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Binic-Étables-sur-Mer. Le réseau Shelburn, un exemple pour les jeunes

Binic-Étables-sur-Mer. Le réseau Shelburn, un exemple pour les jeunes

C’est pour célébrer le jour du Débarquement, le 6 juin 1944, que les collégiens en parcours d’excellence à Saint-Brieuc, Plémet et Collinée ont découvert, jeudi à l’Estran, le film consacré au réseau Shelburn. Un long-métrage qui illustre l’action, en 1944, d’hommes et de femmes de la région de Plouha dans la Résistance.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le réseau Shelburn avait permis d’évacuer par la mer et vers l’Angleterre 135 aviateurs alliés abattus au-dessus de la France. Le film réalisé par Nicolas Guillou a montré aux jeunes comment des citoyens ordinaires se sont volontairement engagés pour une cause. Aujourd’hui, cette cause peut être associative comme ce fut le cas autour du projet de l’association Les Mémoires de l’histoire de Plouha, à l’initiative du film.

L’exemple de Shelburn a pour objectif de motiver ces élèves de quartiers ou de milieux défavorisés à poursuivre leurs études ou à mieux s’insérer sur le plan professionnel via un tutorat par des étudiants et des visites culturelles dès la troisième. Ce tutorat s’accompagne d’un suivi individualisé tout au long de la scolarité, quelle que soit la filière choisie.

Après avoir échangé avec le réalisateur et les membres de l’association, les collégiens et les étudiants tuteurs ont mis le cap sur Plouha pour une découverte de ce haut-lieu de la Résistance française.

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Le maquis et la Résistance commémorés

Le maquis et la Résistance commémorés

Le 27 mai est la date anniversaire de la création du Conseil national de la Résistance, crée autour de Jean Moulin afin de coordonner les différents mouvements de Résistance française, en 1943 pendant l’Occupation. Cette date a été célébrée lundi matin à Brougues, sur les hauteurs de Croquié, sur la commune de Mercus. Les discours officiels de la préfète, du sénateur et de la maire de Mercus ont eu lieu devant le monument érigé en l’honneur de la Résistance ariégeoise. Paul Gos, fils de grands résistants, a ensuite pris la parole au nom de l’Office national des anciens combattants et résistants. Il a pris le temps d’échanger avec les élèves de l’école primaire de Mercus et ceux venus du collège du Couserans à Saint-Girons et de leur raconter «le maquis de Croquié».

Attentifs et curieux d’approfondir le sujet abordé en classe, les premiers ont chanté «La Marseillaise», tandis que les collégiens présentaient une partie de leur futur spectacle mêlant chorégraphie et textes traitant de la Résistance. Cette cérémonie a eu lieu à l’endroit même où ce maquis s’était constitué, au pied de ce singulier et émouvant monument qui en garde la mémoire.

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Qui était Henri Fertet, jeune résistant dont Emmanuel Macron a lu la lettre d’adieu ?

Qui était Henri Fertet, jeune résistant dont Emmanuel Macron a lu la lettre d’adieu ?

À l’occasion du 75ème anniversaire du Débarquement, le président a lu la dernière lettre que le jeune homme, fusillé à l’âge de 16 ans, a adressée à ses parents.

Une lettre poignante, écrite par un jeune résistant français avant d’être fusillé : tel était le texte choisi mercredi matin par Emmanuel Macron lors de la cérémonie internationale du 75e anniversaire du Débarquement à Portsmouth.

À l’âge de 16 ans, Henri Fertet écrit sa dernière lettre, adressée à ses parents. “Je meurs pour ma patrie. Je veux une France libre et des Français heureux. Non pas une France orgueilleuse et première nation du monde, mais une France travailleuse, laborieuse et honnête. Que les Français soient heureux, voilà l’essentiel… Papa, je t’en supplie, prie. Songe que, si je meurs, c’est pour mon bien. Quelle mort sera plus honorable pour moi que celle-là ? Adieu, la mort m’appelle, je ne veux ni bandeau ni être attaché”.

Un résistant arrêté à 16 ans

Fils d’instituteur, élève de seconde à Besançon, Henri Fertet avait été arrêté en 1943 chez ses parents, puis exécuté dans la même ville le 26 septembre 1943, avec quinze de ses 23 co-inculpés.

Après 87 jours d’emprisonnement et de torture, il écrit à ses parents, et conclut sa lettre par ces mots : “C’est quand même dur de mourir. Mille baisers. Vive la France”.

75 ans plus tard, ses adieux ont été repris par Emmanuel Macron, qui a choisi de ne pas faire d’autre discours. À l’issue de cette lecture, le baryton britannique Sir Willard White a interprété Le chant des Partisans, hymne de la Résistance française.

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75e D-Day. Emmanuel Macron a rendu hommage aux fusillés de la prison de Caen, et à la résistance normande

75e D-Day. Emmanuel Macron a rendu hommage aux fusillés de la prison de Caen, et à la résistance normande

Pour la première fois, un président de la République est venu rendre hommage aux 80 fusillés de la prison de Caen (Calvados), le 6 juin 1944. La cérémonie s’est déroulée ce 5 juin.

Au cours d’une cérémonie très intime devant la maison d’arrêt de Caen (Calvados), mercredi 5 juin 2019, la présidence de la République a tenu à rendre hommage aux résistants français pendant la Seconde guerre mondiale, et particulièrement aux fusillés de la prison de la ville. 35 familles de 71 des hommes fusillés identifiés comme ayant était victimes de ce massacre, étaient présentes.

Parmi les invités, Bernard Duval, déporté le 20 mai 1944 depuis la maison d’arrêt caennaise. Cette décision des autorités allemandes lui a permis d’échapper à la fusillade. Il « porte le stigmate de cette tragédie et il est la mémoire de leur chair sacrifiée », comme l’a présenté Valérie Rapeau, directrice du protocole à la mairie avant qu’il ne prenne la parole :

“Il y a 75 ans, a été commis un massacre que seul le régime nazi savait orchestrer. Et il était dit que devant l’impossibilité d’un transfert de prisonniers, la Gestapo ne pouvait qu’ordonner leur exécution pure et simple.”

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Les Compagnons de la Libération, Leclerc à Koufra, Messmer à Bir Hakeim

Les Compagnons de la Libération, Leclerc à Koufra, Messmer à Bir Hakeim

Retour sur Histoire, celle de la défaite française de juin 40, le régime collaborationniste de Pétain à Vichy, le message du 18 juin du général De Gaulle qui appelle les Français Libres à la résistance et à poursuivre le combat. Ils seront peu nombreux au départ mais pour distinguer les meilleurs d’entre-eux, bien souvent des anonymes qui ont dit non à la défaite, De Gaulle crée l’ordre de la Libération. Les titulaires seront ses compagnons. Un ordre très peu décerné que ce soit à des femmes (pas beaucoup, 6), à des hommes restés pour la plupart méconnus, à des villes françaises martyres, des unités combattantes. Au total 1038 personnes, 5 communes, 18 unités ont été élevées dans cet ordre qui disparaîtra à la mort du dernier compagnon et n’a plus admis de membre après 1946.

On va retrouver quelques figures de cet ordre mythique, prestigieux, dans Les Compagnons de Libération, collection que publie Grand Angle. Une excellente façon de rendre hommage à ces Français qui se sont battus pour que la France vive, se libère, au péril de leur vie, de leur famille restées otages, sans certitude du lendemain. Deux noms célèbres ouvrent les pages du souvenir, le Général Leclerc qui avait fait le serment que le drapeau français reflotterait sur Strasbourg, et Pierre Messmer qui deviendra ensuite ministre de De Gaulle. Il y aura aussi Jean Moulin et, on l’espère, des noms de personnages moins connus mais tout autant héroïques.

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Bande dessinée et résistance : quand la BD réécrit le Roman National

Bande dessinée et résistance : quand la BD réécrit le Roman National

Parce qu’il ne faut pas laisser la nation aux nationalistes, parce que nous devons être reconnaissants vis-à-vis des aînés qui se sont battus pour notre liberté, parce que la démocratie est une longue chaîne de combats de chaque instant jamais épuisés, il est utile de prendre exemple sur les héros de la Résistance mais aussi de méditer sur les raisons et les façons de résister. Plusieurs auteurs de bande dessinée s’y sont récemment employés…

Lors du Salon du Livre en mars dernier, nous assistions à une rencontre entre Émile Bravo, l’auteur d’un Spirou hors du commun, L’Espoir malgré tout (Dupuis), Vincent Dugomier et Benoît Ers, les auteurs de la série Les Enfants de la Résistance (Le Lombard) et Henry Rousso, grand historien connu notamment pour avoir forgé les vocables de « résistancialisme » et de « négationnisme ».

Celui-ci rappela la définition basique du mot « résistance » : nuire à la puissance occupante. Il remit aussi dans nos mémoires la singularité de la France occupée pendant la Seconde Guerre mondiale : contrairement au reste de l’Europe, il y avait en France un gouvernement « légitime » qui a collaboré avec l’Allemagne. Beaucoup de gens n’ont pas résisté parce qu’il y avait Pétain qui « arrêtait la guerre » faisant le don de sa personne à la nation. C’était, pour la plupart de ces gens qui avaient un vif souvenir de la Première Guerre mondiale, un immense soulagement.

Se battre contre Vichy -une dictature, rappelons-le- n’était pas évident en raison de la popularité du vieux maréchal. Peu de gens étaient pro-allemands mais beaucoup étaient pro-Pétain. Rousso rappelle à juste titre que la résistance à Vichy avait joué un rôle essentiel dans le soutien à De Gaulle. C’était une résistance essentiellement politique, mais qui a été très importante dans le discrédit de Pétain, figure paternelle très forte soutenue par un travail de propagande puissant dans les écoles autour de la « Révolution nationale », produit de la vieille droite maurassienne.

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Résistance. Bientôt une rue Simone-Weil

Résistance. Bientôt une rue Simone-Weil

Claude Renoult l’a annoncé ce lundi en fin de matinée : il y aura bientôt une rue Simone-Weil à Saint-Malo. Dans son discours à l’occasion de la 76e Journée de la Résistance, le maire a évoqué le passé et l’engagement de l’ancienne ministre.

Un jour après les élections européennes, le maire est revenu sur l’engagement de l’ancienne résistante et de son combat pour l’Europe : « Au lendemain d’un suffrage qui a malheureusement enregistré la montée des partis eurosceptiques, il est salutaire de rappeler aujourd’hui les paroles prononcées par Simone Veil, qui fut la première présidente du Parlement européen : « Se fixant de grandes ambitions, l’Europe pourra faire entendre sa voix et défendre des valeurs fortes : la paix, la défense des droits de l’homme, davantage de solidarité entre les riches et les pauvres. L’Europe, c’est le grand dessein du XXIe siècle ». Ces mots, prononcés par cette femme admirable qui fut victime de la barbarie nazie, résonnent admirablement aujourd’hui dans cet enclos de la Résistance ».

Le maire a également rappelé le souvenir des résistants malouins, disparus ou encore en vie. « Pierre Demalvillain qui entre dans un réseau à l’orée de ses 15 ans, le docteur Jean Andreïs qui survivra à Dachau, et reviendra à Saint-Malo vivant mais très affaibli, Jeannine Leclerc qui se fit employer à la Kommandantur de Saint-Malo pour y recueillir, au péril de sa vie, de précieux renseignements. Souvenons-nous des frères Cotteret, Marcel, fusillé au Mont Valérien et Henri qui s’engage dans les Forces françaises libres. N’oublions jamais ceux qui, comme lui, ne pouvant accepter la défaite, prirent les armes pour continuer le combat : Raymond Perrussel, Joseph Guerlavais, Jean Morel et Jacques Legall ».

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Histoire incroyable de la seconde guerre mondiale : en Loir-et-Cher, 152 aviateurs alliés ont été cachés dans un bois

Histoire incroyable de la seconde guerre mondiale : en Loir-et-Cher, 152 aviateurs alliés ont été cachés dans un bois

À l’occasion du 75éme anniversaire du camp de Bellande (41), les commémorations du débarquement font ressurgir l’épopée d’un campement-refuge pour des pilotes récupérés dans toute la France. Pendant 2 mois, la résistance française et les villageois ont réussi à les dissimuler.

Par Nathanael Lemaire

Dans son souci de récupérer ses pilotes au plus vite, Londres avait demandé à la résistance française de récupérer ses pilotes après le crash de leurs avions sous le feu de la DCA allemande dans le Nord de la France. Une décision motivée par la pénurie de pilotes formés au moment du débarquement. Le premier passage d’exfiltration par l’Espagne étant trop long, la consigne est…l’historien local Jean-Claude Galerne raconte aux visiteurs : “On voulait récupérer très rapidement ces aviateurs après le débarquement. Parce qu’on en avait besoin. Il faut 6 mois pour former un pilote, alors qu’on construisait à l’époque 20 bombardiers par jour. Il fallait les récupérer pour les remettre au plus vite en opération. Par l’Espagne, il fallait plusieurs mois. Il est bien certain que les alliés pensaient que le front de Normandie allait être facilement percé et qu’on allait arriver très vite ici. C’est pour ça que le service renseignement anglais avait dit : un triangle entre Le Mans, Chartres et Orléans“. Une indication qui a aboutit au choix des 10 hectares du petit bois de Bellande, entre deux communes(Villebout/Bellande) et entre deux départements (Loir-et-Cher/Eure-et-Loir).

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Journalisme et micro-histoire : entretien avec Stéphanie Trouillard

Journalisme et micro-histoire : entretien avec Stéphanie Trouillard

Journaliste passionnée d’histoire, Stéphanie Trouillard est bien connue de tous ceux qui échangent sur Twitter et suivent avec intérêt ses reportages sur la guerre de 14-18, sa commémoration et plus récemment son webdocumentaire consacré à une jeune lycéenne juive déportée, Louise Pikovsky. Après le succès mérité de Si je reviens un jour en 2017, elle vient de publier aux éditions Skol Vreizh Mon oncle de l’ombre, Enquête sur un maquisard breton. Cette plongée dans l’histoire de la Shoah, avec Louise, et dans celle de la Résistance, en retraçant le parcours de son grand-oncle André Gondet, est un bon exemple de cette micro-histoire, qui enrichit tant le travail mené avec des élèves, si on a l’opportunité d’avoir accès à des sources.

* La version originale de cette interview a été publiée par l’Association des Professeurs d’Histoire-Géographe (APHG) sous le titre « Du journalisme à la micro-histoire : entretien avec Stéphanie Trouillard » . Il est repris ici dans le cadre d’un partenariat entre Nonfiction et l’APHG, dont le but est de diffuser aussi largement que possible la recherche historique en train de se faire. 

 

APHG : Quel est votre parcours ?

Stéphanie Trouillard : Je viens d’une famille bretonne, originaire du Morbihan. Après deux années de classes préparatoires littéraires à Nantes puis Sciences Po à Bordeaux, j’ai intégré l’Ecole de journalisme de Lille. Ensuite, j’ai passé deux ans et demi à Tanger pour une chaîne de télévision franco-marocaine, dix-huit mois à Montréal, pour Radio Canada où j’ai travaillé sur le site web et couvert le sport. De retour en France, après différentes piges pour LCI, TV5, Slate Afrique et France 24, j’ai finalement été engagée par France 24, avec un CDI. Je suis spécialisée dans l’actualité internationale et le sport.

 

UNE PLACE DANS LA MEMOIRE FAMILIALE

Mais ceux qui vous connaissent ont noté un intérêt marqué pour l’histoire et la mémoire des deux grands conflits mondiaux …

En novembre 2013,  j’ai demandé à couvrir la commémoration de la Grande Guerre et le soixante-dixième anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale. Cela m’a permis de retracer le parcours des poilus de ma famille et en particulier de ceux morts pour la France.

L’histoire familiale rejoint ici l’histoire générale, car toutes les familles ont eu un ou plusieurs hommes mobilisés et un ou plusieurs poilus morts au combat ou des suites de leurs blessures de guerre. Mon grand-père paternel, mobilisé dans le Tarn-et-Garonne a combattu à Verdun au Chemin des Dames. Il y avait à la maison des traces évidentes de cette guerre, ne serait-ce qu’avec le casque, le sabre, les médailles et décorations…Enfant, lorsque mon grand-père avait les bras nus, j’étais intriguée par les cicatrices, presque symétriques, qu’il avait sur les deux bras…marques du projectile allemand qui lui avait transpercé le bras droit puis le gauche ! Un de mes grands-oncles, mort en 1915 à Perthes-les-Hurlus, est inhumé près de Suippes, un autre, tombé au Chemin des Dames,  le 17 avril 1917,  est enterré dans le cimetière de Soupir, dans l’Aisne.

L’accès aux archives, via le site Mémoire des hommes et les sites des archives départementales ont permis aux familles de se pencher sur ce pan de leur histoire. De fructueuses initiatives historiques et pédagogiques ont permis l’indexation des poilus ainsi que des travaux d’histoire en classe, du cycle 3 jusqu’au lycée.

 

Parmi vos multiples reportages, on retrouve des batailles, comme Passchendaele, Verdun, des commémorations (où l’histoire familiale rejoint celle du pays tout entier) et  dans le cadre de ce que vous appelez votre centenaire vous avez été entraînée bien loin des combats et des tranchées de la Somme, de l’Aisne, de la Marne, de la Lorraine, de ces fronts célèbres auxquels on pense le plus souvent … plus loin, vers le front d’Orient…

Je suis d’abord partie à la recherche de mon arrière-grand-oncle Joseph Trouillard mort au cours de l’offensive de l’Artois en 1915. Puis j’ai découvert un autre arrière-grand-oncle, Joseph Gondet, qui a combattu dans les Balkans. Tout ce travail d’enquête a permis l’élaboration d’un carnet de voyage, un périple qui m’a menée jusqu’en Macédoine. Mobilisé dans le Morbihan, en septembre 1914, il a d’abord intégré le 51e régiment  d’artillerie puis le 116e régiment d’infanterie à Vannes, avant d’être versé chez les zouaves en 1915. Son régiment a fait route vers les Balkans et Joseph a débarqué à Salonique le 15 novembre 1915. Il est mort le 13 novembre 1916, à Slivica, un an après presque jour pour jour.

Je n’ai aucune certitude quant à l’endroit exact où il est enterré, mais plus de 6200 soldats français sont inhumés dans le cimetière militaire de Bitola, où une tombe 4401 portant le nom d’un soldat GONDERE (et les erreurs de transcription étaient fréquentes !) est probablement la sienne …

Ce travail sur le centenaire m’a aussi permis de tirer de l’oubli mon arrière-grand-oncle Théophile Reminiac, décédé le 1917. Son nom se trouvait sur le monument aux morts du village de Caro, mais pas sur le site Mémoire des hommes, car il est mort chez lui, de tuberculose pulmonaire : le 262e régiment d’infanterie, dont il faisait partie, l’avait réformé. J’ai obtenu qu’il puisse être officiellement reconnu « Mort pour la France ».

André Gondet, un autre grand-oncle, connut une fin tragique. Le 12 juillet 1944, ce jeune maquisard avait été exécuté avec d’autres résistants, dans la ferme de Kerihuel, à Plumelec. Le 9 février 2019, il recevra à titre posthume, la médaille de la Résistance française.

 

SORTIR DE L’OUBLI… AU NOM DE LOUISE

Venons-en à la genèse de Si je reviens un jour … Les lettres d’une jeune lycéenne Louise Pikovsky ont été le point de départ de ce webdocumentaire, qui a rencontré un grand succès. Il a bénéficié du soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et remporté de nombreux prix.

J’ai découvert Louise et son histoire grâce à Khalida Hatchy, professeur documentaliste du Lycée Jean de la Fontaine, situé dans le XVIe arrondissement. Elle les avait récupérées grâce à une collègue de mathématiques, Christine Lerch. En 2010, à l’occasion d’un déménagement de matériel scolaire, cette dernière avait récupéré une enveloppe en kraft contenant un paquet de lettres, des documents et des photos, des livrets dans une armoire du lycée. Louise Pikovsky, une des élèves du lycée, avait échangé une correspondance avec mademoiselle Malingrey, professeur de latin-grec. Ces lettres avaient déjà été utilisées en 1988 dans un livret publié pour le cinquantième anniversaire de l’établissement .

Anne-Marie Malingrey, décédée en 2002,  à l’âge de 98 ans, avait raconté aux élèves l’histoire de Louise.

« Elle fut mon élève en 4e de 1941 à 1942, et de 1942 à 1943 en 3e A. Elle était blonde, avec de grands yeux bleus qui brillaient comme des étoiles. (…) Louise était une très bonne élève, en particulier en mathématiques où elle venait au secours de ses compagnes moins douées. Pendant les vacances 1942, nous avons correspondu souvent. Je lui envoyais des colis de ravitaillement depuis notre zone, moins défavorisée que la zone occupée…Un matin dont je ne sais plus la date je fus abordée en partant pour le lycée, par ma concierge qui me remit un cartable contenant des livres. On venait de lui apporter avec un mot (…). Louise était venue travailler chez moi la veille. Le signal d’alerte s’était fait entendre et je lui avais offert de la garder à coucher. Mais elle avait voulu rentrer pour rejoindre sa famille…et partir vers la mort. »

Les lettres, données au Mémorial de la Shoah sont consultables. Il y en a sept, mais les lettres de mademoiselle Malingrey n’ont pas été retrouvées.

 

Mener l’enquête …

J’ai été frappée par la qualité de l’écriture de Louise, par sa maturité alors qu’elle était une élève de quatorze ans. Celles qui m’ont parlé d’elles disaient qu’elle était la première partout et travaillait beaucoup. Khalida m’a sollicité et nous avons commencé les recherches. Un cousin germain de Louise, Jacques Kohn,  avait complété la page de témoignage à Yad Vashem, en souvenir de son oncle et sa tante Brunette Pikovsky et de leurs quatre enfants, déportés à Auschwitz-Birkenau le 3 février 1944.

Le lycée n’avait pas d’association des anciens élèves, il n’y avait pas de plaque signalant la déportation  des élèves juives qui y étaient scolarisées. Nous avons aussi voulu en savoir davantage sur les autres filles du lycée, mais ce fut plus difficile. Il fallait retrouver l’identité des autres élèves déportées, travailler à partir d’archives incomplètes… car les registres du lycée datant de l’époque de la guerre avaient disparu. Nous avons sollicité des élèves de premières S et ES pour compiler les livrets de prix que recevaient alors les bonnes élèves dans toutes les matières. Ils indiquent l’identité de certaines élèves, sous leur nom de jeune fille. Nous avons obtenu de l’aide des Archives Nationale, utilisé la base de données du Mémorial de la Shoah et de Yad Vashem. Nous avons identifié six élèves déportées et avons pu nous lancer dans un projet de pose de plaque en souvenir de ces élèves et de celles de l’âge de Louise, habitant le quartier. Ce projet s’est concrétisé grâce à l’Association pour la mémoire des enfants juifs déportés (AMEJD). Serge Klarsfeld est venu donner une conférence.

Le lycée devenait alors un objet d’histoire. Les élèves ont découvert qu’il avait été réquisitionné par la Kriegsmarine et que les jeunes filles avaient été obligées de suivre les cours au lycée Jeanson de Sailly. Ils ont  élèves ont été heureux de ce travail, utile, pour passer le témoin. Ils ont expliqué avoir les mains dans le cambouis, comme de vrais historiens !

Grâce à des sites de généalogie, à l’annuaire et à quelques clics sur Internet, nous avons réussi à contacter quelques anciennes élèves, âgées pour la plupart de 90 ans. Yvonne Ducroz se souvenait tout spécialement du nom de Fleurette Friedlander, une fille très intelligente qui travaillait bien, qui portait l’étoile juive. Elle a expliqué qu’un jour, on ne l’a plus vue et que comme on ne savait pas ce qui se passait à l’époque, on n’avait pas idée de ce qui avait pu lui arriver Julie Mercouroff relate une histoire analogue, d’une camarade de classe, arrivée en 1942, avec cette étoile, et n’était pas revenue à la rentrée suivante…dont elle a oublié l’identité, mais pas le visage.

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Bretagne : les femmes dans la Résistance, ces combattantes de l’ombre

Bretagne : les femmes dans la Résistance, ces combattantes de l’ombre

Leur rôle a été banalisé, oublié… Pourtant, bien des femmes ont pris des risques contre l’occupant, durant la Seconde guerre mondiale, en Bretagne. Un livre leur rend hommage.

À quelques exceptions près, les Résistantes bretonnes sont restées dans l’ombre. Jusqu’à maintenant, les historiens ne s’étaient jamais vraiment intéressées à leur rôle durant la Seconde guerre mondiale.

Une lacune aujourd’hui réparée par Isabelle Le Boulanger, docteure en histoire contemporaine et déjà auteure de plusieurs ouvrages sur les femmes en Bretagne.

« Il n’y avait pas de synthèse sur les Résistantes bretonnes », explique l’intéressée. Longtemps, « on a pensé que le rôle des femmes avait été complètement banal ».

« Depuis les années 80, le regard change, mais c’est lent. »

Pour son livre paru à la fin de l’année 2018, l’historienne s’est appuyée sur un corpus d’études malheureusement non exhaustif, mais dont la fiabilité ne souffre aucun doute : les dossiers de demande de la carte de Combattant Volontaire de la Résistance (CVR), conservés aux Archives départementales.

Isabelle Le Boulanger en a dépouillé 1.173, dont 303 pour les Côtes d’Armor.

Ce qui l’a le plus surprise en les lisant ?

« L’abnégation, le désintéressement des femmes. Cela se sent dans les courriers qu’elles envoient. « Je n’ai pas fait grand-chose », disent-elles. C’est typiquement féminin : elles ont tendance à minimiser leurs actions. »

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