Auteur : JNR-CPL

HOMMAGE. Bernard Bouveret, dernier passeur de Franche-Comté et Résistant, est décédé à 96 ans

HOMMAGE. Bernard Bouveret, dernier passeur de Franche-Comté et Résistant, est décédé à 96 ans

Bernard Bouveret, jurassien Résistant, passeur mais aussi ancien déporté de Dachau est décédé ce samedi 7 novembre à l’âge de 96 ans.

Il était un sacré personnage. Ceux qui ont eu la chance de le rencontrer, dans son Haut-Jura natal ou ailleurs, se souviennent de lui comme d’un homme hors du commun. « Nous nous souviendrons de l’homme que tu étais : courageux, engagé, simple, généreux, attentionné. Merci pour ce beau passage sur terre ! Beaucoup de chagrin mais nous te gardons solidement dans notre coeur. Tu seras un exemple pour ces autres passagers que nous sommes » peut-on lire sur une page web qui lui est destinée, et sur laquelle les hommages se multiplient depuis l’annonce de son décès.

Il faut dire que le Jurassien a eu une vie incroyable. En 1940, à l’âge de 16 ans, il s’engage dans la Résistance française par l’intermédiaire d’un ami de son père. Commencent alors des va-et-vient incessants entre Chapelle-des-Bois, son lieu de vie, et la Suisse voisine, mais en passant par les bois pour éviter les troupes allemandes.

Près de 200 personnes passent la frontière avec Bernard

Le massif du Risoux, il finit par le connaître par coeur. Il transporte des documents secrets, des micro-films, puis lorsque la guerre se durcit, ce sont des familles juives fuyant les Nazis qu’il aide à traverser.

Le passeur aura guidé près de 200 personnes, souvent en pleine nuit, jusqu’aux bornes suisses, en prenant des risques considérables. L’un de ces amis passeurs perdra la vie dans ce bois, mort sous les balles des Allemands.

Le Manifeste du Conseil National de la Nouvelle Résistance

Le Manifeste du Conseil National de la Nouvelle Résistance

Le Manifeste du Conseil National de la Nouvelle Résistance

SORTIE LE 15 OCTOBRE en kiosque et en librairie sur commande

« Ceux qui se battent peuvent perdre, ceux qui ne se battent pas ont déjà perdu», Brecht

Face à l’incapacité du gouvernement et à la tentation, chaque jour plus grande, de l’autoritarisme, il nous faut agir. Pour mener le combat du jour d’après, nous avons lancé la création d’un Conseil National de la nouvelle Résistance (CNNR) en nous plaçant sous la tutelle de l’histoire, mais aussi des luttes sociales et écologiques contemporaines.

Notre ambition est d’offrir un point de ralliement à toutes celles et ceux (individus, collectifs, mouvements, partis ou syndicats) qui pensent que les « Jours heureux » ne sont pas une formule vide de sens mais l’horizon d’un programme politique véritable.

Dans un premier temps, il s’agit d’énoncer les principes selon lesquels notre
société devra désormais être gouvernée et de sommer les responsable politiques de prendre des engagements vis-à-vis d’eux. Dans un deuxième temps, il s’agira d’établir un programme à partir de ces principes, mais aussi des idées et expériences de chacun, afin de le mettre en oeuvre au plus vite.

MEMBRES DU CONSEIL NATIONAL DE LA NOUVELLE RÉSISTANCE (CNNR) :
Benjamin Ball, Sabrina Ali Benali, Julien Bartoli, Samuel Churin, Martine Durix, Katell Gouëllo, Yannick Kergoat, Xavier Ricard Lanata, Ludwig Lechere, Alain Lenud, Dorine Le Pêcheur, Florent Massot, Paloma Moritz, Maxime Ollivier, Fatima Ouassak, Gilles Perret, Benoît Piédallu, Véronique Pinoteau, Anne-Claire Rafflegeau, Jean-Charles Raymond, Cécilia Rinaudo, Denis Robert, Pablo Servigne.

15 octobre 2020 Prix TTC : 3,90 €
ISBN version librairie papier : 9782380352702
ISBN numérique : 9782380352719
Diffusion kiosque : L 11663
Format : 125 x 210 mm
32 pages

Pierre Simonet, l’un des trois derniers compagnons de la Libération, est mort à 99 ans

Pierre Simonet, l’un des trois derniers compagnons de la Libération, est mort à 99 ans

Engagé dès juin 1940 dans les Forces françaises libres au côté du général de Gaulle, combattant de Bir Hakeim en 1942, il s’était ensuite mis au service de plusieurs institutions internationales.

Par Publié le 06 novembre 2020 à 00h17 – Mis à jour le 06 novembre 2020 à 05h05

A Toulon, la maison de Pierre Simonet, dont les fenêtres ouvraient sur le mont Faron, racontait une vie hors norme qui vient de s’achever, jeudi 5 novembre à l’âge de 99 ans. Le décor faisait voyager le visiteur d’Asie en Afrique, bien plus que les phrases parcimonieuses, pudiques, de l’hôte, qui buvait son thé et racontait sa vie par courtes lampées. « On n’aime pas les grands mots dans la famille », s’excusait-il. Le récit était ponctué de longs silences qui en disaient bien plus. Les pensées semblaient alors s’évader vers un ailleurs sans doute indescriptible à qui ne l’avait pas connu.

Comment raconter cette guerre qui l’a trimbalé à travers la moitié de la terre ? Comment décrire, par exemple, la guerre de hasard, de maraude dans le désert libyen, où l’on pouvait être tour à tour chasseur et proie ? Comment raconter la bataille de Bir Hakeim et sa pluie d’acier ? Et la Syrie avec ces journées exténuées de chaleur ? Et l’Italie ? Et la libération de la France ? Comment ?

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La manifestation des étudiants, à l’Étoile le 11 novembre 1940,

La manifestation des étudiants, à l’Étoile le 11 novembre 1940,

Résumé de l’article. La « manifestation des étudiants » du 11 novembre 1940 occupe une place bien identifiée dans l’histoire de la résistance française, celle de la première forme d’opposition publique aux Allemands, et elle suscite à ce titre l’objet d’un récit assez consensuel sur son déroulement et ses suites.

Sources universitaires, policières et allemandes à l’appui, Alain Monchablon vient opportunément rappeler le caractère spontané de l’événement ainsi que la complexité de la composition des participants, des différents acteurs institutionnels impliqués comme des réactions allemandes et françaises, très dures même si elles ne firent pas de morts comme on l’a longtemps cru. Ces faits permettent alors, dans un bel exercice d’histoire de la mémoire, de dégager les logiques à l’œuvre dans la lente reconstitution du souvenir et notamment dans sa réappropriation communiste après-guerre. Les épisodes apparemment les plus balisés de l’histoire des réactions françaises à l’occupant recèlent ainsi des surprises qui permettent de mieux comprendre les situations du moment.

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Le « Journal de guerre » de Paul Morand, un témoignage capital sur le rôle de Vichy dans l’extermination des juifs

Le « Journal de guerre » de Paul Morand, un témoignage capital sur le rôle de Vichy dans l’extermination des juifs

Des notations de première main qui révèlent l’état d’esprit du gouvernement de Vichy, accablant, mêlant cynisme hâbleur, mauvaise conscience agressive et humour poisseux.

Par Laurent Joly Publié le 05 novembre 2020 à 07h30 – Mis à jour le 05 novembre 2020 à 07h52

A qui douterait de l’inanité historique de la théorie du « moindre mal » (en vertu de laquelle le gouvernement de Vichy n’aurait livré les juifs apatrides aux nazis à l’été 1942 que pour sauver les juifs français exigés par l’occupant et en ignorant le sort fatal qui attendait les déportés), on ne pourrait que conseiller de se reporter aux pages du Journal de guerre de Paul Morand (Tome I. Londres, Paris, Vichy.1939-1943, Gallimard, « Les cahiers de la NRF », 1028 p., 27 €) consacrées au « problème juif ». D’une authenticité incontestable, ces notations de première main révèlent un état d’esprit accablant, mêlant cynisme hâbleur, mauvaise conscience agressive et humour poisseux. Le vase clos de Vichy dans ce qu’il avait de pire.

Antisémite chevronné

C’est Laval défendant froidement sa politique en petit comité le 15 août 1942 : « L’alignement du problème juif français sur le problème juif allemand (…) ne nous coûte rien et n’a pour nous que des avantages. Le sol seul compte. »

C’est Bousquet, le chef de la police de Vichy, pérorant à la « popote » de l’Hôtel du Parc, le 31 août 1942 : « Je ne les poursuis [les juifs] que comme antigouvernementaux. Je les sonne dur pour qu’ils comprennent. J’en ai liquidé treize mille et continuerai jusqu’à ce qu’ils se calment. » Puis, réagissant à la remarque d’un collaborateur de Laval au sujet des exemptions pour certains juifs, de s’exclamer : « Dès qu’on fait une exception, tous y passent. »

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Ils échappent à un peloton d’exécution nazi, Beauvais à la Une du DailyMail

Ils échappent à un peloton d’exécution nazi, Beauvais à la Une du DailyMail

Dans un article du journal britannique le DailyMail (édition du 18 octobre), Lord Ashcroft, auteur d’ouvrage historique, rapporte une histoire incroyable, celle de deux jeunes parachutistes des forces spéciales de l’armée de l’air britannique (SAS), dont les destins se sont liés dans le Beauvaisis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Deux destins liés

Tout commence à l’aube du 9 août 1944, sept hommes, tous menottés, sont transportés par des SS allemands dans un camion à travers la campagne beauvaisienne. Ces hommes sont des soldats du SAS capturés derrière les lignes ennemies dans la France alors occupée par les Allemands. Après des semaines d’emprisonnement, y compris des interrogatoires brutaux aux mains de la Gestapo, les soldats savent que la fin est proche… Le camion s’arrête aux abords d’une clairière dans les bois. « Allons-nous être fusillés ? » demande alors le caporal Jean Dupontel, 30 ans, l’un des prisonniers. « Bien sûr, vous allez être abattus. Qu’est-ce que tu crois que c’est, un pique-nique ? » lui répond un des gardes en ricanant. Dupontel est aligné pour être fusillé. Il a tellement peur que ses genoux tremblants le lâchent, il tombe à moitié au sol, mais les crosses de plusieurs fusils SS le propulsent vers l’avant. Les pensées du soldat affaibli et affamé par la torture se tournent vers son jeune frère, Antoine, qu’il n’avait pas vu depuis cinq ans mais qu’il savait combattant avec la Résistance française. Puis, en écoutant le chant des oiseaux, il pense à ses parents, qui vivaient dans une petite maison en Bretagne. « Que Dieu m’aide », murmure-t-il dans un souffle. « Je suis trop jeune. Je ne veux pas être abattu comme un chien sous ces arbres ».

« Je suis trop jeune. Je ne veux pas être abattu comme un chien »

Alors qu’il pense vivre ses derniers instants, Dupontel jette un coup d’œil à son meilleur ami, le caporal Thomas « Ginger » Jones. Un capitaine SS lit une déclaration: « Ayant été jugé et reconnu coupable devant une cour martiale d’avoir collaboré avec des terroristes français et de mettre ainsi en danger la sécurité de l’armée allemande, vous avez été condamné à mort par balle ». Ce qui s’est passé ensuite est « l’une des histoires les plus remarquables de toute la guerre de 1939-1945 », explique Lord Ashcroft. Quelques instants plus tôt, Dupontel avait réussi à libérer sa main droite des menottes, mais il gardait ses bras devant lui pour faire semblant qu’ils étaient toujours restreints. Alors que le groupe de soldats SS lève les armes pour tirer, Dupontel laisse échapper un rugissement comme une bête sauvage et se précipite en avant. Il réussit à passer entre l’un des officiers allemands et un civil qui regardait l’exécution. Il court à travers l’obscurité dans les bois. Un officier allemand tire un coup de feu. Dupontel tombe au sol. Le soldat est vivant. Il vient de trébucher sur la racine d’un arbre. Il se relève et court à travers les ronces et le feuillage alors que les balles sifflent le long de son corps. « Cher Dieu, aidez-moi », crie-t-il. Mais à la lisière de la forêt, il arrive devant une haie haute et épaisse alors que les Allemands sont sur ses talons. Il finit par réussir à passer par dessus et échapper à ses assaillants.

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Un atterrissage en pleine nuit qui ne s’oublie pas

Un atterrissage en pleine nuit qui ne s’oublie pas

Ce samedi, lors des obsèques du résistant François-Yves Guillin en l’église Sainte-Foy, discrètement au milieu des fidèles, on remarquait une étole bleu blanc rouge. Il s’agissait de Jean-Claude Ducarre, maire de Melay, une commune de Saône-et-Loire en Bourgogne-Franche-Comté.

Intrigué par cette présence officielle, il l’expliquait à Véronique Sarselli, maire : « Je tenais à être là : tous les 20 mars, à Melay, nous commémorons l’atterrissage d’un Lysander dans la nuit du 19 au 20 mars 1943 : cet avion déposait trois grands personnages de la Résistance française, Jean Moulin, le général Delestraint, chef de l’armée secrète du Général de Gaulle et Christian Pineau, fondateur du bulletin clandestin Libération. C’était pour ces grands résistants leur dernier retour de Londres. Sur les lieux de cet atterrissage, une stèle a été érigée en 1990, depuis tous les 20 mars, nous sommes là. Et François-Yves Guillin, secrétaire du Général Delestraint, soucieux de conserver la mémoire de tels engagements patriotiques, venait régulièrement parler, avec une humilité impressionnante, aux jeunes de notre commune. Ce matin, je lui devais d’être là. »

 

Théâtre. Les confidences de Jean-Philippe Daguerre, qui a écrit sa nouvelle pièce Le petit coiffeur à Chartres

Le petit coiffeur est jouée au théâtre Rive Gauche de Paris. Jean-Philippe Daguerre a écrit la pièce à Chartres (Eure-et-Loir), en s’inspirant de la célèbre photo de Robert Capa.

Jean-Philippe Daguerre a écrit et mis en scène Le petit coiffeur, actuellement jouée au Théâtre Rive Gauche de Paris.

La pièce se déroule à Chartres (Eure-et-Loir) en août 1944, dans le salon de coiffure de Pierre et de sa mère, héroïne de la Résistance française. « Le père de Pierre a été déporté, et la coiffure, dans cette famille, c’est de père en fils. Pierre, qui est un artiste dans l’âme, va faire une rencontre qui va tout changer », raconte le metteur en scène.

Le metteur en scène voulait traiter de l’épuration sauvage, au lendemain de la Libération de la France. Les femmes accusées de collaboration avec les Allemands étaient tondues, « la plupart du temps par le coiffeur du coin, qui possédait une tondeuse », raconte Jean-Philippe Daguerre.

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Robert Nehlig, le centenaire résistant d’Ennery

Robert Nehlig, le centenaire résistant d’Ennery

Val-d’Oise. Robert Nehlig, le centenaire résistant d’Ennery

Ancien résistant et soldat de la Libération, Robert Nehlig a fêté ses 100 ans dans sa ville natale, à Ennery.

Souffler 100 bougies ? Même pas peur ! Du haut de son siècle, célébré le 8 septembre, à l’Ehpad Les Jardins d’Ennery, Robert Nehlig en a vu d’autres.

Le vénérable centenaire a fait la guerre et connu une sale époque. Celle où la liberté d’expression n’existait plus et où militer et exprimer une opinion différente de celle de l’occupant pouvait valoir douze balles dans la peau.

Brassards et champignons

Pendant l’Occupation, Robert est à Ennery. Il rejoint les rangs des Francs tireurs et partisans (Ftp), l’une des organisations de la résistance française.

À l’été 1944, son chef de réseau lui demande de se rendre à Parmain pour récupérer des brassards tricolores qui équiperont les résistants au moment de la Libération toute proche.

« J’ai récupéré les brassards. Je les ai mis dans mon panier et je suis monté sur mon vélo, se souvient Robert. Je me suis arrêté en chemin pour ramasser des champignons que j’ai mis dans mon panier. »

Quelques minutes après avoir enfourché son biclou, Robert tombe nez à nez avec des soldats allemands en pleine retraite.

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