémonie, combien d’enfants de France sauraient son nom », s’interroge Malraux, dès le début de son discours. Jean Moulin a été quelque peu oublié après-guerre, comme le rappelait son secrétaire Daniel Cordier au Parisien en 2014, la faute des querelles de certains chefs de la Résistance.

Ce transfert, proposé par des élus de l’Hérault et ordonné par le président de la République, Charles de Gaulle, a également une dimension politique. Et le discours qui l’accompagne aussi. Malraux rend plusieurs fois hommage « au peuple d’ombres » ou « peuple de la nuit » que fut la France Libre, à laquelle de Gaulle a toujours consacré une place de choix dans la Libération. Certains y virent même une allocution à la gloire du général de Gaulle tout autant qu’un hommage à Jean Moulin. C’est peut-être pourquoi le chef de l’État avait confié, privilège rare, l’allocution à l’un de ses dévoués ministres.

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s réfugiés républicains espagnols piliers de la Résistance en Limousin

s réfugiés républicains espagnols piliers de la Résistance en Limousin

Par Pascal Coussy

Il y a 80 ans, en Espagne, le général Franco remportait la victoire sur les Républicains, provoquant un exode massif de réfugiés vers la France.
Plusieurs milliers d’entre eux furent accueillis en Limousin et beaucoup jouèrent un rôle essentiel dans la Résistance…

Spécialiste de l’époque troublée de la guerre civile espagnole, l’universitaire Tiphaine Catalan travaille depuis plusieurs années sur le parcours des exilés espagnols réfugiés en Limousin après la défaite des Républicains.

Au fil de ses recherches elle a constaté l’ampleur de cet exil.

Quatre-vingt ans plus tard, ses travaux bientôt publiés montrent également le rôle essentiel qu’ont joué de de nombreux anciens combattants républicains de la Guerre d’Espagne dans les mouvements de résistance du Limousin.

Une guerre civile

Espagne, 1936 : après l’arrivée au pouvoir d’un Front Populaire,  la contre révolution du général Franco dégénère en guerre civile.

La lutte entre les militaires nationalistes et les défenseurs de la République pousse de nombreux Espagnols sur les routes de l’exil.

En 1937 les premiers réfugiés, une centaine de femmes et d’enfants, arrivent en Limousin. Ils suscitent un important élan de solidarité. Des comités de soutien se mettent en place.