{"id":1782,"date":"2019-06-05T09:01:35","date_gmt":"2019-06-05T07:01:35","guid":{"rendered":"http:\/\/jnr-cpl.com\/?p=1782"},"modified":"2019-06-05T09:01:35","modified_gmt":"2019-06-05T07:01:35","slug":"journalisme-et-micro-histoire-entretien-avec-stephanie-trouillard","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/jnr-cpl.com\/?p=1782","title":{"rendered":"Journalisme et micro-histoire : entretien avec St\u00e9phanie Trouillard"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.nonfiction.fr\/article-9872-journalisme-et-micro-histoire-entretien-avec-stephanie-trouillard.htm?fbclid=IwAR0IZE7ztioyWFeR1uDKPaXjF0Zp4B3czU5c2AY_e9Nzo0S_BFByJM91Ick\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-1792\" src=\"http:\/\/jnr-cpl.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2019-06-05-a\u0300-08.43.54.png\" alt=\"\" width=\"347\" height=\"87\" srcset=\"http:\/\/jnr-cpl.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2019-06-05-a\u0300-08.43.54.png 347w, http:\/\/jnr-cpl.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2019-06-05-a\u0300-08.43.54-300x75.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 347px) 100vw, 347px\" \/><\/a>Journaliste passionn\u00e9e d\u2019histoire, St\u00e9phanie Trouillard est bien connue de tous ceux qui \u00e9changent sur Twitter et suivent avec int\u00e9r\u00eat ses reportages sur la guerre de 14-18, sa comm\u00e9moration et plus r\u00e9cemment son webdocumentaire consacr\u00e9 \u00e0 une jeune lyc\u00e9enne juive d\u00e9port\u00e9e, Louise Pikovsky. Apr\u00e8s le succ\u00e8s m\u00e9rit\u00e9 de <em><a href=\"http:\/\/webdoc.france24.com\/si-je-reviens-un-jour-louise-pikovsky\/accueil\/index.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Si je reviens un jour<\/a> <\/em>en 2017<em>, <\/em>elle vient de publier aux \u00e9ditions Skol Vreizh <em>Mon oncle de l\u2019ombre, Enqu\u00eate sur un maquisard breton. <\/em>Cette plong\u00e9e dans l\u2019histoire de la Shoah, avec Louise, et dans celle de la R\u00e9sistance, en retra\u00e7ant le parcours de son grand-oncle Andr\u00e9 Gondet, est un bon exemple de cette micro-histoire, qui enrichit tant le travail men\u00e9 avec des \u00e9l\u00e8ves, si on a l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019avoir acc\u00e8s \u00e0 des sources.<\/p>\n<p><em>* La version originale de cette interview a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e par l&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.aphg.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Association des Professeurs d&rsquo;Histoire-G\u00e9ographe<\/a> (APHG) sous le titre \u00ab Du journalisme \u00e0 la micro-histoire : entretien avec St\u00e9phanie Trouillard \u00bb . Il est repris ici dans le cadre d&rsquo;un partenariat entre Nonfiction et l&rsquo;APHG, dont le but est de diffuser aussi largement que possible la recherche historique en train de se faire.\u00a0<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>APHG : Quel est votre parcours ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>St\u00e9phanie Trouillard : <\/strong>Je viens d\u2019une famille bretonne, originaire du Morbihan. Apr\u00e8s deux ann\u00e9es de classes pr\u00e9paratoires litt\u00e9raires \u00e0 Nantes puis Sciences Po \u00e0 Bordeaux, j\u2019ai int\u00e9gr\u00e9 l\u2019Ecole de journalisme de Lille. Ensuite, j\u2019ai pass\u00e9 deux ans et demi \u00e0 Tanger pour une cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision franco-marocaine, dix-huit mois \u00e0 Montr\u00e9al, pour Radio Canada o\u00f9 j\u2019ai travaill\u00e9 sur le site web et couvert le sport. De retour en France, apr\u00e8s diff\u00e9rentes piges pour LCI, TV5, Slate Afrique et France 24, j\u2019ai finalement \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e par France 24, avec un CDI. Je suis sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019actualit\u00e9 internationale et le sport.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>UNE PLACE DANS LA MEMOIRE FAMILIALE<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mais ceux qui vous connaissent ont not\u00e9 un int\u00e9r\u00eat marqu\u00e9 pour l\u2019histoire et la m\u00e9moire des deux grands conflits mondiaux \u2026 <\/strong><\/p>\n<p>En novembre 2013,\u00a0 j\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 couvrir la comm\u00e9moration de la Grande Guerre et le soixante-dixi\u00e8me anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale. Cela m\u2019a permis de retracer le parcours des poilus de ma famille et en particulier de ceux morts pour la France.<\/p>\n<p>L\u2019histoire familiale rejoint ici l\u2019histoire g\u00e9n\u00e9rale, car toutes les familles ont eu un ou plusieurs hommes mobilis\u00e9s et un ou plusieurs poilus morts au combat ou des suites de leurs blessures de guerre. Mon grand-p\u00e8re paternel, mobilis\u00e9 dans le Tarn-et-Garonne a combattu \u00e0 Verdun au Chemin des Dames. Il y avait \u00e0 la maison des traces \u00e9videntes de cette guerre, ne serait-ce qu\u2019avec le casque, le sabre, les m\u00e9dailles et d\u00e9corations\u2026Enfant, lorsque mon grand-p\u00e8re avait les bras nus, j\u2019\u00e9tais intrigu\u00e9e par les cicatrices, presque sym\u00e9triques, qu\u2019il avait sur les deux bras\u2026marques du projectile allemand qui lui avait transperc\u00e9 le bras droit puis le gauche ! Un de mes grands-oncles, mort en 1915 \u00e0 Perthes-les-Hurlus, est inhum\u00e9 pr\u00e8s de Suippes, un autre, tomb\u00e9 au Chemin des Dames,\u00a0 le 17 avril 1917,\u00a0 est <a href=\"http:\/\/histoiregeographieapaulclaudel.blogspot.com\/2016\/02\/14-18-histoire-de-famille.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">enterr\u00e9 dans le cimeti\u00e8re de Soupir<\/a>, dans l\u2019Aisne.<\/p>\n<p>L\u2019acc\u00e8s aux archives, via le site <a href=\"http:\/\/www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">M\u00e9moire des hommes<\/a> et les sites des archives d\u00e9partementales ont permis aux familles de se pencher sur ce pan de leur histoire. De fructueuses initiatives historiques et p\u00e9dagogiques ont permis l\u2019indexation des poilus ainsi que des travaux d\u2019histoire en classe, du cycle 3 jusqu\u2019au lyc\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Parmi vos multiples reportages, on retrouve des batailles, comme <a href=\"https:\/\/www.france24.com\/fr\/20170731-passchendaele-bataille-ypres-premiere-guerre-mondiale-britanniques-morts-boue\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Passchendaele<\/a>,<\/strong><strong> Verdun, des comm\u00e9morations (<a href=\"https:\/\/www.france24.com\/fr\/20141110-memorial-notre-dame-lorette-noms-soldats-arriere-grand-oncle-hommage-premiere-guerre-mondiale\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">o\u00f9 l\u2019histoire familiale rejoint celle du pays tout entier<\/a>)<\/strong><strong> et\u00a0 dans le cadre de ce que vous appelez <a href=\"https:\/\/www.france24.com\/fr\/20181109-centenaire-bilan-cinq-ans-poilus-front-memoire-premiere-guerre-mondiale\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">votre centenaire<\/a> <\/strong><strong>vous avez \u00e9t\u00e9 entra\u00een\u00e9e bien loin des combats et des tranch\u00e9es de la Somme, de l\u2019Aisne, de la Marne, de la Lorraine, de ces fronts c\u00e9l\u00e8bres auxquels on pense le plus souvent \u2026 plus loin, vers le front d\u2019Orient\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Je suis d\u2019abord partie \u00e0 la recherche de mon arri\u00e8re-grand-oncle Joseph Trouillard mort au cours de l\u2019offensive de l\u2019Artois en 1915. Puis j\u2019ai d\u00e9couvert un autre arri\u00e8re-grand-oncle, Joseph Gondet, qui a combattu dans les Balkans. Tout ce travail d\u2019enqu\u00eate a permis l\u2019\u00e9laboration d\u2019un carnet de voyage, un p\u00e9riple qui m\u2019a men\u00e9e <a href=\"https:\/\/www.france24.com\/fr\/20150404-grand-oncle-zouave-front-orient-premiere-guerre-mondiale-14-18-bitola-macedoine-salonique-recherche-breton\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">jusqu\u2019en Mac\u00e9doine<\/a>. Mobilis\u00e9 dans le Morbihan, en septembre 1914, il a d\u2019abord int\u00e9gr\u00e9 le 51<sup>e<\/sup> r\u00e9giment\u00a0 d\u2019artillerie puis le 116<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d\u2019infanterie \u00e0 Vannes, avant d\u2019\u00eatre vers\u00e9 chez les zouaves en 1915. Son r\u00e9giment a fait route vers les Balkans et Joseph a d\u00e9barqu\u00e9 \u00e0 Salonique le 15 novembre 1915. Il est mort le 13 novembre 1916, \u00e0 Slivica, un an apr\u00e8s presque jour pour jour.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai aucune certitude quant \u00e0 l\u2019endroit exact o\u00f9 il est enterr\u00e9, mais plus de 6200 soldats fran\u00e7ais sont inhum\u00e9s dans le cimeti\u00e8re militaire de Bitola, o\u00f9 une tombe 4401 portant le nom d\u2019un soldat GONDERE (et les erreurs de transcription \u00e9taient fr\u00e9quentes !) est probablement la sienne \u2026<\/p>\n<p>Ce travail sur le centenaire m\u2019a aussi permis de tirer de l\u2019oubli <a href=\"https:\/\/www.france24.com\/fr\/20171021-grande-guerre-grand-oncle-mort-france-reconnaissance-100-ans-monument-bretagne\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">mon arri\u00e8re-grand-oncle Th\u00e9ophile Reminiac<\/a>, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 1917. Son nom se trouvait sur le monument aux morts du village de Caro, mais pas sur le site M\u00e9moire des hommes, car il est mort chez lui, de tuberculose pulmonaire : le 262<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d\u2019infanterie, dont il faisait partie, l\u2019avait r\u00e9form\u00e9. J\u2019ai obtenu qu\u2019il puisse \u00eatre officiellement reconnu \u00ab Mort pour la France \u00bb.<\/p>\n<p>Andr\u00e9 Gondet, un autre grand-oncle, connut une fin tragique. Le 12 juillet 1944, ce jeune maquisard avait \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9 avec d\u2019autres r\u00e9sistants, dans la ferme de Kerihuel, \u00e0 Plumelec. Le 9 f\u00e9vrier 2019, il recevra \u00e0 titre posthume, la m\u00e9daille de la R\u00e9sistance fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>SORTIR DE L&rsquo;OUBLI&#8230; AU NOM DE LOUISE<\/strong><\/p>\n<p><strong>Venons-en \u00e0 la gen\u00e8se de <em>Si je reviens un jour<\/em> \u2026 Les lettres d\u2019une jeune lyc\u00e9enne Louise Pikovsky ont \u00e9t\u00e9 le point de d\u00e9part de ce webdocumentaire, qui a rencontr\u00e9 un grand succ\u00e8s. Il a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du soutien de la Fondation pour la m\u00e9moire de la Shoah et remport\u00e9 de nombreux prix. <\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai d\u00e9couvert Louise et son histoire gr\u00e2ce \u00e0 Khalida Hatchy, professeur documentaliste du Lyc\u00e9e Jean de la Fontaine, situ\u00e9 dans le XVIe arrondissement. Elle les avait r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 une coll\u00e8gue de math\u00e9matiques, Christine Lerch. En 2010, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un d\u00e9m\u00e9nagement de mat\u00e9riel scolaire, cette derni\u00e8re avait r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 une enveloppe en kraft contenant un paquet de lettres, des documents et des photos, des livrets dans une armoire du lyc\u00e9e. Louise Pikovsky, une des \u00e9l\u00e8ves du lyc\u00e9e, avait \u00e9chang\u00e9 une correspondance avec mademoiselle Malingrey, professeur de latin-grec. Ces lettres avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es en 1988 dans un livret publi\u00e9 pour le cinquanti\u00e8me anniversaire de l\u2019\u00e9tablissement<a class=\"overlaycall\" title=\"Cliquez pour en savoir plus...\" target=\"_blank\">\u00a0<\/a>.<\/p>\n<p>Anne-Marie Malingrey, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e en 2002, \u00a0\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 98 ans, avait racont\u00e9 aux \u00e9l\u00e8ves l\u2019histoire de Louise.<\/p>\n<p>\u00ab <em>Elle fut mon \u00e9l\u00e8ve en 4e de 1941 \u00e0 1942, et de 1942 \u00e0 1943 en 3e A. Elle \u00e9tait blonde, avec de grands yeux bleus qui brillaient comme des \u00e9toiles. (\u2026) Louise \u00e9tait une tr\u00e8s bonne \u00e9l\u00e8ve, en particulier en math\u00e9matiques o\u00f9 elle venait au secours de ses compagnes moins dou\u00e9es. Pendant les vacances 1942, nous avons correspondu souvent. Je lui envoyais des colis de ravitaillement depuis notre zone, moins d\u00e9favoris\u00e9e que la zone occup\u00e9e\u2026Un matin dont je ne sais plus la date je fus abord\u00e9e en partant pour le lyc\u00e9e, par ma concierge qui me remit un cartable contenant des livres. On venait de lui apporter avec un mot (\u2026). Louise \u00e9tait venue travailler chez moi la veille. Le signal d\u2019alerte s\u2019\u00e9tait fait entendre et je lui avais offert de la garder \u00e0 coucher. Mais elle avait voulu rentrer pour rejoindre sa famille\u2026et partir vers la mort<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p>Les lettres, donn\u00e9es au M\u00e9morial de la Shoah sont consultables. Il y en a sept, mais les lettres de mademoiselle Malingrey n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9es.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Mener l\u2019enqu\u00eate \u2026<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e par la qualit\u00e9 de l\u2019\u00e9criture de Louise, par sa maturit\u00e9 alors qu\u2019elle \u00e9tait une \u00e9l\u00e8ve de quatorze ans. Celles qui m\u2019ont parl\u00e9 d\u2019elles disaient qu\u2019elle \u00e9tait la premi\u00e8re partout et travaillait beaucoup. Khalida m\u2019a sollicit\u00e9 et nous avons commenc\u00e9 les recherches. Un cousin germain de Louise, Jacques Kohn, \u00a0avait compl\u00e9t\u00e9 la page de t\u00e9moignage \u00e0 Yad Vashem, en souvenir de son oncle et sa tante Brunette Pikovsky et de leurs quatre enfants, d\u00e9port\u00e9s \u00e0 Auschwitz-Birkenau le 3 f\u00e9vrier 1944.<\/p>\n<p>Le lyc\u00e9e n\u2019avait pas d\u2019association des anciens \u00e9l\u00e8ves, il n\u2019y avait pas de plaque signalant la d\u00e9portation\u00a0 des \u00e9l\u00e8ves juives qui y \u00e9taient scolaris\u00e9es. Nous avons aussi voulu en savoir davantage sur les autres filles du lyc\u00e9e, mais ce fut plus difficile. Il fallait retrouver l\u2019identit\u00e9 des autres \u00e9l\u00e8ves d\u00e9port\u00e9es, travailler \u00e0 partir d\u2019archives incompl\u00e8tes\u2026 car les registres du lyc\u00e9e datant de l\u2019\u00e9poque de la guerre avaient disparu. Nous avons sollicit\u00e9 des \u00e9l\u00e8ves de premi\u00e8res S et ES pour compiler les livrets de prix que recevaient alors les bonnes \u00e9l\u00e8ves dans toutes les mati\u00e8res. Ils indiquent l\u2019identit\u00e9 de certaines \u00e9l\u00e8ves, sous leur nom de jeune fille. Nous avons obtenu de l\u2019aide des Archives Nationale, utilis\u00e9 la base de donn\u00e9es du M\u00e9morial de la Shoah et de Yad Vashem. Nous avons identifi\u00e9 six \u00e9l\u00e8ves d\u00e9port\u00e9es et avons pu nous lancer dans un projet de pose de plaque en souvenir de ces \u00e9l\u00e8ves et de celles de l\u2019\u00e2ge de Louise, habitant le quartier. Ce projet s\u2019est concr\u00e9tis\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019Association pour la m\u00e9moire des enfants juifs d\u00e9port\u00e9s (<a href=\"https:\/\/comejdfrance.wordpress.com\/amejd\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">AMEJD<\/a>). Serge Klarsfeld est venu donner une conf\u00e9rence.<\/p>\n<p>Le lyc\u00e9e devenait alors un objet d\u2019histoire. Les \u00e9l\u00e8ves ont d\u00e9couvert qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9quisitionn\u00e9 par la Kriegsmarine et que les jeunes filles avaient \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9es de suivre les cours au lyc\u00e9e Jeanson de Sailly. Ils ont \u00a0\u00e9l\u00e8ves ont \u00e9t\u00e9 heureux de ce travail, utile, pour passer le t\u00e9moin. Ils ont expliqu\u00e9 avoir les mains dans le cambouis, comme de vrais historiens !<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 des sites de g\u00e9n\u00e9alogie, \u00e0 l\u2019annuaire et \u00e0 quelques clics sur Internet, nous avons r\u00e9ussi \u00e0 contacter quelques anciennes \u00e9l\u00e8ves, \u00e2g\u00e9es pour la plupart de 90 ans. Yvonne Ducroz se souvenait tout sp\u00e9cialement du nom de Fleurette Friedlander, une fille tr\u00e8s intelligente qui travaillait bien, qui portait l\u2019\u00e9toile juive. Elle a expliqu\u00e9 qu\u2019un jour, on ne l\u2019a plus vue et que comme on ne savait pas ce qui se passait \u00e0 l\u2019\u00e9poque, on n\u2019avait pas id\u00e9e de ce qui avait pu lui arriver<a class=\"overlaycall\" title=\"Cliquez pour en savoir plus...\" target=\"_blank\">\u00a0<\/a>.\u00a0 <a href=\"http:\/\/webdoc.france24.com\/si-je-reviens-un-jour-louise-pikovsky\/chapitre-3\/index.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Julie Mercouroff relate une histoire analogue<\/a>, d\u2019une camarade de classe, arriv\u00e9e en 1942, avec cette \u00e9toile, et n\u2019\u00e9tait pas revenue \u00e0 la rentr\u00e9e suivante\u2026dont elle a oubli\u00e9 l\u2019identit\u00e9, mais pas le visage.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.nonfiction.fr\/article-9872-journalisme-et-micro-histoire-entretien-avec-stephanie-trouillard.htm?fbclid=IwAR0IZE7ztioyWFeR1uDKPaXjF0Zp4B3czU5c2AY_e9Nzo0S_BFByJM91Ick\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong>LIRE LA SUITE<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Journaliste passionn\u00e9e d\u2019histoire, St\u00e9phanie Trouillard est bien connue de tous ceux qui \u00e9changent sur Twitter et suivent avec int\u00e9r\u00eat ses reportages sur la guerre de 14-18, sa comm\u00e9moration et plus r\u00e9cemment son webdocumentaire consacr\u00e9 \u00e0 une jeune lyc\u00e9enne juive d\u00e9port\u00e9e, Louise Pikovsky. 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