VIE ET MORT DU GROUPE MANOUCHIAN



Mercredi 3 février 2021 à 12:42 -Par Christophe Tourné, France Bleu Bourgogne
C’est une figure de la Résistance en Côte-d’Or qui vient de nous quitter dans sa 94e année : Émilie Noé est décédée. Elle avait été déportée en 1944 par les Allemands et avait survécu aux camps de la mort. Elle témoignait régulièrement dans les établissements scolaires.
Durant la seconde guerre mondiale, alors que son père Henri ravitaillait le maquis, Émilie Noé et sa sœur étaient agents de liaison. Elles allaient chercher les plis au maquis et les emmenaient aux responsables des bus qui assuraient la liaison entre Bligny et Dijon. Le 30 mars 1944, Émilie Noé fut arrêtée pour ensuite être déportée. Elle survivra aux camps de la mort. Elle a été la plus jeune déportée de Côte-d’Or.
Grand témoin de la résistance en Côte-d’Or, elle intervenait, encore dernièrement, dans de nombreux collèges et lycées pour faire vivre cette histoire de la résistance et éveiller les consciences de nos jeunes. « Je suis passée par un camp disciplinaire où des prisonniers enchaînés aux pieds tournaient autour d’un bassin. Ils étaient squelettiques, sales, en haillons. Quand l’un d’entre eux tombait par terre, les chiens des Allemands le traînaient. C’était horrible. » avait elle confiée à nos confrères duBien Publicen 2014.
L’hommage de l’adjoint au maire de Dijon, délégué aux anciens combattants, Benoît Bordat
Dans un communiqué, l’adjoint au maire de Dijon délégué aux anciens combattants, Benoît Bordat explique que la municipalité dijonnaise avait « l’honneur de l’avoir à nos côtés lors des commémorations pour la libération de Dijon, le 11 septembre. Par son engagement courageux, Émilie Noé restera pour nous un exemple. Ses messages et ses témoignages étaient précieux pour la jeunesse. Elle défendait les valeurs de fraternité et de courage qui lui étaient chères, transmises par ses parents Henri et Yvonne Fournier. Dijon poursuivra, en lien avec le Comité de parrainage du concours national scolaire de la résistance et de la déportation (CNSRD) dans lequel Émilie Noé était très investie, ce travail précieux de mémoire pour rappeler le rôle majeur de celles et ceux qui se sont battus pour défendre la liberté et la fraternité contre la barbarie nazie. »

27 janv. 2021
Par pol
Blog : un incertain regard
Ce jour, le journal The Guardian organise un événement « online » pour rencontrer Colette, une ancienne résistante française qui est le personnage principale d’un documentaire diffusé depuis novembre sur le site du journal.
e Président Macron s’étant autoproclamé chef de « guerre » au début de la pandémie, on peut légitimement s’interroger sur la légitimité d’un tel propos? Puisque la déprime nous guette, et que des amis ou des parents disparaissent emportés par la maladie, Il est bon pour notre santé morale, de retrouver le sens des comparaisons en écoutant un témoignage sur la deuxième guerre mondiale, et peut-être retrouver l’esprit de la résistance qui va nous permettre de supporter nos épreuves à venir.
Les documentaires ont souvent ce rôle là, nous aider à réfléchir et à nous situer dans le brouhaha du monde.
« On n’entre pas en résistance, comme on rentre dans une banque, pour ouvrir un compte résistance. » nous dit fermement Colette Marin-Catherine. Elle le dit avec un peu d’agacement, en fonction de ce qu’elle entend dans les médias traditionnels, mais elle le dit aussi simplement que les personnes que j’avais rencontré pour mon propre documentaire « Le Refus ». La résistance est selon ces anciens une réaction normale: « comment voulez-vous faire autrement? » me disait en 1995, Olivier Postel-Vinay. Colette refuse le terme de héros pour son compte et désigne son frère aîné mort en déportation, comme celui à qui on doit seulement attribuer cette qualification. Elle sait de quoi elle parle. Et nous comprenons qu’elle est bien modeste, parce qu’on ne revendique pas les actes qui sont nécessaires à accomplir.


Carmaux : disparition de Georges Angles résistant du maquis Antoine
Anciens du maquis Antoine (A gauche Georges Angles).
Carnet noir, Anciens combattants, Tarn, Carmaux
Publié le 30/01/2021 à 05:11 , mis à jour à 13:53
La résistance du ségala Tarnais et aveyronnais vient de perdre un résistant du Maquis Antoine.
Camille Pech, président d’AARS Carmaux et CVAMA Villelongue, lui rend hommage.
L’association des amis de la Résistance du Ségala Tarn/Aveyron ayant participé à la libération du Carmausin (AARS) et Les Compagnons de Villelongue et Amis du Maquis Antoine Tarn Aveyron groupe Vény (CVAMA), ont le regret de vous annoncer la disparition d’un des derniers résistants Tarnais et Aveyronnais, en la personne de Georges Angles.
Après son brevet d’hôtelier et plusieurs stages dans des hôtels toulousains, Georges Angles fut réquisitionné par le commandant Antoine Pech de Carmaux et chef de maquis du même nom. Il devint chef cuisinier au dernier poste de commandement du maquis au château de la Planque situé sur la commune de Pradinas en Aveyron, non loin de Naucelle, Sauveterre, Albagnac et Villelongue/Cabanès.
Les derniers parachutages de matériels et armements au cours de la libération de Carmaux furent réceptionnés sur ce site et Villelongue.
Il participa à la libération de Carmaux non par les armes mais par ses ravitaillements pendant la bataille de Carmaux. Il continua à servir la résistance en poursuivant sa route vers l’Allemagne avec les troupes du commandant Antoine qui avait formé son bataillon. Il servit le bataillon toujours comme chef cuisinier.
À son retour du front alsacien où le Bataillon Antoine avait intégré l’armée du Général de Lattre de Tassigny, et après avoir travaillé dans les grandes hôtelleries parisiennes, il prit dans les années 1950 la succession de son père et bâtit l’Hostellerie du Viaduc du Viaur sur la commune de Tauriac-de-Naucelle.
Il vint s’installer en 1971 à Albi avec son épouse pharmacienne.
Nos deux associations des Amis de la Résistance du Ségala Tarn et Aveyron viennent par ces quelques lignes présenter aux proches de Georges Angles leurs sincères condoléances et le respect que l’on doit à ce partisan de la liberté qui a servi la Résistance Française.
Les obsèques se tiendront en l’église Saint Salvi d’Albi ce samedi 31 janvier à 10 h.

Résistant à 17 ans, arrêté puis déporté à 19, André Biaux témoignait chaque année devant des collégiens et lycéens de l’Eure et Seine-Maritime. Il vient de mourir à 95 ans.
Par Florent Lemaire Publié le 26 Jan 21 à 19:48
Le dernier déporté-résistant de l’Eure, André Biaux, est mort dans son sommeil, dans la nuit du 25 au 26 janvier 2021, à l’âge de 95 ans.
Résistant à 17 ans, arrêté puis déporté à 19, André Biaux continuait, inlassablement, de témoigner, chaque année, devant 1 500 collégiens et lycéens de l’Eure et de Seine-Maritime.
Le temps ne semblait pas avoir de prise sur le vieil homme, qui parlait debout pendant plusieurs heures, sans vaciller, sans notes, ses souvenirs gravés dans la tête.Premiers actes de résistance à 15 ans
Né le 3 mai 1925 à Evreux, André Biaux avait mené ses premiers actes de résistance à l’âge de 15 ans, en volant le calot d’un soldat allemand pendant qu’il urinait, au Bec-Hellouin. Le jeune homme entre officiellement dans la Résistance en 1942, à l’âge de 17 ans. D’abord en distribuant des tracts, à Evreux, puis en aidant à cacher et rapatrier des aviateurs anglais et américains dont les appareils avaient été abattus.
André Biaux effectue plusieurs voyages par le train, vers Paris, à partir de la gare d’Evreux. Longtemps, les voyages se déroulent sans accrocs, malgré quelques frayeurs. Mais en mai 1944, une dénonciation entraîne l’arrestation d’André Biaux et d’une quinzaine de camarades.
Il échappe à un bombardement
Le voilà déporté au camp de concentration de Neuengamme, près de Hambourg, en Allemagne, après un long voyage de trois jours et trois nuits dans un train de marchandises, debout, sans manger ni boire. Suivront des mois de captivité, des journées entières de travail « complètement débile, comme creuser des trous pour les reboucher », dans un froid intense, en étant très peu nourri, en dormant à deux sur des paillasses.
Eure. A 95 ans, André Biaux, ancien résistant et déporté, témoigne sans relâche
En 1945, à l’approche des forces alliées, le camp est évacué par les Allemands. André Biaux et ses compagnons déportés sont amenés à Lübeck, en mer Baltique, pour monter sur plusieurs gros cargos. Tous sont bombardés par les Alliés, mais seul celui sur lequel se trouve André Biaux ne sombre pas immédiatement, lui permettant de se sauver. L’Eurois finit par rejoindre Paris puis l’Eure. Il ne pèse plus que 37 kg.
Un engagement salué
« Durant toute la durée de sa vie active en tant qu’opticien puis durant sa vie de retraité, M. Biaux n’a eu de cesse de témoigner de son expérience afin de préserver la mémoire de ces événements auprès des jeunes publics », a rendu hommage mardi 26 janvier le préfet de l’Eure, Jérôme Filippini.
Transmetteur de mémoire et du souvenir de ses camarades, son courage et son énergie méritent notre respect, notre souvenir et notre considération collective.
André Biaux était commandeur de l’ordre national de la Légion d’honneur, commandeur de l’ordre des Palmes académiques, titulaire de la Médaille de la résistance française, de la roix de guerre 1939-1945, de la Croix du combattant volontaire 1939-1945 et de la médaille de la déportation. Son engagement avait été reconnu par diplôme signé du Président des Etats-Unis d’alors, Dwight D. Eisenhower.

Ouest-France Publié le 26/01/2021 à 05h40
Chevalier de la Légion d’honneur et détenteur de la médaille de la Résistance française et d’une médaille militaire, Raymond Cazuguel est décédé à l’âge de 96 ans. Ses obsèques se sont déroulées hier après-midi, en l’église de La Feuillée.
Le doyen de la commune était né à Kerelcun le 14 janvier 1925. Résistant durant la Seconde Guerre mondiale, il a également fait la guerre d’Indochine. Il a obtenu une médaille militaire en 1958 et a terminé adjudant-chef.
Il a été longtemps le président des anciens combattants de La Feuillée, sa commune de naissance, où il s’était retiré depuis sa mise à la retraite.
31 janvier 2021
Margot Caudan, militante communiste, résistante, reçoit la Légion d’honneur à 101 ans (Articles Ouest-France et Télégramme)


À l’occasion de la journée internationale en la mémoire des victimes de la Shoah, France 24 met en lumière le projet Convoi 77. Depuis plus de six ans, des élèves français et étrangers rédigent les biographies des déportés de ce convoi, le dernier à être parti de Drancy, le 31 juillet 1944. Une autre façon d’enseigner l’histoire de ce génocide.
Fanny Azenstarck avait 23 ans. Elle était résistante à Lyon. Joseph Levy avait 64 ans. Il était bonnetier à Paris. Henriette Korman avait 4 ans. Elle était écolière à Montargis. Henri Netter avait 20 ans. Il était coiffeur à Strasbourg. Tous ont été déportés parce que nés juifs par le Convoi 77, le dernier à être parti de Drancy, en région parisienne, le 31 juillet 1944 vers Auschwitz. Ce jour-là, 1 310 personnes, hommes femmes et enfants, quittent la France dans des wagons à bestiaux en direction de la Pologne. À leur arrivée, 836 sont directement conduits vers les chambres à gaz. Seuls 250 survivront à cet enfer.
Plus de 75 ans plus tard, leurs visages s’affichent désormais sur le site du Convoi 77. Ce projet a été lancé en 2014 par des descendants de déportés. « J’ai décidé de créer cette association afin de réfléchir à la meilleure façon de transmettre autrement l’histoire de la Shoah aux adolescents d’aujourd’hui », explique Georges Mayer, le président de l’association Convoi 77 et lui-même fils de déporté. « Je me suis toujours posé des questions sur la façon dont on en parlait à l’école. Cela a fonctionné pendant un certain temps dans les années 90 et 2000, mais nous sommes arrivés à une inadaptation des méthodes pédagogiques et à une certaine saturation. »


Le musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère à Grenoble lance, le 1er février, une collecte participative. Le but ? Récupérer des objets et des documents de la période 1939-1945. L’institution espère étoffer sa collection et aborder de nouveaux thèmes sur l’histoire de la Résistance.
« L’ère des témoins » touche à sa fin. C’est-à-dire que les personnes ayant été confrontées à la Seconde guerre mondiale disparaissent peu à peu. Conséquence directe : les objets et les documents de cette époque sont parfois vendus ou jetés à la poubelle quand les maisons sont vidées. Pour empêcher leur destruction, le musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère à Grenoble lance une collecte participative pour récupérer les objets datant de la période 1939-1945.
ien que la collection du musée soit déjà composée de 8.000 objets dont 131 sont exposés, l’objectif du musée est de parler de nouveaux thèmes : « Nos objets évoquent beaucoup l’histoire de la Résistance combattante mais nous souhaitons aussi aborder le sujet sous un nouveau jour comme la vie quotidienne, l’histoire des prisonniers de guerre, la Résistance en Nord-Isère et la genèse de la Résistance entre 1940 et 1942. », affirme Alice Buffet, directrice du musée.

Pour participer, rien de plus simple. Au lancement de la campagne le 1er février, il faut se rendre sur le site collecte39-45.isere.fr et remplir un formulaire en ligne : « On demande l’identité de la personne et des détails sur l’objet comme ses dimensions, de quand il date, comment il a été conservé et puis des photos », explique la directrice. Une fois cette étape passée, le musée recontacte le donateur pour s’assurer que l’objet répond aux critères puis, il passe par deux comités d’experts et par une commission scientifique d’acquisition. Enfin, une fois l’objet accepté, il est ajouté à l’inventaire, récupéré et installé dans la réserve.
Habits, photos, ustensiles du quotidien ou encore affiches. Voilà des exemples des objets recherchés : « Tout peut nous intéresser car chaque objet récolté remis dans son contexte peut nous apporter une compréhension de cette période et participer à la transmission aux générations futures », précise Jean-Pierre Barbier, le président du conseil départemental.

« Dans le cachot des condamnés – Tant de larmes – Rosaires de larmes – Tant de larmes – Tempêtes de larmes sont tombées! ».
Ainsi commence le poème « Dans le cachot » de Madeleine Riffaud écrit dans la terrible prison de Fresnes en juillet 1944. Arrêtée pour avoir tué un officier allemand sur le pont de Solférino, le combat continuera pour cette jeune résistante après sa libération. Son nom de code, Rainer, est un hommage à l’écrivain autrichien Rainer Maria Rilke. Avec la compagnie Saint-Just composée de jeunes partisans, Madeleine Riffaud participera aux combats pour la libération de Paris. Le 23 août 1944, le jour de ses 20 ans, cette nouvelle aspirant lieutenant réussit avec sa compagnie à capturer un train allemand et son équipage près de la gare de Ménilmontant.
Tout au long de sa vie, Madeleine Riffaud a été une combattante. Dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, en tant que correspondante de guerre en Algérie et au Vietnam, en tant que journaliste afin de dénoncer les conditions de travail des aides-soignantes mais aussi en tant que poétesse. Face aux injustices et aux violences, les mots ont toujours une puissance certaine. Encore de nos jours, Madeleine Riffaud, à 96 ans, a toujours cette force de vouloir parler. Entretien avec cette combattante qui sera toujours Rainer.