{"id":1234,"date":"2019-02-20T09:55:08","date_gmt":"2019-02-20T08:55:08","guid":{"rendered":"http:\/\/jnr-cpl.com\/?p=1234"},"modified":"2019-02-20T09:55:08","modified_gmt":"2019-02-20T08:55:08","slug":"disparition-de-denise-breton-resistante-et-deportee","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/jnr-cpl.com\/?p=1234","title":{"rendered":"Disparition de Denise Breton, r\u00e9sistante et d\u00e9port\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/jnr-cpl.com\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/52445526_342024166406358_61964605575921664_n.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1244\" src=\"http:\/\/jnr-cpl.com\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/52445526_342024166406358_61964605575921664_n.jpg\" alt=\"\" width=\"593\" height=\"775\" srcset=\"http:\/\/jnr-cpl.com\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/52445526_342024166406358_61964605575921664_n.jpg 593w, http:\/\/jnr-cpl.com\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/52445526_342024166406358_61964605575921664_n-230x300.jpg 230w, http:\/\/jnr-cpl.com\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/52445526_342024166406358_61964605575921664_n-207x270.jpg 207w\" sizes=\"auto, (max-width: 593px) 100vw, 593px\" \/><\/a><br \/>\nN\u00e9e en 1919 \u00e0 Billancourt (Boulogne-sur-Seine) ; r\u00e9sistante et d\u00e9port\u00e9e ; r\u00e9dactrice en chef d\u2019Heures claires ; membre du bureau de l\u2019UFF depuis 1954, pr\u00e9sidente de 1977 \u00e0 1989.<br \/>\nDenise Dumas naquit en 1919 \u00e0 Billancourt, en banlieue parisienne, dans une famille ayant d\u00e9j\u00e0 deux filles. Elle perdit sa m\u00e8re de bonne heure et son p\u00e8re, d\u2019abord artisan boucher, travailla ensuite comme gar\u00e7on boucher apr\u00e8s avoir fait faillite. Elle-m\u00eame alla en pension \u00e0 l\u2019\u00e9cole des S\u0153urs, jusqu\u2019au CEP, davantage par habitudes li\u00e9es au milieu social de sa famille que par convictions catholiques de celle-ci. Elle fr\u00e9quenta ensuite l\u2019\u00e9cole communale jusqu\u2019au brevet puis, \u00e0 quinze ans et demi, suivit un apprentissage de modiste.<br \/>\nSa famille n\u2019\u00e9tait pas du tout militante, mais Denise Breton, tr\u00e8s marqu\u00e9e par ce qu\u2019elle y avait entendu sur les horreurs de la guerre de 1914-1918, eut durant la Seconde Guerre mondiale une r\u00e9action patriotique face \u00e0 l\u2019occupant. Mise en contact avec la R\u00e9sistance par son futur mari, elle entra en avril 1943 dans un r\u00e9seau gaulliste comme agent de liaison. Le r\u00e9seau ayant \u00e9t\u00e9 trahi, tous deux furent arr\u00eat\u00e9s en ao\u00fbt 1943 \u00e0 Besan\u00e7on. Son mari fut d\u00e9port\u00e9 \u00e0 Buchenwald puis \u00e0 Dora. Denise Breton passa quatre mois et demi \u00e0 la prison de Besan\u00e7on, puis \u00e0 Romainville et au camp de Compi\u00e8gne, avant d\u2019\u00eatre d\u00e9port\u00e9e durant seize mois \u00e0 Ravensbr\u00fcck et envoy\u00e9e dans une usine des monts de Boh\u00e8me. Elle avait alors un fils de quatre ans.<br \/>\nLib\u00e9r\u00e9e le 16 mai 1945, elle dit ne pas avoir support\u00e9 de retrouver le badinage de ses coll\u00e8gues d\u2019atelier et se mit, durant quelque temps, \u00e0 faire des chapeaux chez elle en \u00e9coutant Radio-Sorbonne. Ensuite, elle cessa de travailler, le couple estimant que les revenus du mari, entrepreneur en ma\u00e7onnerie, \u00e9taient suffisants \u00e0 la vie de la famille.\u2028Denise Breton se r\u00e9adapta tr\u00e8s difficilement, et consid\u00e8re que c\u2019est l\u2019Union des femmes fran\u00e7aises qui le lui permit finalement. Elle cherchait \u00e0 son retour des camps un mouvement agissant pour la paix. Une premi\u00e8re inscription \u00e0 l\u2019UFF demeura sans suite mais, en 1950, elle participa \u00e0 une r\u00e9union contre les armes atomiques, au moment de l\u2019Appel de Stockholm. L\u2019une des femmes pr\u00e9sentes lui parla de l\u2019UFF, et c\u2019est ainsi qu\u2019elle commen\u00e7a \u00e0 y militer, dans le Ier arrondissement de Paris, avec Marguerite (Jean-Richard) Bloch* et Fran\u00e7oise Leclercq*.\u2028Elle s\u2019investit tout de suite beaucoup dans l\u2019UFF, en suivit une \u00e9cole de formation de huit jours \u00e0 Suresnes, et fut \u00e9lue au conseil national en 1952, puis au bureau national \u00e0 partir de 1954, et enfin \u00e0 la vice-pr\u00e9sidence (1965) et pr\u00e9sidence (1977).<br \/>\nElle fut \u00e0 partir de 1959 r\u00e9dactrice en chef d\u2019Heures claires, p\u00e9riodique de l\u2019UFF, jusqu\u2019\u00e0 son \u00e9lection en tant que pr\u00e9sidente, y couvrant de grands reportages comme en Iran, ou en Espagne pour la premi\u00e8re gr\u00e8ve des mineurs des Asturies sous le r\u00e9gime franquiste. Elle appr\u00e9ciait beaucoup l\u2019int\u00e9r\u00eat du travail \u00e0 Heures claires, ainsi que l\u2019\u00e9quipe form\u00e9e avec Henriette Bidouze* et Colette Sabatier* et l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit, qu\u2019elle trouvait bien plus ouvert qu\u2019\u00e0 la direction de l\u2019UFF.<br \/>\nToutefois, elle dit avoir aussi aim\u00e9 l\u2019UFF pour la diversit\u00e9 des femmes qui y coexistaient, et y avoir retrouv\u00e9 \u00e0 tous les niveaux de responsabilit\u00e9 l\u2019esprit de solidarit\u00e9 de la R\u00e9sistance et de la d\u00e9portation. Attir\u00e9e \u00e0 la fois par les actions en faveur de la paix et du droit des femmes (\u00ab Je suis n\u00e9e f\u00e9ministe \u00bb, dit-elle), elle participa aux deux commissions nationales et fut, en 1957, co-secr\u00e9taire de la commission Paix. Elle suivit \u00e9galement les travaux de la commission Accouchement sans douleur qui, dit-elle, permit de d\u00e9passer l\u2019ancestral \u00ab tu accoucheras dans la douleur \u00bb et de d\u00e9velopper le respect envers les femmes.<br \/>\nElle repr\u00e9senta l\u2019UFF \u00e0 la F\u00e9d\u00e9ration d\u00e9mocratique internationale des femmes (FDIF) mais estima qu\u2019il y \u00e9tait difficile, surtout apr\u00e8s la mort d\u2019Eug\u00e9nie Cotton*, d\u2019y parler du droit des femmes, les r\u00e9flexions y \u00e9tant plut\u00f4t orient\u00e9es vers la paix et le d\u00e9sarmement. Par ailleurs, n\u2019adh\u00e9rant elle-m\u00eame \u00e0 aucun parti, elle y appr\u00e9ciait peu le c\u00f4t\u00e9 \u00ab tr\u00e8s pro-sovi\u00e9tique \u00bb. Elle participa n\u00e9anmoins au Congr\u00e8s mondial des femmes \u00e0 Moscou en 1987, assurant en tant que pr\u00e9sidente la repr\u00e9sentation de l\u2019UFF lors de nombreuses rencontres internationales.\u2028Elle repr\u00e9senta \u00e9galement l\u2019UFF au comit\u00e9 de travail f\u00e9minin cr\u00e9\u00e9 par Val\u00e9ry Giscard d\u2019Estaing, et fut nomm\u00e9e Chevalier de la L\u00e9gion d\u2019Honneur en 1976.<br \/>\nEn 1989, prenant pr\u00e9texte de son \u00e2ge, elle quitta la pr\u00e9sidence de l\u2019UFF pour devenir pr\u00e9sidente du comit\u00e9 d\u2019honneur, cr\u00e9\u00e9 en 1968. En r\u00e9alit\u00e9, elle souhaitait partir, sans pour autant provoquer de conflits. Elle consid\u00e9rait qu\u2019avec le renouvellement des militantes, l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit de l\u2019UFF avait chang\u00e9, privil\u00e9giant moins l\u2019union des femmes au profit d\u2019une politique davantage li\u00e9e au PCF. En tant que pr\u00e9sidente du comit\u00e9 d\u2019honneur, elle continua \u00e0 \u00eatre membre du bureau national, mais partit d\u00e9finitivement peu de temps apr\u00e8s.<br \/>\nParmi ses souvenirs douloureux de militantisme figurent les luttes contre les guerres coloniales, pour lesquelles, dans un premier temps, il n\u2019\u00e9tait pas facile de mobiliser et qui lui valurent des menaces de la part de l\u2019OAS. Ses meilleurs souvenirs militants sont li\u00e9s aux victoires obtenues dans le cadre de la lutte pour les droits des femmes, comme la reconnaissance de l\u2019accouchement \u00ab sans douleur \u00bb, le livret de famille aux m\u00e8res c\u00e9libataires, d\u00e9sormais appel\u00e9es \u00ab madame \u00bb, le changement des r\u00e9gimes matrimoniaux en 1970.<br \/>\nSon mari, militant communiste, maire adjoint de Sartrouville (Yvelines) durant plusieurs mandats, ne mit aucun obstacle \u00e0 l\u2019investissement de Denise Breton dans l\u2019UFF, essayant au contraire de lui faciliter la t\u00e2che. Ils eurent trois enfants et, pour concilier vie familiale et vie militante, furent aid\u00e9s par une employ\u00e9e qui s\u2019occupait notamment des enfants. Deux de ces enfants militent ou ont milit\u00e9.<br \/>\nDenise Breton \u00e9crivit un livre sur diff\u00e9rentes femmes de l\u2019UFF, intitul\u00e9 Histoires ordinaires du f\u00e9minin pr\u00e9sent, publi\u00e9 en 1982 par les \u00e9ditions Messidor (Temps actuels).<\/p>\n<p>POUR CITER CET ARTICLE :<br \/>\n<a href=\"https:\/\/l.facebook.com\/l.php?u=http%3A%2F%2Fmaitron-en-ligne.univ-paris1.fr%2Fspip.php%3Farticle17885%26fbclid%3DIwAR3SoPD1wML_ln93K8AhAJNgp1mDskYhvFyIohji4fQE4eS6Dvk8QWtlLBI&amp;h=AT0yt8ydfwTJl34Z3G393o697SmerqdNUf_EICKHqU8ZNvepkEgt6AMCIcRu9r2-Es43bkPSUdsTKcBSERF4RhpBQeY5JzVGHcGQuk7QE5XWrpUZcvT_pJHzJmwdOdRJdZQ_ucCSrOwaJgjB8I5mI6dWb06EkQ817NvE2yDZt1HssooE8_vY_3je_EJ9SeQPzoZREW8Bvqq2m6kZpANWI3vf5CkXMgUGkUHJhMg5JdG-h7JRMIy_Db9ictGLGRlaFHT_gryXBVPar5gU7hv08UV0NDp0nOvJl8ENsiBBxSOYKKxR1Cci7yvCqrF4UzujizzIMSQQG9l_q6DmwKFIK1sNZeC8IWFuUoVrM2PjyUejjJK9KT-1Ed3nJQyyNYNl17-mtYXDWNNV8BcFkkFiYwuHJylZUmiek2tlcPttuhOSvUaunIHHbj1fNIZXyUtrCphvQhnCqhyIQqG9OvzZy8YEh8QdUtGxw7FiIoKqP3YZFm8ZYqBEHfEfaKow87EIXT84GlcZjTy7W4uAtFa_5d7y5b4uscvFUR-mOU2GkGU6U7i7seBt-MGZBVwvs23LAQHKsXYld_6Icrw1MwyJjGlEsvVKljyS6jGQvGAfBVhkuuf4katwhfXJYqR2LdG_HjbJ3r0WDTGS\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\" data-ft=\"{&quot;tn&quot;:&quot;-U&quot;}\" data-lynx-mode=\"async\">http:\/\/maitron-en-ligne.univ-paris1.fr\/spip.php?article17885<\/a>, notice BRETON Denise [n\u00e9e DUMAS Denise] par Dominique Loiseau, version mise en ligne le 20 octobre 2008, derni\u00e8re modification le 3 mai 2009.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9e en 1919 \u00e0 Billancourt (Boulogne-sur-Seine) ; r\u00e9sistante et d\u00e9port\u00e9e ; r\u00e9dactrice en chef d\u2019Heures claires ; membre du bureau de l\u2019UFF depuis 1954, pr\u00e9sidente de 1977 \u00e0 1989. 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