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Ghislain Quétel raconte une épopée exceptionnelle de la Résistance normande

Ghislain Quétel raconte une épopée exceptionnelle de la Résistance normande

La médiathèque de Brionne organise une nouvelle conférence vendredi 22 novembre à 17 h 30 : « Résistance en Normandie, code d’honneur et rôle dans la réussite du Débarquement”

Depuis cinq ans, Ghislain Quétel propose des conférences gratuites sur la Résistance normande entre la Somme et le Pays Basque. À ce jour, 79 conférences ont été produites dans 10 départements différents (Calvados, Manche, Orne, Eure, Seine-Maritime, Somme, Eure-et-Loir, Côte d’Amor, Allier, Charente-Maritime, Pyrénées-Atlantiques). Ghislain Quétel est sociétaire de l’Association des Écrivains Combattants à Paris, auteur de « Résistance et Libération en Pays d’Auge… Et de Cherbourg à Pont-Audemer jusqu’à Amiens » (aux éditions les Cahiers du temps à Cabourg, ouvrage soutenu par la Région Normandie).

Dès l’invasion allemande de 1940, pendant quatre ans, la Normandie est suroccupée. Dans ce contexte difficile, contrairement à certains écrits défavorables d’après-guerre, les Résistants et les Patriotes normands n’ont pas démérité pour apporter leur contribution à la réussite du débarquement », explique Ghislain Quetel.

Fils de résistant, il a mené des investigations, plein-temps, pendant six ans « sur les pas du groupe Louvel » entre Cherbourg et Pont-Audemer jusqu’à Amiens. En effet, Émile Louvel, chef résistant de la première heure originaire de Touques, est traqué par la gendarmerie, la police française et la Gestapo, successivement dans le Calvados, la Manche, la Somme et l’Eure.

Cette épopée exceptionnelle est le fil conducteur pour expliquer les liaisons et les actions de la résistance normande entre les réseaux Centurie, FTP-FTPF normands et picards, Buckmaster Jean-Marie, Zéro-France, SNCF, PTT, maquis Stalhand dans le Calvados, maquis Surcouf de Robert Leblanc, Angerville et Félicité avec Pierrette Greffier dans l’Eure, maquis Beaucoudray dans la Manche, mais aussi chez les fermiers-granitiers (carriers) résistants de Saint-Michel-de-Montjoie, Champ-de-Boult et à Vire…

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Nécrologie. Une des grandes figures de la Résistance s’en est allée dans l’Eure

Nécrologie. Une des grandes figures de la Résistance s’en est allée dans l’Eure

Julia Lerbourg est décédée dimanche 17 novembre 2019 dans sa 101e année. Ses obsèques ont lieu jeudi 21 novembre 2019, en l’église du Gros-Theil prés du Neubourg dans l’Eure.

Julia Lerbourg est décédée dimanche 17 novembre 2019 dans sa 101e année. Ses obsèques ont lieu jeudi 21 novembre 2019, à 14 h 30, en l’église Saint-Georges du Gros-Theil prés du Neubourg dans l’Eure.

Julia Lerbourg, née le 9 janvier 1919 à Iwkowa en Pologne, avait été officiellement élevée au grade de chevalier de la Légion d’Honneur. Par décret particulier du président de la République en date du 23 avril 2015, relatif au 70e anniversaire de la libération de la France, le préfet des Hauts-de-Seine, à Nanterre, l’avait décorée mercredi 6 mai 2015 de cette prestigieuse récompense. Elle avait déjà reçu la Croix du combattant, et la Médaille du combattant volontaire de la Résistance de la France libérée. Elle portait l’insigne FFI pour sa participation effective aux combats de la libération. Julia avait également reçu les médailles de la Famille française d’or, d’argent et de bronze : elle a eu 9 enfants, 19 petits-enfants et 27 arrière-petits-enfants.

Elle s’engage dans le Résistance

Pendant l’occupation par l’Allemagne nazie, très jeune, Julia prend délibérément le parti de s’engager dans la Résistance, souvent au péril de sa vie. En 1938, elle a 19 ans, et quitte sa Pologne natale pour venir en France avec sa famille. Elle trouve un emploi dans une ferme de la banlieue de Lyon. C’est en 1939 qu’elle et sa famille se rendent en Normandie pour rechercher un travail, dans cette période troublée. Elle finit par trouver un emploi chez le châtelain du Gros-Theil, comme servante de maison. En septembre 1939, l’Allemagne envahit la Pologne et le retour vers son pays natal est compromis.

Elle reste donc en France, et continue son activité au château. Elle doit apprendre rapidement le français, qu’elle ne parle pas, et c’est donc vers l’instituteur du village, M. Boutroville qu’elle se tourne.
Les S.S. sont cantonnés au Gros-Theil, et Julia échappe de peu à une rafle. Cette même année 1939, elle rencontre son futur époux Jean Lerbourg, couvreur, venu réparer la toiture du château. Le père de Jean dirige le réseau de résistance du canton d’Amfreville la Campagne. Son épouse Marthe et leurs enfants Jean et Pierre, sont également engagés dans la Résistance.

Julia et Jean se marient le 13 juillet 1942, un enfant Claude naît de cette union. C’est alors que Jean est activement recherché par les Allemands. Il prend le maquis et vit dans la clandestinité, résistant dans les Forces Françaises de l’Intérieur. Julia est désormais seule, jusqu’à la fin de la guerre, elle fait preuve d’un grand courage, elle cache des armes dans sa maison, alors que les perquisitions se font fréquentes. Les intimidations par les S.S. sont quotidiennes, des parachutistes alliés tombent sur la commune, quelquefois blessés, elle les soigne et les aide à rejoindre les réseaux de résistance.

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La SNCF sous l’Occupation, racontée sans manichéisme

La SNCF sous l’Occupation, racontée sans manichéisme

Le documentaire de Catherine Bernstein fait une lecture nuancée du rôle des cheminots pendant la guerre.

Par Publié le 21 novembre 2019 à 03h02 – Mis à jour le 21 novembre 2019 à 06h13

Lorsque le film de René Clément, La Bataille du rail, est projeté au premier Festival de Cannes, son accueil chaleureux – il y remporte les prix du jury international et de la mise en scène avant de décrocher en fin d’année le premier prix Méliès, au titre du meilleur film de 1946 – contribue à fonder la légende d’une exemplaire résistance française face à l’occupant nazi. Cette vision héroïque de l’engagement des cheminots n’est écornée qu’un quart de siècle plus tard, lors du débat télévisé des « Dossiers de l’écran », qui suit la diffusion du film de Clément, où est posée la responsabilité des conducteurs des convois qui assuraient la déportation vers les camps.

Mais l’argument fait long feu, et il faut attendre les années 1990 pour que le sujet devienne un enjeu mémoriel fort, où le soupçon d’une collaboration active avec l’ennemi entache la belle image de la geste cheminote.

Légende dorée contre légende noire, le documentaire de Catherine Bernstein, coécrit par l’historien Laurent Douzou, auteur de la si précieuse Résistance française : une histoire périlleuse (Seuil, 2005), refuse les simplismes et offre une lecture nuancée, sans être timorée, de ce moment terrible. D’autant que les témoins sont filmés avec délicatesse, sans souci de sensationnalisme. Sur un tel dossier, il était nécessaire de convaincre l’entreprise d’apporter son concours. Ainsi les ressources de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) conjuguées aux extraits du film de Clément, toujours sourcés, permettent un montage judicieux qui sert au mieux le propos.

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Rose Valland, portrait d’une femme engagée

Rose Valland, portrait d’une femme engagée

Jusqu’au 27 avril, le Musée dauphinois, à Grenoble, présente une remarquable exposition sur Rose Valland, rappelant le rôle décisif joué par la conservatrice dans le sauvetage de plus de 60 000 œuvres d’art spoliées par les nazis pendant l’Occupation Entretien avec Olivier Cogne, directeur de l’établissement isérois.

Figure de la Résistance, Rose Valland a joué un rôle extrêmement important en faveur du patrimoine artistique. Pourtant, on sait peu de choses, avant son arrivée au musée du Jeu de Paume, en 1932. Y a-t-il des éléments qui laissent présager le parcours d’exception qui sera le sien ?

Issue d’un milieu relativement modeste, Rose Valland est née à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, une commune rurale du Dauphiné. Rien ne la prédestine à avoir le parcours professionnel hors-du-commun qui va être le sien. Elle suit, grâce à sa mère, des études très poussées à une époque où peu de femmes se lancent dans un cursus universitaire. Après avoir envisagé de devenir institutrice, elle se découvre à la fois une passion pour les beaux-arts et un très beau coup de crayon, accumulant les diplômes : École normale d’institutrices de Grenoble, École des beaux-arts de Lyon puis de Paris, École du Louvre, École pratique des hautes études… Cette femme brillante réussit tout ce qu’elle entreprend.

Elle connaît néanmoins une reconnaissance tardive. Lorsqu’elle intègre le Jeu de Paume, dans les années 30, c’est en tant qu’attachée de conservation bénévole ; elle ne sera nommée conservatrice des musées nationaux qu’en 1952, à l’âge de 53 ans. Ce qui ne l’empêchera pas de réaliser, dès le début de sa carrière, des expositions importantes et avant-gardistes. Elle organise notamment en 1937 une exposition intitulée « Les femmes artistes d’Europe exposent au Jeu de Paume » ; ce qui est sans doute l’une des premières, sinon la première manifestation de ce type dédiée dans un musée français aux femmes artistes et à leur production.

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Mézin. «Jean-Moulin une vie d’engagements» : une expo à voir

Mézin. «Jean-Moulin une vie d’engagements» : une expo à voir

Publié le , mis à jour

A l’initiative du comité local de l’ANACR 47, la bibliothèque Jean-Laraignou expose jusqu’au 30 novembre «Jean-Moulin, une vie d’engagements». Un nombreux public a répondu à cette invitation. Dans l’assistance on pouvait reconnaitre Nicolas Lacombe maire de Nérac et vice président du conseil départemental, l’ANACR 47 était représentée par Brigitte Moréno, Isabelle Dauzac, Jean-Michel Mézergue, Jacques Rapetti, Raymonde Aché, Noé Bimier. D’anciens résistants étaient aussi invités : Jacques Chantre, Alain-Paul Guitat, Arsène Boet et Simone Cessac. Le maire de Sainte-Maure-de -Peyriac, Robert Linossier était aussi présent. Le maire de Mézin débutait cette inauguration par une courte biographie du plus jeune préfet de France (à 23 ans) de Jean-Moulin. Isabelle Dauzac dans son allocution retraçait le travail de mémoire, de transmission et d’éducation effectués par cet organisme. Elle rappelait que les panneaux illustrant cette exposition sont prêtés par l’ANACR du Lot-et-Garonne. Elle rappelait aussi l’événement théâtral faisant suite à l’exposition Jean-Moulin, qui se déroulera le samedi 30 novembre à 16 h au petit théâtre Côté Cour (voir ci-dessous). Jacques Rapetti rappelait ce qu’était L’Association Nationale des Anciens Combattants et Résistants, dont le but est de transmettre la mémoire et les valeurs de la Résistance Française. Brigitte Moréno présidente de l’ANACR 47 rappelait le devoir de transmission matérialisé par le concours national de la résistance 2020, s’adressant aux collégiens et étudiants. Le 27 mai est depuis 2013 journée nationale de la Résistance. Elle retraçait la vie et l’énorme travail de Jean-Moulin jeune préfet, qui en 18 mois organisait et fédérait la résistance Française, puis son arrestation suite à une dénonciation. En terminant son discours et s’adressant à monsieur le maire, elle souhaitait qu’au nom de l’ANACR 47 un espace public Mézinais porte le nom de Jean-Moulin. Puis Lisiane Chantre petite fille de résistant lisait une des dernières lettres de Jean-Moulin dans laquelle il relatait les circonstances de son arrestation et les souffrances qui s’en suivirent, en conséquence du refus de signature d’un faux document impliquant les tirailleurs Sénégalais. Un vin d’honneur offert par la municipalité permettait à chacun de visiter l’exposition et d’en échanger les impressions reçues.

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INFORMATION DE L’ADVR

INFORMATION DE L’ADVR

Mardi 26 novembre à 14 h 30
Pierre-Yves Desmonceaux met en scène et interprète le monologue écrit par Gilles Ségal. Son intelligence des enjeux philosophiques et humains de ce texte poignant est éblouissante.
Pour éprouver son obéissance, Dieu ordonne à Abraham de sacrifier Isaac. Un ange arrête de justesse sa main ; un bélier remplace l’enfant. Mais, dans le wagon plombé où le narrateur du texte de Gilles Ségal rencontre le père et le fils dont il raconte les derniers jours, il n’y a pas d’ange pour arrêter la mort… Geste d’amour ou geste de folie ? Le narrateur ne juge pas, sinon en affirmant qu’« en ce temps-là, l’amour était de chasser ses enfants ». Lui l’avait su à temps : c’est pour cela que son fils est toujours vivant et qu’il peut lui raconter, dans un testament en forme de mémorial, les derniers jours de l’infanticide et de son petit. Encouragé par les photos de son arrière-petit-fils reçues d’Amérique, taraudé par l’imminence du dernier départ (la valise à ses pieds a été préparée pour l’hôpital, où l’attend une opération sans doute fatale), le narrateur raconte l’histoire de cet homme qui, le premier jour, demande à son fils s’il a fait ses devoirs, lui explique ensuite, de jour en jour, ce qu’un homme accompli doit savoir, organise, le sixième jour, le mariage de son garçon au milieu des mourants, avant d’aider le petit, finalement, à échapper aux bourreaux grâce à une pastille de cyanure.
Evidence du talent
« En ce temps-là, l’amour était-ce tuer son enfant ? » Le clown éperdu préféra s’accrocher à Spinoza plutôt que de se complaire dans l’ordure du cloaque infernal qui conduisait les Juifs aux chambres à gaz. L’homme offre à son fils, en six jours, le temps d’arriver en Pologne, un accéléré des leçons qu’il lui aurait sans doute prodiguées patiemment, si le temps lui avait laissé celui d’être père. Le narrateur est perplexe d’abord, admiratif ensuite. La leçon de choses est leçon de vie. L’amour de celui qui écoute pour celui qui enseigne est aussi grand que celui du père qui veut croire aux forces de l’esprit en pleine déréliction. L’humour et le suicide demeurent au condamné comme ultimes preuves de sa liberté. Telles sont les armes de ce malheureux, qui sauve l’humanité en refusant d’abdiquer la sienne. Pierre-Yves Desmonceaux réussit le tour de force d’incarner les différentes figures du récit par une interprétation protéiforme absolument époustouflante. Aucune grandiloquence dans l’adresse, aucune affèterie dans le jeu, aucun pathos : l’économie est totale, l’effet est saisissant. Chaque mot est pesé, chaque phrase est nécessaire, dans la bouche du comédien comme dans celle de son personnage. Pierre-Yves Desmonceaux ne prend pas le spectateur en otage. Il se tient à l’écart de l’émotion manipulatrice. Il se tient droit, vrai, évident, sincère. Un exceptionnel moment de théâtre !
La terrasse- Catherine Robert

78e anniversaire de l’exécution de 69 otages le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien

78e anniversaire de l’exécution de 69 otages le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien

À l’occasion du 78ème anniversaire de l’exécution de 69 otages le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien, une journée d’hommage aux fusillés est organisée ce SAMEDI 13 DECEMBRE 2019 !

En représailles à la mort de quatre soldats, les autorités d’occupation font fusiller 95 otages, dont 69 au Mont-Valérien. Aux communistes jusque-là principalement visés, les Juifs sont ajoutés. Par cette exécution massive, c’est la définition idéologique des autorités allemandes des responsables des attentats, les “”judéo-bolcheviques””, qui est complétée.
Parmi ces hommes, se trouvait Gabriel Péri. Né à Toulon, Gabriel Péri était un homme engagé. À la fois journaliste, secrétaire national des Jeunesses communistes en 1922, membre du Comité central du Parti communiste de 1924 à 1929, suppléant de 1932 à 1937, chef des services de politique étrangère du journal L’Humanité et député de Seine-et-Oise jusqu’en 1940, il a surtout marqué par sa passion patriotique et antifasciste. Le 18 mai 1941, Gabriel Péri est arrêté sur dénonciation, puis fusillé au Mont-Valérien le 15 décembre 1941, par les Allemands.
« Peut-être quelques-uns de mes papiers serviront-ils à ma mémoire. Que mes amis sachent que je suis resté fidèle à l’idéal de toute ma vie ; que mes compatriotes sachent que je vais mourir pour que vive la France. » Extrait de la lettre laissée à son avocate et amie, Odette Moreau.