Les derniers jours de Jean Moulin à Chartres, de Gérard Leray

Les derniers jours de Jean Moulin à Chartres, de Gérard Leray

Publié le  Par Pascal Hébert

L’Histoire de France recèle ses parts d’ombre que peu osent placer sous les projecteurs. Certaines vérités sont parfois occultées volontairement ou non dans les livres officiels. Il faudra bien un jour qu’on se penche sur cette question dérangeante. Le peuple français doit-il être indéfiniment infantilisé ? Avec Charles de Gaulle revenu au pouvoir en 1958, c’est toute la Résistance qui est mise en valeur.

Dans les années soixante, où la télévision est tenue d’une main de fer par le pouvoir et où la censure est une réalité, combien d’émissions des Dossiers de l’écran ont été consacrées à la Résistance française ? Un très grand nombre. A cette époque où il était important de glorifier la Résistance, le pouvoir lui donne un nom et un visage : Jean Moulin. L’ancien préfet de Chartres incarne le courage, l’abnégation et une part romanesque digne des plus grandes tragédies puisqu’il a été trahi, torturé et est mort entre les mains de l’ennemi sans avoir jamais dénoncé ses compagnons de route. La France le glorifie et le panthéonise. C’est un héros national comme on les aime.

Les manuels d’histoire retiennent de Jean Moulin son rôle essentiel d’unificateur de la Résistance. On le présente même comme le premier Résistant de la France en juin 1940 à Chartres où il s’oppose aux Allemands. Néanmoins, l’histoire de Jean Moulin, préfet d’Eure-et-Loir, est mal connue dans les détails. Homme de valeur, Jean Moulin aurait pu logiquement démissionner de son poste après son premier contact musclé avec les Allemands. Contre toute attente, il reste jusqu’à son éviction le 16 novembre 1940. Au cours de cette période (de juillet à novembre 1940, 129 jours exactement), le représentant de l’État Français obéit au gouvernement du maréchal Pétain. Il continue de faire fonctionner la machine administrative française répondant aux ordres des vainqueurs.

L’obsession des Allemands concernant les juifs ne tarde pas à se manifester. En parallèle, le 3 octobre 1940, la loi portant sur le statut des juifs est promulguée par Philippe Pétain. La Révolution nationale de l’État Français est lancée, entraînant la France dans une politique clairement raciste et marquant le début de la politique de collaboration du régime de Vichy avec les nazis pour la traque et l’extermination des juifs.

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