Et les femmes se sont levées




Il y a quatre-vingts ans, un tragique événement marqua un tournant dans l’histoire de l’Occupation, en commençant à faire basculer une grande partie de l’opinion publique.
Un mercredi sanglant
Le 22 octobre 1941, 48 hommes, qui ne s’étaient pas résignés à voir leur pays tomber aux mains de l’Allemagne nazie, furent exécutés à Châteaubriant, Nantes et Suresnes, au Mont-Valérien. Les 27 patriotes français, détenus au camp de Choisel, ont été fusillés par les Allemands dans la carrière de Châteaubriant, le mercredi 22 octobre 1941 entre 15h50 et 16h10.
Affiche à la mémoire des otages fusillés à Châteaubriant. Dessin de Simo (22/10/1941)
Tous militants du Parti communiste français ou de la CGT, ils ont été assassinés en représailles à l’exécution du Feldkommandant de Nantes, Karl Hotz. Ils l’ont été en vertu du Code des Otages, promulgué quelques jours auparavant, qui permettait aux autorités allemandes de fusiller massivement des victimes devant « expier » les actions de la Résistance. Pour leurs bourreaux, ces derniers devaient appartenir aux mêmes milieux politiques, ethniques ou religieux que les présumés auteurs d’attentats.
Cette exécution de masse généra immédiatement une vague d’émotion qui peu à peu s’étendit dans tout le pays ainsi que dans le monde libre. Aux yeux de leurs camarades de lutte, ces otages furent considérés comme des héros, morts pour la France. Les Martyrs, le texte de Louis Aragon qui leur rendit très vite un sublime hommage, fut lu à l’antenne de la BBC le 22 mai 1942. « Les barbares voulaient les tuer, ils les ont rendus immortels », put écrire le philosophe Georges Politzer. Loin de dissuader les futurs combattants de l’intérieur, ces représailles ne firent que créer des vocations, en révélant le vrai visage des nazis.
Hitler en réclamait 50, il en a eu 48 !
Son commandement militaire les obtint avec l’aide du gouvernement de Vichy et du ministre de l’Intérieur Pierre Pucheu. 27 otages furent prélevés dans le camp de Choisel, 16 furent extraits de la prison des Rochettes, à Nantes, et enfin 5 du Fort de Romainville, en région parisienne. Parmi tous ces otages, 13 étaient soit mineurs, soit tout juste majeurs (21 ans à l’époque).
Tract parachuté par la Royal Air Force sur le territoire français pour dénoncer les exécutions d’otages.
En assassinant ces enfants de France, l’Occupant et son vassal vichyssois commirent une erreur politique et stratégique qui allait avoir de grandes répercussions. Dans les prisons on se mit à chanter les louanges de ces jeunes patriotes. Des groupes de résistants prirent le nom de Guy Môquet. Le général De Gaulle, les présidents Roosevelt et Churchill condamnèrent énergiquement ces assassinats en promettant aux coupables le futur jugement de la justice internationale.
Leur sacrifice a permis de renforcer la cohésion nationale contre l’oppresseur, jusqu’au dernier effort de l’été 1944. La mémoire des otages exécutés se conjugue aujourd’hui avec celles des morts dans les camps et les prisons de Vichy, des condamnés à mort fusillés, des civils massacrés et des dizaines de milliers de déportés assassinés au sein du système concentrationnaire et génocidaire nazi.
L’Amicale, le Musée et ses amis
Dès la Libération, le 30 septembre 1945, une Amicale des anciens internés politiques de Châteaubriant a été créée. S’est ensuivie la création de divers comités dans toute la France, dont le premier en mai 1948 en Loire-Atlantique, né de la volonté des familles de perpétuer le souvenir des fusillés, internés ou déportés à Châteaubriant et sur le Département. Grâce à plusieurs souscriptions nationales, l’Amicale a fait l’acquisition du terrain dit de « La Sablière », pour en faire un lieu de recueil mémoriel. Elle y a fait ériger un premier monument commémoratif, remplacé en 1950 par l’immense sculpture d’Antoine Rohal. Depuis 2016, celle-ci est protégée au titre des monuments historiques.
En 2001, il y a vingt ans, elle ouvre le musée associatif géré par l’Association des Amis du Musée de la Résistance de Châteaubriant (AMRC). Ce dernier permet de faire vivre la mémoire des fusillés, internés ou déportés et plus largement celle de la Résistance en Loire-Atlantique, en France et dans le monde. Huit décennies après l’exécution, l’Amicale, devenue celle de Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt et forte de tous ses comités régionaux, continue d’entretenir la mémoire des « 27 » de Châteaubriant à la Carrière, mais aussi plus largement des 48 fusillés du 22 octobre 1941 et de la Résistance en général, en partenariat avec le Musée de la Résistance Nationale (MRN).
L’ancienne ferme qui jouxte la carrière des fusillés à Châteaubriant est devenue le Musée de la Résistance.
L’Amicale a besoin aussi de sang neuf pour continuer à protéger et diffuser les valeurs défendues par les fusillés, leurs camarades internés, ces mêmes valeurs qui ont donné naissance au programme du Conseil National de la Résistance, Les Jours Heureux. Pour continuer à porter leurs idéaux de paix, de justice sociale et de libertés, marquons ce 80e anniversaire par un grand rassemblement populaire et de la jeunesse afin de faire vivre encore et toujours leur mémoire et répondre à leur appel :
« Vous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui vont mourir »
Guy Môquet, 17 ans
Les héritiers
En 2021, la jeunesse est plus que jamais en résistance : en résistance contre les injustices qui perdurent dans ce monde, en résistance face aux menaces contre les ressources de la planète, en résistance contre les fanatismes religieux, en résistance contre les idées fascistes, racistes, ségrégationnistes, communautaristes qui menacent chaque jour un peu plus l’unité de notre nation.
Retrouvons-nous toutes et tous, le dimanche 17 octobre 2021, à partir de 13h30, à la Sablière, la Carrière des fusillés (44110 Châteaubriant) pour commémorer ce tragique événement, pour la 80e fois. Des cars partiront de plusieurs villes (nous en ferons bientôt le recensement). Par ailleurs, une souscription exceptionnelle a été lancée. Vous pouvez adresser vos versements à : Jean Menant, 26 rue F. Joliot Curie, 94600 CHOISY-LE-ROI.
Crédits photos
Photo principale : (c) Photo Patrice Morel ; affiche : (c) Archives nationales (cote ; 72AJ_1686) ; tract américain : copie appartenant au MRN de Champigny-sur-Marne ; photo du musée : (c) Patrice Morel.

La Société lyonnaise d’histoire de la police participe aux recherches d’une femme arrivée à Lyon (Rhône) cet été pour retrouver un policier lyonnais qui l’avait secourue avec sa famille alors qu’elle était bébé pendant la Seconde Guerre mondiale.
Une femme nommée Renée Fauguet, née Zejgman, et réfugiée à Lyon (Rhône) pendant la Seconde Guerre mondiale, a décidé de partir en quête d’un policier, M. Collier, qui est venu en aide à sa famille à cette époque. L’agent leur aurait fourni de faux papiers. Pour cela, cette femme de 78 ans est revenue dans la ville cet été, en juillet dernier, relate Le Progrès dimanche 7 mars.
Elle s’est rendue dans la maison où elle s’était réfugiée dans le 4e arrondissement de Lyon. Elle a ensuite expliqué à l’occupant des lieux être à la recherche du policier lyonnais. Touché par cette histoire, il a contacté la Société lyonnaise d’histoire de la police.
Une femme nommée Renée Fauguet, née Zejgman, et réfugiée à Lyon (Rhône) pendant la Seconde Guerre mondiale, a décidé de partir en quête d’un policier, M. Collier, qui est venu en aide à sa famille à cette époque. L’agent leur aurait fourni de faux papiers. Pour cela, cette femme de 78 ans est revenue dans la ville cet été, en juillet dernier, relate Le Progrès dimanche 7 mars.
Elle s’est rendue dans la maison où elle s’était réfugiée dans le 4e arrondissement de Lyon. Elle a ensuite expliqué à l’occupant des lieux être à la recherche du policier lyonnais. Touché par cette histoire, il a contacté la Société lyonnaise d’histoire de la police.
8 mars: Odile de Vasselot, une femme dans la France de la Résistance
ven. 5 mars 2021 à 9:44 PM
« On sentait qu’il fallait faire quelque chose »: à 99 ans, la résistante Odile de Vasselot raconte son engagement, ses souvenirs et le rôle qu’ont joué les femmes dans la Résistance française durant la Seconde Guerre mondiale.

Résistante et survivante des camps : Jeanine Messerli
Musée de la Résistance et de la Déportation, le lundi 8 mars à 10:00
Au travers de ses collections et de ses archives audiovisuelles, le Musée départemental de la Résistance & de la Déportation vous présente Jeanine Messerli : très tôt révoltée contre l’invasion allemande et la dictature du régime de Vichy, Jeanine Messerli s’engage comme agente de liaison pour la Résistance locale.
Arrêtée, elle passe plusieurs mois à Fresnes avant d’être déportée
au camp de Ravensbrück. Mais aux côtés de ses soeurs de combat, la résistance à l’oppression se prolonge dans le monde concentrationnaire…
Site internet et Facebook
du Musée départemental de la Résistance & de la Déportation
musee-resistance.haute-garonne.fr
facebook.com/museeresistance.hautegaronne
gratuit
Visite flash numérique
Musée de la Résistance et de la Déportation 52, allée des Demoiselles 31400 Toulouse Toulouse Toulouse Sud-Est




Ordre de la Libération
L’Ordre de la Libération souhaite rendre hommage au plus jeune titulaire de la médaille de la Résistance française avec rosette, Jean-Pierre Thomas, décédé le samedi 27 février dernier et qui aurait fêté aujourd’hui son 90ème anniversaire.
Né le 6 mars 1931 à Paris, Jean-Pierre Thomas passe son enfance chez ses grands-parents dans le Morbihan. Ayant pour modèle Jean Corentin Carré, un très jeune héros de la Première Guerre mondiale, il ment sur son âge pour entrer chez les Francs-tireurs et partisans français du maquis de Boutel en mai 1943. D’un courage exceptionnel et d’un sang-froid remarquable, il assure des missions de liaison et de renseignements avec un grand mépris du danger. Il sera arrêté deux fois et réussira à chaque fois à s’évader pour poursuivre le combat jusqu’à la libération. Il était le plus jeune des 4 555 titulaires de la médaille de la Résistance avec rosette.
L’Ordre de la Libération adresse à son épouse, à sa famille et à ses proches ses plus sincères condoléances.
