{"id":3239,"date":"2020-10-12T15:33:49","date_gmt":"2020-10-12T13:33:49","guid":{"rendered":"http:\/\/jnr-cpl.com\/?p=3239"},"modified":"2020-10-12T15:33:49","modified_gmt":"2020-10-12T13:33:49","slug":"documentaire-les-7-vies-de-madeleine-riffaud-de-jorge-amat","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/jnr-cpl.com\/?p=3239","title":{"rendered":"Documentaire. \u00ab Les 7 vies de Madeleine Riffaud \u00bb de Jorge Amat."},"content":{"rendered":"<p><span class=\"d2edcug0 hpfvmrgz qv66sw1b c1et5uql oi732d6d ik7dh3pa fgxwclzu a8c37x1j keod5gw0 nxhoafnm aigsh9s9 d3f4x2em fe6kdd0r mau55g9w c8b282yb iv3no6db jq4qci2q a3bd9o3v knj5qynh oo9gr5id\" dir=\"auto\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone  wp-image-3253\" src=\"http:\/\/jnr-cpl.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/121490721_3348505841895447_2411865968384176021_n.jpg\" alt=\"\" width=\"439\" height=\"585\" srcset=\"http:\/\/jnr-cpl.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/121490721_3348505841895447_2411865968384176021_n.jpg 720w, http:\/\/jnr-cpl.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/121490721_3348505841895447_2411865968384176021_n-225x300.jpg 225w, http:\/\/jnr-cpl.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/121490721_3348505841895447_2411865968384176021_n-203x270.jpg 203w\" sizes=\"auto, (max-width: 439px) 100vw, 439px\" \/><\/span><\/p>\n<p><span class=\"d2edcug0 hpfvmrgz qv66sw1b c1et5uql oi732d6d ik7dh3pa fgxwclzu a8c37x1j keod5gw0 nxhoafnm aigsh9s9 d3f4x2em fe6kdd0r mau55g9w c8b282yb iv3no6db jq4qci2q a3bd9o3v knj5qynh oo9gr5id\" dir=\"auto\">Tous les jours \u00e0 13h au Cinema saint-Andr\u00e9 des Arts.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Combattante en qu\u00eate de v\u00e9rit\u00e9<br \/>\n\u00c0 partir d\u2019archives et d\u2019entretiens, Jorge Amat retrace le parcours de la r\u00e9sistante, po\u00e9tesse et journaliste qui couvrit pour l\u2019Humanit\u00e9 les guerres d\u2019Alg\u00e9rie et du Vietnam.<br \/>\nLes 7 vies de Madeleine Riffaud<br \/>\nde Jorge Amat<br \/>\nFrance, 100 minutes<br \/>\nUne existence, l\u2019\u00e9criture, trois guerres et un amour. Dans un documentaire o\u00f9 s\u2019entrelacent images d\u2019archives et longs entretiens avec la r\u00e9sistante, po\u00e9tesse et journaliste, Jorge Amat explore la vie dense et folle de Madeleine Riffaud, depuis ses premiers pas dans la R\u00e9sistance jusqu\u2019aux maquis du Sud-Vietnam.<br \/>\nDans son appartement parisien, \u00e0 95 ans, la vieille dame, front pliss\u00e9, traits durs, regard per\u00e7ant malgr\u00e9 la c\u00e9cit\u00e9, d\u00e9plie un r\u00e9cit s\u00fbr, pr\u00e9cis, ponctu\u00e9 du p\u00e9piement des oiseaux qui l\u2019entourent, dans leurs grandes voli\u00e8res. V\u00eatue de noir, cheveux natt\u00e9s de c\u00f4t\u00e9, elle fume et se souvient, l\u2019intime et l\u2019histoire, et jusqu\u2019\u00e0 la premi\u00e8re blessure, longtemps enfouie dans l\u2019oubli, un viol endur\u00e9 alors qu\u2019elle devait passer, adolescente, la ligne de d\u00e9marcation pour rejoindre le sanatorium. La tuberculose est tomb\u00e9e sur elle comme un malheur de plus, dans l\u2019exode, alors que sa famille fuyait Paris occup\u00e9e. De la maladie, elle se rel\u00e8ve, pour embrasser le combat. \u00ab Je suis entr\u00e9e dans la R\u00e9sistance avec un nom d\u2019homme, un nom d\u2019Allemand, un nom de po\u00e8te \u00bb : dans la clandestinit\u00e9, elle sera Rainer, pour Rainer Maria Rilke. \u00ab Je suis un antih\u00e9ros, quelqu\u2019un de tout \u00e0 fait ordinaire. Il n\u2019y a rien d\u2019extraordinaire dans ce que j\u2019ai fait, rien du tout \u00bb, insiste-t-elle.<br \/>\nArr\u00eat\u00e9e et tortur\u00e9e par la Gestapo<br \/>\nElle organise d\u2019abord le ravitaillement des clandestins, puis passe \u00e0 des actions \u00ab plus dures \u00bb : recrutements, planques, attaques de d\u00e9p\u00f4ts d\u2019armes. L\u2019affiche rouge placard\u00e9e dans les couloirs du m\u00e9tro lui brise le c\u0153ur. Comme Missak Manouchian, comme Joseph Epstein qu\u2019elle admire, elle est de ceux que l\u2019occupant tient pour des \u00ab terroristes \u00bb. Ce mot-l\u00e0 lui reste encore en travers de la gorge : \u00ab Jamais nous n\u2019attaquions des civils. Jamais nous ne faisions quoi que ce soit qui puisse les mettre en danger. On se serait plut\u00f4t fait crever. \u00bb Des explosifs cach\u00e9s sous le manteau, dans Paris quadrill\u00e9e par l\u2019occupant, elle \u00e9chappe par miracle \u00e0 l\u2019arrestation, gr\u00e2ce au langoureux baiser d\u2019un camarade. La mort d\u2019un ami abattu d\u2019une balle tir\u00e9e dans le dos, \u00e0 bout portant, d\u00e9cuple sa rage. Elle se vengera. Sur le pont de Solf\u00e9rino, elle attendra que le soldat allemand qu\u2019elle a choisi pour cible se retourne vers elle pour lui mettre deux balles dans la tempe. \u00ab Il n\u2019a pas souffert. J\u2019ai enfourch\u00e9 ma bicyclette, je suis repartie sur les quais. \u00bb Elle est arr\u00eat\u00e9e, conduite rue des Saussaies, au quartier g\u00e9n\u00e9ral des SS. \u00ab La suite, je n\u2019aime pas la raconter. \u00bb Elle est tortur\u00e9e, passe entre les mains de la police de Vichy, puis de la Gestapo, manque d\u2019\u00eatre fusill\u00e9e, se soustrait in extremis \u00e0 la d\u00e9portation.<br \/>\nOublier la fureur nazie, la boue, le sang<br \/>\nQuand l\u2019insurrection \u00e9clate, elle est lib\u00e9r\u00e9e de prison, prend part au combat, dirige la capture d\u2019un train allemand aux Buttes-Chaumont. Ce soir-l\u00e0, avec ses camarades, elle s\u2019offre un festin : \u00ab Jamais depuis quatre ans nous n\u2019avions si bien mang\u00e9. \u00bb Paris est lib\u00e9r\u00e9e, elle a 20 ans, il faut oublier la fureur nazie, la boue, le sang. Mais elle se sent vide, n\u2019a pas de m\u00e9tier, tra\u00eene sur le pav\u00e9, sans but. Elle est pr\u00eate \u00e0 se noyer, lorsqu\u2019elle rencontre Claude Roy qui la pr\u00e9sente \u00e0 Aragon, Tzara, Vercors. Dans ses yeux, \u00c9luard d\u00e9c\u00e8le une infinie d\u00e9tresse. Elle lui fait lire les po\u00e8mes griffonn\u00e9s dans sa prison : \u00ab Je n\u2019ai jamais donn\u00e9 vos noms \/ Je serai fusill\u00e9e demain. \u00bb Il les fait publier, Picasso fait son portrait, elle apprend le m\u00e9tier de journaliste en couvrant les gr\u00e8ves.<\/p>\n<p>Lire aussi : Madeleine Riffaud \u00ab Et nous partirons r\u00e9veiller les hommes \u00bb<br \/>\n\u00c0 Berlin, au Festival mondial de la jeunesse, elle rencontre le po\u00e8te vietnamien Nguyen Dinh Thi, l\u2019amour de toute une vie. Lorsqu\u2019elle le retrouve \u00e0 Hanoi en 1955, leur idylle fait grand bruit : \u00ab Tout le monde voulait nous marier, comme un symbole de la paix retrouv\u00e9e. \u00bb H\u00f4 Chi Minh ne l\u2019entend pas ainsi, il lui demande de repartir \u00e0 Paris. Elle pleure. \u00ab On ne fait rien avec des larmes. Tu es journaliste : fais ton travail \u00bb, tranche-t-il. Une autre guerre, d\u00e9j\u00e0, s\u2019est allum\u00e9e.<br \/>\nJamais, de ma vie, je n\u2019ai vu une guerre aussi sale.<br \/>\nMadeleine Riffaud, \u00e0 propos de la guerre d\u2019Alg\u00e9rie<br \/>\nAu retour, l\u2019Humanit\u00e9 l\u2019envoie en Alg\u00e9rie. Dans ses reportages, elle t\u00e9moigne des atrocit\u00e9s, de la violente r\u00e9pression qui s\u2019abat sur tout un peuple : \u00ab Jamais, de ma vie, je n\u2019ai vu une guerre aussi sale. \u00bb La tuberculose la rattrape, la cloue en France. Aux Alg\u00e9riens, elle d\u00e9die alors un recueil de po\u00e9sie : Si j\u2019en crois le jasmin. Le pr\u00e9fet Papon la poursuit pour ses articles sur \u00ab les caves qui chantent \u00bb o\u00f9 l\u2019on pratique la torture \u00e0 Paris et l\u2019OAS la prend pour cible : elle est gri\u00e8vement bless\u00e9e dans une attaque au plastic.<br \/>\nT\u00e9moin des bombes sur Haiphong<br \/>\n\u00c0 l\u2019ind\u00e9pendance, Henri Alleg, qui a repris la t\u00eate d\u2019 Alger r\u00e9publicain, la met en relation avec l\u2019antenne du Front de lib\u00e9ration du Sud-Vietnam dans la Ville blanche. Elle recueille les t\u00e9moignages de ses membres, revient avec des photos. L\u2019Humanit\u00e9 les publie, sous le titre : \u00ab La deuxi\u00e8me guerre du Vietnam a commenc\u00e9 \u00bb. Madeleine Riffaud se rend sur le front en 1964. Dans la for\u00eat, dans les galeries souterraines, sous les bombes, elle restera trois mois aupr\u00e8s des combattants de la gu\u00e9rilla communiste, en ram\u00e8nera, avec son confr\u00e8re australien Wilfred Burchett, des images exceptionnelles de cette guerre d\u2019ind\u00e9pendance.<br \/>\nIl n\u2019y a aucune cause perdue, except\u00e9 celles qu\u2019on abandonne en chemin.<br \/>\nRevenue au Nord, elle retrouve Nguyen Dinh Thi, qu\u2019elle n\u2019a jamais cess\u00e9 d\u2019aimer, et sera le seul t\u00e9moin \u00e9tranger de la premi\u00e8re pluie de bombes d\u00e9vers\u00e9e sur Haiphong par les B52 am\u00e9ricains. Le retour dans l\u2019atmosph\u00e8re insipide de la France pompidolienne la d\u00e9sole. Elle se fait alors embaucher comme fille de salle dans un h\u00f4pital, en tire un r\u00e9cit poignant sur les vies de ces h\u00e9ro\u00efnes anonymes. Les Linges de la nuit remportent un succ\u00e8s prodigieux.<br \/>\nAu cr\u00e9puscule de sa vie, Madeleine Riffaud a acquis une certitude : \u00ab Il n\u2019y a aucune cause perdue, except\u00e9 celles qu\u2019on abandonne en chemin. \u00bb \u00ab J\u2019ai toujours cherch\u00e9 la v\u00e9rit\u00e9. Au Maghreb, en Asie, Partout o\u00f9 des peuples se battaient contre des oppresseurs. Je cherchais la v\u00e9rit\u00e9 : pas pour moi, mais pour la dire. Ce n\u2019est pas de tout repos. J\u2019ai perdu des plumes \u00e0 ce jeu. J\u2019en ressens encore les effets dans mes os bris\u00e9s. Mais si c\u2019\u00e9tait \u00e0 refaire, je le referais. \u00bb<br \/>\nL&rsquo;humanit\u00e9, le 11 octobre 2020.<\/p>\n<p><a class=\"oajrlxb2 g5ia77u1 qu0x051f esr5mh6w e9989ue4 r7d6kgcz rq0escxv nhd2j8a9 nc684nl6 p7hjln8o kvgmc6g5 cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x jb3vyjys rz4wbd8a qt6c0cv9 a8nywdso i1ao9s8h esuyzwwr f1sip0of lzcic4wl py34i1dx gpro0wi8\" tabindex=\"0\" role=\"link\" href=\"https:\/\/www.google.fr\/amp\/s\/www.humanite.fr\/documentaire-les-7-vies-de-madeleine-riffaud-combattante-en-quete-de-verite-694705%3famp?fbclid=IwAR1Q0ZGdnSH9lvy6DMZ0uinKBC-7K2vI3zcVp56rTFRQLpzMuo1l1Q2Z9lI\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\">https:\/\/www.google.fr\/&#8230;\/documentaire-les-7-vies-de&#8230;<\/a><\/span><\/p>\n<div class=\"oajrlxb2 g5ia77u1 qu0x051f esr5mh6w e9989ue4 r7d6kgcz rq0escxv nhd2j8a9 nc684nl6 p7hjln8o kvgmc6g5 cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x jb3vyjys rz4wbd8a qt6c0cv9 a8nywdso i1ao9s8h esuyzwwr f1sip0of lzcic4wl oo9gr5id gpro0wi8 lrazzd5p\" tabindex=\"0\" role=\"button\">Voir moins<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tous les jours \u00e0 13h au Cinema saint-Andr\u00e9 des Arts. \u00ab\u00a0Combattante en qu\u00eate de v\u00e9rit\u00e9 \u00c0 partir d\u2019archives et d\u2019entretiens, Jorge Amat retrace le parcours de la r\u00e9sistante, po\u00e9tesse et journaliste qui couvrit pour l\u2019Humanit\u00e9 les guerres d\u2019Alg\u00e9rie et du Vietnam. 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